Full text of "La Rotonde 11e année 23 octobre 1943-31 mai 1943"

Mardi 01 déc 2015

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Full text of « La Rotonde 11e année, 23 octobre 1943 – 31 mai 1943″

ma

llième année, No. 1.

23 octobre 1MB

v&tè.w

Y-,. : « ‘

*1

mi

Organe de la Société des Débats français et des étudiants de langue française de l’Université d’Ottawa
Directeur: Pierre de Bellefenille ^Préparon s ? i l  » aU da it sn i en chef: Guy

!

NOTRE ROLE

-

La Rotonde a atteint deu* lustres; d’an-
née en année douze directeurs y ont peiné,
et le treizième veut bien, malgré le handicap
du funeste treize, essayer de ne pas trahir
la confiance qu’on a placée en lui; II veut
défier le sort et tenter d’être à la hauteur
de ses prédécesseurs.

Dix ans, c’est sans doute l’âge de raison;
et Ton s’attend inévitablement à ce que la
Rotonde soit à la hauteur de son rôle. Mais
déjà, une question se pose: quel est son rôle?
Sans savoir sa raison d’être, pouvons-nous
savoir quelle collaboration y apporter, quel-
les critiques et quelles louanges lui sont

o appropriées? *

La Rotonde est un journal d’étudiants;
elle est donc premièrement l’expression de
notre vie intellectuelle et de l’idéal qui
l’anime. Nous sommes des chefs en puis-
sance, nous étudions les problèmes et les
rouages d’une société qui demain attendra
de nous la lumière et la force. De ces re-
cherches, les certitudes s’accumulent, fer-
mentent dans nos intelligences, et exhalent
lafr e pensée abondante, riche parfois, neuve
WfcJours, moins atteinte souvent par les pré-
jugés qui obscurcissent des opinions par
ailleurs plus mûries.

Au moyen» de notre journal nous pou r

o vons donc diffuser noire pensée dans notre
milieu; la Rotonde est le porte-voix par
lequel nous atteindrons nos confrères, et
comme sans doute cent tètes valent mieux
qu’une, il sera pour nous d’un grand profit
d’ajouter à nos connaissances le butin qu’ap-
portera l’assimilation des réflexions d’autrui
sur des problèmes communs. Et même,
pour chacun de nous, le seul fait de con-
crétiser noire pensée en phrases que l’on
?eut claires et correctes, et aussi de s’atta-
cher à toujours respecter la vérité, constitue
an effort d’où nous retirerons un grand
bénéfice. La classe dirigeante doit pouvoir

manier la plume avec la plus grande aisan-
ce, puisque c’est là son principal outil; c’est
pour nous le moment d’apprendre à écrire:
le journalisme étudiant nous offre un ap-
prentissage facile et fructueux.

Mais si la Rotonde a au sein même de
l’Université un rôle important, elle n’en a
pas moins un rôle à l’extérieur, chez nos
aines. La pensée spontanée que nous y
exprimons, est en somme pénétrée de notre
idéal, et nos maîtres, dont c’est le rôle de
nous Inculquer une juste conception de la
vie, verront dans nos écrits quelles erreurs
ont entraîné notre ardeur et notre manque
d’expérience; ils seront ainsi en mesure
d’adapter leurs enseignements aux besoins
du moment. On semble souvent ignorer
l’Importance pour le maître de connaître les
réactions provoquées par son enseignement
chez l’élève; on ne doit pas oublier que ren-
seignement doit varier de telle façon à com-
penser ou à accentuer l’évolution de l’étu-
diant. La sincérité de nos écrits sera donc

Pour dissiper les ombres de l’heure présente il faut
des rayons de lumière et d’espérance; pour atténuer les
tristesses, il faut de la joie. Par ses élans d’enthousias-
me,* par i Vèxpression variée de son idé((t, la fe^messë
étudiante doit mettre de la vie, toujours plus de vie. dans
notre génération qu’oppressent la pensée et le spectacle
de la mort.

Puisse La Rotonde contribuer encore, et même da-
vantage à., instruire et distraire les anciens aussi bien
que les élèves actuels. Que chaque numéro soit un
rayon de soleil qui réchauffe et dilate le coeur de ses
lecteurs tout le long de l’année .1942-43.

Ph. CORNELLIER. o.mi.. Recteur.

un gage de progrès dans l’étroltesse de nos
rapports intellectuels avec nos professeurs;
et c’est nous qui en retireront des fruits.

Il n’y a pas de doute que nos « pontes »,
si elles sont simples, sincères, aussi mesu-
rées et objectives que possible, peuvent
avoir en elles-mêmes de l’Intérêt, même
pour nos aines. Et pour mieux atteindre
ce vaste public, nous demandons (c’est là
plus qu’une Invitation) à tous nos profes-
seurs de bien vouloir rehausser nos pages de
leur collaboration.

Pour bien jouer ce rôle d’échange de pen-
sée, nous devons nous fixer des limites. On
ne doit pas froisser la Vérité, ni en la dé-
formant, ni en proclamant de ces petites
vérités qui ne sont pas toujours bonnes à
dire. Comme étudiants, nous préparons
notre vie, nous nous pénétrons de Vérité
qui prépare l’action. Cet avenir que nous
érigeons en nous cultivant, c’est l’idéal;
c’est un lieu commun de dire que nous de-
vons être animés d’un idéal de Vérité; mais
un de ces lieux communs qui demeurent
pleins de sens parce qu’ils guident la pensée
et l’action. Parce qu’elle joue ce rôle trans-
cendant dans notre vie, c’est la Vérité qui
nous impose nos limites;. nous pouvons donc
écrire dans la Rotonde tout ce qui est vrai
et opportun de dire. La censure se charge-
ra- de jagos vos Ugnes; mais ella^aera indul-
gente.

Au seuil d’une quatrième année de
guerre, il se peut que notre idéal soit obs-
curci par des préoccupations plus terre-à-
terre; mais il faut quand même que notre
journal respire le souffle d’une jeunesse
enthousiaste devant la vie qui débute; joie,
simplicité, sincérité, spontanéité, travail,
autant de maximes qui découlent du grand
mot d’ordre, Vérité! V pour Vérité!

m

Le Directeur.

NOBLE VENGEANCE

« Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain

à manger;
s’il a soif, donne-lui de l’eau i boire… »
Bjfo^- (Livre des proverbes, XXV )

Le seul mal n’est pas d’être défaitiste: l’abus de con-
fiance est encore un plus grand mal. Le pessimiste se ré-
, Jouit et s’encourage en lisant la bonne nouvelle, mais l’op-
ptnulste perd vite, et pour toujours, l’espoir qui le soutient.
Nous n’avons pas encore la victoire et la guerre ne semble
pas prête de finir. Pourtant on parle déjà de notre
attitude d’après-guerre. « Cetïe fois, me dit-on, nous les
Bslttreng si bien, après la guerre, qu’ils ne se lèveront pas
de sitôt. » . . . Aprfs la guerre? . . . Vous les materez?
Mais quand ça cet après-guerre, et qui vous rend si con-
fiants de vos forces d’après-guerre? Il faut d’abord la vit
taire; on la cherche encore. Oh! certes onj en est sûr.
Comment peut-il en être autrement ? I

La France était sûre aussi, la Belgique l’était, comme
la Hollande et comme tant d’autres; mais il n’est pas bon
de se gaver d’espoir. L’espoir sans action est inutile et
l’action sans raison est ridicule et dangereuse.

Pendant vingt ans, nous avons vécu un beau rêve, une
paix stable et sans heurts. Un état d’hvpnose engour
?Usait ans bras et nos .’acuités. Puis tout à coup, le réveil,
brusque. Pendant cette paix factice, la tempête avait
grondé au dehors, mais on avait souri en grqgaant: « Tout
es va passer! » Et tout a passé, mais au-dessus même de
notre confortable et luxueuse demeure, arrachant le toit
et crachant à notre face, l’Ironie, la tristesse et la haine.
On avait confiance, soit! Mais le mal fut complet et la
tempête dure toujours. Plusieurs amis sont morts et de
plus nombreux encore font face au grand vent impitoyable
qui déchire leur chair et affole leurs esprits. Et ceux-là
étaient sers qu’il n’y aurait pas d’orage !

Mais nous voilà, les deux pieds dans le conflit. Déjà les
norts se font nombreux et les figures canadiennes portent

e deuil. La guerre n’est pas finie et la victoire n’est pas
?lus proche. Et dans tout ceci ce qui manque encore,

‘est une raison commune de combattre. Cest étrange
tout de même après trots ans de guerre.

Deux groupes se font face et se déchirent à qui mieux
mieux. Lutte des barbares contre les Alliés . . . Alliés

pour quoi et en quoi? Pour combattre, évidemment, mais
combattre quoi? Cent réponses nous viennent des terres
alliées et chaque raison est différente: ici, on se bat
par principe; là, on se bat pour l’Empire; ailleurs, contre
les barbares, tout simplement. Quelques-uns sauvent les
démocraties, d’autres la religion et d’autres encore sau-
vent le restant Pourtant il nous manque encore un
principe commun de combat Un bon nombre se con-
tente de sourire en disant: « Voir l’Europe et mourir. » Ce
ne sont que des aventuriers.

Comment réaliser l’unité d’action s’il nous manque
l’unité de coeur et de cause ? Pour y remédier on s’est
dit: « On peut se battre par passion: réveillons la haine ».
Et la haine s’est montrée partout chez les ouvriers, dans
les foyers et dans les camps d’entraînement. Stimulant
magnifique, qui faisait pourtant sourire, quand les vieux
nous racontaient leurs veilles passées dans les tranchées
ennemies avant la bataille, ou encore le sacrifice d’une
gourde au soldat ennemi frappé, qui allait bientôt mourir.
On se rappelait l’élégant: « Tirez les premiers, messieurs
les anglais », et la trêve du dimanche et des jours de fête
dans la guerre ancienne. On revoyait les troupes d’acier
de Cromwell, qui se rendaient au combat en chantant les
psaumes. Qu’arri ve-t-il au lutteur qui s’enrage? au sportif?
La colère l’aveugle et luï fait perdre la tête.

Sur le champ de golf et le champ de tir, on a planté
des photos et des dessins qu’on pouvait frapper et écraser
à loisir. On a perdu des effigies en les « torturant » avec
une rage barbare. Les enfants ont appris à maudire l’en-
nemi dans la prière du soir. Le cinéma ridiculise naïve-
ment des chefs d’état terribles et forts. Les peuples gro-
gnent, montrent les dents et leurs yeux deviennent rouges
de sang. On a vite oublié qu’en pleine guerre, un fort
tirage de « Mein Kampf » fournissait les fonds nécessaires
à réfugier des petits étrangers an Canada. On a oublié
que dans un but de lucre personnel — la course à l’or —
on a vendu le nickel à l’Allemagne et l’acier au Japon.
On a oublié combien coupables nous étions. Les barbares
nous éprouvent durement mate c’est un peu nous qui
avions préparé le châtiment

L’enfant après avoir fait sa prière, demande à sa
maman; « Les, petits Allemands prient-ils aussi?, les petits
Italiens, et tous les autres? o . o Dieu est juste! . o o

Les impies retournent au schéol.
toutes les nations qui oublient Dieu.’

(ps. x)

La guerre est un châtiment Je n’ai pas voulu y croire
d’abord, mais j’y crois maintenant Cette guerre, il nous
faut aussi en souffrir jusqu’à ce que nos démocraties libres
et joyeuses, pleines de plaisirs et de voluptés soient gué-
ries et pures.* Nous ne sommes pas meilleurs que l’enne-
mi si nous ne nous tournons pas entièrement vers Dieu,
si nous n’activons pas notre foi et si notre société cor-
rompue ne purifie pas ses rangs par une vie ordonnée et
une morale plus sûre.

« Et Yahweh est un refuge pour l’opprimé

un refuge au temps de la détresse. » (ps. IX »

Comment penser à la reconstruction d’après-guerre et
comment parler de paix quand nos coeurs sont pleins de
haine et que nos lèvres se couvrent d’injures? Nous avons
méprisé et ridiculisé le « petit japonais » et « l’allemand
impuissant », et il s’est retourné vers nous, et sa griffe était
forte. II nous faut dès maintenant cultiver l’amour. Il
ne faut pas nous battre à cause de notre haine, mais
nous battre pour établir au jour de victoire un amour
universel etstable. L’Eglise n’a pas détesté ses enne-
mis; elle ne 9,’est pas laissé abattre, non plus. Elle a lut-
té, elle a combattu et elle a triomphé de tout Elle est
forte. Elle les a aimés en les combattant Car combat-
tre était un devoir et un besoin de survivance, mais aimer
était une force de victoire.

II ne faut pas haïr l’ennemi, il faut le craindre. Il
faut l’apaiser — par les armes, soit II a soif de sang,
c’est un barbare. Mais nous devons avoir soif de Dieu,
et Dieu c’est l’amour. Cest ce qui nous fait chrétiens et
nous donne la’ force. Le bras tiendra l’arme et la poudre,
mais le coeur doit contenir Dieu et l’amour. Voilà qui
peut faire espérer la paix et la victoire.

« Si ton ennemi tombe, ne te réjouis pas
et que ton coeur ne se réjouisse pas de sa ruine
de peur que Yahweh ne le voie, que cela soit

mauvais à ses yeux
et qu’il ne détourne de lui sa colère. »

(Proverbe, XXIV)
Guy BEACLNE,

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o6 par notre actdpteur Bemier, a encore au août 4m

doigt aae eatin, le fila du fraad l oja gos n im

renseignera.

On est «ut natre grand a ccp ti u u c « CbarcoaT Char-
bonneau se met à fréquenter la gente snob de Que-
bec, mais il y a deux écoles d’idées sur ce posât

On dit que notre arieta Angers et Ti-Gilles Donti-

fy^eW «MoA J#ân*lM*^a> àamalVUVlnanCS OavH*wNesC**% Ul EURe%a*sfiflsCeaVt

du Block Populaire, dans Outremont

On dit que notre confrère Jacqueline Dufour,
celle qui aime « entendre parler d’amour », . . . vient
d’être nommée chaperonne officielle de l’idyle Syl-
vestre-Poitevin.

« Vous savez, à Paris » nous disait le grand Babe
Isabelle.

Notre ami Tête Somma Darky » Portier s’est
trouvé une position d’aide arpenteur durant l’été.
Après de touchants adieux, il quitta XYZ de Hull
et d’Ottawa. A quelques jours de là, notre arpenteur
improvisé revenait « Se croire un personnage est

LA ROTONDE, 2$ OCTOBRE 1M»

-» ‘? .il ‘ ‘ ‘?

pas trop, ai veuw allée à St-Euetacne, « aaa

. . .- n est _

à Queen’s, Laval, McGill et Montréal.

Beuneau a séjourné pendant eeeloues joncs dans
ls grande capitale (aans commentaire), toujours
eatil que Poils* l’a assené jouer an golf; on dit
qu’après trous, notre hères prit une douche et
s’étonna que les champions golfeurs prennent 10
cenps peur le trous. (L’histoire ne rapporte pas
«ne notre sjnafenr avait Joué sur le « punis* green ». )
^ ^/ * Tf n thnsnlim  » Angers est à suivre des «osas de
cesnumnde onr une ferme des environs; on dit qu’il
est devenu expert ramasse ur de choux. Si les murs
Priaient on saurait i qui il les destine, bien que
certains s’en doutent.

Sa vies vous que ta renommée du grand Pratte,
BiA., B.Com., comme vendeur de chaussures s’étend
jusqu’à àfontréal? A la nouvelle de non arrivée, une
délégation se rendit chez lui pour lut offrir une
position de porteur de cercueil avant les cours.
Notre ami, éberlué, demanda quelques jours de ré-
flexion, s’enfuit vers l’ouest canadien, et court
encore,

On dit que Y van Dion a passé l’été à jouer au
golf i Laval et au Picadily.

On dit que le « Choucroutien » Pàquia fat très
affable pour ses confrères qui lui rendirent visite. Il
leur fit visiter le magasin de son père, mais les boys,

«-vous que TJJfeei Méhnot a suivi eV
d’été sur la rue Notre-Deane à NI?

On se demande si Gariépy a été nomaaé fcsnce-
caperal dans le CJE.O.C. Laval, car il a toujours
démo ntr é des sptjtiidw nananaellsniiM

On dit qoe IL Déry cherche encore Gar «a sujet
d’un déficit de carton.

« Gerry » cherche encore an vocation; voyageur,
avocat, vétérinaire, casse de notaire, officier de
marine ou Père Blanc. Vous l’ave* dit . . . Bingo?
il s trouvé . . . Chéeaeor de luxe ou Poanpser.

On dit que le grand Boy cherchait Haniwaki à
l’aide d’une chandelle, lors de sa descente en para-
chute au lac Gauvreau.

« Dien ne créa que pour les sots,

« Les méchants diseurs de bons mots.

Roy LaFontaine. (En collaboration)

On dit qu’il y a eu une histoire de trahison entre
Godard et Isabelle.

. Saviez vous que « Mau » Lsoasss a été distribu-
teur officiel des coupons de sucre . . . n était pas
mal sucré lors de son départ pour Toronto.

« Pops » Joyal était le grand cook au lac Gauvreau:
les boys s’en souviendront longte mps , <trëh stew
et jus de tosnate bouilli.)

« Enregistrez moi ce jeune homme’, fut la réponse
que reçut Babe à àfontréal.

« Laisses dire les sots; le savoir a son prix**.
Ceantté des Anciens

Prouesses militaires

*

Tableau d

Jean – Paul Sebourin, comman-
dant d’escadre, après avoir des-
cendu au moins cinq avions enne-
mis dans le ciel des pays occupés
e: sous le soleil brûlant d’Afrique,
est tombé au champ d’honneur, en
Libye, le 16 septembre dernier,
Jean-Paul est un ancien du Sémi-
naire d’Ottawa et de l’Université
où il a obtenu son baccalauréat es
Arts.

Joffre Bibeni, est autre ancien
mort au champ d’honneur quelque
part en Angleterre, au cours des
premières années de la guerre.

Earl Derity, aviateur, mort au
Canada, près d’Ottawa, dans des
exercices d’entraîn eme nt

Gérard PeUetier d’Ottawa, mort
au champ d’honneur après avoir
été blessé dans des opérations aéri-
ennes à la fin .du mois d’août
P ris on ni ers de guerre

Orner Lévesque de MontJoli,
est actuellement prisonnier de
guerre en Aliénas***. On nous ap-
prend que le chapelain qui visite
le camp où il se trouve est un
oblat canadien, le R. P. Geudreau,
O.M.L, lui-même prisonnier de
guerre depuis le coulage da Zam
Zam.

Robert Barsalou, OJf.L, qui se
trouvait lui aussi sur le Zam Zam,
en route vers le Basutoland, est
dans on casnp de concentration al
lemaad où il tâche d’exercer son
ministère comme chapelain militai-
re

Maurice f siaii– i d’Ottawa, a
été fait prisonnier lors du terrible
raid contre Dieppe, n est actuel-
lement au camp d’internement no
7B, en Allemagne. M. Lafortune
avait été transféré du Régiment de
Hull aux Fusiliers Mont Royal
avant de partir pour outre-mer en
octobre laHL
Premier commando ean.-fr. gradué

. d’Ottawa, est un
gradué de l’Université et un an
cien joueur de rugby « épatant », n
sut mettre à profit son sang-froid
et son habileté dans le dur entraî-
nement des commandos. Il est le
premier canadien – français com-
mando gradué.
P i «alla pa r a c h utis te can.fr.

Conrad Legauat d’Ottawa, con-
frère de cassée de Robert Asselin,
détient l’honneur d’être le pre-
mier parachutiste canadien-fran
çais. Il est encore i l’entraînement
à Helena, Montana, EU.
Rencontre dangereuse

Wflfrid BeJec de Timmins, est
on autre ancien au front qui fit
dernièrement une rencontre dan-
gereuse dans le ciel d’Afrique.
Seul dans son avion de combat, il
fit face à trois avions boches qui
le saluèrent bêtement en empor-
tant une aile de son avion; notre
ami Wilfrid fut projeté hors de sa
cage … fi eut la bonne idée
d’ouvrir son p ut étan te et H des-
cendit sans distraction. Sain et
sauf, il alla passer une fin de se-
maine an Caire avec Fernand Pet-
vin, un antre copain de l’Univer-
sité.

Premier avin l an r nav i gateur
canadien français

Jean Paul Barsalou d’Ottawa,
frère du P. R. Barsalou, OJU., de
Dorins, du Droit, de Bernard, ac-
tnelleinent à St Jean, N.B., Régi-
? »?t de St Hyacinthe, et de Fer-
nand, étudiant, Jean-Paul est en-
tré dans l’aviation au début de la
guerre et il est monté vite dans les
sirs . . . et dosai les grades mili-
taires. Il fut le premier canadien
français à se distinguer dans ce
domaine de l’aviation qu’on appel-
le la navigation. Aujourd’hui, à
I* Isuhart an compétence et son
autorité ne souffrent pas de com-
paraisons. On se rappelle taeiie-

Chanoînes honoraires

Chanoine J Roméo GUTNDON,

curé de Ka wkesbury .
aumônier des Anciens élevés.

ment le souvenir de « Narce » par
aes exploits sous le grenat et gris;
le rugby et le hockey le passion-
naient de façon peu ordinaire.
Aussi, même aviateur, Jean-Paul
a t il su attirer l’attention lors
d’une joute de goure t au sein d’un
carnaval éclatant à Banff … ai
bien qu’il remporta la médaille
d’or de la soirée.

PeUey de Bsownsburg,
Que., ancien étudiant brillant et
cxeeBent gardien de bot, actuel-
lement avisteur au Canada, s’est
perdu quelque part dans le nord
d Td ea o n Uni durant
Cm nous a appris .
qu’a avait été retrouvé.

Mgr Louis Collignon, OMX
EveSque des Coyes, Haïti

^Mfr Louis Oollingnon, O M 1., est d’origine
beige, mais il vint très jeune aux Etats-Unis,
n fit ses études classiques au Juniors t du
Jtocie-Ooeur, dTHawa et à rUniveTsfté, ses
étude* philosophiques et tneoroglques au

fSEF?* W L »*^ ****** et au 8eo-
iaaticat international de* Obiate à Rosse. A
oon retour, il fnt nommé professeur au 8colas-
ticat des Obiate de Natte*, E.-U. Il devint
par la suite supérieur du snfsrri seexastteat.
Itérifwiiu t, le Saint-Siège confiait aux
OWats de Marie Immaculée fianco-améri-
cains un nouveau champ d’apootoiat à «*«**
MirldNtfB Coûlaneaf, mmv*èw*swedmC*j*M,
Haïti, sera sacré au débet de d é ce mb re par
8. S. le cardinal Villeneuve, OMX, à Lowell,
et prendra possession de son siège en Janvier
1JHB. L’évêqoc des Cayes é^aUde pesage
à Ottawa dernièrement. Quelques-uns 4e
ses confrère* da convestuai lttl-iaJB le r*n-

IWM dkfmler; est r i mau s ai t Mal le Docteur
*** *** j^g^» s uenecin de nJniverstté; le

wmn Ksruppr. Bf^rme^Clen * JtaQsaVaâa Pàanaani
«reeaU; Ohartea Bruvére/ Journaliste; pa*
jsâaâtt m p l i m l ettij

La Botonde est fort heureuse de
féliciter dès son premier numéro,
ceux de nos Anciens qui ont été
nommés chanoines honoraires par
S. E. Mgr Alexandre Vachon, ar-
chevêque d’Ottawa, en présence
de S. E. le Délégué apostolique et
<Tune foule de quarante mille
p e rs onn es lors du splendi-
de congrès eucharistique de Haw
kesbury. Ont: MM. les abbés Be-
rnée Guindoa, Hector aVosnesu et
John Cnnninghsm, M. le chanoine
R. Guindon a fait lentes ses études
classiques et théologiques à l’Uni-
versité. De son Aima Mater il se
souvient bel et bien pour l’avoir
toujours encouragée et soutenue
en lui confiant nombre d’étu-
diants; doyen d’une famille
de 17 enfants, il dirigea vers l’Uni-
versité, six de ses frères, encore
plus de neveux et tous ceux qu’il
rencontra dans* les différentes pa-
ressons où il fut vicaire ou curé:
Sarsfield, L’Orignal, Bucking-
ham, Gatineau, Ontineau-Miln
qu’il fonda, et Hawkesbury dont il
est curé. Comme pNetiusl du
Congrès Euchssitique de Hawkes-
bury, qui tiendra toujours place
d’honneur dans les miHa *i}Tt du dio-
cèse d’Ottawa, il nous fait plaisir
de le féliciter chaleureusement.
lui ses dévoués riraims et aussi
son peuple dont se aèle et le dé-
vouement égalent presque m foi
prnfnadi et coninuinicative.

MM. les chanoines Omningham
et Brosseau ont fait leurs études
théologiques ici. Le premier est
a rtneUwnent curé d’Almonte, Ont,
et le dernier, de Grenville, Que.
M. le Chanoine Brosseau s été
longtemps prosesseur d’histoire
très distingué à l’Université; son
réle eucharistique et sa compéten-
ce doctrinale remarquable lui va
laassé d’être choisi casasse direc
senr du comité sacerdotal du ré-
cent congrès.

Nouvelles pas
neuves . . .

Gaétan Rochon, Sturgeon Falls,
Ont; Yvon Bériault, Ottawa; Fer-
nand Gntndon, Ottawa; Lauréat
Lachance, Tecumseh, Ont; Jean-
Paul Boy, Ottawa; Gaston Cloutier,
Ste – Agathe – des – Monta, Québec;
Charles Woods, Ottawa; WilMd
Major, Ottawa; Paul Danaont Ot-
tawa; Roger Valois, Ottawa; Be-
bert Ménard, Ottawa; Félix Le-
clerc, Montréal; Stewart Green,
Gatineau Mills, Que.; B. RobitaiHe,
Ottawa; Nelson Lafranahoue, St-
Isidore de Preacott Ont; irénée
Gagné. Limoges, Ont; Edgar Ma-
geau. Sturgeon Falls, Ont: Roland
Carrier, Ottawa; Hector Mougeot
Masson. Que.; Wilf. Chantai, Calu-
met, Que.; Jacques PeUetier, Hull
Que.; Marcel Rochon, St u r geon
Falls, Ont; Jean DumoucheL Ot-
tawa; André Couët, Québec: Lu-
cien MareiL Ottawa; Guy Stlses –
tre, Ottawa (fiançailles); Dr Mau-
rice Dupont Kapuskasing, Ont.;
Hervé 1 Cyr. Ottawa.
FlancafBes:

Jean-Paul Prévost, St Jérôme,
Que.

LA BOTONDE, U OCTOBBE IBU

Page t

Petite brochure

« La polyphonie
dissipe »

pur le B. P
Jules Martel, O BU.

Directeur de
l’Ecole de Musique

Pris: 3t

Qu’on nous permette de félici-
ter aussi M. l’abbé René Matin,
sartinsjué supér i eur du Séminaire
diocésain, nommé chanoine à la
occasion.

Hommage à
Jean-Paul Sabourm

Comme l’aigle puissant qui s’élève rapide.
Tu partis plein d’espoir sur des fersT^
Mais l’eaaaeaai avisa Isa essor intrépide
Tu t’engnuffres. aéias, dans l’éternel sner

N’ay– t conssae téasoins de les

One » soleil hruiaat et la bète éanaie.

Ta naoaras e* héros, coassas eau» d’autrefois.

ton rave.

Revue de t’Untversirié

O OlIqjwQ

y iMs j H i u m saort devait
A lâenre eu tu .

S & »*.*&!* ejs» o Jaar a* s-aeMvs
Ta trouverais, hélas, aaa eff royabia fin.

Tu décollais peur le àVrnior de tas

Et tu grimpas ai haut, par dessus te nuage

Qne ta saoatas au csel «A ta n’eu

L. Oaillttx»
ot» sdu*

OMX. accepte aca

CXrTK,
Petit Bnsssnnlra d’Ottawa,

MSM

La règle de vie l É mi u sM qm. , injrTIiiUBai «eeea-
wood. maître de conférence* à rOsnvsrsité de Loa>
dres, p oo i ses sui » à l’Université d’Ottawa — Las

^^^??» ^^* K^aas*vaus es sa roaaan aaaavseaha, par
Harry Bernard. — 1* swiyisaeane etasateue, par Jules
Martel, O.M.I., directeur de rEcole de Musique. —

(sans), par Séraphin Marfcm,
de la Société royale, arnlimm au cours
supérieur de la facuMé des arts. — Discipline et
fwkaaaf, par Rodrigue Nornundin, OMX, atofeaaeav
à la lacuett d e phnsaoplili – La Noamillii Fiant t ai

^ ??’ l  » HB> fer Jcaa-Léon Asie, GMxï
à la faculté do théologie. _ La pevseaassBté

staé narnfiaa OJB.L, gniiaiisi à PBsolo dos

OJIX,

par Maurice
ils faculté de philmsiphai

4e revues
da ruaioeraitt d’Ottawa

nasaHnaââl

Ia’L^m’V ( .’ ,

LA ROTONDE

Directeur: Pierre de Bellefeullle.
Directeur adjoint: Jean Lupien.
Secrétaire: Boné Lafrenière.

Rédaeanu-^avcaef : Guy Beanlne.

Lettres: Losnor Monty et François Clouttor.

Débets: Jeaa Belasau.

Chroniques: Boné Lafrenière.
Vie étudiante: Jean Lafrsmboise et Yvon Pépin.
Sports: Fernand Lsbrosse.
Interviews. Maurice Chagnon.
Louis Terrien, François Morhaet Boland Se-
guin, Jean-Claude Hurtibise.
Correspondants: Rnymond Bobichaud, Paul de
BeTlefvT 1  » 1 ^, Lucien Lamoureux, Lionel Le-
mieux, Gaston Isabelle, Maurice Laça sse,
Guy Angers, Raymond Bériault Joaa-Yvos
Bigras. Boger Sicaard.
Dessinateur: Clément B sani l is m f. o …
adadidiliHioa Pierre Prévost, Yves Pilon, Richard
bise, Yves Pilon.
Bélanger.
Conseiller, le B. P. Arcade Guindon, O.M.I.
le B. P. André Guay, O.M.L

Elixir

Sincères félicitations

A Jacques Belztie, étudiant à l’Insti-
tut de Philosophie, qui jouera cette an-
née le rôle très Important de Président
diocésain du mouvement d’Action ca-
tholique chez les étudiants. <#

Jacques a suivi,. au mois d’août der-
nier, la semaine d’étude de la jeunesse
étudiante catholique à Montréal. D y
représentait les étudiants d’Ottawa. M.
l’abbé Jean Berthiaume, du Petit Sémi-
naire, ancien élève dici, est aumônier
diocésain.

J’ai posé sur ma UMU une pomme et prés
d’elle foi placé une orange, et, sous les feux
de Ul lampe les reflets de ces fruits m’ont
lentement grisé. Mais rhomme se fatigue
dee mêmes choses et quand il ne peut les
changer U las transforme. J’ai pressé de la
pomme un cidre doux et datr, st doux et si
clair que j’ai cru un moment que f avais
rempM mon verre d’un ragon de lumière’, fai
pressé l’orange et son sang était pale aussi,
mais l’arôme qui sortait était si doux et si
délicieux que ma langue trest panée de gou-
telettes de cristal qui fondaient dans la oou-
che. Mais rhomme n’aime pas être seul,
parce qu’il a peur ou oien parce qiftl n’é-
prouve le bonheur qu’en se confiant tout en-
tsar. Mon ami est venu et U a bu le fus du
fruit que Dieu avait donné à l’arbre de ha
science. Moi, fat bu le sang d’or qui passion-
ne et qui grise. Lui parlait longuement et
son coeur était pur car U avait e* la science
et s’en trouvait rajeuni comme si c’eut été
la fontaine de Jouvence qui Veut abreuvé;
mais moi j’étais triste et las, car le parfum
et for ne m’avaient pas raffraichi. Ma langue
se taisait et ma gorge était en feu, mes yeux
se fermaient à demi et je voulais être seul
Mon ami s’est levé et è%t parti vers la lumière
qui montait au dehors et fai entendu son
chant et son rire qui réveillaient les champs.
Moi, je me blottissais dans ma chambre où la
lampe baissait et je sentais les larmes qui
labouraient mes joues, il avait bu la science
et j’avais b« le plaisir, mais c’est son verre
qui contenait la foie,

Guy BKAULNE.

Appel aux
professeurs

Notre Directeur, dans un
article assez élaboré, vous ex-
pose le but d’un Journal d’é-
tudiant et les meilleurs moy-
ens d’y collaborer pour l’ai-
der à atteindre la lin propo-
sée. Pour ma part, je con-
crétise ses pensées et je lance
an appel direct en faveur
d’une étroite .collaboration de
nos professeurs laïques et re-
ligieux.

Même en demeurant un
Journal d’étudiants, c’est-à-
dire dirigé et rédigé par eux,
l’apport que vous nous feriez,
professeurs, serait des plus in-
téressants et des plus encoura-
geants. Nous avons la jeunes-
se, respérance, l’enthousias-
me, mais vous possédez l’âge,
l’expérience et » sagesse.
C’est pour vous presque un
devoir de continuer votre aide,
même dans ce domaine, en
étant encore à nos cotés pour
affronter les points épineux
de certains problèmes.

L’Université profitera de
cette union plus intime et no-
tre journal acquerra plus de
poids, car enfin nous reflé-
tons l’esprit de l’Institution,
mais c’est par vous que nous
sommes formés.. Nous for-
mons un tout et notre force
dépendra de l’union plus
étroite des unités. Jusqu’ici
notre Journal a vécu très fa-
vorablement et aujourd’hui 11
a la force de s’établir, c’est-à-
dire de refléter une personna-
lité encore plus distincte. De
cette façon l’Invitation se
transforme presqu’en un fra-
ternel commandement . . . -*t
dès les prochain* numéros
nous aurons au nom des col-
laborateurs, an article signé
par un membre du corps pro-
fessoral.

J<

GUY BAULNB

PIEBBE DE BELLEFKUILLE

Le comité

local

Président: Bsjsasssl Brunet
Wce-prés.: losnlne Pépie,

Sec^trée.: Henri Schmld t

« Mesncnes »
esaOsstfea D*Aeust

«e « JaTC »:
C Ks ao at Csia at w

La Rotonde et la Société
des Anciens

Il ne s’agit pas d’un sujet de débat. Il s’agit d’un rapport.
81 tous consultez la première Rotonde 1941, 2 octobre, vous
trouverez à la page 2, au centre, dans un cadre, un articulet
intitulé: « Un contrat ». Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, nous
le reproduisons ici:

UN CONTRAT

de

bonne et dae forme, ont la Société des Anciens
te française d’une part; La Rotonde, de l’autre.

La première s’engage, en vertu d’un arrêté ea conseil an
et juin dernier, à verser aa bureau de La Rotonde une
une fixe, soit $25.**, par numéro.

la seconde promet d’adresser le Journal à tous les Anciens
oSe uoniièa* aa possédera les adresses (évidemment).

Non» publies» dix nuuaéros par année.

Prière d’envoyer va* cotisations (an dollar) au R. P. HENRI
MORISSEAU, OJH.I., Directeur des Anciens, Université d’Ottawa.

SI en ne marche aaa» La Rotonde soutient teut de suite que
ce ne sera pas da aa faute.

Entendu ? . . . Essayons.

Voilà le contrat. Voici maintenant des faits.

An cours de l’année 1941-1042, nous avons publié t numéros
dont un à 20 pages, 2 à 12 pages, et 5 à S pages. En comptant
l’Impression, les dépenses de vignettes et d’expédition,
La Rotonde de l’année dernière nous a coûté tout prés de
f900.©0. Notre tirage était de 2,700.

Il faut ajouter que La Rotonde compte normalement 8 pages.

Or le Directeur des Anciens nous dit qu’il aura peut-être
$180.00 à nous remettre. . Ce qui veut dire que sur 2,000, 180 ont
remis leurs cotisations l’année dernière. C’est un progrès sur les
années précédentes, mais ce n’est pas suffisant.

SUGGESTION

Les rationnements de toutes sortes rendent très difficile la
tenue de conventions généraux. Pourquoi les représentants
régionaux n’organisent-ils pas des réunions régionales, comme
l’année dernière à Tecumseh et à Québec ? Ds pourraient alors
faire la liste de leurs membres, recueillir les abonnements qu’ils
remettraient ensuite à qui de droit.

L’Aima Mater serait très heureuse de déléguer un représen-
tant à toutes ces réunions régionales, où qu’elles se tiennent.

Exposition d’art chinois

H se tient actuellement à la Galerie na-
tionale une exposition d’oeuvres du peintre
chinois Chang Shu chl, de Chunklng, qui
enseigne présentement à New-York. Cest
pour nous une occasion unique de faire con-
naissance avec l’art oriental, qui, s »fl est très
dînèrent du nôtre, n’en est pas pour cela In-
férieur.

JauMioel dernier le professeur Chang 8nu
CJhi lui-même ttonnntt une démonstratton de
sa technique; J’y assistais avec deux co-
pains, Jean Lupien et Charles Major, et ce
fut pour nous en quelque sorte une révéla-
tion: habitués aux procédé* lents des pein-
tres occidentaux, nous n’aurions pu conce-
voir qu’il fut possible d’atteindre à une telle
rapidité d’exécution, en conservant la déli- .
catesse et la précision du dessin qui ont fait
la force de la technique des clas siques, et
la sobriété des traits à laquelle visent les
modernes. Le maître exécuta devant nous
en une heure seulement, deux aquarelles dé-
licate* d’un art très pur; c’était comme un
miracle de voir apparaî t re de quelques traits
hâtifs, des fleurs, des bambous, des oiseaux,
des papillons; le dessein pourtant était très
complet; très souvent, ches les modernes,
on ne distingue le sujet que lorsque éloigné
de vingt pieds de la toile; Ici pourtant le
dessein est d’une telle finesse tout en res-
tant sobre, que l’on reconnaît sans hésiter
chaque objet, même si l’on a les yeux à
quelques pouces dû tableau.

La technique du professeur est tout à
fait différente de celle en cours ches nos
peintres. D’abord, U ne fait ni ébauche, ni
tracé sommaire sur la toile; sur le papier
. vierge il commencera par exemple par pein-
re le coeur d’un chrysanthème, qui sera
le point de départ autour duquel U cons-
truit dans une composition impeccable tou-
te sa toile. Mais ce qui fait le secret de son
art, c’est sa touche. Comme une bonne par-
tie, peut-être le plus grand nombre, des
modernes, il ne mélange pas ses couleurs;
s’il peint m* pétale ofc il y aura du blanc et du
rose plus ou moins foncé, 11 met d’abord sur
son pinceau du rose, puis du blanc; et, en
quelques coups, sanz retremper son pinceau,
H aura tracé le pénale: en appuyant très
légèrement, il aura du blanc; un peu plus
fort, un blanc rosé, et ainsi de suite. Sa
technique est donc faite toute de précision;
variant la pression sur le pinceau, il varie
la teinte, ce qui demande une maîtrise de
touche qui est vraimen- formidable
C’est aussi parce qu’elle est précise que sa
technique est sobre; son tracé sûr sans ba-
vures ne requiert pas de reprises; les tiges
de ses fleurs sont faites d’un seul trait aussi
nuancé que s’il était retouché.

Au début, le professeur Chang Shu Chi
peignait d’après nature; mais son imagina-
tion maintenant suffisamment enrichie, lui
permet de concevoir des oeuvres innombra-
bles; en un instant, son sens artistique crée
un tableau parfaitement agencé; Je n’ai
pas remarqué dans son exposition de toile
qui soit décidément inférieure a^x autres.
Cette richesse de conception it son dessein
précis et sobre sont sans doute /parmi les
principaux éléments de son génie, si génie U
a, ce que J’ai tendance à croire.

n ne faudrait pas croire que ce n’est là
qu’un tour de force. L’oeuvre qu’il enfante
en trente minutes vaut cent fois les chefs-
d’oeuvre que certains de nos modernes pon-
dent après des journée* d’efforts. Cest par-
ce qu’il est vraiment maître dans son art que
Chang Shu Chi exécute si rapidement.

L’exposition comprend surtout des toiles
de fleurs et d’oiseaux; c’est d’ailleurs là la
force du maître. A une question que lui posa
mon camarade Lupien U répondit qu’A peint
aussi facilement les portraits, les paysages,
etc., mais qu’il est spécialisé dans les fleurs,
qu’il agrémente d’oiseaux et de papillons.

Malgré notre ridicule orgueil de blancs,
nous devons admettre que sous bien das as-
pects l’art orientai est loin en avant du
nôtre. H y a à l’Art Association de Mont-
réal une colection de peintures Japonaises
qui amène la même réflexion; cet art que
nous ne connaissons souvent que par les
jetons de mah-jong et les porcelaines chi-
noises, pourrait être pour notre culture un
apport d’une grande valeur universalisante.
Il est à souhaiter que nous en venions un
Jour à ne pas mépriser ce qui n’est pas blanc,
surtout là où les blancs sont intérieur*.

Pierre de Bellefeullle.
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+ + Au pa ys de la chaleur moite ? +

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définitive.
au-dessus de
américain
du port. SI
stratégique

/

-

Une rive basse, une buée qui en monte,
des palmiers, des cocotiers, un ciel gris.
C’est le premier aspect de l’Amérique Cen-
trale que nous découvrirons du pont de la
Santa-Elena. Ce sera un peu une image
irions passent et repassent
tètes, et un sous-marin
rf ace nous croise à l’entrée
l’avions pas su l’importance
‘endroit nous n’allions pas
tarder à nous en rendre compte.

Voici le quai qui vient à nous, fourmillant
de noirs. Le port de Crlstobal-Colon a peu
d’importance, mais ‘les quelques docks qui
s’y trouvent sont fort bien aménagés et im-
menses. Nous découvrirons au mouillage la
San ta -Barbara, de la Orace-Line, et, plus
loin, émergeant au-dessus des toits des en-
trepots, la cheminée blanche, rouge et verte,
ot pour un peu la coque blanche d’un pagne
bot de la Ligne Italienne, qui ressemble
comme un frère au Roma, bien connu des
habitués de la « route ensoleillée » New-York-
Naples. Il lui ressemble tellement que ai

>us ne. savions pas le Roma loin dld nous
croirions le retrouver. On nous explique ce-
pendant qu’il s’agit d’un paquebot italien,
soumis par son équipage à un — Tfr^tnçr sa-
vant, dont le capitaine subit ici son procès et
dont le reste de l’équipage a été transporté
à l’Elus Island. Nous sourions de cette nou-
velle manifestations de la « neutralité** amé-
ricaine.

Nulle part ne descend-on d’un navire
sans satisfaire mille formalités. A Colon
moins qu’ailleurs. Le permis de débarquer
qu’on nous a délivré après examen des

seports contient notre signalement
re. taille et poids, et U est absolument indis-
pensable à qui voudrait circuler en ville.
De cela aussi nous allions bientôt nous
dre compte.

Ici, à deux pas de l’équateur, il fait
chaleur insupportable. Sans doute ne fait-
elle point éclater les thermomètres, mais elle
est si moite, si étouffante, qu’elle abat plus
sûrement que toute autre. Nous fsfsuTsJsw
d’ailleurs tombés en pleine saison des pluies,
ce qui nous vaudra le souvenir pittoresque
que voici.

L’ i mmense entrepôt contre lequel est ve-
nu se ranger là Sânta-Klena, est plein d’une
capiteuse odeur d’épices, plein aussi de cais-
ses, destinées — les étiquettes nous l’appren-
nent, aux bases militaires ou navales de
l’isthme — plein aussi d’énormes bobines de
papier à journal, venant des Priée Brothers
de Québec, et destinées sans doute, aux Jour-
naux de la place. Mais il est plein de nègres
surtout, des « silvers* ‘comme on les sTf psTs TsI
ici, et ils ont tous des p^raphites. Nous trou-
vons plaisant ce rapprochement inattriwln,
des débardeurs nègres avec des psianjahi
Ils les déposent contre les piliers de l’entre-
pôt avec leur déjeuner, qu’ils ont dans un
petit sac de toile à bretelle, et parfois, avec
leur casque colonial peint en vert. ;
peint, et pourquoi vert ? .Je ne sais

Des rues étroites, bruyantes, sales, h o a d é e s
de maisons de bois à balcons; à peu près
aucun intérêt historique, voila Colon. Ce
n’est pas une ville agréable, et nous serons
vite rassasiés de son pit tore s qu e. H faut
avouer pourtant que ce pittoresque-là abon-
de. Figures- vous une population presque to-
talement noire, du noir le plus chocolat, qui
peuple ces rues étroites, y met des négrillons
tout nus, négrillonnes A robes « »«>!*r. des
grosses commères en, cheveux qui s’Interpel-
lent d’un balcon à l’autre en espagnol.

Flgures-vous aussi la Calle Frente, une
rue extraordinaire. Le Jour, elle est très agi-
tée, la nutt, encore davantage. Cest pèaisir
d*y flâner malgré tout. Il semble bien ave
toutes les boutiques, grandes ouvertes sur la
rue, comme tous les rn iV rhiussfii d’ici,
soient Japonaises. Bues sont bourrées de
soieries, de potiches, de porcelaine impor-
tées. Tout cela se débite à des prx déri-
soires. L’un d’«* » f T*5 noe«-tne«**– –
mono de sole blanche, avec de fort
b r od eri es multicolores, vraie merveille,
désespérons de tro u ver dans ce
que nous reenexcuonô ie pm* u
véritablement panamiens. Et U faudra

s’avouer vaincu. Il n’y a rien, rien

toutes ces Japonaiseries qui nous rasreue le
caractère, incontestablement ttc~tF. de
cette ville de Colon.

La nuit, toutes les hontlones se likitl– ni
derrière leurs volets rebattus, et la rue est
livrée aux cabarets, et A la toute i»– y *q t % »
qui les encombre. Noirs, métis, créoles, chi-
nois, a mértrsin s s’y coudoient, *> radot ent
aussi. La nuit retentit du bruit des querel-
les et o> l’fibominable ttntisa i rm des
très nègres, cm «  »t^Hs^sVat
uusKs «las» ses

cfi s- ks

«t

i »ffrt

km, dt

? y*

>**?<

Par instants, quittant la foret, nous retrou-
1er, étonnamment grise sous ces
Partout, le long des côtes, on a
les aérodromes, et nous pouvons voir,
le long des pistes luisantes de pluie,
d’avions bleus et Jaunes, ou argentés,
des étoiles sur le dessous de leurs
Peu ou pas de modèles récents, ou
s*B y en a, on les a soigneusement dissimu-
lés. 11 n’y a guère, nous semble-t-il, que des
asseurs Curtiss et des bombardiers
d’un type déjà périmé. Un peu
mois plus tard, au retour,
constater un progrès «ensi-
le matériel, et il est permis de croi-
décembre, lors de l’agression japo-
y était a peu près renouvelé. Il faut
respérer.

tout, périmé ou non, ce matériel

par sa quantité. Le. ciel est

et l’air plein du vrombrisse-

moteurs. A tout instant, sur

étroites, nous devons nous ranger

des lourds camions mili-

s chargements sont défendus

et les regards par des bâches.

cesse pas de venir, en courtes

incroyable violence, et l’on

plus de voir les fosses remplis

couverts de boue jusqu’aux

et les débardeurs armés de para»

ne va guère au delà des écluses
et c’est le talon d’Achille du dis-
que cette absence de rou-
et Panama. Sans , dou-
d’ordre technique sont
insurmontables. 81
A percer l’isthme d’un canal
de fer, on ne volt pas très
ne parviendrait pas un
route. Le génie américain
d’ailleurs, et l’on sait asses ce
m r éalis a t i on s pour être rassuré
H nous a semblé aussi qu’on avait
an tron çon de route le long du canal
j osqu à récluse de Gatun. au dam
celle que nous avons suivie.
Le -tour de ville » est vite fait, et nous
le loisir de flâner le long des rues dm
les vingt-quatre heures que
A y passer. Le *tw>t«
et ravion qui, en vingt minutes voie
A Panama nous autorisent A pro-
ou A écourter ce séjour, si nous tenons
A ne pas rester sur la « Santa-
la Ua t eisée du canal.
cepend a n t a juste l’intérêt de vingt-
et nous ne serons tentés, ni
i ni de nous y attarder plus

pas permis A la « Santa-Elena »
toute seule cependant.
t une façon de parler. En-
là que l’autorité militaire met A
ce qu’on appelle un « anti-sabo-
Tingtaine d’hommes, sol-
qui se disperseront un peu
le navire. Les uns descendront à
des machines, les antres monte-
les antres s’installeront
Us sont chargés de veiller à la
an cas où U prendrait
à notre capitaine de faire sauter’
au beau milieu d’une écluse, ou
dans h tranchée Gaillard. Sans
« , navire américain,
à rasai de tout soupçon, mais on né
prudent.

de Gatun porte notre be-
au me artificiel du même
ives d’environ
I/opération
très longue. On nous ra-
n’éUit pas Impossible dé faire
tranchée, comme Sues.
d’Ingénieurs constituée pour
l’avait même recomman-
sfals ce fut le rapport mlnorl-
prevalut. * La majorité des commis-
étrangers, la minorité, Améri-
les Américains eropor-
du» gouvernement des
Ou allégua le temps, l’argent, et
avec écluses. Hélas, on a Heu
maintenant ! 81 le canal de
n’avait pas dTéelnses le problème
serait moins ardu. Qu’on songe
à la cible Tmsiwiltliiisu qu’offre
dans une écluse, et
si par hasard, les trois
datas mutaient! Le me de
la pins grand partie de la
dans la mer des Antilles,
interdirait tout à fait la
[>rrriblc perspective,
que les écluses sont
en sont hérissés,

LA ROTONDE, 23 OCTOBRE IMS

PW

? ? Attitudes devant la musiq ue +

Mous vivons dans un siècle d'éclat où la sim-
plicité passe inaperçue. En musique comme en lit-
tenture on ne cherche plus que l'effet. Bach, le
maitre de la fugue, ne sert à peine plus, semble t-
?U, qu'aux dormeurs. On écoute encore un peu les
symphonies de Beethoven, mais souvent sans les
goûter, par snobisme. On assiste aux cqncerts par
simple curiosité, entraîné là par la renommée de
Tortiste. En somme l'attitude générale envers la
musique semble bien indifférente,, Jl reste encore
quelques fervents amateurs, mais combien rares!

Si r attitude des gens n'était faite ojue d'indif-
, fétenee, il y aurait lieu de ne pas trop s'alarmer,
.mais plutôt d'espérer développer leurs notions
encore débiles. On rencontre malheureusement
des ennemis' de la musique; ils se divisent en un
grand nombre de catégories. Ce serait presque im-
possible d'essayer de tous les classer; il faudra
se contenter d'en examiner les plus importants
seulement. *

Ces» qui semblent à prune abord les plus re-
doutables sont les "méloph&es" , qui ont formé
parti pris contre la musique quelle qu'elle soit.
Ifs nient catégoriquement l'utilité dé cet art et
s'efforcent d'en démontrer la stupidité. Ils se sont
décidés tout à coup, on ne sait pourquoi, à pren-
dre tons les sons en grippe. Ce sont des gens qui
ont le sens du pratique. La musique leur semble
tr*p futile. On les reconnait généralement à ce
qu'ils sont très réfractaires à tous les sons. Leurs
nerfs acoustiques ont besoin d'un calmant qu'ils
ref usent de leur accorder.

SWs s'arrêtaient à considérer plus attentive-
le rôle de la musique dans le monde, peut-
être seraient-ils surpris des grands services qu'elle
rend à l'homme.

D'après sa définition c'est l'art de combiner
Us sons d'une manière agréable à l'oreille. Tout
** M** ** rapproche de la perfection plaît aux
sens. Le net, par exemple, n'existe pas que pour
renifler les odeurs nauséabondes. Il se délecte à
saisir les arômes les plus séduisants. Ceux-ci
possèdent le degré de perfection auquel le nez
aspire naturellement, et c'est ce qui fait sa satis-

?

faction. Il en est de même -pour l'ouïe. PossiT
dons nous ce sens pour saisir uniquement les
enyuelades^qniiùintee ou les bruits épouvanta
blés comme- TesW/fplosions? Une autre fonction
* plus paisible luist assignée, celle de se reposer.
Les grands chef s-h' oeuvre de la musique peuvent
la- seconder dans cet usage si l'intelligence est
suffisamment douée pour ne pas rechercher autre
chose dans les sons que l'euphonie, et pour en
goûter toute la volupté. La sensibilité ainsi éveil-
lée éprouvera un ravissement profond.

Mais ce bonheur n'est pas à portée de ceux qui
s'obstinent à en rejeter l'instrument. D'ailleurs cet-
te catégorie d'ennemis, quoique paraissant plus
terrifiante, n'est pas la plus acharnée. ,.

On peut, sans la renier, mal' connaître la musi-
que. De là cette classe d'individus qui ont de faus-
ses idées sur cet art. Ce ne sont pas tous de re-
doutables adversaires, mais U y a parmi eux des
spéciments enragés de destruction. Ce «entament
anormal se rencontre hélas assez souvent. Quelques
types possédant le don d'activité ne savent où pla-
cer cette faculté et s'en servent dès 'que l'occasion
se présente. Il ne s'agit pas pour eux de savoir
« la cause est juste: le moment est venu de se
manifester. Ils ont été pour la plupart élevés
dans l'indifférence musicale, et se sont habitués
lentement à adopter les jugements qu'ils ont en-
tendu répéter dans leur mikeu. Ils ont donné leur
adhésions à des opinions formulées parfois au ha-
sard. Le préjugé s'est développé très rapidement
et on test vite cru le devoir de le répandre.
L'erreur a trouvé des adeptes, et l'avenir des
mélomanes' ne tient plus qu'à leur ténacité, fis
ont tenu, et ils tiennent encore. La musique a
déjà assez de difficulté à se propager sans qu'on
travaille à la saboter. Un élément nouveau, le
"swing", tente de déloger l'art. Ce qui est plus
curieux, c'est qu'on essaie de nous prouver que
c'est de la vraie musique quand il serait si sim-
ple de nous dire que c'est tout bonnement quel-
que chose de nouveau qui convient mieux à la
masse que la vraie musique, question de trépi-
dations propres à exciter des nerfs qui ne deman-
dent que la relaxation.

L'art et la pensée moderne

D faut être du vingtième siècle pour
vraiment apprécier l'oeuvre inouïe du Créa-
teur! Je ne veux pas par là déprécier la
beauté de l'univers su cours d. âges passés;
loin de moi cette idée; seulement Je constate
que jamais dans les annales des conquêtes
humaines n'a-t-il existé pour l'homme un si
pressant besoin d'une Nature en plein essor.

Le conflit actuel et l'état d'âme de l'in-
dividu entravent toute exaltation culturelle,
tout épanouissement de l'esprit pour l'Art.
La propagande des- Certificats d'Epargne a
dévoilé suffisamment les nobles aspects de
la guerre -- inutile d'insister. Reste à étu-
dier le caractère individuel.

Dieu .entrevoyant les pages sinistres de
l'histoire, songea à éloigner de l'homme ses
nensers ingrats; D conçut l'idée sublime de
p^* de 1* Nature une oeuvre de douce
sérénité -- tableau inspirateur pour l'huma-
nité souffrante qui a la haine au coeur. Il
appréhendait le Jour où l'on délaisserait le
développement de l'esprit pour s'adonner à
la recherche du bien-être matériel. Sagesse
divine: ja- créa un spectacle si éblouissant
qu'il nous. aurait été difficile de ne pas en
être émus. Mais l'âme humaine est com-
-- et les artifices sataniques nombreux.
Myopes, nous nous sommes détournés
fcpris de-toute oeuvre touchant à
l'humain. Combien nombreux maintenant
les esprits étroits qui font de leur vie un -va-
Jt-vient continuel, une "cour : au trésor".
Les beautés de la terre les laissent indiffé-
rents car l'oeil fixé vers un horizon lmagi-
i. ils négligent la splendeur de leur
Perdu, le sens des valeurs! Déséqul-
ils se leurrent de l'illusion que la for-
tune fait le bonheur. O tempora! O mores!
On ne se procure pas si aisément cette per-
fection u'»... stence; seules les âmes élevées y
parviennent.

L'heureux mortel capable de Jouir pleine-
ment du mystère de la Nature conçoit
aisément son affinité avec l'Art: il voit
dans l'Art une foule d'impressions reçues et
Interprétées par les esprits cultivés -- im-
pwmlons gravées dans la connaissance
humaine par le problème insondable de la
Création. .

Le champ est vaste et ouvre des horizons
illimités à llhdivida qui ai coeur de résou-
dre plus complètement l'énigme de son-

CYRANO.

Le cours d'esthétique musicale

du Révérend Père Martel

Le Jeudi. 8 octobre, le Révérend Père
Jules Martel, O.M.I., présentait le premier
chapitre d'un cours d'esthétique musicale,
qu'il poursuit chaque semaine à la salle
académique de l'Université. Un groupe assez
nombreux et très attentif ">etfil»issait la
salle. *> T

Dès les premiers mots, ceux qui ne con-
naissaient pas encore le Père Martel purent
reconnaître en lui un vrai musicien. Il sait
parler d'une façon claire de la musique,
qu'il connaît si bien. Il illustra son ensei-
gnement par des exemples de chant grégo-
rien, qu'il exécute à la perfection; il possède
à fond cette forme d'art si pure, si dépouillée
qu'il voudrait -- et avec raison -- faire
connaître et aimer davantage. C'est la
musique à l'état le plus simple, réduite à
seulement deux des trois éléments qui la
composent, c'est-à-dire au rythme et à la
mélodie, à l'exclusion de l'harmonie. U a
su nous faire trouver^ dans de simples
phrases modulées avec précision; autant de
beauté que dans maintes symphonies, dont
les thèmes, dégagés de leurs accompagne-
ments et ornements, n'offrent rien de plus.
Mais le Père Martel, en véritable artiste,
ne limite pas son intérêt à une seule forme
de musique; il nous présenta sur disques
des pièces instrumentales ou symphoniques
admirablement choisies.

Le Jeudi suivant, le groupe des auditeurs
avait augmenté. La Bonne nouvelle se
répand vite!

Le père Martel est un grand musicien;
mais c'est un homme très simple, très
modeste, qui nous dit des choses magnifi-
ques, presqu'en s'excusant. On voudrait
qu'il soit moins humble, et nous livre plus
de sa pensée.

Ce cours s'adresse à tous ceux qui aiment
ta musique, exécutants ou non, et il n'est
pa/ nécessaire de posséder de notions sur
la science de la musique pour le comprendre.
C'est la meilleure introduction à cette
science -- car la musique est une science
autant qu'un art -- et pour goûter pleine-
ment certaines pièces, il faut une certaine
formation; et Je crois bien que le cours du
Père Martel pourrait y contribuer dans une
large mesure.

Il mérite d'être plus connu et suivi, pour
le plus grand profit et le plus grand plaisir
de tous ceux qui aiment le beau.

B. de Bellefeuille. '

Ce< sont deux éléments de même famille, il
est vrai, puisqu'ils sont composés tous deux de
sons; mais l'un engendre la mesure tandis que
l'autre en découle essentiellement, en est l'abus.
L'un sème le calme, tandis que l'autre amène l'é-
puisement. Celui qui n'est pas familier avec l'un
ou l'autre devient probablement névropathe
après deux heures de "jazz", tandis qu'il aura
au moins la consolation de s'endormir en écou»
tant une symphonie.

Il faut concéder que certains caractères^ plus
nerveux ont besoin d'excitation, mais pourquoi
comparer leur moyen d'exercice à l'art? C'est faire
un rapprochement qui jure!

Il reste encore bien des classes d'adversaires
à examiner mais il faut se limiter à quelques
exemples.

On peut reconnaître certains ennemis à l'at-
. titude qu'ils prennent dans une conversation sur
la musique. Quelques uns plus pacifiques Réfè-
rent s'évader sans dévoiler leurs opinions, mais
la plupart affichent une moue dédaigneuse au
seul mot "classique". Ça leur fait entrevoir Bach,
Hayden, Umendel, et bien d'autres qui leur don-
nent le cauchemar. Ils ne les ont parfois jamais
écoutés; c'est comme de la nitroglycérine: on
n'ose pas y toucher. C'est trop dangereux à ap-
procher.

Il y en a parmi eux qui sont de mauvaise foi
et se tiennent à distance des classiques de peur
de les comprendre. Si un jour Us venaient à en
voir le génie, ils seraient obligés de changer leurs
idées, et ces choses-là ça ne se changent pas faci-
lement! On ne déménage pas sans y penser plu-
sieurs fois. Les idées sont de gros meubles qui
souvent ne passent plus dans les portes!

Il faut donc se montrer circonspects devant
ces diverses attitudes. Tout le monde ne peut pas
se révéler soudain artiste. Mais tous devraient
atHrir le gcnU 4e la musique. L'homme n'a besoin
d'éprouver Aes- sentiments d'ordre surélevé
que pour sa satisfaction personnelle. Et ces senti-
ments, c'est chez les classiques qu'il les trouvera.

Georges GAGNON.

.'

Au pays de la chaleur moite

(Suite de ta page 4)
de mitrailleuses et de canons anti-avions,
tous bien visibles. On songe qu'il doit y avoir
autre chose aussi, qui échappe aux regards.
Ce n'est pas la machine de la "Santa-
Elena" qui la fera passer les écluses, mais on
la halera de la rive. Des c&bles métalliques,
tirés par des wagonnets remorqueurs, appe-
lés "mules", la feront passer une à une les
trois écluses. Ensuite ce sera le lac Gatun;
un lac immense, Joli, pittoresque avec ses
rives embroussaillées, mais dont l'origine ar-
tificielle se trahit par les cimes des arbres
morts qui se dressent au-dessus de ses eaux
grises.

Le lac de Gatun se rétrécit Jusqu'à ne de-
venir qu'un étroite tranchée aux bords
abrupts. C'est la tranchée Gaillard, la "Gail-
lard Cut" comme on dit ici (ou Culebra Cut)
qui se termine à l'écluse de Pedro Miguel.
Au delà c'est la double écluse de Miiaflores
et le bassin de Balboa. Dans le goulot étroit
par où il s'échappe vers la mer se découvrent
les eaux calmes de l'immense océan. C'est
enfin le Pacifique. Nous aurons mis huit
heures à parcourir les quarante milles qui
nous séparent de Colon.

A ce moment-là, vers la mi-Juillet, la si-
tuation était fort tendue entre le Japon et
les Etats-Unis (on sait assez ce qui a pu
venir depuis) et 11 sera interdit à la "Santa-
Elena" de quitter le port. Il sera également
interdit aux passagers de débarquer. Nous
resterons donc là pendant six ou sept heu-
res, à regarder de soleil se coucher derrière
les lies de l'ouest, à regarder tournoyer au-
tour de nos mâts les mouettes, ou les péli-
cans à bec Immense, ou à regarder les avions
qui passent, descendant très bas, et s'éva-
noulssant dans les falaises, comme si l'on
ouvrai», pour eux des trappes immenses.

n pleiit de temps en temps. Mais nous au-
rons encore eu assez de soleil pour pouvoir,
en gagnant la mer, garder le souvenir d'un
pays charmant, haut en couleur.

Raymond Robichaud.

La Société Ste-Cécile

Directear: R. P. Henri Dulude, O.M.I.
Président: Gilles Lefebvre,

directeur de l'Ensemble univ.
Vice-président: Lucien Lsfleur,

: président de U fanfare
Vice-président Georges Perrault,

président de la chorale
Secrétaire: Jean-Luc Pépin
Conseillers: Guy Cantin (fanfare)

Rosaire Morin (chorale)
Raymond Berthel (ensemble.)

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? A/os débats hebdomadaires

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Je» n Belle* ?

Dans une semaine environ, la Société
des Débats français recommencera ses
séances de débats hebdomadaires. Tous
ceux qui se sont donnés la peine de lire le
programme conviendront qu'il est extrême-
ment intéressant, et que si les étudiants
veulent se donner la peine de préparer leurs
débats ,les séances du jeudi soir auront un
attrait nouveau, ce qui sera certes bien du
progrés sur les années passées.

On ne trouve généralement pas d'épi -
thé tes assez flatteuses pour vanter les bien-
faits de la Société des Débats. Aux quelques
élèves qui viennent chercher plus qu'une
culture livresque, qui n'en est pas une du
reste, la 8odété des Débats offre les meil-
leures occasions de voir jusqu'où leurs con-
naissances de questions sociales et politiques
s'étendent, et de pouvoir constater aussi ce
que leurs confrères pensent sur tel ou tel
sujet De plus, à ceux qui savent apprécier
les avantages qu'offre une habitude acquise
dés la jeunesse de pouvoir 'exprimer en
public sans avoir besoin de bredouiller ou
de faire composer des discours "prototypes
par des secrétaires payés au cent mots, U
est inutile d'insister sur tous les avantages
que présente notre société.

Nous demandons aux nouveaux de ne
pas imiter les exemptes de leurs prédéces-
seurs qui s'appliquaient à rendre les débats
le plus ennuyant possible, afin de les criti-
quer ensuite le plus possible . C'est sur vous
surtout, messieurs, que s'appuie la Société
das Débats pour connaître une année
excellente. Si vous vous donnez la peine de
préparer vos débats avec soin, vous verrez
alors combien il est difficile de discourir
dune question pendant sept minutes sans
se mêler, et tout en restant logique avec
soi-même. La rhétorique donne d'excel-
lentes règles, mais il faut essayer de les
mettre en pratique au moins une fois dans
sa vie pour s'apercevoir que ce n'est pas si
facile que cela.

~Aux camarades des années passées, Je
n'aKqu'une demande à formuler: "Cessez
de parler et de critiquer, Agisses." Vous
remarquerez qu'un bon nombre d'élèves de
septième et de huitième se sont vu confier
des débats. On apportera une foule d'argu-
ments tous plus ridicules les uns que les
autres, pour ne pas donner de débat. Tous
ces messieurs qui se croient si intelligents,
puisqu'ils se permettent de rire de choses
auxquelles ils ne comprennent pas un mot,
nous les défions de se présenter en public
pour nous démontrer s'ils sont si capables
que cela. Il est toujours 'facile de crier a
tue-tête et de se griser de sophismes, mais
une fois qu'on tente de mettre de l'ordre et
de la cohésion dans ses Idées, c'est la qu'on
s'aperçoit de son impuissance intellectuelle
et littéraire.

Nous espérons donc que cette année,
anciens et nouveaux vont se donner le mot
pour rendre notre Société plus prospère,
intellectuellement, que jamais.

?t. -o

des débats
français

Directeur: R P. Arcade Guindon, O.M.I.
Directeur artistique: M. L. Bfmuln*
Préaident: Jean Lupien, Ph. II
Vice-prés. J.-C. Hurtubise, Ph. il.
Secrétaire: Jean Belleau, Ph. I
Trésorier: Jean Laframboise, Ph. I
Conseillers: Roland Séguin, Arts II

Jean-Jacques D'Aoust,

Arts I

Hubert I.emieux,

Imm. senior.

SOCIETE DES
DEBATS FRANÇAIS

(Section tester **ln.nia4rkuiation, U H et)
Exécutif pour l'année 1942-43

Directeur: R. P. Conrad Leblanc, O.M.I.
Président: Guy de Puyjalon, 4A
Vice président: Yves Rousseau, 4B
Secrétaire: Real Therrien, 3B
Conseillers: Aurelien Beauchamp, 4C

Jean Caron. SA

Roch Laf leur, 3C

JEAN LUPIEN,
président des ï>. F.

SECTION D'IMMATRICULATION JUNIOR

(lères et 2èmes formes)

LE CONSEIL
Directeur: Rév. P. Alphonse Couët, O.M.L

SECTEUR-- A
Préaident: Raymond- Sabourin, UExIm2A
Secrétaire: Napoléon Fink, U.-Ex-Inv2A,
Conseiller: André Bérubé.U-P-InvlB.

SECTEUR-- B «
Président: Armand Charlebois, U Ex Im 2B.
Secrétaire: Hermann Dumont, U-P-Im-2B.
Conseiller: Pierre Davieult, U-Ex-Im-IA.

SECTEUR-- C
Pr é a i d e n t : Paul Bi unelle, U-P-Im-2C.
Seerétaare: Richard Kasson, U-P-Inv2C.
ConsoHIer: Joseph Beauchamp, U-P-Im-lC

Chers amis, permettez-moi, en tant que
présid en t de la Société, de tous adresser an
mot au sujet des débats.

Parmi les plus importantes activités qui
reprennent leur cours avec l'ouverture des
classes, nous voyons au premier plan la
Société des Débats français. Sitôt l'entrée
faite, le Rév. Père Guindon, toujours aussi
empressé à travailler dams l'intérêt des gars,
demandait une réunion du conseil pour pré-
parer le programme de l'année. Et si le
succès devait se Juger par ^l'enthousiasme
que mit Te conseil à la cause, nous serions
assurés d'une brillante année.

Nous avons fait plusieurs innovations
afin que tous les étudiants retirent le plus
d'avantages possible des séances hebdoma-
daires. Cela peut évidemment être fort plus
alléchant de participer aux débats publics,
mais il faut auparavant faire le grand pas
initial en passant par les séances hebdoma-
daires. Cest là que nous apprenons à con-
naître nos défauts et nos. qualités d'orateur
pour détruire les uns et cultiver les autres.
n faut absolument que les Jeunes gens ap-
prennent à s'exprimer simplement dans une
phrase française complète, n en est plu-
sieurs qui, dans la conversation ordinaire,
ont un bon français, maie qui ne peuvent
agencer convenablement leurs mots dés
qu'ils apparaissent en public. Les débats
font aussi oeuvre très formatrice en forçant
les étudiants à faire un travail approfondi
sur un sujet qui demande des recherches.
Ainsi, pour plusieurs, c'est l'occasion de
prendre contact avec une bibliothèque
pour chercher et trouver les renseigne-
ments nécessaires. Puis il faut faire une
synthèse de toutes ces trouvailles et donner
une unité au travail. Contrairement à ce
que l'on pense, cet exercice ne doit pas être
réservé seulement à un groupe très restreint
plus enclin au genre de travail, mais à tous
ceux qui désirent profiter cPune formation
complète. !

On peut s'étendre longuement mais Jamais
inutilement sur ce sujet. Tant pour la for-
mation personnelle de chacun que pour
maintenir la bonne réputation que s'est,
créée notre Société, J'invite tous les étu-
diants à s'Intéresser activement aux débats.

Je souhaite de nombreux succès person-
nels qui rejailliront sur la Société, et qui
augmenteront ceux qu'elle remportera en
son propre nom.

Que ceux qui désirent recevoir La Ro-
tonde veuillent bée» nous faire parvenir
m*» abonnement (fl.M) avec leur
adresse précise.

n *

Depuis le 1er octobre, les ligues
intramurales de rugby de la Di-
vision des Petits fonctionnent ré-
gutioreasent chaque après-nudi de
congé sur le terrain de l'Orale.

Plus de 150 élèves, pensionnaires
ou externes, ayant donné leurs
nos** furent répartis selon leur âge

on | | j -i t m Irnai i l a ff atiia

tes ligues.

Cher les Senior* (les pliai grands
de* Petit*), nous voyons Y van Mant-
calm, (Trois Rivières), Louis Tru
deL (Ottawa), J. J. Fogarty, (Otta-
wa) et Jean P. Touchette, (Mille
Roches) piloter avec une adresse
expérimentée leurs treiae liât ai*
respectif*

Les capitaines des Juniors, (ou
moyens): Armand Lefaive, (Rrviè-
rii -- rsm ii ni) , L*ui* Lefaive,
(Windsor), Jean fartai* <a*itt) et
J-Cns Ifc iii p s flum, (Un»), east aus-
si chacun treize Joueurs sous leur
habile direction.

Chez le» Midgeta, (tas petit*...
où la "valeur" n'attend pas tou-
jours le nombre de* "eendées")
Guy petade, (Alignera), Paul Le-
page. (Ottawa) et Raymond La
chaîne, (Ottawa) sont à la tête de
quinte Joueur* débutants datât
plusieurs donnent a* gsatulsi es-
pérances pour le* année* 'Mur**.

tous cet jeune*

Les /eux chez jes petits

courtes récréations. Ils dressent
alors leurs plans d'attaque ou de
défense, apprennent à leur ligne
comment bloquer ou enfoncer r ad-
versaire, essayent det passes, des
batte*, en un mot chaque capitaine
prépare son club pour le jour à
venir ... Le meilleur entrain spor-
tif régne dan* le champ de prati-
que comme sur le champ de ba-
taille. Et où trouver plus sain et
plus viril divertissement, plut vi-
ve source d'énergie et d'esprit
o-équipe ...

«m d'un entraînons
ion*

Depuis le début du mois, plu-
sieurs parties régulières ont déjà
été disputées. Chez les Seniors, les
équipe* de Trudel, Montealm et
Fogarty se font une lutte terrée
dan* la course aux honneur*. Dana
la ligue Junior, ce ternit téméraire
de risquer «n "pronoatic" vais le
élu» d'Armand Lefaive semble
être le don à battre . . .r Chez
tes Midgéts, le club de Guy Duhrae
parait vouloir tout balayer sur ton
passage et être un des plus sérieux
aspirants ma championnat de sa
ligue. Mais aucun club des trois
duril l on * n'a encore dit le dernier
mot. Aussi la* combats prochain*
pmt uaau* et *'*nnoncent ils plus contesté* k se

porté par ceux-ci revient au Rév.
Père Lemieux, le directeur sportif.
Chargé de divertir le* petite par
divers moyens, notre rfAuxiÀpy»
préfet, au sourire accueillant, a
mis à leur service la richesse de
son expérience et de tes talents.

fc

tare que la saison avance . . . Une
l*r*e part du succès éclatant tenv

Sucées de* anciens
Il nous fait plaisir de féliciter
les nombreux anciens de la petite
Cour, qui, après avoir fait leur
premier appre arn u ag e et, t'ente
manants de glissa dans no* lignes
intramurales, figurent avaniageuse-
mnuL cette sa non, sur notre club
Junior Interscolastique. Citons les
noms de ce* ancien* que les élè-
ves actuels de la Drvûou des Pe-
tit* regardent avocLfierté: Pierre
Gaulin, Paul OtnvieY, Tnan Mine
tien, Raymond Paiement, Robert
Pépia, PmtKaaue Boyie, Joseph
Pastorelle, Richard Parisien, Jean-
Louis Pinauft, MacDonald Casa,
Reynald Waheu, Paul Laframboise.
*%rm, redoublons ne* féttetta-
taons à l'endroit de quatre
joueurs juniors musses]

Raymond Sabourin, Mark

Jean-Paul Touchette ai P.-E. Bris-
son, qui sont les représentants ac-
«uefc de h cour dm Petits et dont
tom le* Jeunes c e un « m m r***
Mat 0*t ] m âutrei M m d j^rt

et te préparent pour l’an prochain,
afin de porter avec brio le* cou-
leurs de leur Aima Mater comme
l’ont si bien fait leurs devanciers….

Exploits de oc

o »Croirait-on » . . . qu’il y a une
couple de semaines, une partie d*
rugby des plus intéressantes met-
tait aux prises les pensionnaires
actuels de la Petite Cour contre
ceux l’an dernier, gradués dan* la
Grande Cour au mois d* septem-
bre …

La Division des Petits» grâce i
la magnifique tenue dé ses étoiles:
Mark Rochon, Louis Lefaive, Anne
Robitaille, Jean-Paul Touchette,
Jules Biron, Paul Filion, Maurice
Bateau, Robert Caron, Yvan MoauV
caum, Armand Lefaive, Fernand
Lecnurs, Paul Poisson, Guy Rous-
aelsB, triomphaient par le- pointa-
ge de IM, malgré >** offerts sur-
humain* det « an citas patttt**: Paul
Blanchette, GiBes McKinnon, Eu-
gène Tremblay, Jean- Louis Pinault,
Jean-Paul Pinault, Gaston Lafre-
sdère, Lawrence O’Neil, Florian
Tarpin, Reyneftd Maheu, Wttfrid
Roy, Robert anjurd, Jean Yves Go
^gnpu, Malt . , . ?opssniwr. Os nV
vnlent pas tout les meilleurs hom-
mes 1 1 ! et n’avaient pas eu de
pratique* En ua sas*, flg n’étaient

pat en forme comme Us disent
l’être aujourd’hui … et désirent
une revanche . . .

Et alors … on voulut se re-
prendre au Ballon-au-Panier, mais
. . . encore la, « les ai » de la Pe-
tite Cour devaient faire aussi bril-
lante figure. D y eut deux parties
très contestées en présence d un
grand nombre de supporteurs de
part et d’antre. La première partie
fut gagnée 22 à 19 par U Petite
Cour, mais ils perdirent la seconde
par la faible marge de 47 à 42 tout
en ret a p a i mal une « victoire mora-
M » ai l’on tatnt compte do U tail-
le presque ‘grotesque » de cer-
tain» de ces ancien*.

Félicitons ce* jeunes étoiles ac-
taette*: Louis Lefaive, Mark Ro-
chon, Aimé Robitaille, Jules Biron,
Maurice Razeau, Paul Pajot, Car-
roll Laurin et Gilles Bourdon, qui
r*feè*entas*nt si glorieusement la
Tl* .it– dos Petite et donnèrent,
otjtseas-noua 1* dire, « qurnimenf
une leoon à de* jtueata pourtant
réputé* … tels que le* Blanchette,
le* Laçasse, lea Parisien, le* Kear-
ney, le* Roy, les Lsfrenière et les
OTfefl. . .

C’est bien le temps de le dire,
il a* faut pan se rinuau sur ses

dan … On ae ‘t f’i u lu
a’est-e* pas le* attelons copains.*.!
Ces rencontres sont un « charme »
pour tous . . .

| Sans rancune? .. — Aucun*!, « %

LA toOTOMME, tS

? ? Palestre Universitaire o ?

Nos Juniors promettent

L’Université, autrefois si puissante eu équipes de foot-
ball, a vu, cette année, ses rangs mis à sec pax les exigences
trtt-*eonatt actuel. Orna força donc te R. P. Bomvert, pré-
fet de discipline, 4 ne former qu’une ‘seule oauipe, celle
des juniors. Mais un nouveau problème se >résenta: sjul
en serait l’entraîneur ? élan, notre directeur de sports,
après une longue délibération, se procura le* services d’Anne
McWatters.

Connu de tons ceux qui sont ferrés sur le football, notre
nouveau pilote est une viettte figure daas le domaine spor-
tif. De lits à 1W6, fl fut membre des Impériaux de Sar-
nia, Jouant aux cotés du célèbre BurnmeT 6Urling, du défunt
Ormond Beacn, et de l’adonis blond, Tony Oolab. En 1939
Il vint s’établir dans la capitale ou 11 se fit plusieurs amis’
par son Jeu inspiré. En effet, l’automne dernier, aes ma-
gnlfiques bottées n^rttèreat le championnat aux Rouen
Rlders Ckic type, plein d^e«thouslass»e; Arnle est très
populaire dasm mm charges. Pour assurer le succès des
nôtres, Ray Le&m frétera m » direction de leurs des-
nées . Ray. depuis deux ans une figure centrale dans
nos Parages, fit preuve d’habileté comme pilote, l’hiver

Olebe 11 — Université b

–5* J 11 !»  » »* ^ .« » «*?* l’Université contre
oiebe, résutta dans la victoire du Bleu et Or, au pointage

^noLSt ‘r^L^ 115 la C0UrSC aux nonne^s,T
rent conduits par Duford, qui enregistra le premier point

faciès 3 ^<T llde ‘ C V e !» MOT » ftn ‘ ^^ant^s
jches. Cehri-d ressemblait à Dave 3prague à côté du

r- -îfnl ré 1 f f bUnchl «W, nos partisans n’ont pas perdu
c fiance. Et pourquoi la perdre, lorsqu’un club Krouoe

Z e Û eTor^anTT 1 SSS ^^^ieme^ rSSK
Boyie,,et Graham. Nous félicitons Robert Leroux qui affi-

^h^ tt !, adm ! rable – A le voir ^nmobiliser ^iL arrières

Glèbe par des mises en échec retentissantes, on se rappel

^it les jours de Gerry GobeU, Jack Latimer et JacSuls

‘ m CsnTin* ^ ? S plon K eons dangereux; et le capitaine

partie ! M * Attends à la prochaine

Tech 6 — Université

aï» iTTinsa a» S

bafoués-^».!!, J, Vtosieuu reprises les Techniciens

voltigea, t,^Z Sou^îf ° a0thler – not « soMe

-.Jeurs, U parvint à leur m,inri*m. ûes Wo  »

incomplètes mirent to^J^^’ « »* *»* o»*–

-s 2£^t^ÏÏ^(TM)j* r efïoru et «

au brillant Leroux pour ^arrêté? ^ rem f^ »>t. se Joint
bourin reçut arec JZelJTÏZ. marehe8 o« Tech. Sa-

« kicks*’ d’miivi^ t . eapupsji de retourner les

Tec^ Ttot ^ LS* C * rmWw ,utt *(TM) : ‘t Svuxpi-k la fto mais
Tech Uni bon pour apporter cette victoire contestée.

P. L.

ExéoHfl ie l’A.A.U.O.
ttar l’amée 1942-43

Nom aonunes sm amm sm que
l’année scolaire déjà entreprise
réserve à nos étudiants an vif auo-
eèt dans le domaine aportif. Un
coup d’oeil rapine sur le nouvel
exécutif de l’Association Arhléti
que suffira pour expliquer notre
e*thnaaia ta. e aoudain.

Tout d’abord, le Eév. I*ere Ubald
Boisvert, préfet de discipline, est
de nouveau parmi nous. En *’ae-
quittant de la direction des sports,
notre bon préfet aborde une charge
remplie de soucis et qui requiert
un zèle ardent. Nous connaissons
tout l’appui indispensable qu’A a
accordé à l’Association dans le
passé. Nous ne lui en demandons
pat plut pour cette année.

Le président est Jacques « Co »
ftoeaou, d’Ottawa, qui succède à
son ami inséparable, Noël Bélec.
La nomination de « Co » à la tète du
conseil couronne les nombreux ef-
forts qu’il a laits pour le bien-être
de l’Université pendant sept ans.
Membre d’une famille illustre dans
les annales sportives de notre ins-
titution, « Co », athlète accompli, fin
causeur, saura représenter digne-
ment l’Association Athlétique.

Ce dernier sera bien secondé par
Louis Carntel, de Guérin, P.Q., élu
vice président. Par des méthodes
ingénieuses et efficaces, Louis
s’est taillé une réputation d’hom-
me d’affaires: nous bénéficierons
sans doute de son expérience.

Les autres membres de l’exécutif
sont le secrétaire, Jean-Luc Pépin,
qui a toujours fait partie de cha-
que mouvement sportif: le pre-
mier conseiller, Louis Desmarais,
une étoile de premier ordre au
football (quand il n’a pas mal au
genou); le deuxième conseiller,
Tony Martin, un gros gaillard dans
le genre de Carniel mais qui, lui
aussi, sait faire son chemin; le
troisième conseiller, Robert Pépin,
une étoile qui brille de plus en
plus dans chaque sport, et enfin le
gérant général, Fergut Ducharme,
maître dans l’art de se faire des
amis.

A tout, la Eotonéc offre ses cha-
leurenees félicitations et exprime
ses meilleurs voeux de succès!

Notre rédacteur des sports

LA

Là déport d’André Coiuoon ‘liult Us atei
ROTONDE ottez perplexes quant on choix d’un
teur tportif. Pluairurt candidats étaient sur Isa rouo*. al aai
dirt, tt, pour rendre jutUce à tout U «sonde, les dàWctour*
notre journal tinrent une réunion publique au court de
ce problème fut réglé de façon taaaausue. Pour tout le»
tut aeul choix s * aaapt a*it , c’était celui de romand _

Ce dernier n’avait pas fait application pour la possttou, et lors-
qu’il oonnut le ehotx unanime des directeurs de LA ROTONDr..
U manifesta beaucoup de surprise, mais après avoir réfléchi pen-
dant quelques jours, il accepta le nouveau poste qu’on loi ton fiait

Fernand est tellement connu dans le domaine sportif oui*
semble bien inutile d’insister sur tous les détails qui ont mai mv
les plus brillantes heures dé sa carrière sportive A l’ope 4a U
ans, U allait à Toronto avec Us Black Huuécs représenter la oélle
d’Ottawa dans un tournoi éliminatoire pour U titre de ta haUe
molle des parcs publics de l’Ontario.

aè8 m première année à njntvertité, U se signala ou paoC
boU en menant ton club à la victoire dams la houe junior de la
petite cour. Lu saison lu tta nte , a! brilla ou baUoo ou manier et au
rugby et, ë sa troisième année dans la petite cour, si soumit ses
clubs remporter quatre ch amp io n nats sur quatre: le’ titre dm kmme-
ball, celui du koekeu, dm rugby et dm ballon au panier. Comme
toutes les vedettes qui sont passées par notre Université rnutiil
est mn « produit » de la petite came mué a raison fètre fiera de
ses succès. ‘

Fernand brilla de plus dans la ligue .nfrriPiiItliajni pen-
dant quatre saisons au ballon au panier. On se souvient encore de ses
exploits avec nos merveilleux seniors de fou dernier Fait notante.
Ferrutad a toujours été élu capitaine des dus» juniors et méasoes u>
terscolastiques qui ont représenté rVnsverssté
rugby qu’au ballon au panier.

^ P 1 ** grande « expérience » de notre nouveau
sportif fut saaa contredit le voyage qu’il fit è Montréal ou moi
dernier, alors que les Royaux de Montréal le mirent è TesanL
Pas assez pesant pour être accepté dans l’Internationale. « Fern»
revint à Ottawa où il s’aligna pour les Volants de Hull, ritsaptMii
seniors de la région au baseball. En plus de terminer en tête des
lanceurs de cette ligue sans avoir connu la défaite une seule fois.
Fernand fut aussi choisi sur l’équipe d’étoiles de la ligue qui
avaient été nommées d’après le vote de 45 personnes rattachées de
près au baseball dans la région.

Pour ceux qui ont connu Fernand personnellement, cette no-
mination ne peut que les enchanter. Compagnon aimable, toujours
joyeux, bon sport en tout et partout, nullement grisé par ses suc-
cès et surtout toujours intéressé à faire triompher U couse de
l’Université, Fernand Labrosse réussira dans la nouvelle fonction
qui lui a été confiée. Nos meilleurs voeux de succès 1 . — … JJB.

Championnat de tennis
avec brio

r. u

Renforts pour les ligues intramurales

1er «m* m «M *_ m _ …

L’an dernier, sous l’habile
direction du Rér. Père Paul
Coté, notre dévoué deuxième
préfet Jes ligues Intramura-
les connurent un succès écla-
tant. Cette année, en plus de
l’intérêt toujours grandissant
que suscitent les Joutes, on
remamjuera un jeu très supé-
rieur m celui des automnes
précédents.

Lorsque le Rév. Père Bois-
vert, notre attable préfet de
discipline. Jugea bon de reti-
rer l’équipe senior teterseo-
stique de la course aux hon-
(ura, à cause du mangue de
utérleL il pourvut par le Xsdt
!***»?* ma ligues intramura-
«  »[.*o *o »o«? «m* *«» déjà

blleté. Des as tels que Proulx,
Harcc, Latendresse, Joyal, et
Laurier, sont de précieuses
acquisitions pour toute équi-
pe.

Dans la ligue senior, la lut-
te sera chaudement disputée
entre rinstibut (Bélec, Harcc,
Oo Rochon), Pensionnaires
(Desmarals, Benoit, doutler),
et Externes (Dostaler, Richer.
Fréchette).

En formant la ligue Junior
le Jftév. Père Côté fit preuve
<**nn jugement adroit: car
chacune des trois équipes
(D’Aoust, Uichaud, Therrien),
possède l’équilibre, la déter-
mination, et l’entrain farou-
che que requièrent les eom-
e* Us s’enga-

gent — tout ceci se tramant
à la grande joie des nombreux
spectateurs qui trépignent
impatiemment à chaque essai
Un mot pour les « pool-
sharks »: qu’Us s> rendent !
Le grand air ne les tuera pas.
Au contraire, c^st « ragoû-
tantr

S omme toute, avec des ar-
bitres attitrés, une tempéra-
ture favorable, un ballon as-
sez soufflé … et pas de re-
tardataire, les ligues Intra-
murales, oeuvre du R. p. Cô-
té, seront un triomphe à tout
point de vue et offriront nus
élèves l’occasion de ae divertn*
«e leurs ésmdes, et du cher
CJS.O.C quri lea pré o cc up e
twit III – m%sm

A peine inaugurée, la saison sportive a déjà doté un
hampionnat à l’Université: celui de tennis interscolaire.
L’équipe victorieuse, menée >ar Pierre Valin, Paul Ollivier.
et Robert Pépin, continua une tradition bien établie en
nasant leurs adversaires du Lisgar, reconnus comme
joueurs redoutables dans le district d’Ottawa. En effet,
pour la douzième fois au cours des dix-sept années de com-
pétition, les porte-couleurs du grenat et gris ont obtenu
la palme.

La déroute des Joueurs du Lisgar eut lieu sur le terrain
du club de tennis Rideau, lundi, le vingt-huit septembre,
devant une foule assez nombreuse de partisans. M. Pergus
Lothian. président, fit l’éloge des vainqueurs et présenta la
plaque de l’association au capitaine, Pierre Valin.

Le triomphe des carabins fut décisif. Pierre Valin.
jouant en première position, fit face à Kenny MoCuaig. qui.
malgré l’adresse de ses coups, ne fut pas de taille pour son
adversaire. Valin, par son jeu régulier et précis gagna
facilement, 6-1, 6-1.

Paul Ollfvier, qui, avec Valin, emporta le championnat

junior en doubles tu club Rideau, il 7 a quelques — sJPJSa

fllgea une raclée de 6-2, 6-0, à Stan Abélson. Le jeu dXXli-

rier ne laissa pas à désirer, et ses nombreux assauts au

filet lui valurent bon nombre de points.’

Robert Pépin fit face & Jackle Cooper dans le troisième
simple de la rencontre. Pépin, tapant avec force et finesse,
triompha avec aise: pointage: 6-1, 6-2.

Vu le peu de temps qu’ont pris les nôtres pour disposer
de l’opposition (une heure), les deux doubles ne furent pas
joués. C’est pourquoi les trois autres membres de l’équape.
Jean Blackburn, André D’Aoust, et Yves Sarra Bournri.
n’ont pas eu l’occasion de mériter .’es lauriers du club ga-
gnant.

Yvon Pépin agissait comme instructeur. Champion de
la vallée du St-Maurice, Yvon jouit depuis longtemps dune
haute estime comme manieur de la raquette.

o

N’oublions pas aussi le précieux concours qu’a prêté le
B. P. Boisvert, directeur des sports, en voyant au bon f«
tionnement de la rencontre. a», j^

U 21 octobre 1942

Université d’Ottawa

?saun

MMsstMMMmifmjss^hM ^ l ir »»–. » l t *»/

r**e s

LA ROTONDE, 23 OCTOBRE IMS

? Sur le front des Etudiants ?

I
Y

t

n

Anciens de la Basse-Cour
promus » dans la Haute-
Cour, en sept, dernier . .

Anuant, Armand, 4B: « tire-bouchon de Sorel »…

« as-tu appris à rire » …
Bainbridge, tliffard, 2D: «plsying pool, Claude »…
Bélanger, Jat quelin, 3C: « Buffalo Bill » . . .
Blanchette. Paul, 4A: « Dis-moi pas qu’il y a encore

des baguettes de pool à arranger » . . .
Bouchard, Emile, 2C: « Butch » . . . « tu es encore

jeune » … a eu toutes ses recommandations , . .
Branelle, Paul, 2EUR: « Beau nez et bras de 1er »…

mes sept RECS ! . . .
D’Ainsi, Emmanuel, SB: « … egregie indole » . . .
FarreU, Lawrence, 2D; « are you speaking French

or English » …
Gagnon, Jean- Yves, 2C: « banquier … un pepsi, Fr. »
Huard, Robert. 2B; « viens-tu fumer … M.G.**
Kearney. Michael, 3D: « Strike-out king . . . mon chers

amis » … j

Laçasse, Hector, 3A: « Basket-Lac » … a complété ses

8 recs ! . .. .
Lairenière, Gaston, 3B: « ti-noir . . . t’es pas fou » . . .
Larecque, Gérald, 2C: « stubby » … a bien porté ses

7 recs ! . . .
Lecoors, Clément, 4C: « petit train vient de loin . . .

Hearst » . . . (médaille de Comptabilité.)
Mailloux, Alphonse, 2-B: « as-tu fini ton avion, Léo-

dore » . . .
Maheu, Reynald, 4A: « home run batter » . . .
McKinnon, Gilles, 4B: « souffle les ballons, Mic-

key^…
O’Neil, Lawrence, 3B: « Bing Crosby » . . .
Parisien, Richard, 44: « wash the dressing table,

Dick . . . O.K. Father » . . . I got al) my recs ! . . .
4 medal of excellence.

Pastorelle, Joseph, 3D: « What ! no questions ?

Yankee Joe » …
Pinault, Jean-Louis, 2C:  » . . . fonce un peu . . . grand

Fine » …
Pineau. Jean-Paul, 3B: « Aie! les gars du dressing,

pas de toast de trop » . . . <
Pineau. René, 4B: « 11 commence à être temps que

tu fasses le ménage du dressing, ti Pine » . .
Proulx, Raymond, 4A: part toiit « recommandé » pour

les champs . . .
Racine, Rosario, 2C: « belle chevelure » . . .
?en and, Emilien, 1B: « on va tirer une touche » . . .
Roy, WUfrM. 3A: « Ti-King, oh ! boy » . . .
Sigenin, Joffre, 4A: « future étoile des House of

David » . . .
Si Denis, Jean Claude: « Café » ! . . .
Simari, Clair, 2C: « on s’écrase ici, les gars** . . .
Sylvestre, Claude, 2D: « always, playing pool » . . .
Therrien, André, 3B: « Coco » . . .
Tkerriea, Real, SB: « beau cheval . . . belle tête » . . .

(décroche 8 « recs » et la médaille d’excellence).
Thibault. Maurice, SB: « Nancy » r. .
Tremblay, Eugène, SB: « straight arm . . . l’oiseau-
mouche » . . .
Tmdel. Bernard. SA: « viens-tu jouer à la balle ».,.
Turnhft, Flerian, 2B: « t’ennuies-tu encore, Turp »…

C. E. O. C.

L’entraînement militaire est commencé
depuis le 5 octobre à un rythme de 6 heures
par semaine pour chaque groupe. Tous les
étudiants du cours des Arts, de l’Institut de
Philosophie, et plusieurs du cours d’Imma-
triculation sont enregistrés.

Nous donnons ici le personnel de notre
C.E.O.C pour l’année 1942-1943.

Quartiers généraux

Commandant

Lt-Col. F. J. O. Garneau. E.D.

Comm. en second Major H. 8. Relph

Adjudant-Major Lt Victor Belcourt

Major C. A. J. Miller

Paiemaltre Major A. J. Thérien

Médecin r , Lt. Bernard Portier

Quartier-maître Lt H. Meunier

Chapelain Cap. (hon.) A. L. Danis, O.M.I.
Compagnie « A »

Commandant Le major T. J. Lynott

Comm. en second Lt. Jacques Paquet

Commandants de pelotons

Sous-lt Pierre Garneau

Sous-lt B. Grenier

Compagnie **W
Commandant Lt C. J. Watson

Comm. en second o Lt R. Grenier

Commandants de pelotons

8ous-lt Guy Angers

Maurice Chagnon

H. McElroy
Compagnie « C »
Commandant Lt Roger Garneau

Comm. en second Sous-lt Roger Harce

Comm. de pestons Sous-lt Roger Harcc

J. P. French

G. Bonnar

Compagnie « D M
Commandant Lt C. Robinson

Comm. en second Sous-lt A. Paquette

Comm. de pelotons

Sous-lt Jacques Rochon

Louis Terrien

o– S. Page

~4

Cum grano salis

Les fonctions des illustres et inimitable*
Choaspes et Chleuh sont dévolues à de jeunes im-
berbes; mais que voulez<vous, la guerre impose
bien des sacrifices. Nous glanons nos renseigne-
ments ça et là, autour de la Rotonde.

Le rêve et le cauchemar courant de tous les
étudiants: les emblavures dorées de la Saskat
chewan. Tsk, tsk.

Notre coryphée, (cheer-leader) Fergus Ùuchar-
me est réélu à l’unanimité; tâche de réveiller les
gars à nos futures parties, « Fergie ».

Avis aux intéressés: Guy Côté fume maintenant.
O heureux jour, une autre victime de qui nous
pourrons emprunter une c.d.a.

- Georges Normand, ex secrétaire-archiviste, n’est
plus des nôtres, mais il se promet bien de re-
venir avant longtemps.

Le phénomène du mois: « Milord » Côté s’ éveil-
lant en moyenne six heures plus tôt que l’an der-
nier . . . Son ami Langlois est aussi un réformé;
l’air de la mer lui a bénéficié.

Mike Kushner, nouvel entraîneur de notre pro-
fesseur de physique, est une exception à la loi
du mouvement. On se demande si c’est, l’esprit
où le corps qui en est la cause.

La mode, souvent créée par les étudiants, sem-
ble avoir atteint son apogée cette fois; assuré-
ment vous devinez de quoi il s’agit: les fameux
« zoot hats » a la Terrien, Hurtubise et Beauchamp.
(Ce, dernier, toujours original, le surmonte d’un
chic cordon brun). Pour plus de détails, consul-
tez l’Esquire Shop s* F. Cloutier, la dernière vic-
time.

Nous saluons l’arrivée de Maurice Desjatdin*
en Angleterre à titre de correspondant de la P.C.

Vu à Sainte-Agathe au cours de Vété: Raymond
Cyr’, finissant d’il y a deux ans. Méfie-toi des garde-
malades, Raymond.

L’opportuniste « Toots » Desmarais qut te fait
mal au genou au moment stratégique.

L’ami Jean Rinfret est de retour à la Côte de
Sable; on dit qu’un peu de thomisme V aidera à
voler bientôt.

« Hank » Laurier, seul guide attitré du collège,
a beaucoup changé, et lors de son dernier voyage
à Toronto, semble avoir fait des découvertes jus-
qu’ici insoupçonnées. Il brûle de corÀmencer ses
études dans la Ville-Reine.

Le lac MacGregor, lieu de pérégrinations noc-
turnes pour trois jeunes étudiants d’Ottawa.

Quelques anciens revenus au bercail: R. Bru-
neau, J. Saint-Louis et l’inimitable Guy Beaulne:
on annonce les fiançailles de son frère Yvon,
notre ancien dessinateur, à mademoiselle Thérèse
Pratte. Autre promesse de mariage entre Françoi-
se Poitevin, d’une part, et Guy Sylvestre, d’autre
part. Et puis encore entre Anne Beaudry et B.
Gourd. Ce ban est pour la première et dernière —
Félicitations à tous.

« Ti-Boeuf » Méthot semble en forme pour les
combats de l’hiver; aucun mur n’est à l’épreuve
de ses épaules.

Le lieutenant LaF lèche, en congé pour quelques
jours, parle de ses contacts sociaux dans la vieille
capitale.

Le toujours souriant Louis « Cabos, Padoue »
Carniel a senti son coeur vibrer lorsqu’on enton-
na le doux chant du « Gloria in excelsis ».

Hurtubise, Richer, Labrosse et de, grands pro-
ducteurs d’argent, cet été.

G. Sarra-Bournet nous annonce qu’il sera de
nouveau au service de ses clients tous les samedis
après-midi, chez Larocque.

« Punjab », recordman parmi ceux qui chan-
gent souvent de collège, change maintenant de
place dans le même collège: lo. « Flot » du Père
Duguay; 2o. Institut; 3e. « Fiat » du Père Julien;
4o. ? . . .

Les échos de l’opération de Lupien retentis-
sent encore; il éditera prochainement un volume
sur sa promenade en ambulance.

Le lieutenant Bob Asselin, en congé de Victo-
ria, roule de vieux souvenirs à POvale.

Farley est toujours aussi lent qu’auparav a nt
sur l’accélérateur.

Le beau Normand de Lewiston est incapable
de revenir cette année: chagrin d’amour.

Valin, Ollivier, Langelier, Marchand et de,
improvisés fermiers-skieurs.

Laurent Rochon, Georges Lamothe, Marc Le-
tellier et. Gérard Sarra-Bournet, tous officiers
dans l’armée active, sont passés parmi nous ré-
cemment. ‘

On attend toujours le retour de Belleau aux
Arts. « Clem », dégoûté, transporte ses pénates à
l’Institut

La collision du C. B. Major a causé beaucoup
d’excitation; elle était peut-être due. au surcroît
d’énergie de Charles. o

La fameuse excursion du douze octobre où
tous ont pu admirer les beautés du lac Pink: le
nouveau sous-lieutenant Rochon dévoilant ses ta-
lents d’alpiniste; Mike dit avoir perdu trois livres
après une marche de deux milles; Terrien avec son
air appréhensif et mystérieux; « Podky » Bélec a
fait honneur à la chemise bigarrée de Joyal; « City-
Slicker* Benoît avait Voir à demi-mort après son
excursion d’un mMe; Robichaud épaté de la belle
lie; Lafrajnboise, guide de circonstance, à la re-
cherche des pistes de ski, arrive à trois milles du
lac. Tous veulent encore de ces randonnée» diurnes.

Le Château Frontenac est un grand lieu de
réunion d’andens: L. Lemieux, Charbonneau, Côté,
P. Lemieux, Gariépy, Mainville, de la Chêvrotière,
Demers, Devlin, Cimon, Turgeon.

* proptiétair dei de ski è Camp

Fortune lancent >n à tous les adeptes

?

Ils sont dispersés . .
nos finissants ’42

Angers, Guy — C.E.O.C. — Ottawa
Bernier, Louis — Art dentaire –
Bonneau, Michel — Médecine —
Castongu&y, Clément — Ait rtrntatrc —

Montréal
Charbonneau, Louis-Philippe — lufrtfirini

Québec
Clouthier, Robert — Génie — Qneen’s
Coté, Pierre — Aviation —
Dion, Y van — Médecine —
Dontigny, Gilles — Médecine
Portier, Pierre — Génie — McOHl
Fo urnier, Roy — Marine — Halifax
Gariépy, Jean-Jacques —
Godard, Guy — Droit —
Guibord, Gustave — Année —
Gouin, Jacques — Médecine —
Guindon, André — Marine —
Isabelle, Gaston — Médecine
Joyal, Jean-Francois —
Joyal, Paul-Emile — Médecine —
Laçasse, Maurice — Pédagogie —
Lafleur, Lucien — Commerce —
Lemieux, Lionel — Médecine —
Mainville, Maurice — Médecine —
Méthot, Jean-Paul — Médecine — Montréal
Paquin, Jean — Armée — BroekviUe
Paquin, Yvon — Art dentaire — Montréal
Philip, Gérald — Droit — Toronto.
Roy, Léo — Chez les Jésuites — Gueipn. Ont.
Simard, Roger — Génie — Qneen’s
Turgeon, Marcel — Québec

Et d’autres aussi ….
Lamoureux, Lucien — Droit — Toronto
Lemieux, Paul — Droit — Québec
Marion, Gilles — Médecine — Queen’s
Lagacé, Maurice — Génie — Queen’a
Boyle, Lionel — Marine — Victoria. CXL
Guibord, Laurent — Chez les Franciscains —

Sherbrooke
Ménard, Fernand; Brossant Gilles; Marin.
Gérard; Laurence, Marcel; Spain, Frank —
chez les Oblats — Richelieu
Leblanc Laurier — Séminaire Universitaire

Ottawa !

LaFléche, François-Richer —

BrockTille

LA LEÇON TCHEQUE

Entendez ce léri*.

-Les troupes allemandes atteignaient b ca-
pitale tchécoslovaque le jeudi . . . Dorant la
??it do jeudi an v co diedi — le 16 et le 17 no-
vembre– ces années occupaient les croWes des
chem i n s et de nombreux édifices. Vers trois heu-
res do malin, dans le plus grand silence, tous les
édifices universitaires, les auimgts cfét ornants
et les een it s supérieures étaient **enM<^ et pla-
cées dans l’arc de f eu de rnrtnnlioiii A S he$y-

r^kâtnûca^en^imstifss^doms^kltfà- ^ ***** ^mtés^mkmWnuW^mi^

gnal de J’attaque contre les étodsants qui doc- J^^*****^

maieot sans se douter de ce qui aillait 9e prodnt- ST’ 1 *? _* ** *?* **? wwllh IgpplktJiMjfr»-

4es , rw–i . a s n i rr i^onjeiia

mm

attaqu* att* hommes mêmes, aux étudiants de
, tJoÂwwNié* comme aux jeunes élèves de l’école
pf »muuWî aou prof esBeors comme aox artistes.
T^&^ * * p*4M ï *mU. le inonde de la pensée
aaéf ^ nntf Éâ m ij e nmimn m é et parfois s«a«nf

Lamothe, Georges —

Rochon, Laurent —

Bouvier, Oérald — Armée – - K.-U.

Dancause, Hubert — * ******** _

Lefebvre, (Mlles — Aviation —

à des tortures

« la mmm <Tem tjsmm ftf) m t . ‘^ »W 1 »^ rWàien im n ïniw

Mesdemoiselles

Il est reconnu que lu _
ciel des étudiants de langue
site d’Ottawa. H ne faut
prendre sur le terme « éi
l’extension voulue. Rappela smss.
des couvents affilies et des vernis d
vous devez à notre journal amt est

La Rotonde reouirrt donc vetn
encore, votre coUabormtiou. L’sm
légiennes du Bruyère et du M i

eu une pressante invitati o n ; héla*, la
ba eu une terre peu fertile,
seulement parvinrent è la t
suffisant, vous eu convenez.

Que -pensez vous.
de notre journal de vous cen/it’i
page et même une page entière? . . ,Ls
serait orgueilleuse de présenter è
page féminine, tout comme le fait le
l’Université Laval. Ce sera urne uummnmsu. A
étudiantes de 191243, de lui Iiami te
qui la conduira vers des progrès
sants.

Il serait nécessaire qu’un trio t
assurer le succès de l’entreprise et
ner une certaine unité à votre gage.

La direction peut donc mmimtx usut être
de votre généreuse collaboration. Kjgt uaum iiafii
te succès et persévérance.

RENE LArMMlNOEKE.

Sécréteur*.

ks força à passer la froide
couchés sur le sol. A coups de
ou eu oblig ea d’autres à
l’ccole d’équhatiou de 1 ‘
tournent d’épuiscineut. D’;
no par poupes de trois et ou
lobes des oreilles et les yeux a
Lanque les *«-iE»im

ouïes força à
i»(

Ou dira qui est révoltant de
cription ausâ crue. Qu’on
Mut les faits décrits qui
pourtant ces faits doivent être
priUMliiint à

trotedelnCcm^J^^

les

des, lu n-mjuu^Hfe .l auj i , ^ jug^

q«-d cette mi^^^p^smfi^sïtxt

de fouet.
des tortures

Pourquoi me /poe


«?t* Umjem* « Bafcl et m «t pu de xtfrc uT

de ce beau sport. Prière eT<
lunch.

Invasion pacifique des
Blackbum.

Vus à l’Auditorium: Philip, e
bombardier, et Fortier rrg u rd mm t
et Belleau avec de jolis numéros

Le plus beau M tmckle~ de la
Bélec vs L. Rocque.

Savez-vous l’histoire des m emstnt
tel de Ville et des rubans
Cinq sous l’unité chez le Père

Ut et

Samedi soir In 14
à 9

è rué-

On demande des donneurs de awag à la Cra*»-
Rouge. Le pouve#vous?

Sur ce, en essuyant le p r e mi èr e goutte de smemr

huiu, les ‘guruT * » aueume,

castou si mur*

=mrmwtrEUR -%jê

tmwguwipe^a^i

^?miljs*ni,e%.ymmilaismw,am3*i

LriihiHatage que nous rendons aux unfversi-
tau^sdgVph^uj «/est pus fait que de sympa-
t*te<*e tcnrtpétféï C’est aussi ou liommage.de re-
cftunununnlfS’ Les étudiants tchèques nous ont
c*mt*ro4oÇunl> Le triste sort qui a été le leor
eftqyQy -ouf’lie^uîquement accepté nous fait
couipiuamnVque la jeunesse universitaire n’au-
rife ouëunrtfttf** la vie dans un monde allemand.
tffrs*t*un* J Hém, les jeunes, qui levions de
{#«**** ^’Cà^nui ouvert aox larges horizons,
nlHW^WUii^te forcés dé nous engager dans ou

^Muj BonntMMii que si nous reposons de marcher,
dUnuu^u^ J Éu un fcal et eux ne nous hisseront mé-

W<Xm*0ÊpigWl

C’esrt ptsgte que hv jeunesse étudiante du
n tiui l fcj Lil u iM a^numrii cela que le uuuuuaâl Bsmj
a*lu«î* OWicroyakalntttroU résistance ct
I^.nréfléCturts séais les mteflectuels vivent
mn*m**MàK. Bt ces idées constituent l’âme
^iHipwuJ^ Ouyterent miniortelle, erllme
<^^^U^^ nous crie toujours sa leçon,
cWO^ppamème-bi brutale férocité teutonsô-
q«^ne^HN!tui^ Immortel.

Mmstrue Chagnon.

A la

sms amPkr ggAU

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à « mmrea et 3t. p m
OuMuUnWBVUL

U^CfigÇeitJ^gCBJOlA CAJVTOKUM de rusôvcr-

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-

LA ROTONDE, 13 NOVEMBRE 1942

i A

F

J’ai
nous
fort

me disais:
me

collège, l’af
en voies an eau? |t
me dis ??? nnfna tel
site grâ-
ce n’est qu’une Bâte de noms, et quoi de plus
on sol. liais c’est que, voyes-voue,
toaâ ua. monde passe en Banda, la parada daa
Ancleae; dan Oblats, des professeurs, das confrè-
res, dca compagnons de Jeux, des « étoiles » des
sports, ou des débats, ou des paèeea, au da ha
que, ou de cl, ou de ça, tous nia le. menu
pour avoir fréquenté las manies aeacs r mante
mêmes m arches , suivi les mêmes corr i doa a, prié
dans la même chapelle. Parade des Anciens. Inté-
ressante à voir.

Alors Je me suis dis: pourquoi ne pas rrahllrr
cea —

que ?– ia a eg aï aUi aa U m aaiaaa frne
un *Jf*f.pmrt run bon imtartl . . .

irai&euvs, ce faieant. Je vote d’autres
8 ^ t C anapan se retrouvera. La
Arsnene aa retrouvera. Un

Le *  » ?  » ?  » ? m temmt BMliiay très

Dr cbss psi dus a, mata ceux qui répondront
rasent p e ut – t u, , fc» nH o n ve a, Chasse à
me! «m» Jnvamttaa seulement, amfemi» fM
neBe, *
Anaaaam

pou , A m centrale qui n’est autre que le
régional de la SJLU.O. (Société des
njmveraité d’Ottawa). En tête de chaque liste
de notas naos donnerons ceux das responsables
d ^_ ^t ^ ^ ^l^^ll ‘*_»»** «iwmaa et numéros de télé-
phone* nenuibie. ai chacun tibwW faire aa part
en recrutant ceux qu’il connaît, si les commis
régionaux ouvraient leurs bureaux, qui ne volt
pas la possibilité d’un grand recensement. C’est
1ère des recensements, pourquoi pas ches-nous
a,l  » B * 7 rt fl « ‘«a* Pas équivoque celui-là

Que pensea-vous de ce projet, mes bons amis?
Fameux! Fameux? Allons-y.

U» « CBIIRCR » RE MONTREAL

l. tîîî 1 AH ? ! Montréal ~ *ws commençons par
la Métropole parce que nous avons appris de
source officielle qu’il se prépare une réunion
régionale magnifique, à Montréal, pour recevoir

i!« 1 So T,a, i, Rw< î eur * rOarversité, *ers la fin de
i^^J^ 3 * K * (TM)» *»<* l’aPPtl nominal
de Montréal qui a le bonheur de posséder notre
dynamique et très distingué Président général,
«*rçaienr le notaire Edouard Jeannette.

LES REPRESENTANTS DE MONTREAL
AU CONSEIL DBS ANCIENS

La parade

Anciens

LA

il

184*

«âge t

Est, en Mt

nm

- . 1CT8, V/haaUlun –
M. AMb Faaaj, 4491, Delanaudiere
*- Albert Jriereuce, TJ6S, Rend t

M. r» ? ?EUR <?< — Florence, 8874, Deelet
Dr Armand Fortier. 8888. «Denis
n. 4VA» Fans*. 1448-, Ouest fan filtw 1 iai
M. Renés* Gsodms, e.e.d., 7008, Henri-Julien
1 M7», Dorcaester

Poste CRUT, La Panne
– «at, 804, Ram» aasst
?o F.-M Gnsset, 1489, Drunusand, App. p. C. 488
M. Gustave Gauthier, 5396, Chambord
M. Hector Gauthier, 10811, Laverdure
*o Bosaire Gauthier, 1182, Crescent
t, ls8 8v Chambly
9097, Lafontaine
Blvd Gouin
_, Papmeau, App. 8
J. Assert Rnetnn. nue rj» u Roche

De la Naudière
– , 9845, Côte des Neiges
a- RLF, 1386, Ste-Catherine Est
, 9888, C6te des Neiges
ansa» 9640, Cote das Neiges

- o»o»?* Can. Nat, St-Jacques Ouest

lia 11 usa, Mapi

ReausaY
^RF, 2507,
Roeur Laloude, 4888, Ave du Parc

Saint!

M. L. Ragéne Courtois,
^ey SMS.

1546, Sommer ni —

~ &£££,, »*** ** c^^^-c.,^

ï SSL^ SJ£S£; 34fl5 « Veanoane. N.a*
S’.i^/T »? Are 5* inl »*ult 357, De U Commune
Major A. Aumond, 5444, Ave Monklan*
Dr Antonio Bédard, 7038, rue St -Denis
M. Rosario Bélisle, 4809, Ave des Erables

IL ArSTn!!S. P* 9  » 1 ^ * » ‘ 12t1 ‘ « » Visitation

u r^?I n f^î yrtrand, 240, rue St-Jacques Ouest
R. P. G eo r g e s fteilou, O.MI, in ne VimàtM***
at £. René Bonbomao, 8061, Drotet ¥1M * 9 *
–o ?msto Raavgie, 2690, rue Notre-Dame Ouest
Dr JeaoPaul Bseissn, Hétel Dsen
M. Ubaia Boyer, Bureau chef de la. banque provinciale

rî; VTÏ!! ^JT* « * rue nn m Psal Ouest

Dr J. J Brisebou. 14U, raa Saint Hubert

n. A. Tener Bxvdeur, 51, me Safnt-Panl Ouest

Dr Ernest Brunet, 314, rue LepaéBew

M. Jean Jacques Cardinal, 4087, rue Saint Antoine

M. Edgar Caron, 4025, Ventlomes

ï; ssr«% ^ ^r <***»*«* »«>

11 y 10 ^? ^- ÇTrière, 1827, Bayle Qsbj

at. Iranee Charbenneau, 1619 St- Hubert

M. Mathias Chénier, 7013 Chambord

M. Paul Cimon, 1441 DrumaienôV Ci*. 433

M. Charles Coderre, 108 Craig Ouest

M. Arthur Courtois, Chambre des Notaires. Nouveau

Palet* de Justice
ht Paul Erafle Courtois, 2181, Visitatioa
M. L. Crepeau, 5306, Ave du Parc
M. Romain Crepeaa. 8897; De sa Reeae
Jt Arthur Danserean, 4331. Oiriste#he Colomb
M. Roger Dansereau, C.P.R., Gare Vigar
-M. Joseph Daoastv 88», Carré Victor**

ï F ,f u l** ?o l H** nin «v «o** »»- 3488, Ave Aamaatom
M. ClaaaV Déguise, 1884, OrMans ^^

M-^»Jme«jjeRvisrftMuse, 3933, Swail

st. n assoie OH 1 hu Déguise, 3988; *aaR

ï* ilïïïtSL? ^ Dttn,otà 3 r »v * *«> I^atre-Dasse

asaV /%AaasR^Ra SFCssastsaV sanaR«V8» wBBVBRVMSBBBBBHRasBBBBÏ

M. Norman Deays. avocat, SB» Est, St^acques
Ri Rsjaamd Déry. 868, Smart
M. Raamlas Desaotols» 8883. rahre

Aux Anciens
4e l’Université d’Ottawa

«es cner* Covs/réres,

La aaerre, ses exigences et ses obligations,
nous ont obligés à susprendre temporairement nos
réunions mnnueUes à VVntversUi d’Ottawa, n dé-
coule de ce fait un danger immédiat, ceiui de ré-
loignement qui entraine presque infailliblement
dans le tas qui nous concerne,, sinon l’oubli, du
moins le relâchement, la tiédeur.

« pour mustrer ma pensée, je n’ai qu’à vous
citer un fait qui, depuis deux ans, tend à se géné-
raliser: On néglige d’une manière formidable de
payer sa contribution à l’Association. De là, la
Société des Débats Français, qui compte sur une
partie ée cette contribution pour payer les frais
d’impression de La Rotonde, va se trouver dans
l’obligation de discontinuer de publier cet organe.

Or, cet organe, c’est le nôtre! C’est le lien
de contact entre les élèves actuels et nous, les
anciens r La Rotonde, c’est la vie iUustrée jour
par jour de notre Aima Mater; c’est le rappel de
nos souvenirs de jeunesse t

Mons, anciens, confrères contemporains, ou
encore confrères d’une génération plus jeune mais
qui déjà, comme nous, devez vivre de souvenirs de
votre Aima Mater, faisons un petit effort et que
ce ne soit pas un sacrifiée, de grâce /

Faites parvenir à notre Association votre con-
tribution annuelle. De ce tempe-ci, l’argent ne
manque nulle part, puisque c’est par milliards et
non par dollars que l’on compte.

N’allez pas remettre ajemutn eut envoi, vous
pourriez, une fois de plus, l’oublier . . .

Nous comptons sur voua tous, comme nous es-
pérons vous revoir tous le plus têt possible km
circonstances le permettant.

Frater n el lemen t notre,

J.-Edouard JEANNOTTE,

Votre président

Notulles

A H. Narcisse Lacourciere, ~»- r*-M|g aereé SssaaMÉ
pour la mort de son père ht J. E. Tina»léosiI*anir3S
notaire, le 21 octobre dernier. « «Huxiere,

,A MM. Laurent Clément, traducteur, Ottawa, et Rocfa
Clément, Brechvitte, Oat» peur la aasrt de teur aèrTn
Henri Clément deSaint Isidore de Pseseett. Ont ‘
FettrUstl san -???«. w*v

un SSl^’ïfe- WW» Jetion s M. JeaiUoflre Gourd,

un ancien, et MB» Assse Baaaarv «–» sjuJj,j m» ?-?

récent mariage. *’ pwr renr

de U Rotonde, fiancé à uneiLueanenwlaaîrkï aa^sîsaî
journal, pour son votasse oui se» va sens presse.

ra±lSi *o ^*h2(TM)*> ««* iSrnnîgaaer.ï de

l’Association aaa il liihau an nstgea anuniiT n 1

riqt !? ±î ft? P 91  » *««*?** aalKsRsm
4.^lL^. VmÊ , F,BI * iiiJ » avocat cens an aa ministère «a le
Justtoe et profexa.ur à l’Ecole des Seisikeaiipettlosma;
réeenrn-n^u rea^^

A M. Osaer Renaud , nouveau firme dam asnrile* Am

RadioCaaada à MontréaL _ ^ m ^ m ^ m ??

n*gE&S*

Lanctar,. i
M ARsaaard Lea_

Lange van, 3*6» ESC,
» T ?u ga ia n S8s
Ijuiglaèv
Philippe
aaaahéer,
- Ray T usina. 5* 17, Jlaaaw D*Arc
ht Moïse Lapointe^aOTO, Union, App. 8

ïrf’îï 11 M 1K ki ^ Çaaada Censna, Carré Paitii»*

R. P. Conrad Latour, OJaX Osa, — 1) g ^^

Dr Gabriel î sais us» 4188. rtarrhesaii Osant

M J. A. Lemienx, 488, SsisA-rYsaeoès-Xavfer

M. Georges-Etienne T lamii l , 394. SteXadsstwe Est

ht Rager Lenasa» 1060, Rucharme

M. Paul Uursafa, 3679, SaarS-RUhert

M Emile Msssee, sft, Onast, SWaceaas

M Rodolphe Maheu, 7485, ChristopheCokHnb

M. Edouard Marcotte, 3810, Cuvillier

M Jean-Paul Marton, 4734, Delarecae

M: Gérard Martinet. 8788, Christophe-Oekash

R P. Ruclide Massé, RJ, 2818,  »

Dr Dit w u «  »

M Georges

ht Jean Paul Méthot, un, 52, Rfvn St^oeepb Bat

Dr Angessert MHet, 798, Rtost Stfruph

M. Onésime Mineau, 1898 Est. Saerhrnohe, Ans. 4

M. Gaston Mongeau, 49, ReMa –

ht Joseph Morency, 4651, Avenue éa Parc

Dr Joseph Nolin, 1469, Drummond

M. Oscar O’Brien, 7977, St Denis

M. Jacques Oatiguy. 1814, Messager

Me Roger Ouimet, 188, Ouest, St Jacques

M. Lee Pageau, 1883, Raa El ‘

M. Hormidas Paquette, 8808.

M. Emile Paradas, 4373, Ches__

M Zotiquc Paradia, 1037, Est, «

M. Denis Parent, 4879, Grand Blvd

**o JeaavLesaa rianmsai, 404, MkGifl

M. J.-V. Patry, 5702, Avenue du Parc

ht John Peaehy. 3141, Maahisiiuil

ht Pierre Pesietier, 14861, Rat Mann

M. J. A. Péloquin, 10603, Saint-Charles

Dr Narcnae Petit, 1893, RM ssa8BBM8J

M. Jules Pigeon, La Prévoyanee, 8J Isaipti Ouest

M. Auréle Piton, Bureau des Postes, Saint Laurent

Laurier
M. Paul A. Pinard; 4179, Saint Denis
M Jean-Psul Paulin, 8602, Blvd Saint-Laurent
M. Marcel Pouhn, 0882, Blvd laint Prnif
M. T. -Auguste Poupart, 7078, De Normanville
M Jean Louis Pratte, 5888, Côte des Resges
M. Wilfrid Proulx, 759, Blvd Saint-Joseph
Le Rév. Père Provincial, 120L Visitation
M. Bruno Quesnel. 8014, Maplewood
IL P. Ferdinand Baean, C^V., 731S, .De
M. Pierre Racicot, 1575, Wellington
M. Bruno Kajotte, 2284, ChamWy
M. Horace Ranger, 4111, Ave Old Orchard
M J.-A. Renaud, 792, Est, Rachel
Benoit Robert 920; Ave Wisesaaa
Gérard Robert, RP.,, 10, Ouest, St-Ji
Richard Robillard, 3078, Maptewood
Cléopaas Rodrigue, 204, Blvd ÏÏsnnl
Jacques Rousseau, 10, Notre-Dame Ouest
SaaaeMB RaaanMM, 4149, RfnaTana ‘
Dr J.-M Roussel, 443, Saint Vinrent
M. Charle^Henri Roy. 3434, Stanley
S? Georges Roy, Canada Cernent, Ce, Cane PhtRiaa
M Louis Saint-Denis, 4037, Vendôme ^^

M. Armand Sarrasin, 3884, Masaon
M. Emise BaaaaMRn avocat, 57, St-Desàa
M. René Savoie, 1448, Sherbrooke Ouest
M. Gaodias Staen, 8832, CnrssnajâavCasan
M. Wilfrid Smith, 10915, Blvd des Ormes
M Yvan Tassé, 1688; Ave Cïaremont

îî A / th 1 ur J nibault ‘ A -S Cto Eddy. 4» St Pierre
M. Enuie Thomas, ItD, 3411, StDasas

M. René Thomas, 6770, Christophe-Colomb

Jean Titttoy, 409, MasnVReyal Ouest

Orner Tougas, 4470, Blvd de La SaRe

Aimé Toupia, 4235, Ste-Caiherine Rat

?£? £?**? * »> Chnsteiae Cs ss a sh
f^éon Trépanier, 3928, Saint Hubert
«»o«pb Trettter, 1138, anhnsger
Ahné Valin, 178. Youvilia

%2ZZi£ZJ!î mQ – ! ^^ D »« Ouest
M. Auaèle VUleneave, 8087, miiihnsii
Dr Roland Vincent, 8072, St-Denis
R P. Robert Teyer, O.MLI., 1281. Vh d t atk m
r^ iïïïî S^ 1 (TM)- ** (TM) -amhaî^haa

m ^muSu. ^^ 4yJ^, r &llie ‘ Vcwh »»

M Aimé Marcotte, 310, Gordon.

ht Lucien Rattey, 4191. Brvd Lju«

M Ernest Boudreault, 4418, Oxford, Westmount

ï’ Sf^ 1 P c J ,rorieT »> 3«0, Ritchener. Westmount

M Edmond Garneau, 473» Ave Prince Albert, W<

M. PJuJ Gernean, 383, Olivier. Westmount

M Théo^ Leveaqiie^2aA r Hi^

n %£LÏmW*-& 1h *- W i>iTl
M. Charles Shaffer, 900, Champagnaar, Outremont
M. Claude «..-*.?».;- y^ jriaeaujBJii, Ti!uTl!.l
fS^SJ ^b^ j (TM) ?~. Itoeemont

M. Gérard ReuJanger» ls
Dr Aseaae Caaramès, 38? w
M. Jean-Paul Jeannotte, SSÎT ,
M. Edgar Leduc, 137, lléme Ai
M. Charles Listas. 99; Netre4)
M GeorgasJUads. 98. hntml

ht r »*^ mLm^ ***
M. J. 1 . Leroda, 28, Hot^roasV
ht Raymond Manau. 53. Ihaar
M.lsbbé **

M.
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M.

ht

ht
M.
M.

M.
M.
M.
M.

-

A~iï^TT’^^Ly ntim * haisme chef
«ntarea è n s awnais no a an service sjvR,

e e Nos amis d’Amérique du Sud e e

Message è la jeunesse

TARA DMA MAYOSLA

el

A l’école des Rc l ea cei poRttqaaa

Cent anr an on ces paradenes qui aaanrtent
tant Je JanR aie l’snataaae «an sas Jeainesees «le
certains aajs aanosM. établi entre eues )oa lions
d’une amitié sincère et (hirahle, dans la néces-
sité de taire face aux jeunesses coalisées d’au-
tres pays, aafl nena lrvralent ane lutte sans mer-
ci.

Les jeunes Canadiens n’ont pas voulu la
Bjnetfe, nsSaae s’ils ht lent magnlThruement une
fats en’lls t?f sent engag es ; les jeunes Sud-Amé-
ricains ne l’ont pas voulue non plus, mais c’est
tant de même cette guerre qui aura permis à
née paya de ae connaître davantage, et à leurs
jeu ne sa c s de s^apprecter et de S’aimer comme
seuls des Jeanea p eu e tut 4e faire, dans toute la
rranchJee de sentiments ejne u*ont pas encore
ternis sas m é jug e a et ses e omsu o nn a. *

Cent ainsi avec un Rxand plaisir aue Je me
suis rendu A l’invitation du directeur, ML Pierre
de BeUeleuine, d’envoyer, par delà les mers, le
message de la Jeunesse canadienne A ht Jeunes-
se sud-sniérlcaine. Je nat rajsafJlr trop bien la
satisfaction que J’éprouvais lorsque, dirigeant
« L’estudiant », que Je venais de fonder au Sémi-
naire de Jottette. un étranger, ami de la Jeunes-
se, acceptait de collaborer à cette feuille, don-
nant ainsi le plus bel e nco ur a g ement que l’on
puisse prodiguer m ceux qui né demandent que
cent pour Men faite.

Las queataons de l’Amérique du Sud sont à
l’ardre du jour at ce n’est pas sans raison, car
les t’iaairtaa aMpaaaaaane ajul dormaient au soleil
de reqaatear an sont rangées aux cotés des Na-
taana-Tfanat. peasr saener junau’A ht vactoire la
fans grande latte de llrtatate du monde.

Trois Rf pan a au m de l’Amériajue latine ont
envoyé an Oenada des miaiatres plénipotentiai-
re*, deux autres 7 ont âMHhjasl des consuls géné-
raux. U anus n été danné séuanment de cons-
taier que presque tous ces itUiiamaffa font preu-
ve de la pana franche oaJànaoration et du meil-
leur esprit panaméricain, et ht «aa de ceux qui
tarent de l’arriére sera jugé prus tard. 11 nous
est donc permis d’espérer que ses relations en-
tre les deux parties de notre continent ne ces-
seront de s’améliorer an s’éteodant toujours da-
vantage, et nous devons envisager dés mainte-
nant la part qui nous revient -dans cet équili-
bre, non pas futur, mais bien actuel, entre les
forces nord -américaines et les forces sud -amé-
ricaines.

Les premiers éléments de la bonne -entente,
du « bueno vecindad ». sont les individus qui com-
posent les nations. Parmi tous les citoyens ca-
nadiens, les premiers de l’apres-gneTre seront
p rob abl ement ses jeunes, et Us l’auront bien mé-
rité. Beaucoup d’entre nous’ sont aujourd’hui
sons les armes, d’autres leur fournissent les mu-
nitions, les vitres, les moyens de transport, d’au-
tres enfin peinent dans des bureaux, aidant l’ef-
fort canadien, soit en activant la production et
la circulation des biens, soit en luttant indirec-
tement contre l’ennemi, par ht découverte non
de aes m oy e n s d’attaque, taass de ses projets
eux-mêmes. De main , au jour de la Victoire, quand
1» radie annoncera à ruruvers enfin consolé’ que
la paix est ret enue, les jeunes eontmuerent leur
rôle de arevnier plan: at direction de l’Etat. Après
taé da danger, ils eurent bien le droit
A aa eu errance en le guidant vers ses

Ce phénomène de l’avènement politique de
la jeunesse ne sera pas seulement canadien, il se-
ra mondial. Ce seront les jeunes générations de
vaincus qui paieront les oeknes de leurs aines,
et ce seront les jeunes vainqueurs qui veilleront
A l’exécution da ht sentence.

Dans la dosnasne de la pontique internatio-
nale, chacun sait que la révolution sera .terrible,
encore inestimable dans aes conséquences mul-
tiples, n nfj aura pas que les lignes de naviga-
tion qui auront changé leurs itinéraires, las Etats
aussi auront modifié leurs principes, et partant
leur politique. %

Il est probable que le Canada, continuant
d’appartenir R ht communauté daa Nattons anglo-
aaasaanes, du moins par l’esprit, aura suffisam-
ment accusé sa peraounalMé juridique batema-
ttonale pour agir en paya d’Asaérique, avec des
Intérêts américains et des sjrinorpes américains.
Par ailleurs, la vanne chea-nens de diplomates

A ne an

antre raison

pays, même s’A faut parfois défendre cet avenir
sur las champs de batailles «TRurone et d’Afri-
que, on ne discute pas Avec le danger, et quand
un ne peut révtter, on le combat de toute aa
force là où il se trouve.

8*fl revient aux j e unes Canadiens ne gérer
Sa ca n s e auMao.ee, fi tu n dra qu’an soient prépa-
rés sa p ais lonuTtenrps défA à nette tache. On ne
slhtapiiitse paa plus chef <TOtat nu diplomate
que financier au ptiflsanneM, atate en peut se
préparer A le devenir. Aucun Cfcentdaen ne se
déamtéreaaura après la guerre de notre pays: n
nura conté taap cher pour le conse r ve s .

Aujonrd’tuei, ctost sens les drapeaux, dans les
nuages de poudre an les champs de atawaidi 1 11
que les jeunes de tous les pava lent eeimaissan-
ce et se lient d’amitié; les relations qui s’établis-
sent dans le malheur cruat iraient quand le ban-
heur commence A luire. Elles sont marquées du
sceau de -l’épreuve, et las hoaaaaes n’en deman-
dent pas davantage.

Apres avoir eoaabatsn ©été A céte, sas sol-
dats d’aujourd’hui aérant las catoyene de demain.
Us auront lutté pour la même cause, et ils vou-
dront tous conserver les liens fraternels qui les
auront réunis dans une victoire commune. Ils
ne seront pas des rivaux, mais des collabora-
teurs, des artisans qui mettent en faisceau leurs
efforts peur que de cette oeuvre de ressources
et de talents naisse le chef -d’oeuvre de la paix
dans la Mberté.

Pour obtenir ce but, qui n’est pas si irréali-
sable que peuvent le penser certains gâteux d’au-
jourd’hui, respanaahlfs de la crise actuelle, les
Jeunes devront appui S ei en outre de leur enthou-
siasme et de leur franchise, an asiate bagage de
connaissances SMSanVJBay un cran fi désir de col-
laboration et une volonté de vaincre tans les
obstacles par un travail soutenu et patient. L’ar-
mée aura donné la discipline, la conscience de
bâtir l’avenir donnera le courage de le faire.

Jeunes de tous les pays, ils devront se con-
naître eux-mêmes davantage, et améliorer leur
connaissance réc i proque, mutuelle. Un moyen
existe, qui permet d’établir de sondes liens d’ami-
tié, qu’en refao uv e toujours avec grand plaisir
quand le besoin frappe à la porte, c’est le con-
tact plus personnel, plus intime, qui s’opère lors
d’un voyage dans le pays qu’on connaît déjà et
qu’on veut aimer davantage.

Comme les Universités sont les écoles de l’éli-
te, du moins poux la plupart des cas, R serait à
souhaiter que les Universités canadiennes ser-
rent la main qui leur est tendue, par delà les
mers et les montagnes, par les Universités des
autres pays, et particulièrement celles de l’Amé-
rique du Sud. U faudra rebâtir l’Europe, et les
Amériques y consacreront tous leurs efforts, mais
puisque nous sommes des Nations-Unies dans la
guerre, pourquoi ne le serions-nous pas dans
l’oeuvre de la paix? Nous luttons pour les mê-
mes idéaux, nous devons avoir assez de largeur
d’esprit pour ne pas croire, chacun de notre cô-
té, que nous sommes les seuls responsables de
la victoire, les seuls A avoir gagné.

Nous savons que les Universités sud-améri-
caines n’attendent que notre réponse favorable:
la donnerons-nous? Nous savons aussi que les
Jeunes qui ont voyagé co ns e r v en t pour ceux des
pays visités, une grande sympathie, quand ce
n’est pas une véritable amitié. On a dit. et c’est
vrai, que rien n’importe plus que la Tîctolre, mais
la Paix, elle vaut ht peine qu’on y pense et qu’on
la prépare, fit puisque, dans l’après-guerre, ceux
de ht gé n ér a t i on qui nous a précédés mériteront
de se reposer, après avoir connu deux guerres,
les Jeunes prendront les rênes du pouvoir, et
c’est dans cet état d’esprit qu’il faut cnereher à
établir entre les étudiants et les autres Jeunes
da tous «les pays, les principes de ^ cet esprit in-
ternational enri sera le gage de la paix, et ce qui
eut plus: du bonheur.

81 les Unanunvjfttés des Amériques, de con-
cert avec leurs Gouvernements respectifs, Je-
taient les bases, dès maintenant, d’une amitié in-
ternationale, r e posant sut l’élite de demain qui
est « le soldat, en uniforme ou non, luttant au-
jourd’hui, il nous semble qu’Us feraient là oeu-
vra utile, oeuvre de construction. Nous admet-
tons que le problème le plus important de l’après-
guerre sera celui du ravitaillement immédiat et
total des peuples vaincus et vainqueurs, et aussi
ht reconstruction des pays dévastés, mais peut-
on nier l’Importance du bonheur des peuples, qui

**vJ* à la sage §1

Le Brésil d’au jour dl nu

Le Brésil au paasé quasi légendaire, à l’avenir
inestimable, est aujourd’hui une des phu belles
républiques du monde et le centre Intellectuel,
fananchsT et peSrtaqee de TAjaribrlque du 8ud.

Oe paya de l*aanériqvse m tint possède dlnépai-

eenrs

at nn peuple

Un peu de son histoire. Axant ÎRSO, le Brésil
ne jungle pttiaqar inhabitée, nuentôt
arrive une nspMIflan jiiaingaatf, commandée par
Pedre A. Cabrai, pilotée par Vasco da Gaina, et
qui découvre anr hasard cette terre inconnue et
en prend possession an nom du Portugal

Comme dans tonte expansion coloniale, les
nouveuax venus ont à faire face à de graves dif-
ficultés: le pays est trop vaste pour sa maigre
population; par surcroît, des puissances étran-
gères cherchent A s’y établir.

D’abord les Français qui essayent d’y mainte-
nir des pentes da coanenerce et puis ensuite les
Hollandais, organisateurs très actifs, envahis-
seurs sans dangereux encore en raïa a n de leur
lotte puissante.

Après ces lattes victorieuses, les coionhaut por-
tugais ncesuaent déjà conscience de leur Ame bré-
silienne, car l’unité religieuse at na tion a le s’est
faite et a renforcé la colonie.

Plus tard, pendant les guerres de Napoléon,
Jean YI ,rol portugais, se réfugie au Bréstl à qui
fl accorde régalRé constitutionnelle avec la
mère-patrie. Cest déjà un pas vers l’Indépen-
dance.

Aussi, prenant de pins en pftus d*rniportance f
la Brésil se déclare enrptre ladé p endmn t en 1822.

Le dernier empereur favorise l’instruction, les
arts at le commerce; il abolit l’esclavage. Ce
dernier acte d’humanité causera sa chute et il
devra abdiquer en 1888.

Une république fédérative est formée en 1889,
cent ans après la Révolution française. Et nous
voici rendus au président Yargas qui, par sa révo-
lution de 1830 a changé le syslcme politque et
économique et semble avoir assuré ainsi pour
longtemps la pi es p é iit é nationale.

Mate ce qui constitue la meilleure garantie d’un
an j çggjt certain, c’est rabondance de ses ric hes s e s
naturelles.

Le Bréstl est un des plus grands producteurs
d’or et de SaaMMSnt et le plus grand exportateur
de calé au ^^-^^ son sous-sel est encore à
demi- exploité; ses réserves forestières sont d’une
richesse incalculable. Enfin le sucre, le cacao, la
coton, le tabac et le caoutchouc sont parmi les
matières essentielles qui forment la base de l’éco-
nomie nationale.

In terre est si fertile qu’il y a toujours sur-
production. Mais l’industrialisation progressive
du pays rendra ht base économique plus résistan-
te dans les période s de criée financière.

Avec ses 45,880,800 d’habitants, la république
possède des muses étonnantes par leur beauté et
leur progrès rapides.

Rio de Janeiro, la capitale fédérale, est bâtie
dans un très beau havre naturel, sise au milieu
d’une végétation luxuriante et dans un décor
magnifique. Ville ultra-moderne, elle possède de
vastes places publiques, des parcs splendides et
des avenues Imposantes. Cest sans contredit
une des plus ‘belles Tilles du monde. Sa popula-
tion de 2,808,660 possède une université et la plus
grande bibliothèque de l’Amérique du Sud. Vue
le soir du haut d’une montagne voisine, la métro-
pole présente l’aspect d’une féerie éblouissante.
Le monument du Sacré-Coeur, érigé au sommet
du Corcovado, A 3,000 pieds d’altitude, symbole
de la foi et de la force d’un grand peuple, domine
la capitale comme la Croix du Mont-Royal, notre
métropole canadienne.

Sao Faulo, avec ses 1,300,000 habitants, est une
ville Industrielle qui rivalise avec, la capitale en
raison de son progrès vraiment extraorcinaire.

D’autres villes comme Salvador, « Rectfe et
Petropolis charment tous ceux qui y séjournent.

L’architecture moderne est partout florissante
et les architectes américains sont surpris eux-
mêmes de la hardiesse des lignes et de l’origina-
lité des constructions actuelles.
‘ Et que doit-on penser des habitants de ce
pays ? On remarque que l’histoire du Brésil a
évoluée lentement. C’est que le sens de la mesure
est nn des caractères du Brésilien.

Il est Intéressant de noter aussi que tous ceux
qui connaissent le Brésil sont d’accord pour louer
la douceur, la bienveillance et la tolérance de ses
habitants. Malgré la diversité des races 11 n’y a
pas — pour le moment du moins — de préjugés
raciaux et religieux. Ce qui est admirable. Les
Brésiliens sont aussi, comme tout grand peuple,
hoapItaSIers et pohs. B eaucou p d’intellectuels
de l ‘ aniu p t par la guerre, se sent rendus
?ndet en nerttenher nu

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LA ROTONDE, 13 NOVEMBRE .1942

LA ROTONDE, 1S NOVEMBRE ï

I

Petit conte

Par FRANÇOIS CLOUTIER

Slle était jolie, très jolie. Pas d’une de ces
beautés régulières au galbe de statue mais d’une
beauté aoucement pâle, faite de charme et de
langueur. Elle était jolie, très jolie, toute frêle
en sa robe de rien.

C’était, en fait, une très petite fille, étrange
et rare en ce siècle de complexités. Elle n’était
guère sortie de chez eue, heureuse de se sentir
parmi ses champs, ses bois, ses bètes. Car, par
une espèce de hasard, eue était fille de paysan.
L’amour et les choses l’avaient formée, lui avait
modelé une âme simple et pure comme l’onde
cristalline des ruisselets. Comment peut-on pen-
ser à mal quant tout, ciel et terre, complote pour
nventer de la beauté ? D’ailleurs, aimant les
choses, elle s’était fait aimer par les choses. Lors-
qu’eUe passait, le long des champs dorés, les tiges
osciUaient comme émues par sa présence, et les
violettes et les marguerites espéraient qu’elle les
cueille. Jamais les branches aux doigts crochus
n’auraient oser la frôler: elles se tenaient bien
sages le long des troncs des arbres. Et les oiseaux
chantaient pour elle leurs plus belles chansons:
gazouillis, roucoulements d’été. Les étoiles sem-
blaient autant de regards qui l’admiraient le soir,
qui l admiraient avec ur intense respect. Mlle
était si jolie, savez-vous, si mignonnement jolie,
si délicatement jolie . ., .

Elle inspirait l’amour avec son air candide et
chaste, avec son innocence champêtre. Mais,
c’était un amour spécial qu’elle inspirait, un
amour de ballet ou d’opérette. Ses cheveux étaient
blonds comme du lin non roui, sa taille mince et
flexible, ses yeux glauques, sincères, sans cesse
étonnés et ravis s’allongeaient légèrement en poin-
te, sa bouche aux lèvres minces, babillardes était
rieuse. Qu’elle était jolie, je le répète, queue
était jolie . . . une vraie petite fée. Nerveuse et
simple.

Or cette petite fée, dis-je, inspirait un amour
très spécial. On aurait voulu la prendre dans ses
bras, doucement, sans heurt, comme on prend
une gerbe de fleurs ou un petit enfant, on aurait
voulu la couvrir de ses bras, en guise de protection
et de tendresse . . . et lui dire des choses merveil-
leusement irréelles. EUe était si peu d’ici que
les paroles d’ici auraient pu la tuer. On avait
l’idée d’inventer pour elle un langage coloré et
Chaud, un langage plein de musiques et de clo-
chettes, on aurait désiré lui donner des sobriquets
menus . . . mia Giannina, mias Estralita . . . mon
ange, mon étoile . . . comme si une langue étran-
gère aurait eu plus de pouvoir par son mystère,
par ses assonances lourdes et orchestrées sur son
Ame enfantine. »

Je crois que ce qui constituait sa joliesse, c’était
précisément ça, qu’elle était restée enfant, même
ù seize ans. Qui ne songe avec nostalgie au monde
de son enfance en-allée et qui plus jamais ne re-
viendra . . . Elle vivait encore dans cet univers-
là, univers où U y a des murmures et des casca-
teues, des bonheurs et des goûts insurpassables.
EUe était donc, jolie et heureuse, petite fleurette
des champs, heureuse comme jamais personne
ne le fut . . .

Or, un jour que le tonnerre hurlait et crachait
dans le ciel comme cent vingt milles batteries de
canons, un jour qu’U pleuvait tristement sur les
toits gluants, un jour qu’U ventait dans les blés,
U arriva quelque chose d’incroyable. La petite
reçut une lettre, une vraie lettre avec des timbres
dessus et son nom bien épelé à l’encre, une vraie
lettre vous dis-je . . . Tout le monde fut étonné
Me surtout. Qui pouvait bien penser à elle . à

eue si petite et si inconnue ? Je vais vous dire’ ce I « ** tOUrire eut aéi
que c’était. vécu, sourire de femme

C’était une ancienne compagne ù elle qu’elle

avait rencontrée au couvent et cru aimer un mo- – .

ment Ne croit-on pas aimer les gens sans jamais
savoir si on aime ou non ? Enfin . , . Cette com-
pagne, donc, lui écrivait une lettre simple et ba-
nale comme toutes les jeunes fuies en écrivent et
en reçoivent. Une lettre où elle disait un tas de
potins, où eUe racontait sa vie ù la ville et parlait
de ses plaisirs, de ses amie. Un vrai tourbillon
de fêtes et de rires troubles, d’amoureux et de
princes charmants.

La petite fée se prit ù rire en lisant cette let-
tre moderne, elle qui était si loin en arriére dans
le temps. EUe se mit à rire très fort, d’un rire
perlé qui surprit son chien, effraya son chat, et
eue se contenta de conclure: « Eue n’a pas changé
qu’elle est jeune ! … « Mais eue ignorait, la pau*
ote peUU, que c’était eue qui était jeune, pas
l autre. Fuis sa vie recommença. Comme par le
posée, eu* erra dans les prés, s’amusa à engerber
des fleurs, se moqua dm étoiles et de l’oeil comt-
1**mm-IHri ** k lune.

Cependant, U y avait quelque chose de changé
chez elle. Elle ne pouvait définir quoi mais bien
qu’elle ne se l’avouait pas, elle senta’t bien qu’elle
n’était plus la même. Elle mettait moins de goût
et d’entrain à ses jeux coutumiers; au fond de
tout, eUe trouvait quelque chose d’amer, un do-
maine de pénombre qui l’effrayait en la peinant.
Elle s’interrogeait, s’inquiétait, se bouleversait,
s’anatomisalt, se demandait si sa vie était bien
la vie.

Et toujours cette lettre qui lui revenait par
bribes, cette lettre qui la hantait comme une mau-
vaise pensée, comme un hibou ‘perclus dans un
château de rêve, U y avait cette lettre nui la han-
tait . . . « je suis allée au bal hier . . . je me suis
amusé comme jamais dans ma vie . . . si tu savais
le beau jeune homme que j’ai rencontré, svelte,
élancé, tendre . . . demain, j’assisterai à un thé…
Je me suis acheté un nouveau chapeau, un amour
de chapeau . . . « je plains ta solitude . . . »
Ç^M Que ces phrases sans suite et sans méri-
tes, lui faisaient mal, lu, au coeur . Elle ne
voyait plus clair, la petite aux sourires de soleil,
aux yeux de lune, elle se débattait comme une
marionnette, un épouvantaU d’oiseau, dans le noir,
agitant les grands bras de ses pensées. Elle ne
voyait plus clair, la petite au sourirz de soleil, aux
yeux de lune, plus clair, plus du tout.

‘ si- i
Qu’est-ce qu’elle avait cette amie presque in-
connue, de lui raconter de telles sottises . . . Cet-
te lettre, àht cette lettre . . . « je me suis acheté
un nouveau chapeau . ..situ savais le beau jeune
homme que j’ai rencontré . . . Que je plains ta
solitude… » ;

Lentement, par étapes, la petite cessa de sou-
rire, cessa ses gambades et ses courses. Plus de
gaité, plus de joie. Les fleurs s’ennuyaient d’elle,
ses bêtes ne savaient quoi penser et les grands
arbres de la forêt devenaient durs et méchants.

Les grands arbres de la forêt devenaient durs
et méchants, sans leur petite fée . . . « Je me suis
acheté un nouveau chapeau . . . que je plains ta
solitude . . ». K ?

Pauvre petite fée sans plus de couleur, sans
plus de joie. Elle dépérissait à vue d’oeil. Person-
ne ne savait ce qu’elle avait. Personne, qu’elle
qui relisait en cachette Id lettre empoisonnée.

Et cela dura très longtemps. N’allez pas croi-
re qu’eue mourut; ce n’est pas un conte que je
vous dis. Elle ne mourut pas, ni de phtisie galo-
pante comme dans les romans russes, ni d’ennui
comme dans les romans de la bibliothèque rose.
Elle ne fut même pas malade !

N’allez pas croire non plus qu’eUe se révolta,
sauta par la fenêtre de chez elle pour s’en aller
à la vUle. Que fit-elle alors, me demanderez-
vous . . . T ‘

C’est bien simple . . . eUe comprit la vie. elle
sut la vie comme elle avait su les arbres, les bois,
les étoiles. Elle ne comprit pas toute la vie mais
un peu de la vie . ..un petit peu . . .

Sa gaité revint mais une gaité tout autre, une
gaité mûrie. EUe reprit sa vie d’avant, sans dé-
goût, mais sa vie d’avant était différente. De
nouveau, elle courut les champs, mais son pas
était plus ferme. EUe Ht tout comme auparavant
mais d un rire plus vieuli. La petite fille jolie
Z^L faire * n trand voyage, un bien grand
o25 e ! * n **+o dont on revient toujours, jamais

compris la petite au cheveux de Un, au sourire
de soleil, au regard de lune, eue avait compris . . .
Xt son sourire eut désormais quelque chose de

François OtiOUTIER.

Lettre au secrétaire

Cher ami,

Ainsi que le fait chaque année le secrétaire
élu de l’organe officiel des étudiants, vous avez
lancé l’appel aux femmes de bonne volonté. Elles
ont entendu, vous voyez, elles ont répondu et elles
veulent vous remercier, Us femmes de bonne vo-
lonté, de votre aimable invitation.

Je veux d’abord, cher ami, attirer votre at-
tention sur le précepte .évangéiique dont vous
semblée avoir tout à coup découvert l’insurpassa-
ble commodUé: « Veritas liberavït vos ». Vous en
avez profité d’une façon qui commande une juste
admiration et une non moins itGtH riposte.

Si je voulais être caustique, j’appellerais Té-
rçnâe à mon secours et je lui ferais vous rétor-
quer: « Veritas odtum parit » Mais jamais, cher
ami, je n’ai été si loin de la volonté de railler !
Et pour cause. Il est malheureusement trop vrai
que « l’an dernier, hélas t la semence tomba en une
terre peu fertUe ». Nous ne ferons pas devant vous
notre mea culpa — parce que premièrement
l amour-propre nous suggère autre chose, deuxiè-
mement, parce que nous sommes assurées que vo-
tre bienveillance nous a déjà absoutes et, troisiè-
mement, parce que nous pensons bien que le tact
et U doigté vous invitent rien moins qu’à nous
excuser.

*D’aUleurs, sur Varlicie de la franchise U fau-
dra que je vous serre la main à la première occa-
sion. Je suis, moi aussi, pour la sincérité pleine
et constante. Je suis prête ù admettre la théorie
de Péguy, plus pacifique que celle de Bloy: « Dire
la vérité, toute la vérité, rien que la vérité: dire
bêtement la vérité bê^e, ennuyeusement la vérité
ennuyeuse, tristement la vérité triste. »

Et s’U est vrai que l’activité littéraire collé-
giale féminine de î9él-42 vous a fait soupirer de
déception, vous pouvez espérer que cette année,
nous tâcherons, toutes ensemble^ que se réalise
votre aimable souhait: succès et persévérance. »

Il est un temps de rire, et U est un temps
d’avoir ri … Ce que je veux vous écrire mainte-
nant, cher ami, ça n’est pas tant ù vous que je
voudrais le dire. Ce que je. vais vous écrire vous
l’avez pensé déjà au moment où vous rédigiez’ votre
appel aux étudiantes. Ce que je vous vais écrire
c’est tout ce que je crois comprendre par cet esprit
de collaboration que vous nous proposez.

Il s’agit n’est-ce pas de donner notre part. Il
s’agit de « cet élan d’enthousiasme dont parle notre
recteur ». Il s’agit d’apporter « des rayons de lumiè-
re » et de joie. Il s’agit d’une nécessaire solidarité.
Il s’agit d’une généreuse coopération. Disons qu’U
s’agit de charité, de remplir notre rôle en pléni-
tude. Je sais des étudiantes très absorbées qui
n’ont plus le temps de penser à leur premier titre
de noblesse. Elles » ont oublié, nous avons toutes
oublié de vivre pour le monde dont nous nous ré-
clamons si ardemment. Nous sommes étudiantes.
Nos confrères nous demandent ce à quoi ils ont
droit de s’attendre de nous. C’est une question
de justice et une question de devoir.

Pensons à nos compagnes de Laval et d’aU-
leurs. Si eUes peuvent, nous pouvons aussi. Si la
gravité de leur travaU leur laisse U loisir de fabri-
quer une page bien faite pour leur journal, nous
le pouvons aussi. Si le fait d’être jeunes fuies ne
leur enlève pas l’initiative de dire ce qu’elles pen-
sent tout comme leurs compagnons d’études nous
le pouvons aussi. Si Yunion et la fraternité peu-
vent exister là-bas, pourquoi pas ici t

En terminant, je vous propose une pensée
d’Isabelle Rivière, la soeur d’Alain-Fournier Vé»
pouse de Jacques Rivière et leur inlassable cama-
rade à tous les deux: « Chacun avait droit à un
morceau de la vU et du coeur d’un autre que cet
autre lui a refusé . . . Ce que nous avons de plus
précieux, n’est-ce pas notre coeur, notre àme ?
Si nous les réservons, U reste de quel prix sera-t-U?

FERNANDE L.

?
?

Statistiques universitaires

Faculté» ecclésiastiques

Cours mineur

institut de philosophie
Arts. Cours supérieurs ‘
Cours réguliers
Cours d’extension …
Cours extra-muraux
Cours d’été
Ecoles: Sciences polit
d’Infirmières
Normale

Musique et déclamation
de Bibliothécaires
Immatriculation

TOTAL ….

?40 14M 138 1231 ETl U 71 7 *o

?
?

Henri Masson

A l’occasion d’une récente exposition de l’oeu-
d’Henrl Masson, nous avons pu apprécier l’ef-
«rt que fait ce peintre pour nous Initier aux
oautés de notre région, n se prévaut de deux
lédiums: les aquarelles et les peintures à l’huile.
Il a réussi à susciter chez nous une vive ad-
miration pour son art. On revient avec l’impres-
>n qu’il a bien choisi aea sujets et les a obser-
avec le pinceau dans l’oeil; cependant il sem-
que parfois en transposant sur la toile son ln-
rétatlon, une technique peu soignée a fait
cette conception une ébauche moderniste. On
îut lui reprocher cette prédilection pour les cou-
trop disparates, et cette aversion, plutôt
>tté’ nonchalance à l’égard du travail détaillé,
manque de fini, il se «rapproche quelquefois de
malheureuse école de l’expressionnisme.

Lorsqu’il cherche a s’émanciper de cette in-
lence, l’on constate tout un autre style, tout un
itre chef d’inspiration; et cette fois elle est
iante. Le « Chemin tournant », par exemple,
ffre une variété de lumière et une fraîcheur
Hideuse: la route de campagne qui trace de
igues sinuosités à travers les champs, ver-
santes emblaves; route tantôt côtoyant une
krme blanchie de chaux, tantôt disparaissant
Wière la cime des coteaux et enfin, c’est un
fntler qui s’efface à l’horizon. L’azur bigarré
nuages fait de cette scène un paysage typi-
lement canadien.

Ma première réaction à cette oeuvre fut un
«ir Instinctif d’enfourcher ma bécane et de par-
rtirir cette même route — peut-être était-ce pour
User la » beauté directement à sa source, neut-
re pour suivre ce chemin tortueux Jusqu’à son
?rme évaslf .

Le genre traditionnel de Masson se révèle dans
ite son impeccabilité dans deux peintures: « La
se » et « Balayant la patinoire ». La première
;nte une course en patins, l’autre, les pré-
itifs d’une Joute de hockey: elles groupent une
(position solide — il n’y a pas de ces lacunes
>arrassantes — un coloris tout saisonnier, un
de lumières répoulssant à l’oeil et un détail de
[rsonnages superbe. Dans « La course », partagées
ktour de la glace, les bonnes mères venant voir
évoluer leur Jean et Jasplner avec la voisine, les
Aeurs cadettes raillant l’effort vaillant de ce
taquin de frère et enfin, sur la surface même qui
miroite faiblement, les figurants — soit élancés
sur un patin à la façon d’une danseuse de ballet,
soit contournant le banc de neige au centre, les
deux bras fendant l’air. {

Dans ces scènes, le perspicace observera qu’a
manque un détail; parmi les spectateurs il n’y a
plus de ces bons vieux bonhommes, chômeurs de
luxe, avec leur pipée de tabac. Où sont-ils partis?
A la guerre, quien sabe? C’est à la lumière de ces
deux oeuvres délectables que l’on peut estimer,
à sa Juste valeur, la fine observation dont fait
montre Masson, lorsqu’il envisage une scène.

Un troisième genre qui plaît au novice et
davantage au connaisseur est son « Eglise de cam-
pagne ». Un souffle du sublime, d’exaltation peut-
être, semble animer le sujet. Masson nous dé-
couvre un Intérieur d’église durant la Sainte
Messe; c’est celle de Ste-Rose de Lima et la voûte
d’azur percé d’étoiles, dont s’enorgueillit ce vil-
lage tranquille et paisible (ces temps-ci surtout),
famine toute la peinture. Au premier plan les
visages sérieux et attentifs des paysans sont tour-
nas vers l’autel; les nuances ternes et sombre de
fcairs vêtements contrastent agréablement avec
la chasuble rouge du cérémonial des martyrs,
^oant A la répartition des couleurs, c’est peut-
être le mieux réussi.

Cependant ces quatre peintures ne sont pas
les seules dignes de mention. Ajoutons: Paysage
en vert no 2, qui surprend par son analogie chro-
oa» tique; presqu’en virtuose, Masson a épuisé
Soute la gamme de cette eouieur et nous en pré-
Bote les nuances subtiles en des tons variés; son
5″rois moines » où trois formes vêtues de noir
mt contre la bourrasque tout en se dirigeant
un monastère de brique rouge; c’est une va-
ir inconnue, la sublime et le médiocre en con-
* mt le testament. Le Jeu de lumières sur la
Éige touche au style de Frank Hennessy et le
même.’
Aux bonnes choses succèdent . . . Son « Avril
Cascades » est difficile A assimiler. Le bleu vif
[s chutes est d’une couleur riche, elle coûte les
ux de la tête pour l’observer. Le brun laurentlen
vêtement d’automne Jure religieusement avec
llgo de l’eau. Le « Reposoir » est d’une prodiga-
de colorisation.

La « Carroussel », la meilleure aquarelle d’en-

dlx, est Intéressante en autant qu’elle capte

fsprit vivace, la folie, l’insouciance, les couleurs

‘les qui associent le manège des chevaux de bols

le «Irque.

Et de là, mes yeux clignotants, papillonnent

toile en t toile, séduits par l’appât d’une autre

, Ils s’arrêtent enfin sur le portrait: o’Beau

« ‘, un Jeune garçon aux yeux bleus.

Nous saluons cette heureuse initiative de

car il apporte au travail des portraits

Ion, la fine technique qu’il sait faire

Cyrano êe W.

n

Page S

Rachmanînoff

Rachmaninoff possède un caractère flegmati-
que très frappant. Son salut est bief «t sec, il ne
sourit jamais et les traits de son visage dénotent
l’austérité. Un physique si sévère annonce un
type distant. Il se montre ordinairement sourd
aux applaudissements et le public fut très éton-
né, lors de son dernier concert Ici, de le voir
donner quelques rappels. / Les collectionneurs
d’autographes, particulièrement, l’ont trouvé peu
sociable pour l’avoir cherché partout Inutilement.
Sous un aspect si étrange se cache cependant
une grande àme d’artiste et un expert virtuose.
Nous nous contenterons d’aborder, seulement, la
netteté de son exécution et la grâce de son inter-
prétation.

Rachmaninoff garde toujours un Jeu très pur.
Même dans les vitesses vertigineuses les staccato
sont excessivement secs et détachés tandis que
les trilles, parfaitement modulés, se transforment
parfois en roulades presque Imperceptibles. De
plus son adresse est ébloUlssance : ses doigts très
longs, semblables à des tentacules qui s’entremê-
lent, possèdent tant d’habileté qu’ils font naître
un sourire ébahi chez l’admirateur. Les yeux se
fatiguent à regarder mais ses mains inlassables
dansent toujours. u^

On remarque toutefois une qualité supérieure
qui maîtrise cette adresse: c’est le. contrôle absolu
des nuances:- Rachmaninoff exécute avec une
délicatesse Inouïe. Les decrescendo sont sublimes
et surprenants à la fols par leur fini qui rappelle
les fondus photographiques. La force est résolue
mais non pas déchaînée. Tout semble le fruit
d’une technique sagement mûrie. Ce virtuose de
69 ans possède l’équilibre parfait de ses muscles
et connaît l’art des transitions, imitant les phases
de la rafale qu’on volt venir de l’horizon.

Vient ensuite la grâce de l’Interprétation. L’ar-
tiste sait réveiller la sensibilité. Il rend le thème
dans tout son coloris musical et le porte parfois
même Jusqu’à la plainte. La minutie du Jeu re-
flète la prostration de l’âme. Cependant, la fu-
reur de la passion ne va Jamais Jusqu’à l’exagé-
ration: Rachmaninoff sait éviter les gestes théâ-
traux qui détruisent le cachet de l’oeuvre: Il de-
meure toujours modéré, il ne craint point non
plus de cacher sa personnalité devant la gran-
deur du chef-d’oeuvre. C’est à peine s’il se pré-
occupe de faire valoir son habileté; U s’applique
avant tout à développer les points vitaux de la
pièce dans toute leur portée et de lui donner du
charme. . s

Rachmaninoff sait au&l agencer ces deux fa-
cultés de l’artiste qui sont l’habileté et l’àme. n
manifeste un goût très développé pour pouvoir
s’abandonner à l’oeuvre et y découvrir ce qu’il y
a là de commun avec sa propre sensibilité sans
révéler des penchants personnels trop caractéris-
tiques. Et pour cela 11 lui faut une expérience
très mûrie qui va de pair avec la sagesse musi-
cale et se reflète dans la simplicité.

L’art de Rachmaninoff nous a élevé au-dessus
de tout ce monde matériel et vulgaire auquel
nous sommes sans cesse en contact; U nous a
transportés dans une sphère enchantée. L’artiste
a su nous faire oublier les banalités de la vie et
nous convaincre de l’élévation de la musique.

Georges GAGNON.

Le Brésil d’aujourd’hui

(Suite de la page 3)

Voici Georges Bernanos qui écrit: « Depuis bien
des mois, je ne me sens plus Ici un exilé » ou en-
core. « J’étais venu Ici ‘cuver ma honte’. J’y al re-
trouvé ma fierté et c’est ce peuple qui me l’a ren-
due ». On connaît « Le Brésil terre d’avenir », de
Stephen Zweig qui n’est qu’un -témoignage d’ad-
miration pour le peuple qui l’avait si bien ac-
cueilli.

Américains du Sud, les Brésiliens sont catholi-
ques mais ils diffèrent de leurs voisins par la
langue qui est portugaise. C’est ce qui pourrait
leur donner un rôle important: d’abord servir
d’arbitre entre les républiques latines au carac-
tère plutôt susceptible et d’autre part servir de
frein aux impérialismes américain ou autres.

Toutes ces qualités qui donnent une personna-
lité si marquante au Brésil se trouvent réunies
dans un seul homme qui en politique est impar-
tial, posé et vigilant.

C’est Getulio Vargas, président de la républi-
que. H a su depuis 1930 donner à sa patrie une
constitution nouvelle, des réformes scolaires et
politiques, des modifications économiques et heu-
reuses et des améliorations sociales pour la classe
ouvrière et agricole. ‘

Mais la grandeur d’un pays n’est pas chose
faite en un Jour et la terre brésilienne est ardue
à conquérir. Si les paysans donnent toujours
leurs sueurs pour leur patrie, au Brésil Us don-.
nent souvent leur vie. En effet le climat de cer-
taines réglons est dangereux et il y a parfois des
Invasions d’Insectes qui détruisent tout sur leur
route. H y a là-bas un proverbe qui dit: « Ou le
Brésil tuera là fourmi ou la fourmi tuera le Bré-
sil ».

L’avenir du pays est. sans doute assuré mais
que nous réservent Isa minorités allemandes et
japonaises difficilement assimilables ?

Premier concert privé

La société Sainte-Cécile présentait, diman-
che soir, le 8 novembre dernier, son premier con-
cert privé. Pour un coup d’essai l’on vit un Coup
de maître, et la tenue Impeccable de cette soirée
musicale augure favorablement pour les futurs
concerts publics et privés.

L’artiste invitée, Mademoiselle Huguette La-
porte, mezzo-soprano, interpréta avec grâce et
souplesse, trois magnifiques pièces. « Conseils à
Nina » de Wekerlln, « My Johann » d’Edward Grleg
et « SI mes vers avalent des ailes » de Raynaldo
Hahn. Les quelques cent membres présents ont
bien manifesté leur admiration et leurs remercie-
ments à Mlle Laporte pour la joie qu’elle leur
a causée.

Le R. P. Jules Martel, o.m.i., directeur de la
Schola Cantorum, prononça une courte causerie
sur la symphonie. Après l’avoir située dans la mu-
sique et en avoir expliqué les différentes parties,
le révérend Père Illustra sa classe en faisant Jouer
sur disques les trois premiers mouvements de la
huitième symphonie et le quatrième mouvement
de la première de Beethoven.

L’ensemble universitaire .forcément Incom-
plet ce soir-là, exécuta quand même avec brio
« Tambourin » de Gosseck et l* »Ave Maria » de
Gounod. M. Gilles Lefebvre, son directeur, joua
en solo, une danse polonaise%et les « Méditations »,
extrait de Thaïs de Jules Massenet.

De plus, quatre de nos artistes universitai-
res étaient au programme. Tous remportèrent un
succès prometteur.

M. Rosaire Morin, baryton, interpréta « Road
to Mandaly » de Speaks et « Sérénade » de Schu-
bert. M. Pierre Jutras, planiste, fit preuve d’un
réel talent dans l’Adagio de la Sonate Pathétique
de Beethoven et en rappel « Valse » de Chopin.

Les frères: Pierre et André Rousseau, cau-
sèrent une belle surprise à l’assistance, lorsqu’en
duo, Us chantèrent la « Prière du Soir » du conte
lyrique allemand « Hansel et Gretel » dHumper-
llnck. En solo, le petit Pierre, dans « 81 J’étais »
d’Albert Chantier, nous fit souhaiter qu’U de-
meure toujours le merveilleux soprano qu’U est
actuellement.^ - »‘ *,,

Au nom du R. P. Henri Dulude, directeur de
la Société, actuellement malade, le R. P. Bernard
Julien remercia tous les artistes de cette soirée
mémorable.

M. Jean-Luc Pépin, secrétaire de la Société,
agissait comme maître de cérémonies.

Jean -Luc PEPIN.

Nos omis de l’Amérique du Sud

<8ulte de U page S)

ne se trouve ni dans du pain, ni dans des édi-
fices spacieux, mais bien dans la connaissance
et dans l’amour mutuel, parce qu’on est sûr alors
de ne Jamais manquer de pain, de n’être Jamais
sans abri. Ce bonheur s’établira par la com-
préhension réciproque, par la compénétratlon de
nos cultures, par la réunion de nos bonnes vo-
lontés.
, SI vous vous évadez un peu du présent pour
aller pénétrer les secrets de l’avenir, vous y ver-
rez un monde qui ne sera probablement pas
meUleur, mais qu’on peut tout de même empê-
cher d’être pire; et, à l’instar des anciens cou-
reurs grecs, la jeune Amérique retournera à la
vieille Europe le flambeau de la vie, qu’eUe avait
reçu d’eUe, U y a quelques siècles. La flamme
sera cependant plus belle, montera plus droite
et plus haut, parce qu’eUe sera ceUe de toute
la Jeunesse, qui a gagné son droit à la vie en
exposant cette même vie.

lies Jeunesses des trois Amériques s’y re-
trouveront!

Néanmoins, nous assistons à la formation d’Une
nouvelle nation qui est à créer une valeur réelle
dans le monde et qui rivalisera par sa civilisation
avec n’omporte quel pays.

Français de l’Amérique du Nord, nous avons
beaucoup de traits communs avec les Latins du
Sud. Nous devons maintenir des relations utiles
et agréables avec eux.

Et sur ce point voici comment s’exprime
Auguste Viatte: « On Ignore beaucoup trop en
Amérique latine, l’existence d’un foyer vivant de
culture française sur.ee continent, avec sa litté-
rature, ses revues, ses universités; et de son côté,
le Canada français se rend-U bien compte du
regain de force qu’il pourrait trouver en des rela-
tions avec les peuples de langue espagnole ou
portugaise ? Catholiques comme lui, modelés
comme lui. « à la française » dans l’organisation
même de leur catholicisme, l éclipse momentanée
de U France leur pose les mêmes problèmes qu’à
lui. » *v

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JEAN BRUNELLE.

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LA ROTONDE, 13

rw ?

Comnien taires
sur nos débats

-r-

cntmdu

parler vagaraaisrt mais qml nous intéresse _
tenant an plus haut point Nous nous réiouis-

retaoïira dans lÉiisli m ? pays après la* guerre
suas mm Yfgnant «a gouvernement. La canali-
sation des intelligences et des capacités de cha-
cun ne Cent gernlitu an ae i u l uupcai ent tant
scientifique «libella* sisal d’un pay^

Le a mi– l e i if ail

les m em bre» ne renfcentg ne la Société avaient
S3*l_ de * ann<r o* Premier débat et lopin Ion
g»«mte veut quHs se soient bien acquittés de
leur tache, un peu plus de préparation cepen-
dant aurait donné des résultats encore meilleurs

S^^iSuT 4 * défcat m rendn à *

le sujet du débai, Ta valeur éducaUire des let-
tre» est supérieure à celle des sciences », vit le
?*f»i« «*teur. M. Hubert Lemieux, faire ses

bien de sa tache en démontrant principalement
tes abus causés par la science et les remarqua-

Jean T n framh n tn? défendit avec vigueur la
SS^Sî* JC>c,>OB> « oemontrant toute leur nti-
»é tant au peint de vue Immédiat qu’au point
de rue pratique pour l’avenir

Le philosophe Jean-Claude Hurtubise présenta
aon plaidoyer pour les sciences sous forme de
«ese. ce qui pant 4 l’assistance . n s’appliqua à

ÏSTi.ïS 11 ****** ** m de « rt o> eonnais-
sance^ va rte en j inpstUuu du degré dlmmatéria-
**té et il p r o u va ensuHe orne les w±~« !o«-»«,
talent surTescsnaeea^su^ Polsîf^ ^

- qui rappela

(TM)er araâear fut Jean
«?es* rie inaderne avait créé .
?eaux que tes sciences devaient ifouasui

ST^Ϋ QU ! 515 e ****** ?* * préparer
les«udtents à Caire face à ces besoins nouveaux.
on décerna la palme aux orateurs de l’affirma-
«?* et J -C.-Claude Hurtubise fut proclamé meil-
leur orateur. Pierre de Beilef eulÂeTLouis T>r-
55 .°y J °y g I ^Oc«ge. Oagnon prirent

Les élèves de
débat qui fut
vne. On
n’avons que
jeunes. Ils n
lue sur la

orique présentèrent le second
2 e »°*« à tans tes points de
qu-n y avait du travail et nous
félicitations à décerner à ces
pas encore tonte l’aisance vou-

Tu te condamnes
à la médiocrité

fier me m pers o nne : M est haut,
Mon découpU. bien char-
ne le /laite entant que de voir se amis
éTsdrmm qu’a fend comme an arc.
son torse bruni dont
attira tout le* re-
né saurait causer
ne s’en tient pas
violents. Mal-
qu’M choisit pour être victime de mes
Une lai reste plus «n’a
, le panure: -ans, Oaesnr, morituri te suintant »,
car c’en est JaU de lui: coups de tète, sava t e s ,
[*'-- * *o eorps, tant y passe. Conscient de sa
force dynamique m va an champ on se dispute
Us fonte avec an sang-froid qui frappe de cons-
ternation ses adversaires les plus ardents. A lui
seul U tient en échec urne équipe entière. Si par
hasard la lutte se fait chaude, U entre dans un
corps à corps sanglant: il rosse de coups un dos
tésnérakre, gifle plus loin un visage importun, em-
poigne une oreWe, défait un bras, dtsioque un nez,
enfonce tout sur son passage du mtHev des cris
et dm gémissements on entend sa voix 4e stentor
ami hurle see mois d'ordre A son équipe demeurée
intacte. Et ce n'est que lorsque le camp adverse
e** pris de panique qu'il s'arrête, cesse d'être van-
dsde et redevient un homme.

He sUrast-on pas qWU est invincible oe ehe-
valier panant T Et pourtant lui qui ne crains
d'affronter vingt assumants furieux se retire de-
vant un groupe d'amis paisibles. Et ni cris, ni
jurons, ni menaces ne Veffarent, quelques paroles
sérieuses, pleines de bon sens, suffisent pour met-
tre dans son âme un souffle perturbateur. Anti-
sophe ne comprend rien aux choses de l'esprit:
Mg a tout un monde qui lui échappe, un monde
d'idées qu'tt ignore, un monde de beautés. C'est
M fuira toute conversation prolongée,
professeurs qu'il trouve endormants,
«ne ne s'avouer vaincu. Ah. pauvre Anti-
f Que fais-tu dan» ce solo» ? Pourquoi
tristes, cet aér douloureux quand par-
ne te regarde ? Tu f> enwuisi T Et pom-
me tes aimas s'amusent, la compagnie est
si charmante. De grâce ne laisse pas peser sur
toi ce silence révélateur: barbote ici un mot con-
fns, gonfle U poitrine, écarte lés bras afin de
bien montrer la carrure de tes épaules, malgré
tout, vois-tu, on te laisse dans l'oubU.

A nti sop he , si tu ne songes qu'à ta culture phy-
sique, si tu ne veux nourrir é la source des pensées
aimasses ion cerveau débile, tu te condamnes à
h* mémmuiéé.

Lomer Monty .

Nos émissions

CKCH de JBuli toujours
runlvexsité

La direction du
aussi asmanl
anoure ceb te
unes. Ou

commission nosamée par la
français auront lien le samedi
t he ure s 30. «dus aspérons faire passer 4 ces]
^farto n s le plus grand msahirt d’étudiants afii
nulls acquièrent ainsi l’expérience très utile d
ia radia

Mais U faut beaucoup de préparation m
présenter au micro car nous pouvons être sévè
rement Jugés par ces programmes! Par le
j eut de b ea ux succès dans nos caniche,
très difficile, mais U y eut aussi des insuccès
pants oa l’esprit qu’on voulait avoir gâtait
Qu’on avait. Donc cette année nous ne pmant,
pas d’avoir régulièrement des sketchs, ouoiqu
nous serons des plus enchantés d’en présence
quelques-uns hism composés et prépaies, «r^ g
aurons plutôt des articles individuels. j
qu’on recevra de tous la collaboration néceasal
re pour mener a bien cette organisation.

Notre première émission aura lieu «* »M»dl 1
14 novembre, à 9 heures. Pour commémorer le ~ r-
sacre des étudiants tchéeoslo vaques le 17 novem
bre 193», (mon ami Maurice Chagnon vou
raconte l’événement dans un article àntéreenaatt
nous passons notre demi-heure au Conseil de
étudiants qui la consacre à cet effet. Le program
me ser s .don c notre marque de sympathie envers
cas confrères d’un pays allié qui furent si dure-
ment affligés dès le début de ce conflit.

I^Dr Frantiseek Stem anciennement direc-
teur du conservatoire de Prague et pianiste réputé
«?eut empressé de participer à cette émission Mous
aurons donc le bonheur d’entendre le Dr ateln

?~Î2S deux P 1 *** 1 – ^^ notre dévoué et sa-
vant professeur, monsieur Thomas Qreenwood qui
tant une chaire à rxmrverslté de Prague même il
y a quelques années, – saura nous entretenir au
cours d’une courte conférence de la Tciiécoslova-
Q«e et du massacre des étudiants. Adreasexan
la parole, en plus, au nom des étudiants: Uessieur
Maurice Chagnon en français et Harold Wlllis
anglais. ^^’

Je crois de mon devoir de remercier ici me-,
pour 1 attention et raide qu’il nous a apportes non

? ? Palestre Universitaire ? ?

Trois succès éclatants

T– te. Pars s

Las

de ce

Uuu n pt fc r méritoire résonnent encore.
de McWatters a ajouté une page
l’Université. Pour
particulier, ee fut an événement qui lui
de doux souvenirs lorsqu’il aura fini de briller
le grenat-et-gris. Kn effet, avec matas d’une minute
aller pour la fin de la Joute et le pointage étant de 5-1
faveur des Irlandais, l’ami TtoaaV* botta faiblement à
vingt-deuxième verge des siens mais, fidèle aux ordres
s son pilote, il tenta de recouvrir le ballon et y réussit
à un élan imp é tu eux. H ne restait alors que deux
ersaires entre Ollivier et la ligne ennemie et il contour-
facilement ces arrières hébétés par une course à bride
Une. Non satisfait de cette majeure prodigieuse qui
enr accordait la victoire. les Carabins ajoutèrent la eon-

avec an peu d’expérience
Us deviendront vite de solides eretenra^^^
« L’Empire britannique est sur le chemin de la
aecadence.» Voua l’épineux sujet quetfes Jeunes
owteuw avaient clmisL Ite traitèrent l^Beato
avec réserve, sans anlmoatté on fanatisme, du
moins pour trois «es orateurs qui restèrent mal.
ti^de nx-inemec M. Lionel Mougeot donna un
aebat int éressant et quand il aura surmonté une
féne compréhensible, son débit y gagnera de
beaucoup. Dana »» travail H déniontrVque ITBm-
l*w«J««y attannoeujre qui était de civiliser les

?Î2S!S *? i? ?*£-* ** »* *o Westminster
jjyg’^. ygy 1 » «««easlons actuelles se
sont faites an nWismmt de la metronole

. Richard Bsmnger ne porta ensuHe a la dé-
Jense de ranpire, Doné eTane nonne voix et dnne
prestance solide, à! a impressionné l’assistance
par ses argumenta, Kn résumé. Il se jaaajaafj
comment on pouvait affirmer la étante de l’Em-
pire quand toutes tes nations du Commonwealth
se donnaient la main pour vaincre la plus grande
puissance militaire au monde «*anae

mULH^ 1 ^ ??* elmtt *l««emment un peu
«nflmméet H base non plaidoyer sur la naine
ses peuples in au il ? à l’Angleterre, n traita de la
question des Indes et des différents revers subits
°2f a * 9ht Ja eaéstieae nrtraimlanc, a parla
4e la Canote em r e u a n tiene gui d’après lui
hi oante de l’Empire.
Le dernier orateur. M. Tvea Pilon, donna sans
if 22* r ^jMame^à M. Séguin en pariant de
tslérance de la snètronale «ver* ilriande. par

t an* Btafford
i gns a tlun des

LES ETUMANTS JOUENT

.. *

Le malade imaginaire

classique en trois «ctei

à l’auditorium de l’Ecole Technique
le If décembre prochain –

Le malade imaginaire
en décembre

H n’était ni trop gros, ni trop maigre; U
**aK la taille plutôt grande que petite, le port
noble, la jambe belle; U marchait gravement, 11
ava it l’air sérieux, le nés grec, la bouche grande,
les lèvres épaisses, le teint brun, les sourcils noirs
et forts et les divers mouvements qu’il leur don-
nait lai rendaient la physionomie enoeanvement
comique ». (1) Voilà un portrait précis de celui
nui devait mourir au cours-même de la repré-
sentation de son dernier chef-d’oeuvre: « LE MA-

LADK IUAilTM AIRg  »

On se souv ie nt assurément qu’au dernier acte,
dans l’amusante scène, en latin « ?nr-.rttn1qnç, de
sa « création d’un docteur », Molière fut pris d’un
violent meletse qai le força A vomir le sang.
Transporté h la maison, il y mourut quelques
heures après. C’était le 17 février, IgTJ, U y a de
cela 280 ans. Pan croyable! Molière était malade
pour vrai ce jour-là et quand on lui avait deman-
dé de remettre la représentation il avait répondu:
« n y a le, claquante pauvres ouvriers qui n’ont
que leur Journée pour vivre, que feront- Us si Ton
ne loue pas?**

catholique, A censé de

restes ne fuaent

9iaa tend, pnmlsnl la

IvB*, an J ïw.T i.smieu Cest-là

mb aujeurd’nul le magnifique

A krs a ndfrc Lenoir. On pré-

naasa l n t est vide et que ses

a y a tant de
la vie de Molière, qu’on

^pÊtém

nSSS ^ m ^ n mhù ^*L. ÔB Tch *eûalovaouie, le Dr’rVertlon sur une passe d’OUivier à Leroux Quant aox pérl-
**EtodTfSi?J!S**M malheureusement impos- ‘pétles de la Joute, U suffit de mentionner les bottées solides
u*c oc zaïre entendre. , ^îouivier, les arrêts sensationnels de Leroux, le beau tra-

– — – ___ Jean MJPIEN.Kvall de Joe Patsorell sur la ligne, les plongeons du robuste
LA Ci ËOKtin^ > A Ê I Ctsir^à-r* f -Bernard Gauthier et la piètre défense des nôtres lors de la

riC%JitCiJ A At/iPlt sT5 ptouche des chemises vertes, l’avantage des Irlandais, et

La Société des débats français a ouvert êes0 ears tactiques malpropres, qui n’échappèrent pas eepen-
activltes sous les pins heureux auspices, et si les dans * loeil ?*« J ant de l’arbitre Joe Tubman.
étudiants du cours dos Arts continuent A mani-p Ce succès éclatant donnait la deuxième place a nos
rester autant d’intérêt autour des débats hebdo- jeunes: ils prouvaient qu’ils avalent nullement perdu
madairas, l’eaécuttf de la société pourra se ré- ol’esprit combattu jadis si redouté des chxbs de l’Aima Ma-
jouirdu succès qu’U aura remporté an cours de per U» prouvaient qu’une équipe possédant la détermlna-
ana * e * Stion et le jeu d’ensemble peut faire subir un échec aux plus

alT ^LÎS ^ ********* Particullèremont les redoutables. LTJniversité passait en semi-finale contre
eieves de belles-lettres et de rhétorique pour l’esn- Olebe et attendait cette rencontre de pied ferme,
pressement qulls ont démontré depuis le début

M v mTTsmmmvmT^St -éaa ^ 5 * 8ûcUté – 1 Unlveralté t – Glèbe o

Ji y en a encore un certain nombre qui se permet- P

tent pour aucune raison valable de manquer les ! <<Le * Bars, durant toute la saison de rugby, je n’ai pas

débats mais peut être comprendront-Us un jour I e * * vous îdire un seul mot de réprimande puisque, dans la
qu’ils ne font de tort qu’A eux-mêmes en se pri-’ vic toire ou dans la défaite, vous avez lutté sans relâche et
vaut d’une chance d’augmenter leur culture gé- ; vnyi le» plans d’attaque que je vous avais assignés. Conti-
?erale. Jbtaez ce beau travail aujourd’hui, et vous serez vainqueurs ! »

Jusqu’ici les travaux présentés étalent mtéres-i ,ilTec ces quelques mots, le pilote McWatters envoya ses
sants tant A cause de leur préparation qu’à cause ;. Protégés sur le sentier de U victoire. Malgré la grande
de la facilité avec laquelle ils ont été rendus. Le î;«onf lance qu’il avait en ceux-ci, Amie ne s’attendait Jamais
par-coeur a cloché lors du premier débat mais’,* u* 1 triomphe si beau et si décisif sur une équipe qui n’avait
par contre l’Intérêt de la question et la façon (a**** connu « ne seule fois l’amertume de la défaite et qui
agréable avec laquelle elle a été traitée-a’m^aitl avait wanchi l’adversaire au cours de la saison entière.
tout le monde. j ^ 5 Figurez- vous sur le gril de l’Ovale par une joumésrideale

~– 8 a’awfcrrmTifl entourés par une foule enthousiaste de parti-

dent plusieurs en 5 actes et en vers et qu’il nel»» ns q«i comprend le très Rév. Père Philippe Cornelller,

reste de lui aujourd’hui ni un manuscrit ni une
lettre; qu’tt fut attaqué, éeorené et détesté de
tous les cotée; que neurasthénique, 11 fut harassé
tente aa vie par une femme coquette et insou-
ciante; eue sa grande passion était m tragédie et
que le roi ne voulait de lui que divertissements,
on peut expliquer plue facilement la malice de
see pièces, sa critique et sa mort.

TE MALADE IMAGINAIRE » est une comédie-
bouffe remarquable par la peinture précise des ca-
ractère» et par U f are» dm dialogue, par le mou-
vement et la Jeu.

.J^^* * » IMtart « lançai» in^aentera
cette pièce A l’Ecole Technique, le i* décern-

ïtv »??* 6 !?* f-B * **< »*ectton en a été confiée
Aid. Léonard Beaulne. On sait qu’avec le -«eu
yg^.^y mêi e n a n s nnnlo unr aux acteurs, tout
« JÎT^- 3Lm *«*«» eetevjt prehi et Us nous
«juentA ne pas ananpinr cette lepreeentatton

’0-e

lai* eVen

Lee étudiant» ont déjà joué dn Mahère. En
l«i. devait le êenaeete eeniaibosame ». en 1»32,|

^’aanee-r’ei
Itsdns *9nur-

^^^stosTaaaiauïï 6 * » ‘ Vhm * immH «*»**tteJ
fn. «e s mmn mU é L. U Unt ei

A bientôt
lm Pucroiay . . .

1>

recteur de lTJniversité, et M. Maurice OUivter, père de
aotre bombardier bland, Paul.

Gilmour du Glèbe frappe à la direction du grenat-
et-gris. De la, Bernard Gauthier, le char d’assaut humain,
entreprend une marche graduelle vers la ligne ennemie
par des plongeons formidables. Il remue les bâtons trois
fois de suite pour porter le ballon A la quarantième du Glèbe
et la bottée d’OUivier est échappée par Gilmour. En plus
de recouvrir le ballon, Robert Leroux, notre extérieur soli-
de, lait culbuter Duford derrière les buts ennemis pour
enregistrer le premier point de l’année contre le bleu et or.
«Quelques instant» plu» tard, Ollivier frappe de nouveau A
Duford qui se fait descendre sans pitié par Muretich pour
le second point. Le gros canon du Globe, Dave Morgan,
ne peut franchir le mur d’acier que forme la ligne des
Carabins. Boyle remplace Gauthier et continue le beau tra-
vail de ce dernier jusqu’à la mi-temps.

Durant l’Intervalle, McWatters les prie de conserver
tte avance en jouant d’aplomb et avec précaution. Gau-
ler maintient ses élans dangereux et fait ses -verges deux
la. Glèbe, voyant l’impuissance de Morgan, change ses
tiques et donne le ballon A Duford sur des extensions,
ford, l’arrière le plus rapide de la ligue, contourne par-
is les extérieurs mai» Muretich étonne la foule par ses
i en échec sa p a i bas. n s’ensuit alors trois essai» de
4» la part dn Glèbe mais Gilmour, froissé par
ligne qui fonce avec furie, fait piètre figure et le der-
stt flet sonne pour éliminer Glèbe et envoyer lTJniver-
an final».

N ou y e Ile édition
des Canadiens

le âge»

f Mi » ée
en Triwlsti

Las
course

ée figuras aoavsllea qas assa ne
arscéesauM ssas ht
a» DWa lrvta. mais le
iasf est fsrt amassait ée fr-
et «V jeu agressif se sas
charges. Celles-ci, aMOas affeetéas
«ee eellss des aaares claes, set sa-
M mu As lime te si «o?

a asis as le

ces eelaiaala.

Paul Bibeavlt, k. gardien as
Tégallir,
l’aa éersasr, U a
sa lai issu et U a’sst pas trsebsé
par aa aff siacasent défemsif. 4)n
%’sttené k «as excellent salssa ds
sa part

A la ii fi as i , il y a — as«vea«
veaa e . Lés LaMsarsax, Ba c —
nu comme «as des déssases les
plus rapides de la ligue .méritai
ne, O 2nt tsassé au car t comme
remplacaBl de Keany Baardsa si
U plût immédiatemeat à Dkk Ir-
vin. II forme la première paire
de défenses avec le gros Jacà Port-
land; Emile Boacaard et Red Gou-
pille, solides Moqueurs, forment
la seconds.

A l’avant, les Canadiens sem-
ble»* fin misa Mu. D’abcrd, sa a
fait l’acquisition eu fa ss e us comp-
teur Gordle D inT s n des Leafs de
Toroato. Déployast seasconp piss

*? eM^fiWW9tltWsm*o eflÊEC pa*a » P© PaTSfW f

Gordle devrait csnthmer de trou
ver le fsad d« filet pour le cl«b
tricolore. Ses demi rspalns ssai
Ray GetRffs et Buééj O’Connor.

La denxième ftgne, sar hsfllli
Irrm fonde de grands espoirs, est
composée de Joe Btakt, Jerry
Reardon et Joe Benoit

La troisième Rgne nons fera voir
trois Mes ses à roenvre: Tony De-
mers. Blaser Lacn si Ma– lu Ri-
chard. Demers et Lacn ssai main-
tenant rétablis et Us devraient être
de glis s ai facteurs de sacrés avec
les Ha bi t an ts . Bicnard, aa jeane
amasenr de M ia t i <a l , a «a psa las
qualités il–lu de Merenx et de
Joàmt ses doles: rapiltte si ma-
niement dn MtHL

Selon bous, .e casa siea balancé
finira an IsBBBsBni croebet i ga-
gnera la coups Stanley.

ga asm ma aj de ?édactfr: «ans
U Rgne Nationale: premier clnb.

Commentaires sur la joute: la
ligne contribua largement à la
victoire, de même que les atouts
offensifs, Gauthier, Ollivier, et
Muretich, 1s solide Casa suivait
le jeu de près; i deux reprises,
il déjoua un « sleeper » du Glèbe,
comme remplaçant ds Pierre Gau-
lin, OUrvier fit preuve d’un juge-
ment net «t précis. Cette victoire
non seulement envoya les as t res
en finale contre Tech mais elle
fit aussi an bien énorme i la re-
nommée du grenat et- gris. En ef-
fet, nous avons gagné l’appui, le
respect, et l’admiration de tontes
les écoles d’Ottawa. Pour démon-
trer ceci, laissez-nous vous racon-
ter an petit incident: l’autre jour,
un petit bambin qui depuis des
années aimait à nous railler quand
l’Université perdait, nous arrêta
et dit d’un air joyetrx: « Pera, f’ai
jaaé an rugby avec mon frère
Aissand, moi j’étais O.U. et Ar-
mand était Glèbe. Je l’ai battu
9Bor Soyons donc tous fiers ds
aotre équipe junior! Nous as de-
mandons pas qu’elle triomphe sur
Tech par MM), on point de plus
qu’eux suffira. F. U

Entremets sportifs

L’an dernier, le rédacteur de cette page vous offrit
des vitamines sportives pour vous dmertsr, pour vous in-
téresser par des faits divers, et surtout pour vous faire sa-
voir ce qui se passait ici et là. Cette année, nous vous don-
nons gratuitement auUeude nffanttne» des entremets spor-
tifs que nous tacherons d’assaisonner de rossas s «/aires, ée
toquades, de péripéties^ en un mot, de variétés sportives.
Alors, bon appétit!

L’ami Roland Lacroix n’a vas en nenr en gros ffeany
Weàsmorth mais ça lui a coûté cher, si avoue une « Super-
mon » BoUeau va faillir car U ne suit jamais en classe —
e umed U u est. Et rendre de non» confier: « Lue » va fanHr:
U ne sait pas un mot d’anglais! » Enexmragesmt, n’est-ce pas?

U vous remarquée un certain cadet dm peloton numéro
sept qui fait de gros efforts pour bien taise ses choses, e*eet
nul autre que votre humble c o rr esp o n dant: urne joUe lettre
d’amour du major-général LaFUche su est ht cause.

Em phuo 4Q t on apprend que te grand « Chlef* aimerait
avoir la perfection sTubiqutté 1 e. être partout en même
temps. Quelles possibilités, eh « Chier!

Les parties de .’o temeh-rugby » déploient un bel assorti- .
ment de courses r ep u Ue et de passes précises. Vetei un
exempta: « Bank » (Ishister) botte Cari (Stutus) qui passa
à Rocky (Parsacca) qui zigzague à travers « EXacKie », Char-
lot, et « Lefty » pris entre les grandes jambes de Joe. Le spec-
tateur le plus intéressé à ces rencontres est notre bon ami,
Ras Bélanger.

mger à Ed »: « Viens-tu rouler? » L’autre, d’un air
morose: « Non! « Chief! » m’a plumé! »

Votre correspondant fut l’objet d’un accueil chaleureux
lors de sa première parade au C.E.O.C.: en effet, uns petite
marche au parc Lansdoume, « on the double ». Cependant,
nous remercions « Belle-brosse » Lapensée pour ses cigarettes
et « Beau-ptnch » Angers pour ses chansons stimulantes!

A chaque année les joueurs de pinç-pong se succèdent
mais le champion invincible en est toujours le jeune
Gaétan Valois qui déploie sa science à la grande joie des
nombreux spectateurs jusqu’à ce qu’Anatole vienne les
embarrer.

Ironie du sort: « Co » et « Porky », amis inséparables^
désacouplês en philo 40.

« Six-gun » Boudreau est inconsolable de ces jours:
d’abord, U vint tout prés de se casser la mâchoire en plon-
geant dans deux pieds d’eau au Château, en plus, U pleure
amèrement l’échec du voyage à l’ouest car il aurait voulu
imiter ses idoles,  » Geno Tray » et « Jones Bucked ».

« Toots » aura un joli compte de téléphone à régler s’il
continue à appeler longue-distance. Ses deux appels (voya-
ge à. l’ouest et notice militaire) coûtent cher è lui ou au
bonhomme.

Questions de la semaine: « As-tu vu Jacques, Ben, Ted,
ou LiBie? » — Le petit Cormier: « Fini? » F. L.

?i
Détroit, gagnant ds la coupe Stan- bord une seule partie sesoi finals
ley, Canadiens, premier compteur, entre les clubs de Jean-Jacques
(iordie P ri sa; am as se r gardien Pogarty (Ottawa) et d’Y van Mont-
ée b«br Johsnry M en tis; « a tflfcuis calm (Tr. Riv.). Ce dernier club,
r ** »"»2 Jsaoap Csop; pars équipe: bien qne privé des services ds
Rangers. Dans la ligue senior: pre- son arriére quart Marc Pnfhsn.
mier du»: Ottawa; gagnant (coupe remporta une belle victoire grâce
Ottawa; p rem i er à ] a stratégie habile du substitut
arrière-quart Gilles Bourdon, puis-
samment aidé par Jules Biron,
Bernard Taillefer. Guy Laframboi-
se et toute la ligne.

Chez les perdants, signalons les
efforts louables du capitaine J. J.
Pogarty.

Les finales, de deux parties à
jouer au total des points, mirent
aux prises tes clubs d’Hubert Tru-
del et d*Yvan Montcabn. Ce der-
nier gagna les deux parties par w
pointage de 11 i S et ds 7 à ».
Ce furent deux joutes chaudement
contestées dont les élèves de la
Petite Cour se souviendront long-
temps. Le Jeu fut très serré de
part et d’autre; seules les courses
latérales, favorisées par uns inter-
férence parfait* du club victo-
rieux, devaient triompher des
trouées et des plongeons formida-
bles de l’équipe perdante.

Signalons quelques étoiles qui
s’illustrèrent dans les deux camps
en prés en ce.

D’abord, chez les vainqueurs,
Jules Biron par ses longues cour-
ses maintes fois répétées avec suc-
cès et aussi par ses arrêts nom-
breux fut sans cont;^drt celui qn!
conduisit les deux fois so : club
à la vietsh-. Bernard Taillefer
fut un autre gros atout par . ses
bottées bien réussies et son splen-
dlde jeu défensif et intensif. De
plus, Marc Rochon h larrière-
quart dir 4 et adroitement les ma-
noeuvres, sans oublier le travail
de Guy Laframboisc. Yvac Mont-
cal m, des extérieur? Fernand Bar-
aakm et Guy Picard et aussi de
iMCmm ROCHON *^ » HR– V»i tint toajoav.

Président de r A.A, (Salle à ta page t)

tannasse, lamneac me Mann- gar-
dien de bais: Henry. Qa’en psn-
sex vous, tes gars?

F. L.
«o» .

Chez les jeunes

Au cours des deux dernières se-
maines, se décidaient à l’Ovale de
l’Université d’Ottawa les cham-
pionnats intramonr.i : de la divi-
sion des petits. La saison ds rug-
by fut des plus idéales, non seu-
lement par une température ma-
gnifique, mais surtout par le bon
esprit sportif st l’ardeur combati-
ve de cent cinquante loueurs, pen-
sionnaires ou externes, ds douze à
dix-sept ans.

Chex les Seniors, il y sut d’à-

aa l

ifaktif

??a T *tr*ft « S m iBTavjanaMid A » i m

< ‘xi * ~.

o ‘«i o »

o ,

Page o

LA ROTONDE, II NOVEMBRE lHt

?

Sur le front des Étudiants

y

Cum Grano Salis

*~ Rollie .f roulx: « J’ai pas d’argent, pas de cigarette mais
beaucoup de temps à perdre.

La prophétie du jour: Georges Normand est de retour

parmi nous à cause de circonstances incontrôlables: d’ail-

GeZges? ‘ OB * m^, préférê 0tta *><L£J)uèoec; N’est-ce pas

^ °* ******* encore un poêle à bon marché pour un
chalet de ski de 16 pieds par 12 pieds.

£ L  »** »‘«’ «* devenu un petit couvent rempli de gen-
tUs chérubins. Michel ne se fâche plus; « Porky » est parti-
VIT e H revenu a *f meilleurs principes (on dit que
pÎMcpÏÏÏe* »"*** EURt * »* Cah °* Mt à temp8 po * r – 8a

aux^rZ » 1 *!*(TM) V? * erniérem *nt norre Prévost vient
aux parties de rugby comme un bon vieux célibataire

La pensée du mois: m pensée de la brosse à Lapensée.
BeUamare c suivi Lapensée. ‘ F

tr* !ii!i y ^ W<r beaucou P d’excitation à l’Alliance Vau-
tre samedi soir car Roger Sarra-Bournet y était.

?

Zip survole la
basse-cour

APPEL D’UN DESESPERE

/.-P. A … est toujours à la
recherche d’une paire de patins
« point 14″ . . . Si vous en trouves
quelque part, vous êtes priés d’a-
vertir un des. plus grands des
Pettts . , . Au jour d’entrée, U
avatt 13 ans et chaussait des 13….

UN RECORD …

« 5 bascules » dans la première
semaine de novembre . . . mais
celle du « S » fut un coup de filet
inattendu. Parlez en à Aimé …
pourtant personne ne l’avait dé-
claré …

DEVINETTE . . .
Notre plus grand mesure: S’il »

et demi . . . J.P. . . .- –
Noire plus petit

Le colonel Garneau

?r-j^T– IT^rr. T-T  » -» »»-«’wwi y eian. notre plus petit mesure: 4T

vaillant ntest certainement pas l’émule du Prince Vail- i> H <** »o» o o o PB. R. . . .
. Ces eniambéex snnt j,w« *>**– -î»~ .,…,, _. .. -«4&* alias T.P. . . .

étudiants
populaire

nous
pour

i

tant. Ces enjambées sont loin d’être celles d’un chevalier;
eues ressemblent plutôt à celtes du cheval. ‘

As-tu fint de ces farces Cormier?

Après une enquête sérieuse chez les
avons découvert le questionnaire le plus
Cannée 1942-1943.

Quel âge as-tu ?

As-tu reçu ton appel? – *.

i,, #5 n i rei r/ tt d ? nS Varmée mainte ***t ou si tu attends
m fin de l année pour faillir un examen?

Prends-tu la médecine?

Sais-tu ton examen de philo?

Es-tu dans la compagnie de commandos’

Viens -tu au coin?

garçon?*’ «  » **’* M * ° ttaWa ***- »** *»» Pour un

Quand déménages-tu de l’Institut’

^< » D ï, Um ! ner BoV  » B ^ audoin ** (TM) court moment de
gloire Vautre soir au C.E.O.C. . . . Comme le ratata de son
tambour était plutôt celui d’une marche funèbre lof H-

dTnZLZ harg * ?***?***** (TM) « croyait sur le chemin
**(TM)*VVe …Lami Sarra eut plus de succès avec sa chau-
axere.

L’interminable cauchemar: La cloche du dortoir à six
heures et vingt et les longs gémissements des mourants . .
ici Von meurt mais Von ne se rend pas..

ta, -!! H 2 ** temaine ornière, plusieurs outaouais exi-
lés à Québec nous ont rendu visite: L, Lemieux, L Char-
bonneau J.-J. Gariépy, P. Lemieux et d’autres . . .Pauvre
Uonelqui s’endort à la maison et manque Victor Francen

r*nn nC il f 4 rancaUt * o o o V* au mess des officiers du
CS.O.c., le lieutenant Jean Vien, ancien élève et main-
tenant attaché au Régiment de Joliette . . . L’engouement
passager pour le travail au bureau de poste …on accepte
encore des noms, messieurs les étudiants . . . N’est-tt pas
gentil ce petit Lomer . . . u est rendu à porter des livres
ae classe . . . à le voir agir, on croirait revenu l’âge de la
chevalerie . . . n’oubliez pas qu’Overbrook est â un mille
du couvent . . . Mais enfin, depuis que Mercier n’est plus
dans les parages, ça n’en vaut certainement la peine
Les gars de Timmins, Maurice Bissonnette et « Julot » Des-
jardins sont venus saluer leur Aima Mater avant de nous
quitter pour les forces armées, l’un pour la Colombie-ca-
nadienne et l’autre comme cadet-officier â St-Jérôme .
Nous sommes fiers des braves petits joueurs de notre équi-
pe junior … Us ont su en imposer aux « grands »‘ du SU
Pats et duoiebe . . . d’aiUeurs comment peuvent-Us perdre
E£#£f tels !^ mmé8: « Mtle tough guy» Caza Bernard

c^h^d 1 « * J f? » £ï qUer avec une * m »»lance et un
corbillard à sa disposition. « Joe CoUege » Oaulin et son

esprit de corps, Paul OUivier, l’homme à tout faire, Leroux
ce sur-homme, Munretich et ses « flying-tackle » sensatio-
nels Laframboise et Qravel fies « bench-warmers » accrédi-
tés, des supporteurs tels que Joe Richer et les Laurier tou-
jours prêts â s’égosiller . . . Farley fait encore des promesses
de modérer . . . nous craignons fort qu’il soit le prochain à
subir les aventures de D’Amour . . . attention aux billets
roses, messieurs . . . « Ti-Boeuf » Méthot est enfin à bout
de ressources et J. Cyr est devenu riche . . . Avez-vous vu
la mine éveUlée de Vlnstttut le lendemain des marches du
Corps-Kcole . . . parlez-en à Lafrenière et Qouiet . . . Mar-
cel Turgeon, grand ténor universitaire, chantait une toute
autre chanson lors de son passage à l’Université demiêre-

T%, *J! 0t I e **? »! directeur ‘ * ** * commence enfin
à voir clair dans toutes ses affaires . . . trop de chats â

a^LÎZ» S**?** ^^ ^ liM * nt ** ‘ » nous entretient des
*«**t*res de Pierre Trudeau dans Vouest canadien, Pierre
fut choisi par le « Standard » comme l’homme typique au
chapeau de pafOe , . . Cauchemars du mois: leYdtoputes
scholastiques pour Çloutier et les séminarum du samedi

~ T JZ* r rer ?!V : ! U ******** Poursuit toujours son
enquête ra« sujet de Saint-Oeorges …Et Benoit se lamente
encore pour ses beUes excursions d’automne au lac Pink
Jean Latour nous parle encore du pate-maltre Adolf Lan-
gelier de nouveau à la recherche du charme . . . L’institut de
phUosophse est mécanisé: Cagnon, Lupten, Beauchamp et Ci*

Quel est le plus jeune des
deux? . . .

Les élèves de 1ère forme vont
tous vous donner la bonne ré-
ponse . . . en « mètres » . . .
CAUCHEMAR . . .

Notre « boxeur rêveur 1 * Richard
. . . n’est pas celui qui fait les
plus beaux rêves . . . parlez en à
ses voisins …
UN DESENNUYE’. . .

Je ne sais pas comment ça se
/ai( . . . je ne m’ennuie « pu » . . .

UN DE PLUSIEURS QUI L’ONT
PERDUE . . .

Si les Juniors interscholasti-
ques ont ‘gagné » de belles par-
ties, leur « petite mascotte Paul
R . * . » en a tout de même perdu
sa belle voix . . . mais depuis, on
dit qu’il l’a pas mal retrouvée . . .
GRAVES INDISCRETIONS . . .
13 novembre . . . qu’arrivelat-

>;o rb ù o (U ‘ ans) ‘ –

27 novembre . . . « idem**
? . . . . G.P . . (le ans) ..,’

A la prochame fois, les résul-
tats d’un autre raid . . .

Chez les jeunes

(Suit* de la page 7)

ferme malgré les formidables as-
sauts du camp nnemi.

Chez les perdants, le capitaine
Hubert Trudel fit un excellent
travail i l’arrière quart, tris bien
secondé par les hommes d* la li-
gne. Les demis, Paul Pilion et
Bernard Rrosseau, s’illustrèrent
par leurs plongeons et arrêts sen-
sationnels, sans oublier les ef-
forts de Gérard Brindamour de
Fay Poulin et de Fernand Le-
cours.

Si riiuipe de Trudel n’eut été
privée des services de son meil-
leur homme, dans la personne
ae Maurice Dostaler, blessé au
cours de la première partie, le
résultat de la dernière partie au-
rait pu êlre bien différent. En ef-
fet à 1« mi-temps, l’équipe Trudel
menait le bal 6 à 1. maU ne put
empêcher les exploit, de Jules
Biron et déjouer la stratégie or-
ganisée par lentraineu. Hubert
Lemieux du club champion.
xxx
pans les ligues Juniors, le club
d Armand Lefaive ayant vaincu
tous ses adversaires e’. par de
hauts pointaees au cours de la
saison, fut déclaré champion de
. ta section.

oJS(TM) » 1 ks joute * de u cWule,
brillèrent chet les vainqueurs: le
capitaine Lefaive comme arrière-
ïï?**^ comm « Plongeur éroé
«te. Paul Pajot par ses bottées,
ses plo.geons et ses nasses réu«-
«es. De même, en est-il de « Pat »
CosteUo. Henri Massé, Jrnes Bon-
du, Bernard Rochon et d tonte
Jâ ligne. Jean-Louis St Pierre
«oréel Perreault, Charbonneau!
Roger Larouche. Marcel Nichols,
Richard Ouellette. ^

Parmi les équipes perdantes, si-
gnalons: Maurice Razeati. J.-Chs
Beauparlant, Ls Lefaive, Jacques
P -non, Carroll Laurin, Jean For-

OériS ^l d o e . S ‘ Cmp ^ Me de fé,lclter lc ^tenant colone’
tferard Qarneau pour le poste de confiance et de *ranri,
responsabilité que vient de lui confier te mtai^re^ ï

iscoie d Officiers canadiens, M. Oarneau vient d’être m(TM)mi

commandant du district militaire dWtawï TcesT uHZ

S?fi ‘ S*?» » 2£« Corps-Role rtMlwJ^wït

£rt à^ïrnf*~ meU,e !! re S0 *’ Che ‘ le cotonel Oarneau p|î
part a la dernière grande guerre, y fut blessé tl»n .tT

K fT(TM),£ïr eurs r uuiTeiies p’^'»OEés et to

i»39 u fut rappelé en service actif et le ministère de la nt.
fense nationale lui oonfialt l’organisation et le cfommanSÎ
ment du contingent de l’Université d^n avecTgîade »

à m3& n  » 1 < t – COl0neL 81 not ^ e CX.OXS. a mérita dêtrf cité
à 1 ordre du Jour parmi les meilleurs du Canada nom tu rt.

2Zt « ? t toI î nts et * » Oisdpune milles comme ï ^
dévouement et à son tact reconnus. L’Univers(TM) « doit é£î-
lement au colonel Oarneau l’honneur de voir un grand ,,^
bre de ses anciens élèves occuper déjà des postes de rZ
mande dans les forces mmtalr eVcanadlennes

tier, André Rousseau, Yvei Rous-
seau, Hector Boily, André Lafram-
boise et autres . . .

xxx

Chex les Midgets, il ne fut pas

nécessaire de faire de finales

puisque le club de Guy Duludè

avait battu par deux fois chacun

des clubs adverses et n, connut SjLuuV^JSSS^ ** qU *
aucune défaite. H fut proclamé toï^^T^F ».^

aucune défaite. Il fut proclamé
champion à la fin de U cédule
ré i uli ^ re – s,iilu «trè. parmi eux,
outre le capitaine lui-même, le di-
minutif arrière-quart Gilbert Jo-
Jicoeur et son frè/e Raymond, bon
ootteur et passeur, Joseph Beau-
champ par ses plongeons formida-
bles, Villeneuve par ses courses et
arrêts quasi sensationnels, les ex-
térieurs Don Johnson et Georges
Pommier et toute la ligne: le gros
Roger Rochefort, Guy Coderre
JJauny Byrne, Francoia Henry,
Trudel. Raymond Boil., Maurice
Daniel et Robert Proulx. Félici-
tatkms à leur habile entraîneur,
Gilles Bourdon.

Dans les camps vaincus, te fi-
rent remarquer: Paul Lepagc
Roco Lecouri, Raymond Lâcha in*
Michel Lemieux, Jean-Ray Tru-
deau. Evans Sloan, Allen, les frè-
res Paul et Jean Gagnon, Pierre
Caron, Pierre Rousseau, Nelson
Montforton, Pierre Genest et nos
trofa | plus petits: Paul Rouleau,
P»ttl-Eugène Robitaille et Denis

Ainsi se termine notre saisoa
de rugby chez les plus jeunes^
1 Université. Ib ont amenée

dans lu» des jeux les plus for-
IfirS ‘ V ^^^-ils Continuer
î^fL^ÏÏ de P0TieT dans Quelques
ETSÎ2Î5K «-tant * brio Q q ue

des anciens de la Petite Cour i
Part quelques exceptions), les cou-
leurs de leur Aima Mater

faisant le tour de la cour dans une « jeep » . . . Félicitations
en primeur à Laurent Rochon qui vient tout lusUd-OoUnX

r^iZZL^^Ji BrOCkvUle ‘ ‘ o « *o ‘^omme d^afZ-
lêt S^f dUcUte plU8 avec X « ***** ** *on cZa-
man^y. ‘ ‘ ‘ S T mw – noM contenu maintenant d’avoir
manqué le voyage dans VOuest M hein les gars ! ! . . .

CASTOR ST POLLUX.

T — r l w é » Hr M laa#risaerie Le Dreir,

U Société
Ste-Cécile

Je r Université d’Ottawa

Présentera cette année

1942-1043

«OIS CONCERTS PUBLICS

Les artistes invités:

21 nov.: Mlle Louise Bray,

oiesao-soprano.
» «v.: MM. Armand Weis^

‘ &? o* GUle « Lefebvre,

violonistes.

10 avril: M. Wilfrid Charet-
te, pianiste et directeur
de la Symphonie LaSalle.
Les plus brillants de nos
musiciens paraîtront aussi
Daj» h
oALLE ACADEMIQUE

à I h. 1* ém soir.
Admission pour chaque
?? concert:

Adultes, 35c; Etudiants. 15c
**èdsl de raaL*4e7j|n
Abonnements aux sVicerts:
Pour adultes: Ï5c Wadres-
oer au portier).
Pour étudiants: 30e (s’adres-
ser au Père Dulude).

lllèsne «ailée, No S

4 décembre 194t

Direcsesu-: Pierre de BeUefeultle

Organe «Via SoVlété des Débats français et des étudiants de langue française de l’Université d’Ottawa

‘Préparostta

Eédactenr en chef: Gny Beaaln*

a^ RECONSTRUCTION ^o

Ottawa, OsO.

UlNQT siècles ont tu l’homme évoluer de
faillite en faillite, atteindre périodique-
ment de fragiles apogées pour revenir
aussitôt à une barbarie qui lui semble
presque naturelle tant il semble attiré vers elle.
Les peuples, aveuglés par l’erreur, furent
tour à tour responsables de guerres qui sont
autant de taches » au blason des nations qui
en furent les causes, et dont les effets, quelque
terribles qu’ils aient été, n’ont jamais puni assez
l’homme oublieux de ses devoirs de charité et de
justice. L’histoire du monde est affreusement
triste; nous pouvons en tirer une leçon pleine de
fruits dans la reconstruction de l’après-guerre.

On en parle beaucoup, de cette reconstruction.
On en -a sans doute aussi beaucoup parlé chaque
fois que les peuples ont subi de grands mouve-
ments. Et il est très inquiétant de constater que
jamais, moins peut-être aujourd’hui que dans le
passé, les élites ne se sont entendu sur « les moyens
de reconstruction, jamais non plus on n’a recons-
truit un édifice meilleur que le précédent, jamais
une civilisation ne s’est assise sur une base
solide, sur une base proportionnée à l’homme.
Les clvilisations.se sont succédées en se ressem-
blant toutes, également Incapables d’assurer,
sinon la paix individuelle, au moins la paix
collective.

Le XXe siècle voit à son apogée une civilisa-
tion sans précédent, et que bien des milieux
croient digne enfin de l’homme. Jamais, sans
doute, l’homme n’a à ce point maîtrisé sa science
de la matière, jamais le progrès* matériel n’a
atteint un tel développement. La science moder-
ne manie presque comme elle veut les matériaux
mis à sa disposition par la nature: l’homme se
parle d’un antipode à l’autre, il traverse les
océans en quelques heures, il entrevoit le jour où
ses conquêtes actuelles lui paraîtront arriérées.
Mais il s’est laissé aveugler par ses succès; il a
cru que la science de la matière lui donne la
science universelle, alors même qu’il reste aussi
ignorant dans bien des domaines que le moine
du Moyen-Age ou le savant du Grand Siècle. La
science de l’homme est embryonnaire, de l’aveu
même des biologistes et des psychologues; nous
sommes donc incapables de décrire exactement
la civilisation qui serait à la mesure de notre
nature; mais à l’aide des données que nous pos-
sédons, des données Incontestablement vraies
qu’une synthèse aura extraites de la psychologie,
de l’anthropologie et de la philosophie, nous pour-
rons en dresser les grandes lignes; ces données
nous permettent aussi de juger les civilisations
passées et l’état présent du monde. »

Une de ces données, la primauté du spirituel,
condamne l’esprit entraîné par l’abus de la ma-
tière. La satisfaction de ses désirs corporels est
devenue pour les contemporains tellement facile
qu’il s’adonne à ces joies factices plutôt qu’aux
joies élevées qui lui demandent plus d’effort. Le
spirituel, relégué au second plan, n’est plus le
fait que d’une élite qui va s’amincissant, élite qui
ne forme malheureusement pas la classe diri-
geante; recrutée un peu partout, elle n’a pas, à
cause de rivalités de classes, de professions et
d’idées, la cohésion et la collaboration qui lui
permettraient d’exercer le rôle de direction qui
revient à l’élite. L’homme moderne, rapetissé
parce que désplritualisé, ignorant de lui-même et
Inconscient de son rôle, n’est pas apte à réagir
de lui-même: seule une élite forte, nombreuse et
unie peut amener une reconstruction basée sur
une conception hiérarchiquement juste des va-
leurs humaines.

Le passage d’un état défectueux à un état
plus parfait demande la connaissance des dé-
fauts du premier état, laquelle nous sera donnée
par une analyse fondamentale. Cet examen sera
fait à la lumière des données que nous possé-
dons sur l’homme. Les plus grands savants de
notre temps ont fait cette analyse, et comme Je
dit le Dr Carrel pour conclure « L’homme, cet
Inconnu »;

Par Pierre de Bellefeuille

_. M ^«ur la première fols dans l’histoire du

monde, «ne civilisation, arrivée au débat de son
déclin, peut discerner les causes de son mal. »

Devant la faillite de toutes les civilisations,
couronnée par le fiasco magistral du XXe siècle,
ce qui s’impose, c’est plus qu’un progrès ou qu’un
retour: c’est une rénovation: il nous faut recom-
mencer à civiliser l’homme; il nous faut établir
une fois pour toutes un schéma exact de l’hom-
me et de tout ce qui le touche dans sa vie Intime;
d’après ce schéma, les sciences et les arts con-
tinueront leur travail dans une vole nouvelle,
en rejetant tout ce qui ne leur est pas venu de
l’homme Intégral; les abus ne pourront être tolé-
rés, sans que toutefois une chose soit condamnée
pour l’abus Qu’on en a fait. Il faudra que chacun

Dessin de Jean-Tves Blgras,
officier d’aviation

sache à quels dangers l’homme sera exposé dans
cette reconstruction: l’excès peut être fatal. La
science doit conserver ses droits et ajouter cons-
tamment à nos données sur l’homme; mais cha-
que science devra se rappeler qu’elle a un do-
maine fixe, qu’elle ne considère et ne régit qu’une
partie du schéma de l’homme.

L’homme, parce que son intelligence est limi-’
tée par la sensation et la passion, conserve diffi-
cilement un calme propice à l’objectivité; il doit
se contraindre à réserver son jugement jusqu’à
ce qu’il ait atteint, après examen complet de tous
les facteurs d’une question, une opinion certai-
ne; de la sorte il sera moins exposé à errer. Rares
sont ceux qui savent discuter, en eux-mêmes ou
avec autrui. Les polémiques d’ordinaire se ter-
minent par la brouille des adversaires plutôt que
par l’entente commune; cela est dû à ce que trop
peu de savants et d’artistes ont le sens du juste
milieu; sans ce te modération la science n’avance
que très lentement, car alors il y a autant d’ori-
entations des recherches que de savants.

Dans un monde dominé par l’Allemagne nazie,
cette reconstruction devient impossible: l’état
auquel sont réduits les peuples conquis jusqu’ici
par les. forces d’Hitler en est une preuve évidente:
le conquérant s’emplol à y étouffer la vie de
l’esprit, en paralysant les activités culturelles et

scientifiques, et en persécutant l’élite de ces
peuples. Le premier pas est donc de nous em-
ployer à vaincre ce danger; car quelles que soient
nos fautes et celles de nos alliés, il n’en demeure
pas moins que la liberté dont chacun de nous
jouit à chaque instant de sa vie est sérieusement
menacée. Et devant un danger vital, aucun
effort n’est trop grand qui vise à repousser ce
danger. C’est en ce sens que rien n’importe,
sauf la victoire: si nous voulons reconstruire le
monde, il nous faut d’abord empêcher de nous
dominer une nation sous l’hégémonie de laquelle
le monde serait graduellement ramené à un état
barbare.

Et si nous gagnons la guerre, c’est alors que les
vainqueurs et les vaincus, réunis en conférence,
pourront établir les bases politiques de la vie des
peuples dictées par les données des sciences poli-
tiques, elles-mêmes basées sur ce que nous savons
par expérience des relations des hommes et de
leurs besoins collectifs. La charte de l’Atlanti-
que résume quelques-unes de ces données; ce sera
à l’élite mondiale d’en déterminer d’autres. Ce
ne sera là qu’un pas préliminaire; ce n’est pas
dans une conférence mondiale que l’on bâtit une
civilisation. Les peuples, libres alors de vivre
leur vie sans que leurs besoins vitaux soient cons-
tamment violés, remanieront leurs institutions,
les adapteront à la Juste conception de l’homme,
nuancée par leurs caractères propres. Seule,
une élite forte et pénétrée d’humanisme intégral
est à la hauteur d’une telle tâche; car des chefs
qui connaîtraient mal leur rôle ne sauraient
amener les réformes qui s’imposent.

L’homme discerne les causes de son mal. Une

reconstruction s’impose, plus encore, s’annonce.
C’est là un appel lancé aux chefs de demain, un
appel plus que pressant, un devoir pour nous;
cette révolution, c’est nous qui la ferons; nous
devons au injuide, nous nous devons à nous-
mêmes de nous y préparer. Les jeunes de nos
jours qui ne puisent pas à leurs sources la cultu-
re et la science sont plus coupables encore que
leurs ancêtres qui de la sorte seraient restés
ignares; un devoir nouveau, sans précédent dans
l’histoire du monde, nous est imposé; nous ne
pouvons nous y soustraire. L’étudiant fermé,
ignorant, insignifiant, s’appelait un cancre; au-
jourd’hui il est plus juste de le qualifier de
traître à son devoir, à son prochain, à sa patrie,
au monde.

Le Père du Ciel nous guidera dans cette voie:

« Je vous montrerai la voie de la sagesse, je vous
conduirai par les sentiers de l’équité.

Et lorsque vous y serez entrés, vos pas ne se
trouveront plus resserrés, et vous courrez sans
que rien vous fasse tomber. » (1)

Pour que notre vie ne soit pas une trahison,
il nous faut donc ouvrir nos esprits à l’uni ver-
sellement humain, le meubler de science et de
culture, le rendre capable de choisir la bonne
voie, de la découvrir. Chaque fois que nous nous
refuserons à la Vérité, à la Beauté, à la Sagesse,
ce sera un ralentissement dans notre formation
qui se répercutera plus tard dans notre action,
et ainsi nuira à l’accomplissement de notre rôle.

Ce que la Providence nous impose là, ce n’est
pas une corvée, encore moins une sinécure. Ce
qu’elle exige de nous, c’est que nous partici-
pions pleinement à la vie de l’esprit dont le
Créateur nous- a dotés, c’est que nous puisions
à la source de Joie qu’est l’Etre-Dieu et la nature
qu’il a créée. La jeunesse a toujours eu des
devoirs; la parole de Claudel prend un sens plus
puissant lorsqu’elle s’applique à nous, en regard
de ce devoir nouveau qui demande de l’héroïsme,
l’héroïsme de nous préparer à la grande révolu-
tion, en dépit de nos carences, en dépit de l’appel
des passions; celui qui fait son devoir par la
chair et en dépit de la chair est le plus grand
des héro», il est un homme.

(1) Proverbes, IV.

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LA ROTONDE, 4 DBCKMBKE 1942

Lo parade des Anciens A un poste de confiance

Plusieurs ont applaudi cette Initiative de la
Rotonde «il nasse en. Terne le « front » des Anciens.
D va sans dire qu’on bon nombre manquent à
l’appel. Où sont-ils? Mous le savons vaguement.
Ici ou là. Noos so uh a it o n s pour le moins qui!» ne
soient pas p ri so nnier s ou réfugiés quelque part
sous d’autre deux … De fait, H s’en trouve plu-
sieurs actuellement sous d’autres deux; la guer-
re, voyes-vous, déplace bien des gens. Nous don-
nerons prochainement la liste de ceux que nova
savons déjà outre-océan, liste que nous serions
très heureux de compléter si l’on voulait bien nous
signaler d’autres noms. Pour ce qui est des autres
Anciens du « nouveau monde », nous les « portons
disparus » et nous espérons recevoir un Jour de
leurs nouvelles par quelque bureau d’informa-
tion …

Un Ancien noua écrit

Ainsi nous venons de recevoir une lettre de
m. Louis- Philippe Langlois de Canada-Voyage,
Montréal, noua faisant connaître deux autres
adresses d’Anciens de sa région. Merci beaucoup
à monsieur Langlois; puisse d’autres suivre votre
exemple.

Bonne* nouvelles de Québec

De passage à Québec dernièrement, nous avons
communiqué par téléphone avec M. Roland Sa-
bourin, agronome, « Jos Canayen » comme on
1 appelait au collège, pour savoir un peu ce qui
se passe dans le groupe de Québec. Bonnes nou-
velles de me dire l’ami Roland: nous nous réunis-
sons chaque mois et ça marche. Bravo! les amis
La Rotonde lance l’appel nommai de votre contint
gent. Compares notre liste à la vôtre et ail y a lieu
de compléter …

M. Cyrilie Alain, no, irArgenson, Que.

M. Louis Alain, 52^, lTième rue. Que.

M. Lauréat Bacon, Bureau de poste, Que

M. Joseph Barbeau, 37, Avenue Bervedère Que.

M. Guy V. Beaudry «4, Ave Latour, Que.

M. J.-Henri Bergeron, 106, Crémazie Que

M. Joseph Bénrbé, 8, Laporte, Que.

Me Gérard Bornais, Ministère du Procureur
* général, Hôtel du gouvernement, Que

M. Jean-Marie Bussières, 46, De la Chevro-
tière, Que.

M. Paul Champoux, 25, Dorchester, Que .

M. Louis-Philippe Charbonneau, 76 Ste-
j Ursule, Que.

M. Emile Chevalier, LC., Ministère des travaux
publics. Hôtel du gouvernement. Que,

M. Louis Coderre, Edifice du parlement,Qué

M. Edgar Corbeil, 71, St-Pierre, Que.

M, L.-Henri Côté, 423, St-Cyrille, Que.

M. André D’Astous, Ministère du travail, Hô-
tel du gouvernement, Que.

M. Léo Dehaltre, Le Soleil, Que.

M. Samuel Drolet, 13, De la Canardière Que

M. Lucien Dupuis, 17, Ave. Lévis, Que. ‘

M. Roméo Emond, 94, rue Morin, Que.

M. André Filteau,, 114, St-Bernard, Que.

M. Guy Fortin, 1877, Chemin Ste-Poy, Que

M. Napoléon Fortin, 815. 8t-Vallier, Que.

M. Alphonse Gamache. 120, Lederc, Que.

M. Jean-Jacques Gariépy, 82, rue St-Louis.
Que. ^

M Paul-Emile Garneau, 47f , rue 8t-Franeois
Que.

M. Rosaire Gascon. 105 D’Aiguillon, Que.

M, J.-A. Gingras, 10, De la Paix, Que.

M. Raymond Godbout,, 311, Prince-Edouard.

Que. 7

M. Charles Guimond, 298 ft, Prince-Edouard
Que.

M. F.-X. Houde, 115. 8ième Avenue, Que.

M. Henri Labelle, inspecteur en chef électri-
cien, Hôtel des Postes, Que.

M. J -Henri Lane, 134. De la Carnadière, Que.

M. Hugues Lapointe, 220, Grande-Allée, Que.

M. Gérard Latour, 48, Ste-Famine, Que.

M. Rodolphe La vigne. 193, Grande- Allée, Que.

M. Gérard Leblanc, Ministère de l’agriculture.
Hôtel du gouvernement. Que,

M. Lionel Lemleux, 76. Ste-TJrsuIe,, Que.

M. Paul Lemleux, 76, Ste-Ursule, Que

M. .Maurice Mainville, 82, rue St-Louis, Que.

M. Victorien Maran da, 108, Montmagny Que

M. Alphonse Martin, Département de l’agio
culture. Que.

M. WBfrid McGowan, 16, Provost, Que.

Bév. Père A. Ménard, OUI,. Eglise Saint-
Sauveur, Que.
M. Charles Mlehaud, 59 , Crémaaie, Que.
M. Arthur Mlron, Bxeeisîor Life, Ins. Co., Que
M J.-R. Papillon, 406, rue Saint-Jean, Que.
M. J.-Eudore Papillon, 48, Scott, Que
M André Paquet, 77, Fraser, Que.
H. J.-Bt Paquet, 232, Fraser. Que.
Me Marcel Piché. 94, Loc^elL Que.
M. l’abbé Adrien Plante, Séminaire^Qué.
M. Stanislas Pouliot, 288, De la Salle », Que
M. le Juge Garon Pratte, 56, ne

L’honorable G.-D. Conant, m
la province, nommait récemment
Iw su l n f n, bachelier en musique de l’Université «
Montréal, ancien professeur A l’Université d’Otta-
wa .directeur-ad joint de rY~
dans les écoles bilingues. .^
chaleureusement cette nominatiorî w
la trouvons très heureuse et plusieurs fois .
jrttée.

Monsieur J. Beaulieu est un pianiste, un chan-
teur, un compositeur, un poète, un éducateur. Et
tous ces talents il les a mis à la disposition des
Jeunes surtout et par eux, du public Apres avoir
enseigné longtemps le chant et le piano, il shuuuun 1
en 1891 la chorale des Petits Chanteurs CéciBens
qu’il présentait déjà en 1937 en concert
à la salle du Glèbe Collégiale, sous les ;
des concerts Tremblay . Chants religieux,
sons françaises, chansons anglaises, petites
monoloques en prose et en vers, le tout ou pt«
composé et harmonisé de sa main, constitue on
répertoire riche et varié dont pourront profiter
maintenant mille et un étudiants ontariens. Et
cette abondance M. Beaulieu l’a amassée à counc
de travail, de veilles et de patience; sll la distri-
bue, dorénavant à la Rente écohëre «*-*a r*»– r,
nous souhaitons cependant qull conserve toujours
ses magnifi ques Petite Chanteurs Céciliens pour
nous en faire goûter la « substantifique moelle »
Que M Beaulieu veuille bien trouver Ici r<  »
pression non équivoque de nos félicitations
res et de nos voeux ardents.

m

Concert sacré

- Le 15 novembre dernier, dans notre
universitaire, il y eut concert sacré «aman
Schola Cantorum de l’Ecole de Musique de l’Uni-
versité, sous la direction du R. P. Jules MarteL O.
M.I.. accompagné à l’orgue par M. Paul lanu m
un ancien, titulaire des orgues du Sacré-Coeur
Ce concert était donné à l’occasion de l’inaugura-
tion officielle et de la bénédiction d’un orguecasa-
vant récemment, installé dans notre auSanm

Le programme de la Schola Can torum, exécuté
avec une maîtrise indiscutable et nûmûûnuul et
celui de M. Paul Larose ont été hautement anoré-
ciés par une foule d’auditeurs. M Joseph Beau heu
BU., publiait dans le Droit du 16 nov une criti-
que des plus éJogieuses où il ne se gênait pas
à appeler le R. P. J. MarteL « notre Casimiri canV
dien ». ^^

Les Anciens de l’Université avaient été soécia-
lement invités à cette soirée préparée pour eux en
quelque sorte. Or ils sont près de 600 dans la ré-
gion et ils étaient plutôt rares au concert
Triste constatation. «««r» . . .

Condoléances

A la famine Nautt sn.
TUriE NAULT, ssère ée
James Nan*. g — t i t a n, «eeédée à
^musr. aune Usait se trouvait la
Rend NaaM, OJaLL.

A MM. WMIrM Ç^pal, Oyster. et
?uua, P»nr la aaart
COVF AL décédé à

An n p w T L Alfred 1
Fortfer et i
Toronto),
de les
dam parti nnnlsnu de La .

Me NOËL BEAUCHAMP ,,
25 aov., était n des plus hriUaaU
à* ruareendté. gyaspauue sincère
épouse.

A M. HENRI BLACKBUEN. m
wa et de Hall, pour la aaort de ssa
« om à Mootréal le 21 «or.

Ma auua jl mumimT^STi *

17 use. ^^

A ML BERNAJU) BARIL
Cterts Baril de

LA BOTONDE, 4 DBCCMBME lt42

Page 3

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Pierre de BeUefcwUe

Paad de Bene-

Gos-

Boy Fonrnàer, Y von

Pilon Bicaard

ion asti, je Vet vu en rêve
Tendre, joueur, inauucaswf. et f m cru voir
Va ajadre foi «ni te sauna*, assis celui -U

It s’est tourné sers moi ; son oeH notr

A lancé atens la aatt «m vif éclair d’espoir

us, m’n-t-M *U, cmr lu vie eut trop brève
W ddat due aaJonr dT fcai /orner le fiarre

Une autre centrale

L »Université est une » immense centrale d’ensei-
gnement supérieur et de -formation. En plus de
cours réguliers classique et commercial, elle
des cours d’extension et des cours supé-
rieurs part âgé t dans diverses Ecoles: l’Ecole d’Ac-
tion Catholique, l’Ecole des Sciences politiques, le
Centre Social, le Centre Catholique.

Voici maintenant le CENTRE D’ORIENTATION
scolaire et professionnelle pour la région d’Ottawa
et de Hull. Ce centre se rattache à l’Institut de
Psychologie de l’Université fondé et dirigé par le
R. P. Raymond Shevenell, O.M.I.. Cet Institut
surveille la formation des orienteurs, met à leur
disposition une riche bibliothèque spécialisée, des
Instruments de psychotechnique, et surtout l’ap-
port scientifique indispensable à une telle entre-
prise.

Nous devons en partie la fondation de ce Cen-
tre à monsieur l’abbé Wilfrid Ethier, p.s.s., D.Ph.,
directeur de l’Institut canadien d’Orientation pro-
fessionnelle et fondateur des centres d’orientation
de Montréal, de Québec et des Trots-Rivières. M.
l’abbé Ethier est un psychologue averti et reconnu.
O sera directeur-conjoint avec le R. P. R. Sheve-
neU du. Centre d’Orientation de l’Université d’Ot-
tawa. Ils, seront assistés d’un secrétaire-techni-
cien, M. Maurice Chagnon, MJt,, LPh., et d’un
médecin-examinateur, le Dr O. Bédard, M.D.

Les bureaux du Centre sont dans l’édifice prin-
cipal de l’Université, rue Laurier.

Jeune soldat, où vas-tu?

Je vais combattre au loin, pour ma chère patrie,
Pour la très noble cause et pour le* droits sacrés
De ceux qui n’ont pas craint, d’aller, en rang$ serrés,
Au-devant de la haine et de la barbarie.

Je vais combattre au loin, pour délivrer mes frères
Du joug impitoyable et lourd de l’opprcsseu*f>
Pour détacher leurs Ken*, aanirer leur bonheur
Et Teieuer leur» front* courbés sous les misères.

Je vais combattre mu loin, pour sauver leurs chaumières,
Donner aux malheureux quelques morceaux de pain,
Arrêter les. sanglots oui disent le chagrin

femmes sans épaas et des enfants sans pères.

Je omis combattre au loin, sur la ligne première
Pour sortir le captif de son cachot obscur.
Lui rendre le soleil, l’espérance, Pair pur
Un ‘coin de firmament, d’espace et de lumière.

Je vais combattre au loin, pour briser les barrières
Que dans un geste fou, haineux autant qu’osé.
Un vainqueur insolent a voulu imposer
A des foules d’humains issus de races fières.

Je vais combattre au loin, pour les lois éternelles
De la justice humaine et de la charité,
Et pour les’ droits sacrés de cette liberté
Qu’ont payés de leur sang les races immortelles.

Mi ûuw et si fort mu’U ne se brisero pus.

NJSJLJL — Vue faeaddable surabonda»** ée matière nous
a eaatraiats à remettre plusieurs a r ti cle s i plus tard.

bien ae pas s’en offasquer.

Que tan arme vaillante, 6 soldat, toit bénie!

Jean-Paul GV1LLEMETTE,

Belles Lettres.

La vie

NOOS JUGE

aftr

TALES OF MANHATTAN »

Un exceUeat scénario, d’excellents acteurs, un
des aaiilk– ? films de l’année. H fait plaisir de
voir des films où l’on ne fait pas économie du ta-
lent. Inutile de dire eue Charles Boyer, Victor
Fraacea, Thomas Mitchell, Georre Sanders et
sTsIind Younx sont impeccables. Charles
La u^ h ton n’a peut-être pas donné la pleine
mesure de son talent. Ginger Roffers, Edward G.
BeMnsen et Rochester se sont surpassés. Paul
Kaacson fut vraiment formidable. « Taies of
Manhattan » a cette puissance que donne une
direction magistrale: Julien Duvivier est insur-
passable. Parée qu’il est rare que le cinéma, en
dépit des moyens inépuisables dont 11 jouit, attei-
gne cette perfection, c’est là un film à ne pas

anfam
être nradksit (je parte
s) parce aal est soû-
lai à aan appflH. «m’a doit donc
Tel est est, ad «si agit, est an principe

de pséds

à

M. André Racine, 21. rue De .

De Georges Racine. 21. me De

M. Louis Rathel,, 74, Tasefaereau

M. i.-P Robert. 1§1, Boaxlamaque. Que

M. JPam-Emile Rolland, 49

M. Roland-Paul Sabeurin. oe. Gantier

w ?°~ te fiMn ^ «* *^m*7*u7′
M. Jaeques SaurioL, L’Action f^flmlaïuç,
M. Léandre Trudel. I^nvmacie IBruneT

8t-Josenh. Que.
M. Hector Ve rge, V5s rue

?-.’idâSSSgaT

ÙL Henri Labelle,

M. ‘

ce qam y a

croire qpe le
réside dans le
élatsnnienne.
à la rie ta XX e
de Maritain. de Car-
iant d’antres. Basées
dans sa science
siècle apparaît comme
laquelle ? ne recoas-

LlJDMIlXA PfTOBPF

le aa Qnartier Latin »
et

présenter
peur noua an p ri s Hé g e spécial
des actrices de cette généra-
qni rehausse depuis pen d’années
Part ta théâtre, qui menaçait de s’éloigner de
aa vraie notion. Le message de Madame Pitoêf f

r France

?^nmnsunnnj
odut

sdftnmt

L’AMERIQUE LATINE

Nous publiions, dans notre dernier numéro,
deux articles sur l’Amérique Latine. Il ne fau-
drait pas croire que ce sont là des questions qui
n Intéressent que le corps diplomatique; ce serait
peur nous un grand bienfait que de connaître
nos cousins du sud, leur culture, et, évidemment,
en pr emie r, leurs langues. Les Sud-américains
nous connaissent probablement beaucoup mieux
que nous les connaissons. Le journal
« Suggestum », du Mexique, a traduit et publié
de notre directeur de Pan dernier,
Lamoareux; et Je lis dans « Heroica », de
Aires, une critique d’an article de Roy
Fonrnier sur Stefan Zweig, paru dans la Rotonde
dn 28 mars dernier. Cette revue argentine cite
en p r emière page une parole de Claudel que nous
tous, et qui justifie son titre; cette
en espagnol des consonnances
??elles, qui sont comme un rajeunissement:
La jurentud no ha sido hecha para el placer

para el héroïsme.
Comme nous, les Sud -américains puisent à la
humanisante qu’est la culture française,
il est écrit dans le « Volontaire », de
Londres;

Si m gloire de la découverte, de la colonisa –
tien et de l’évangélisation appartient incontes-
tablement à l’Espagne, la France a préparé l’évo-
lution po l i tiqu e de ces pays, et son influence à
partir ta XVIIIe siècle est énorme,
et pins loin:

Au cours du XIXe siècle, la vie littéraire et
scientifique ‘ des jeunes républiques est inspirée
directement par la littérature et la science fran-
çaises. L’Amérique latine adopte nos grands
écrivains de l’époque romantique, ceux de la
fin dut XIXe siècle, et depuis, les maîtres de
notre littérature contemporaine. /

La culture des républiques latines puise donc
aux mêmes sources que la nôtre; mais d’une
assimilation différente résulte une mentalité,
une expression qui sont pour nous d’un grand
intérêt. / ‘^~.

Je cite pour terminer des vers de Victor Hugo
cités en première page de la revue Tantt y
Avansa » de Santiago; /

‘ /

Vosotros los qae lierais, vénid a este Dios

[que llora;
Vosotros los que sufris, venir a él, que es salud ;
Vosotros los que temblais, venid a éL pues sonrie;
Vosotros los que pasals, venld a él. pues

< 1 permanece.

LES LANGUES ETRANGERES

On semble souvent croire que la conn aiss a n ce
d’une langue étrangère nuit à la pureté de notre
langue maternelle. C’est Ut une erreur qu’il
importe de dissiper; les exemples sont innom-
brables comme quoi l’homme cultivé dans tous les
pays est, jusqu’à un certain point, un polyglotte.
Ainsi, le Sud -américain sait le français; l’An-
glais, l’Espagnol et l’Italien de même; le Français
sait l’anglais, Pallemand, l’espagnol ou l’italien,
souvent les quatre, et ainsi de suite. Il y a dans
la connaissance d’une langue, et partant, d’une
culture étrangère, une puissance humanisante et
universalisante que ne peut avoir une culture
qui ne s’exprime qu’en une langue, qui ne con-
naît qu’une partie restreinte de la pensée de
l’humanité. On ne prend vraiment connaissan-
ce de l’esprit d’une langue, de ses particularités,
que lorsque Ton est en mesure de la comparer
avec une autre langue, même si celle-ci est de
racines différentes. D’ailleurs la dérivation
d’une langue ne se fait pas par des conduits
é tanches; le français ne provient pas que du
grec et du latin; par exemple, le mot « espiègle »
provient du nom d’un personnage de roman alle-
mand, « Eulenspiegel »; le mot « salsepareille »
vient de l’espagnol « zaraaparilla »; « bifteck » vient
de « beef steak ». Au strict point de vue philolo-
gique, la science d’autres langues aide donc à
connaître notre langue maternelle.

C’est dans cet esprit que Monsieur Maurice
Leael a publié dans les « Cahiers » de l’Ecole des
Sciences sociales de Laval un article sur l’Etude
et l’Enseignement de l’Anglais. Il constate que
chez nous ce ne sont malheureusement pas les
classes cultivées qui savent le mieux l’anglais,
mais plutôt celles dont le métier appelle cette
connaissance. (1) Il est regrettable que notre
élite ne profite pas pleinement des circonstances
spéciales dans lesquelles elle est placée, qui lui
facilitent énormément la connaissance d’une
langue et d’une culture qui ont comme toutes
les autres une valeur humaine.

Les statistiques nous disent que un tiers des
Canadiens-français parlent l’anglais, alors que
seulement deux pour cent de nos compatriotes
de langue anglaise parlent notre langue. Nous
ne devons donc pas avoir honte d’une pronon-
ciation qui ne serait pas parfaite, ou d’un voca-
bulaire restreint. Ne soyons pas fanatiques, et
apprenons l’anglais, non pas surtout parce qu’il
nous est utile matériellement, mais plutôt parce
qu’il ouvre notre esprit à de nouveaux horizons,
et par là augmente notre culture.

Max Al FRERE.

(1} On peut lire à ce sujet un article de Fernand
Jeiiceeuc dans le « Carabin » du SI octobre.

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LA ROTONDE. 4 DECEMBRE 1942

-r 1

raque 3 — Chambre 12

S

Deux millions de soldats français, faits prison-
niers dans la grande débâcle de 1040, mènent dans
les camps de l’Allemagne une vie misérable ron-
gée par le dénuement, l’inquiétude ei l’ennui. Mais
même dans une situation telle, le Français ne se
laisse pas abattre. De ses malheurs, il veut tirer
une leçon; il cherche là un enrichissement spiri-
tuel, il s’ingénie à remplir cette vie matériellement
vide d’une féconde activité intellectuelle, ij trouve
dans l’abandon spontané des amitiés de la vie en
commun au camp des joies que n’auraient su
donner les amitiés hésitantes ou feintes qui sont
la règle dans la vie civile.

C’est la description de ces réactions typique-
ment françaises devant le malheur qui fait la for-
ce du livre publié depuis peu par Marcel Haedrich
aux éditions Variétés, Baraque 3– Charnue 12.
L’auteur raconte ses six mois de captivité, la vie
d’une chambrée, la formation d’un cercle d’étu-
les, de services de renseignements au sein des pri-
sonniers. Parce qu’il nous aide à comprendre l’es-
prit qui animait les armées françaises, ce livre
restera comme sont restés Civilisation, La Vie des
Martyrs et Les Croix de Bois. U est une preuve
poignante du mot de Roosevelt: la France est éter-
nelle.

Marcel Haedrich se trouvait parmi les trou-
pes capturées après l’armistice; U ne se croyait
donc pas prisonnier lorsqu’on l’amena vers le
Rhin. L’avenir devait le détromper; et cet espoir
d’être aussitôt libéré devenait de plus. en plus
absurde à mesure que lui et ses compagnons ap-
prochaient de l’Allemagne, et qu’ils s’éloignaient
de la France ; mais leurs esprits s’y cramponnaient,
pour ne pas se soumettre à l’idée d’une captivité
plus affreuse pour eux, qui n’étaient pas prison-
niers, qui avaient le droit d’être libres.

Ils devaient bientôt se rendre pleinement
compte dû prix de cette liberté qu’on leur volait:

« Le camp est ensoleillé. Ciel bleu, avec quel-
ques nuages que le vent, en une minute, trans-
forme cent fois. A regarder là-haut, on se sent
libre.

« Je ne connaissais pas le prix de cette liberté.

« Deux mois que nous sommes prisonniers.
Combien d’autres mois à venir? Les prisonniers de
droit commun connaissent l’échéance de leur pei-
ne; mais nous? »

Et c’est la découverte de la vie en commun,
amitiés profondes, subites. Jalousies, querelles.
Générosité presque générale. Coopération, entr’ai-
de. Confidences.

Bientôt on se ressaisit: c’est la formation du
cercle d’études. On y cherche les causes de la dé-
cadence française, on y propose des pians de
reconstruction. Le cercle réunit des hommes de
professions différentes; mais l’unité du problème
les unit. On trouve là des passages magnifiques:

‘*Les idéalistes ont toujours raison. Leur fai-
blesse, c’est notre manque de foi. (N’ayons-nous
pas discrédité nous-mêmes la force spirituelle de
la S.D.N.? Ne l’avons-nous pas trahie nous-mê-
mes?) »

Ou plus loin:

« Pourquoi nier la force des valeurs spirituel-
les? Qu’est-ce qui nous permet de garder confian-
ce dans l’avenir sinon la certitude du triomphe de
la justice? Cela n’a pourtant rien de concret, -ce
sentiment. . . . Il est du domaine du rêve. Et quelle
force il nous donnel . . . »

L’homme malheureux sent le besoin de se
rapprocher de Dieu. Chacun le fait selon sa reli-
gion, selon sa formation. Ici encore, de belles
paroles:

« Un pays battu devrait chercher dans la re-
ligion la force dont il a manqué. »

« L’Evangile nous fournit le moyen d’atteindre
à l’invulnérabilité. »

^ lt Une des leçons de notre détresse actuelle:
étouffer l’esprit de vengeance. ..Lorsque le jour
viendra crier à ceux que le triomphe aveuglera
plus encore que la défaite: Ne faites pas aux au-
tres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. »

« Je suis frappé par l’exemple de renouveau mo-
ral que, tous, ils donnent journellement sans dé-
faillance. Il y a dans leurs efforts vers l’absolu —
honnêteté absolue, désintéressement absolu, pu-
reté absolue, amour absolu — une extraordinaire
force de rayonnement »

Cette activité Intellectuelle Intense se poursui-
vait dans des conditions très difficiles; car les
privations, les inquiétudes et les mille déceptions
de la vie de camp n’étaient pas sans aigrir les pri-
sonniers; l’effort que cette étude demandait d’eux
était donc immense, et leur mérite de même. H

=Ecole de Maris=

Le foyer étant la base de la société/tout travail
sur le mariage mérite l’attention de la Jeunesse
qui, dans quelques années, deviendra le plus actif
agent de cette société. Le livre de Charles Maurel
« Ecoles de Maris^ nous intéresse donc par sa haute
portée sociale et l’importance de ses directives.

L’auteur semble avoir voulu faire une oeuvre
d’imagination en même temps qu’un traité de phi-
losophie maritale. « Si J’étais roi, dit-il, J’établirais
des écoles de maris, et voioi ce qu’on y enseigne-
rait ». Il nous transporte alors dans son moderne
royaume d’Utopie où un nouvel âge d’or transfi-
gure les traits d’inombrables ménages heureux.

Voici les idées qu’il expose, développe et redé-
yeloppe. tourne et retourne au cours de deux-cent-
quinze pages:

Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, c’est le
mari qui est la cause d’une union malheureuse,
non la femme.

Les hommes de mauvaise foi prévalent (?)

La virilité de caractère est absolument néces-
saire au mari: « Il faut que la femme voit en son
mari une supériorité-physique chez le peuple, mo-
rale chez les plus évoluées ».

Le mari dédaigné et inférieur chez lui se re-
prend dans la vie publique.

Le mariage moderne souffre de septicémie. Les
hommes n’ont souci que de leur agrément person-
nel.

Il y a crise de civilisation parce qu’il y crise de
mariage.

D’où, de conclure Charles Maurel, la nécessité
indéniable des écoles de maris.

Tous admettront que dans cet exposé plutôt
tranchant, la vérité coudoie l’erreur et que des
faits certains universellement observés voisinent
avec les affirmations gratuites les plus sujettes à
caution.

La grande erreur de l’auteur est la mauvaise
opinion butée qu’il a de l’homme moderne. A l’en
croire, la forte majorité des maris d’à présent ne
sont que flémards, abouliques, mous, brutaux, in-
sensibles, faibles, maladroits; Ils sont, en deux
mots, des « hommes tombés ». Quant à la femme
moderne: silence . . . silence prudent et figure
d’innocence. Ou plutôt, Charles Maurel lui re-
connaît des défauts à elle aussi, mais des défauts

ayant pour cause première, unique et universelle,
l’incompétence de l’homme: « Il y a mari incompé-
tent partout où il y a épouse qui fait passer ses
préférences et ses fantaisies avant le repos et
l’agrément de son mari. Sont donc incompétents
tous les maris qui désertent où qui sont lâches,
qui soupirent, qui se plaignent ou qui dénigrent
leur légitime épouse, qui sont bousculés ou igno-
rés chez eux, qui se « consolent » ailleurs, qui ont
une épouse gaspilleuse, ou trotteuse, ou réfractai-
re à la maternité ». Nous ne nions pas, Monsieur
Maurel, l’existence malheureusement évidente des
maris incompétents, mais de là à leur faire porter
le fardeau entier d ela malice féminine, de là à les
muer en boucs émissaires, à leur donner le triste
rôle du baudet de la fable; de là à transfigurer
Xantippe Jusqu’à nous faire croire qu’elle ne fait
qu’une avec « Aurore, l’enfant martyre », il y a
marge et place pour bien des mises au point. « Si
Adam, dites-vous, avait su mettre Eve au pas, l’hu-
manité souffrante serait l’humanité triomphante ».
Que serait-ce donc, mon Dieu, si cette même Eve
avait su mettre un frein à sa fatale curiosité et en-
voyer au diable (c’est le cas de le dire) le serpent
et sa pomme maudite? Enfin, est-ce toujours et
partout la faute de l’époux si soixante-et-onze
pour cent des divorces sont réclamés par la fem-
me; si elles forment quatre-vingt-deux pour cent
de la clientèle du théâtres; si elles courent fréné-
tiquement les films romantiques, dévorent les ro-
mans d’amour, remplissent, les officines des mé-
decins et des psychiatres et parcourent l’Europe
et l’Amérique? Non, vraiment M l’on fait la part
des choses, la culpabilité de l’homme n’apparàlt
pas si grande ni celle de la femme si minime que
semble le croire Charles Maurel.

N’allons pas penser, cependant, que ces quel-
ques idées, erronées à notre avis, forment toute la
substance de « Ecoles de Maris ». Nous n’avons
relevé les erreurs d’abord que pour mieux faire
valoir ensuite les vérités profondes, les perles de
bon sens et de Justesse qui foisonnent dans ces
pages.

Comme vous avez raison, cher Monsieur Mau-
rel, lorsque vous dites par exemple, que « aeu* le
désir de fonder un foyer, Inspiré par un grand et
bel amour fait d’estime et d’admiration «doit por-
ter au mariage; » ou lorsque vous cites Bernanos;

est admirable que l’entente puisse régner à ce point
dans un groupe sur lequel plane la Jalousie et
l’envie:

« Vous me reprochez d’avoir chargé Clavêre
d’un égoisme féroce, mais, si j’ai mis tant d’envie
dans son regard, c’est que, pendant des mois, j’ai
louché sur le pain de mes voisins avec tes mêmes
yeux. »

oLe premier souci des prisonnière est de ne pas
perdre ce temps qu’on leur vole:

« Que faire ici? Accumuler, nos réserves d’hon-
nêteté, prendre dés résolutions en mâchonnant
des brins d’herbe. Ne plus penser au passé com-
me s’il devait être l’avenir. »

La vie de camp est parsemée d’incidents qui
contribuent énormément à baisser ou à relever le
moral des prisonniers. Les rumeurs, les « bobards »
causent des espoirs fous dont les esprits s’enivrent
pendant quelques heures, et qui les laissent pan-
telants quand le bobard s’écroule. La réception
d’un colis ou d’une lettre est l’événement le plus
heureux dans la Journée d’un prisonnier; on ne
s’imagine d’ordinaire pas ce que signifie pour lui
une photo de son enfant, quelques mots de la fem-
me qu’il arme,* ou même la réception de victuail-
les, puisque le menu du camp est beaucoup trop
restreint.

Roland Dorgelès nous a appris dans Les Croix
de Bois ce que c’est que la vie de tranchée, la peur,
l’héroïsme. Georges Duhamel, dans La Vie des
Martyrs et dans Civilisation, nous a montré le
corps^ humain et l’àme humaine déchirés par la
guerre. Marcel Haedrich nous prouve que la force
d’un peuple se montre dans la défaite plus enco-
re que dans la victoire de ses armes. Nous savons
maintenant que la Jeunesse de France, dans les
camps d’Allemagne, n’est pas perdue; elle se pré-
pare à prendre en mains la destinée de la patrie
lorsque la libération viendra. Une jeunesse déci-
ment atteinte par l’esprit de vengeance; aveuglée
mée par une guerre longue aurait été plus facile-
par la victoire, peut-être aurait-elle ainsi ? desser-
vi la cause de la France. Il semble que la Providen-
ce ait voulu ainsi protéger la fille aînée de son
Eglise. i

Pierre de BELLEFEUliLLE

«-T

« Un véritable chef doit avoir la vertu de force,
S’il ne l’a pas, il n’est pas un chef. U faut qu’il
soit constant, patient, modeste, tempérant, ferme,
juste dévoué » … Combien vous pensez juste en
écrivant que « ceux qui s’aiment et ne se le disent
pas mettent leur amour en danger ». Quelle direc-
tive précieuse vous donnez aux futurs époux quand
vous faites de la bonté et de la suavité les fonde-
ments du bonheur marital. Beethoven disait: « Je
ne reconnais pas d’autres signes de supériorité
que la bonté. » Mais l’espace manque pour citer
tout ce que mérite de l’être.

Un fait assuré enfin: tout dans « Ecoles de Ma-
ris » est exprimé d’une manière charmante, origi-
nale et dans une langue qu’on ne rencontre pas
tous les Jqurs sur les bords de la Seine.

Rarement notre jeune littérature a produit une
oeuvre où, comme celle-ci, la clarté française
triomphe et brille d’un si bel éclat. L’auteur con-
naît les ressources de la langue, la valeur des mots,
et sait édifier ses phrases (souvent à coup d’au-
dace) de façon à piquer puis à retenir l’attention
de son lecteur. Son vocabulaire est de haute
race: les mots rares ou peu employés y affluent;
trop peut-être . De même, en plus d’un passage,
la surabondance des épithètes semble nuire à l’é-
quilibre de la composition. Enfin, M. Charles
Maurel se révèle, d’une culture dont il peut se
montrer fier. Son livre contient une mine de do-
cumentation sur tout ce qui a trait au mariage-
c’est un jardin des plus belles, citations.

Ne doutons pas qu’il rendra un grand service à
la Jeunesse et à la société en Indiquant à chacun
ses responsabilités et la manière de les affronter
victorieusement. « Contempler même de loin, mê-
me en imagination, cette humanité rénovée dans
I harmonie de ses qualités organiques et spirituel-
les m’inspire déjà un puissant « sentiment de fier-
té, » dites-vous Monsieur Maurel: et c’est là un
sentiment légitime auquel votre livre, dans l’en-
semble, vous donne droit.

Pierre Prévost

LA ROTONDK. 4 DECEMBRE 1942

Paie S

Je me sens tout à coup poète ce matin. Il y a
quelque chose de nouveau en moil Je choisis mon
itinéraire habituel de promenade et je pars dans la
brume froide en quête de réflexions.

La première chose qui me frappe c’est la foule.
Mais qu’y a-t-il de plus banal qu’une foule ? C’est
à peine plus intéressant qu’un troupeau qui rentre
à la bergerie. Partout, des êtres qui s’examinent
à la dérobée et sont rongés de désirs! Il est vrai-
ment difficile de concevoir lÛ>poésie dans un tel
remou.

Je me demande soudain avec anxiété si l’on
peut célébrer Ottawa comme les grands écrivains
français se sont plus à examiner tous les petits re-
coins de Paris pour en vanter la valeur. Mais
comment faire une apothéose sans se servir de
locutions qui sonnent faux et sentent le vieilli ?
[ Comment oublier toutes ces phrases destinées, à
l’emphase ?

Je crois que l’art d’être poète consiste à se plon-
ger dans un état langoureux qui s’acçqmode de
n’imparte lequel sujet à rêveries. Je me pénètre
d’idées suggestives et l’atmosphère humide qui
m’entoure prend soudain un cachet mystérieux et ,
frappant. De simples passants jusqu’alors dédai-
gnés prennent aussitôt figure de héros. Et lors-
que le voile mystificateur est tombé, tout s’efface.

Nont Jamais je ne serai un de ceux qui s’achar-
nent à gruger le banal pour en étaler l’odieuse os-
sature. La littérature est bien vaine, hélas! C’est
un prodige que trouver du nouveau. On a fouillé
tous les domaines et ils ne donnent plus mainte-
nant que des restes putrides et fades.

Il reste encore une dernière ressource: Rêver
pour moi seul, sans faire de phrases. Mais je ne
puis m’empècher de trouver stupide toute rêverie,
même la plus touchante. ? Tout ça ressemble à un
rôle de théâtre mal joué. Peut-être n’ai-je pas ce
don de m’illusionner complètement? Je me sou-
mets à une critique trop rigoureuse dès que je m’a-
bandonne aux tristes considérations .qui m’assail-
lent.

Je ris de ceux qui se passionnent et se perdent
en conjectures téméraires. Il y a des naïfs qui sont
incurables mais c’est un mal aussi que de ne pas
l’être assez. J’envie les Verlaine et les Baudelaire
parce qu’ils ont su croire à leur destinée. Il ne
faut jamais apercevoir en même temps tous les
aspects de la vie parce que c’est risquer de n’en
voir aucun.

Et je m’en vais, désolé de ne pouvoir rêver.

Georges GAGNON.

Bray

Blanchette

Cl

f

Ecole de Maris, par Charles Maurel, Montréal.
1942.

‘Les artistes du Caveau nous présentaient
le 26 novembre dernier, à la salle S?!(TM) Ba-
tiste, la comédie dramatique d’Eugène Brieur

cïïrrtî^ ** s trois act * s se pa ^ «S le

café de M. Rousset, père de Blanchette. Le décor
*vait un cachet bien particulier. M. B^ieux a
écrit un dialogue captivant rempli d’heureuses

ST2Ï! ^ d ‘ 0bservat ^ puantes. On £u
être surpris de voir que tous les personnages fas-
sent au moment voulu, sans raison aucune, près
du café du père Rousset.

Mademoiselle M. Morin a su donner à son per-
sonnage. Blanchette, un caractère tranchant très
approprié: avec beaucoup d’aisance elle était tris-
te gale, ou insolente. Mademoiselle M. Sabourin
qui possède des talents remarquables a rempli

K I ^ n ? anCé de la mère RouMCt avec (TM)e grande
ïacilité. L acteur le plus complet fut sans contre-
dit M. Albert Boucher dont la voix sympathique
!£ ^ Je et i ;’ alsance accomplie sur la scène font
-de lui le meilleur interprète des rôles genre père
Rousset. M. R. LatreiUe mérite des félicitations
toutes particulières pour sa création du Père Bo-
rienfant. M. J.-P. st-Jean est un acteur sobre dans
le rôle de Galoux et sa diction est très bonne. Tous
es rôles de second plan furent remplis avec un
-frueis de perfection qui assure toujours le succès
‘une pièce. Nous avons tous remarqué la voix
iouce et la démarche très naturelle de mademoi-
elle Oilberte Simard, de même que le maintien
t le « métier » de ce monsieur XXX dans le rôle
u Père Morillon.

‘Blanchette » fut donc un succès et mademol-

ille Florence Castonguay, directrice d’expérience

»t de grand talent, voudra bien trouver ici l’ex-

iression sincère de nos féleitations. Puisse le Ca-

eau, par ses Confréres-dtseurs, continuer son

^au travail artistique dans notre milieu.

Je me permets de souhaiter qu’il choisisse pour

tenter ses pièces un endroit plus rapproché à

l’avenir.

J. U

Samedi, lé 21 novembre, à la salle, académi-
que, la Société Sainte-Cécile de l’Université
d’Ottawa présentait le premier d’une série de
. trois concerts publics. Le succès remporté par
cette soirée devrait suffire pour encourager et
le conseil de la société, qui s’est donné tant de
peine pour organiser ces récitals, et le public qui
se volt assuré de leur haute tenue.

L’artiste invitée, la Jolie et charmante Louise
Bray, nous « a interprété avec chaleur deux grou-
pes d’airs légers et gracieux d’auteurs français
pour la plupart, dont: Rêverie de Reynaldo Hahn,
Les larmes de Massenet, deux oeuvres de Woker-
lln et un extrait d’Orphée, de Qluck, Jal perdu
mon Eurydice. Elle était accompagné au piano
par Mlle Gabrielle Bourquè, et toutes deux ont
su nous faire apprécier à leur Juste valeur les
pièces qu’elles ont exécutées. Mlle Bray possède
une voix de mezzo-soprano souple, douce et riche,
et elle a su faire un. choix Judicieux d’oeuvres
convenant le mieux à sa voix et à sa personnalité.

Les quelques organisations musicales et les
artistes de l’Université complétaient le program-
me. La fanfare et les deux choeurs à voix mixtes
et à voix égales, sous la direction du R. P. H. Du-
lude, O.M.I., ont fait beaucoup de progrès depuis
l’an dernier. Avec plus d’ensembie, surtout dans
les attaques, nous aurions là quelque chose de
très bien. L’Ensemble universitaire, dont la
réputation n’est plus à faire dans notre ville, est
demeuré à la hauteur de ses succès passés. Mal-
heureusement incomplet «ce soir-là, l’Ensemble
nous a exécuté trois pièces: Tambourin de Cas-
sée, l’Ave Maria de Gounod et Two GuiUrs de
Horlick.

Les trois solistes, en généralise o sont bien
acquîtes de leur tâche. Le Jeune Pierre Rous-
seau, accompagné au piano par sa mère, nous
interpréta une jolie pièce de Schubert, La truite;
ce qui lui manque le plus est la sûreté dans la
voix. M. Pierre Jutras, pianiste, nous fait en-
tendre l’Adagio de la Sonate pathétique de Bee-
thoven; il a une belle touche, mais semble man-
quer de souplesse. La même remarque s’appli-
que à l’interprétation de M. Berthel de Cxardes
de V. Matte. Malgré ces défauts qu’on doit attri-
buer à là nervosité des Interprètes, nous devons
féliciter ces trois jeunes artistes de leurs pre-
miers succès.

M. Gilles Lefebvreï dé la R.C.A.F., président
de la Société, agissait comme maître de céré-
monies. Le R. P. Arthur Caron, O.M.I., remercia
au nom du directeur et de l’Université les artistes
qui prirent part au concert.

En somme, nous devons des félicitations aux
organisateurs de ce récital, et des remerciements
aux artistes pour nous avoir fait passer une
soirée si agréable. Je voudrais aussi témoigner
mon approbation au fait que la Société Sainte-
Cécile invite à ces concerts des artistes d’Otta-
wa. Nous avons chez nous plusieurs chanteurs
et musiciens qui ont réellement du talent; Mlle
Bray en est un exemple parmi tant d’autres.
Pourquoi ne pas faire connaître au public nos
concitoyens doués, dont trop de gens n’ont la
plupart du temps Jamais entendu parler? En
février et en avril, nous aurons l’occasion d’en-
tendre messieurs Weisbord et Lefebvre, et M.
Charette. Que chacun se fasse un devoir d’assis-
ter à ces récitals pour encourager, et les artistes
au programme, et la Société Sainte-Cécile, qui
fait beaucoup de bien parmi les élèves de
l’Université.

Jean-Claude HURTUBISE.

LE MALADE IMAGINAIRE
de Molière
La guerre est fatigante. Tout est rationné excepté
… le rire. Venez vous reposer et rire un peu
beaucoup..

A noter que les cartes sont échangeables immé
diatement à l’Université, 3-5*56, local 24.

Moyen-Age ou
Vingtième siècle?

De tous les romans idyliques qu’ait produit
le Moyen-Age, il en est un qui demeure, synthèse
de leurs qualités comme de leurs défauts, c’est
Aucassin et Nicolette. *» >

S

o J ^ J /U r*

Le thème de soi ne présente rien d’original.
Aucassin, fils du comte de Beaucaire, aime Ni-
colette, jeune captive sarrasine. Le comte, l’ap-
prenant, les Jait emprisonner, mais Nicolette s’é-
chappe et s’enfuit dans la forêt où elle rencontre
quelques berges et leur demande d’avertir son
ami de sa fuite. Aucassin parvient à son tour à
s’échapper, et sur le conseil des bergers parcourt 4a
forêt; ei ce n’est qu’après bien des lamentations
désespérées qu’il retrouve sa mie dans une cabane
de feuillages et l’épouse. De peur d’être pris de
nouveau, tous deux s’enfuient dans un pays. loin-
tain, où un seigneur courtois leur donne refuge.
Un soir, les Sarrasins attaquent le château de
leur hôte, le prennent d’assaut, amenant prison-
niers Aucassin et Nicolette. On Ue celui-ci « par
les mains et Us pieds, on le jette en une nef et
Nicolette en une autre. » Un orage s’élève et les
sépare. Aucassin échoue sur les rives de son pays
Où il est couronné en raison de la mort de son
père, tandis que Nicolette est amenée à Carthage
où elle est reconnue comme fille du roi. Le nou-
veau comte de Beaucaire la fait venir en son pa-
lais pour y vivre éternellement heureux.

Il est fâcheux que l’auteur, malheureusement
inconnu, ait voulu corser son court poème de cette
dernière aventure aussi inutile que fantaisiste.
Cependant elle ne tarde guère, cette idyle, â éveil-
ler en nous « une surprise douce et une menue
admiration ». Quelle grâce involontaire dans cette
langue adolescente! Oh! l’agréable gaucherie de
ces redites textuelles que présentent les oeuvres
* des époques primitives! Puisqu’on y trouve plus
d’esprit que d’émotion, plus de peur que de ten-
dresse, pourquoi ne pas s’amuser nous aussi com-
me le poète à leurs passions jolies?

9

Peut-être ne possédons-nous pas toute la mor-
phologie d’un linguiste, peut-être ne sommes-nous
pas encore atteints de dilettantisme. Pourtant si
cette chante-fable est mise à la portée d’un plus
grand public, c’est qu’il lui reste un charme capa-
ble de séduire tous les esprits: le jeu de l’amour!
L’auteur n’a pas dépeint le brutal instinct des fa~ r
bliaux, mais un sentiment, et un sentiment assez
vif pour pousser Aucassin à sacrifier les intérêts
de ses parents, les siens propres, sa liberté, sa vie
même à son amour; ce n’est pas non plus cette
passion mystérieuse et fatale de deux amoureux;
malgré leurs larmes et leurs serments on ne se
sent point élevé à pareille hauteur. L’amour est
plutôt conçu comme une émotion vive et un peu
superficielle; on y prend plaisir comme à la mu-
sique, à la danse; c’est un sentiment rapide de la
grâce féminine qui émeut d’admiration les mala-
des, les petits pastoureaux.

On y prend plaisir comme à la musique, â la
danse? Ne dirait-on pas plutôt qu’on assiste aux
intrigues candides d’un flirt moderne? Quelle co-
quette de nos jours ne prolongerait Vangoisse de
son ami, pour recouvrer toute sa beauté avant de
se faire reconnaître ? Un jour, un pèlerin malade
gisait dans son lit. Passe Nicolette: elle soulève un
peu sa pelisse d’hermine et sa traîne; sous la che-
mise de lin elle laisse paraître et briller sa che-
ville fine. Moyen-Age ou vingtième siècle?

Lomer MONTY.

La Ste-Catherine chez nos philosophes

i

^

Contrairement aux 25 novembre précédents, la
Ste-Catherine revêtit cette année un cachet d’intimité.
L’annonce d’une sortie générale à l’institut fut l’allu-
mette qui enflamma nos esprits quelque peu endormis par
une journée- brumeuse. Les événements se succédèrent
ensuite avec une rapidité fébrile. Le père préfet des
savants de l’édifice central, voulant se montrer à la
hauteur de -la situation, décréta une sortie^ jusqu’à 11.45
p. m. L’on se réunit chez Mme Eli JdsTet après quelques
minutes d’une savante délibération, 21 phisolophes s’élan-
cèrent « on the double » sur la rue Laurier. L’objectif de
ce soir-là n’étant pas inconnu de nos carabins fut enlevé
sans coup férir; La situation contrôlée, « Tire-Bouchon »
Simard nous fit cadeau d’un sermon qui éleva notre
enthousiasme à son paroxysme « Navo » Deshaye (avec un
y) commenta le sermon de Rodrigue avec quelques petits
commentaires très appropriés. L’ami « Bellebrosse » Belle-
mare se chargea de tout interrompre par des réflexes
qui font certainement honneur à ton titre de « philosophe
de troupe ». L’on discuta, l’on acheta, l’on paya, en un
mot l’on fêta avec un esprit tout-à-fait, étudiant. La célé-
bration prit bientôt fin et no» « savant»*» se dispersèrent.
Un petit groupe commandé par Jean Georges D’Aoust
«ui, soit dit en passant, en était à sa première expérience.

prirent le chemin de l’Aima Mater et sautèrent vite dans
leurs petits lits blancs pour rêver à la bonne Ste Catherine.
Un autre groupe composé de rudes gaillards, tels Kushner,
Mercier et Comtois, habitués à ce genre de fête, décidèrent
d’aller continuer leur festin dans d’autres parages. Les
cadets Melançon et Delisle se mirent à la tête d’un
autre détachement de volontaires et firent du Sandwich
Shop leur deuxième objectif de la soirée. L’on dit que
leurs opérations y furent couronnées de succès. Cepen-
dant l’un de la troupe jugea tout effort inutile et reprit
le chemin de l’Université Pendant ce temps le-peleton
composé de « TB » Simard, « Dream boy » Coutu, « Ti-Boeuf  »
Méthot, Lieutenant Paquette et « Thin neck » Dubé se
donnèrent rendez-vous non loin du collège. « Dream-boy »
y fit fureur mais « Ti-boeu! » eut moins de succès. Malheu-
reusement le temps passait vite et il fallut retourner à
nos appartements. A 11.45, suivant en cela nos habitudes
d’exactitude, nous donnions nos retours et quelques mi*
nutes plus tard Morphée nous berçait dans ses bras cares-
sants. Le lendemain nous revenions au cours de Philo
40, heureux de nous lancer de nouveaux dans un sujet
dont l’étude nous avait si bien servis.

YVON PEPIN

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Notre première Page féminine

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? ? Palestre Universitaire ? ?

rt de poix

La déclaration de guerre que le gouvernement
canadien faisait en septembre 1939 ouvrait une
ère de jours tristes et inquiétants, difficiles et dou-
loureux. Outre la signification politique de cet
acte parlementaire, il était visible que la Justice
divine frappait la nation canadienne pour en reti-
rer une expiation générale. On croyait que seule
l’Europe méritait une si terrible punition. Mais la
catastrophe où entraient les Canadiens devait leur
rappeler leur culpabilité. Trop longtemps la miséri-
corde divine avait pardonné aux relâchements des
moeurs, au matérialisme, aux scandales; son bras
justificateur devait frapper afin de sauver.

Dans une si funeste calamité, les étudiants ca-
tholiques (comme d’ailléjirs tous les autres) doi-
vent reconnaître la mam de Dieu conduisant les
destinées des nations. Cette belle Jeunesse ne
pourrait-elle pas prendre la résolution de faire
sa part dans la cessation du fléau et le relèvement
du pays; ne pourrait-elle pas s’ajuster dans l’en-
grenage des forces nationales en réalisant un de-
voir patriotique qui s’énoncerait à peu près ainsi:
« Nous voulons faire toute notre part, en travail-
lant sur le front intérieur, et en aidant les autres
de même, afin d’assurer à notre patrie la victoire
et la paix par les bénédictions célestes. »

Notre part, quelle sera-t-elle donc? Puisque
l’excellence du tout dépend de l’excellence de cha-
cune de ses parties, quatre mots suffiront pour
synthétiser notre effort de guerre: prière, forma-
tion, service et coopération.

Prière et sacrifice! Voilà deux armes puissantes
que malheureusement l’on oublie trop souvent.
Nous voulons livrer une guerre totale et nous ou-
blions le facteur le plus important, car la victoire
doit nous venir de Dieu : seul il peut nous raccor-
der. Rappelons-nous les faits d’Histoire Sainte
et voyons comment la Justice divine a épargné aux
peuples la défaite et la ruine en échange de péni-
tences et d’un retour a Dieu. Redoublons donc de
ferveur dans nos prières, revétons-nous de force,
de sagesse, de résignation et d’humilité. N’ayons
pas peur de réparer par nos mortifications et nos
aumônes, et, par nos paroles et notre exemple en-
traînons les autres a faire ainsi. Dieu écoute la
voix repentante des malheureux et il récompense
ceux qui marchent avec Lui.

H s’en suit que notre vie deviendra profondé-
ment catholique. Puisque Dieu a établi la perfec-
tion de l’homme dans l’intensité de sa vie inté-
rieure, nous devons Joindre à nos convictions et à
l’excellence de notre vie morale le profit retiré de
. notre formation intellectuelle. Les principes de la
saine philosophie, l’amour de la vérité, l’épanouis-
sement de la personnalité ne peuvent-Us pas deve-
nir les éléments qui constitueront l’étudiante ca-
tholique en personne capable de guider et d’éclai-
rer? « Celui qui s’élève, élève le monde, » a dit Elis.
Lèse ur. A nous par conséquent de nous faire une
mentalité toute chrétienne, de transformer notre
rôle d’étudiante en un travail d’assimilation solide
et de nous préparer dès maintenant à Jouer un
rôle dans la société future. Le T. R. P. J. Hébert,
O.M.I., ancien Recteur, dans un discours de cir-
constance, a bien expliqué le devoir de la jeune
fille Instruite. « Avant le mariage, a-t-U dit, si Dieu
ne vous accorde pas la grâce de la vocation reli-
gieuse, vous devez vous préparer au relèvement
familial, paroissial et même national en vous for-
mant a une vraie piété, à une charité ardente et
à une vie de foi et d’apostolat ». Nous agissons
en vertu de ce que nous sommes. Profitons de
l’enseignement de nos maîtresses et de nos pa-
rents; collaborons avec eux de plein coeur à la tâ-
che si difficile de notre formation intégrale.

Ce que nous avons, nous ne pouvons le garder
pour nous; impossible de cacher la lumière sous
le boisseau. Il faut en faire profiter les autres,
leur communiquer la vérité et l’ardeur, surtout
aux Jeunes, l’espoir de demain, sans Jamais man-
quer de les orienter vers ce qui fera d’eux, pour
l’Eglise et la Patrie, des membres de vraie valeur.
Ceci suppose que nous nous intéressions à eux, que
nous les aidions de tout notre pouvoir, soit dans
les mouvements spécialisés de Jeunesse catholique,
soit en dehors. C’est entre leurs mains que va
tomber la lourde responsabilité du relèvement d’a-
près-guerre qui s’attaquera, comme le dit M. l’abbé
Lachapelle dans « Psychiatrie pastorale », à une
société anormale. l.e. bouleversée et disloquée.
C’est le temps de f or m e r les piliers de la nation
future, de maintenir ferme et fort le front inté-
rieur, tel que font les divers groupements de Jeu- »
nés en France qui s’animent des plus beaux senti-
ments de dévouement et de patriotisme, qui relè-
vent l’esprit par leur entrain et tour optimisme,
rapprochant de plus en plus l’heure de la victoire.

Sur le front domestique nous avons un rôle
également impartant a Jouer. Dans une allocu-
tion aux femmes de l’Empire, 8a Majesté la Reine
Elisabeth prononçait ces mots: « Saches que vous
rendes à votre nava un réel service en acceptant
avec gaieté les devoirs domestiques et les petits
ennuis de la vis ». C’est une vocation héroïque que

Et puis après

o o o

Je marchais, Vautre jour, le long du canal glai-
seux. J’étais allée me chercher à lire: je rappor-
tais sous mon bras le tout petit Ramuz qui s’appelle
‘*Joie dans le clef. Je regardais les tiges noircies
de tant de feuilles mortes, et je comprenais soudain
la nostalgie « des jardins sous la pluie- ».

Et je rêvais — Pourquoi pas? — Il est permis
de rêver. n est bon de rêver pour ne pas s’abrutir
de réalité. Il faut rêver quand le monde n’a plus
rien à montrer qu’un immense spectacle de laideur
et de méchanceté. Mais je m’aperçus bien vite que
la vie d’aujourd’hui était la couleur même de mon
rêve, et que je la rejoignais par un plus long che-

Je pensais que le calme, n’est plus dans le mon-
de. Cest la guerre qui psi là. La guerre est par-
tout. Elle est dans les esprits, et Von se demande
parfois si elle n’a pas gagné les coeurs aussi. Elle
nous a pris la paix. Elle nous retient la joie. Elle
brouille notre avenir. Elle voie toutes nos pro-
messes. Elle engloutit tons nos désirs. Elle dépla-
ce notre idéal.

La guerre est un grand mal. Elle est surtout
une grande leçon. Elle nous aura enseigné la fra-
ternité. Elle nous aura éveillées à la conscience de
notre état qui doit être tout de générosité et de ré-
sig nation. Elle nous aura arrachées à la stagna-
tion de l’égoisme pour nous guider dans une voie
plus chrétienne qui eu est une de dévouemeutjet
de charité. Elle nous aura montré la loi commune
du travail. Elle nous aura convaincues du pouvoir
de la prière, et de sa nécessité. Elle nous aura ensei-
gné combien U est réconfortant de croire en l’es-
pérance.

Et puis après, quand le déchirement des peu-
ples aura cessé; quand les pères ambitions des plus
fiers pays auront été mises en lambeaux; quand on
aura compris la puissance du Ciel contre l’orgueil;
quand les pauvres affamés de pain et de justice
réclameront quartier; quand la guerre ne sera plus
dans le temps qu’un mauvais souvenir; quand le
bon Dieu enfin satisfait, relèvera cette main qui
frappe et celle qui pardonne — pourrons-nous trou-
ver encore quelque beauté au visage des jours.
Pourrons-nous franchement’ être heureux en écou-
tant l’écho d’un tel sacrifice. Nous allons regret-
ter les bonheurs passés. Déjà, n’est-ce pas, Us
nous manquent incroyablement.

Je marchais. Vautre lour, le long du canal terni,
rétais allée me chercher un peu de beauté à lire,
pareeque je n’en pouvais plus de respirer le dé-
goût. Je n’en avais pas le droit, je sais. Et je tâ-
chais que ce chagrin passe en sourire. Je compre-
nais que le vieil ouvrier des clochers dise vrai et
qu M ‘à travers la misère, c’est beau vivre! » Et je
voulais espérer pareeque « l’espérance, dit Dieu,
c’est déjà de la foi », et c’est presque de l’amour.
Mais on ne peut empêcher la tristesse, pas plus
qu’on ne peut vouloir que la pluie soit une chanson
gaie, quand elle coule sur la vitre comme des lar-
mes.

Claire FERNY.

d’être fidèle aux exigences de la vie de guerre, de
se comporter en optimistes, de coopérer en tout
avec le gouvernement, de se priver parfois même
du nécessaire, et cela en gardant le sourire aux
lèvres. La guerre est le temps où toutes les forces
doivent se coordonner par l’entente des races, et
la largeur de vue, où le fanatisme et l’esprit de
caste sont relégués en arrière, où un esprit de pa-
triotisme sain et droit anime les coeurs. Nous pou-
vons assurer l’entente et l’unité en adoptant une
juste largeur dé vue, en refoulant les préjugés, en
nous faisant les championnes d’une mentalité de
fraternité, en appuyant les décisions de nos chefs,
eh faisant taire les rumeurs et les mensonges, en
défendant le faible contre le fort.

Devant l’énormité de la tâche à accomplir, nous
pourrions bien soupirer à la vue de l’Insuffisance
de nos moyens. Au contraire, convainquons-nous
que notre petite part à sa valeur. Animés de tels
sentiments, portant en nous des convictions net-
tes et le désir de vivre mieux notre vie, ne pou-
vons-nous pas faire notre part dans la satisfac-
tion de la justice divine et dans l’effort de guerre?
La*vue du massacre des peuples et du renouveau
de vie spirituelle qui en a résulté suffit pour forti-
fier notre ténacité. Pensons à la Pologne et à
l’Espagne !

O Canada! chère patrie, nous te voulons forte
et unie, grande et noble! Nous te vouons un atta-
chement inébranlable et voulons devenir de véri-
tables piliers dé défense, de victoire et de paix t

Le mot Ï?£? S Î^L ÎL Jïïîî!!!, , »: I Chompions Intromuroux

Le mot de passe des conjurés d’Hernanl tom-
bant en plein 20ême siècle pour servir de devise
aux étudiantes de Notre-Dame, voilà qui peut pa-
raître un anachronisme hardi. — Rien n’est moins
identique au Romantisme de la bataille d’Hemani
que 1942 . . . rien n’est moins semblable ê la lan-
goureuse Dona Sol que notre jeunesse collégiale
féminine. — Et pourtant, la vieille devise latine
(puisque V. Hugo l’avait empruntée de l’antiquité
classique) est encore capable d’exprimer la force,
la valeur, la puissance de nos aspirations moder-
nés. Une devise, n’est-elle pas le reflet d’une
àme 7 Une devise ne traduit-elle pas un mode
d’agir ? Vive la nôtre qui nous pousse « au som-
met per « Anguita » . . . « ûu± plus hautes cimes
par V effort’ — à des résultats augustes par des
voies étroites. Le « sommet », l’idéal pour nos m-|
telligences: le savoir; pour nos dmes: la vertu
Angusta ? Tout ce qui peine, que nous bravons,
avec courage: les difficultés de l’étude, les tenta-
tions de la vie facile, le risque du moindre effort.
Par une vie montante, nous tendrons avec « le po-
tentiel » de celui qui veut vivre sa vie bien pleine,
vers l’Idéal, source du bien, du vrai, du beau !

Ad Augusta ! voilà donc le tremplin de nos
vingt ans, notre mode d’ascension moderne, notre
mot d’ordre qui nous aidera à sortir des sables
mouvants d’une vie trop molle qui tend à exercer
son emprise sur nous et à noué enliser dans l’apa-
thie de l’inaction. Per Angusta, nous demeurerons
fidèles aux traditions, aux convictions, aux espé-
rances de notre jeune Collège.

Sa tradition vaut le nom qu’il porte, « Notre-
Dame », trois fois séculaire en notre pays. Ses
convictions sont le fruit de Véducation sérieuse,,
solide et vraie, servie chez nous sur une table gé-
néreuse: habitude de la discipline morale, besoin
d’une règle, fut-elle bénigne, pour fouetter le cott-i
rage, fortifier V endurance et pétrir le caractère.
Quant aux espérances, elles arborent toutes let
couleurs: le bleu mariai du dévouement dont
l’ombre du service du Maître; le rose du berceau >
qu’on balance au foyer chrétien; le vert de la con- ,
fiance en la bonté de la vie, puisque moniale,
mère, étudiante ou « gardienne du foyer » toutet[
ouvrent un sillon parallèle qui mène au même but: :
"Ad major em Dei amorem." Oui, tout cela tient *!
dans notre devise . . . Aussi, chaque soir, à Vheu- *
re où toute collégienne descend en soi-même, «o-E
tre motto nous rappelle que. l'effort est quotidien.^
"per Angusta"; qu'il faut l'accepter pour éviter le
danger de vieillir inintelligentes, inutiles et éttan-.,
gères aux problèmes qui nous entourent commey
aux tâches jamais remplies, parce que nous au-K
rons détourné les yeux des sommets "Ad Augusta".]

Vive donc notre devise qui nous permettra de.
grandir par V accroissement de nos activités et dej;:
notre influence morale î Vienne le jour où lesu-
murs eux-mêmes de notre collège devront céderfc
devant le nombre et reculer leurs bornes pour ac-t
cueillir les étudiantes de Vavenir qui viendront^
grimper, joyeusement, après nous, la colline du
Savoir « ad Augusta

Glane

per Angusta » t
Collège Notre-Dame *43

littéraire . . .

lion, l’auteur tragique, eut Z’softfJ

Un jour que Crédillon, l’auteur tragique,
neur de parler à Louis Jty, le Roi lui dit:

« Vous êtes bien vieux. Monsieur de Crébillon; vot
avec quatre-vingt-cinq ans ».

« Sire », répartit celui-ci, « ce n’est pas moi, c’est
baptistère qui les a ».

Un duc de Duras, voyant Descartes qui faisait boni
chère, lui dit en raillant: « En quoi! Les philosopht
usent ils de ces friandises? » — « Pourquoi pas? » répondit
Descartes, « Vous imaginez-vous que la nature n’ait
duit les bonnes choses que pour les ignorants ».

Un jeune poète, (un poète imberbe probablement)
présente chez Piron, pour savoir de lui auquel des
sonnets qu’il venait de faire il donnait la préférence.
Piron, celui « qui ne fut rien**

« Pas même un acaAémicien m
lit le premier …. « J’aime mieux l’autre » dit
sans en vouloir entendre davantage.

Un jeune fat s’assied entre Madame de Staël, et Mfl
dame de Récamier.

« Me voici entre l’esprit et la beauté » dit il — « Ou?
répartit la fille de Necker, « sans pos s éder ni l’un
l’outrer

CsSège Brujèrs,

13 novembre 1942

Pourrait-on jamais oublier ee soir du 1S novem-
bre, oà dans la salle académique du convint
pressaient collégiennes et amis pour félicite
celui mue ses qualités et son mérite ont placé à
tête de l’Université. Pour nous, c’est l’EVEl
MENT de l’année, «t U réception organisée
I T iasus o r du Très Révérend Père CoroelHer, O.
I., s’inscrit est lettres d’er aux *–ï fiW de
Maison, pour . . . M A thing of besuty . . . ss a
ferever. »

Au début de la saison de rugby, nous conce-
vions tous l’espérance de succès de la part des
ligues intramurales. Tout s’annonçait bien: les
équipes également réparties étalent fécondes en
loueurs de calibre supérieur. Maintenant que les
champions sont déclares et couronnés» nous pou-
vons nous prévaloir du succès le plus éclatant
qu’ont connu ces ligues depuis leur début.

En effet, les parties de eédule se sont louées
a merveille: aucun accident n’est survenu et cha-
que rencontre a Joui de l’enthousiasme outré des
partisans nombreux, de conditions Idéales pour
le rugby, et d’arbitres attitrés (un mot spécial
pour le Rév. P. « Tommy » Marcoux: son travail
inlassable comme arbitre- en-chef fut vivement
applaudi par tous). Certes les joutes ne furent pas
nombreuses, à cause de la rentrée tardive des
élèves, mais elles ont cultivé le bel esprit de com-
battivité chez les nôtres: plusieurs d’entre eux
ont sacrifié des congés précieux afin de perfec-
tionner leurs plans d’attaque et de défense. Pas-
sons en revue les résultats de cette année fruc-
tueuse, s*

Dans la ligue senior, -l’Institut finit au pre-
mier rang mais fut constamment pressé par les
Pensionnaires (o-0, 8-7) et les Externes (6-0).
La ligne, avec des piliers tels que Dubé, Kushner,
Joyal et McBain, forma une barrière infranchis-
sable pour les plongeons. Il fallut donc tenter des*
courses et des passes mais le capitaine Bélec avait
placé ses charges aux points vulnérables. Lors-
qu’ils possédaient le ballon, Bélec, Kushner, Harcc
et Racine amassaient les points.

L’équipe des Pensionnaires, moins pesante
tant sur l’arrière-champ que sur la ligne, était
pourvue cependant de bloqueurs solides. Se ser-
vant de la formation « T », elle déploya jm bel as-
. sortiment de passes, courses, et plongeons. Proulx,
Cloutier et Bernier dominèrent le jeu dans cha-
que partie. Sur là défensive, les secondaires
Proulx, Latendresse et « Oab » Benoit plièrent ra-
rement, o

La surprise de la saison fut sans contredit le
club des Externes. Au début, on s’attendait à des
victoires écrasantes sur ceux-ci mais dès la pre-
mière partie, ils luttèrent avec une ténacité inouïe
‘pour inspirer la peur dans les camps ennemis.
Malgré les attaques de Fréchette, St-Louis, Ter-
rien, et le beau travail défensif des frères Lau-
rier, les gars de Dostaler ne purent pas participer
aux joutes éliminatoires.

Le championnat allait donc à l’Institut ou
aux Pensionnaires.. Ceux-ei remportèrent une
victoire éclatante par le pointage de 16 à 7. L’équi-
pe de Desmarals jouit d’une supériorité irrécu-
sable; les plongeons de Proulx, Latendresse, les
courses de Cloutier et Cantln, les arrêts solides
des Benoit, Brazeau, Bernier et R. Cloutier, lui
valurent trois touches et une convertion.
Après un repas succulent, vainqueurs et vaincus
applaudirent les discours des capitaines Desma-
rais et Bélec qui se félicitèrent l’un l’autre. « Ju-
nior » Lapensée ajouta quelques gestes et paroles
bien appréciés.

Chez les juniors, le club de Pierre Michaud
ne reçut virtuellement aucune opposition, enfon-
çant les équipes de D’Aoust et de
Therrien sous des blanchissages humiliants. La
lutte promettait d’être serrée à cause de l’équi-
libre que possédait chacune des trois équipes.
Alors, comment expliquer ces déroutes? C’est que
Michaud a fait pratiquer son club maintes et
maintes fois; il a su aligner et instruire ses co-
équipiers de la manière la plus avantageuse; sur-
tout, il s’est dévoilé lui-même le meilleur joueur
de la ligue par ses courses rapides et ses juge-
ments, adroits. La partie décisive aboutit à une
victoire de 8-0 sur l’équipe de Tl-Jean Therrien.
Le championnat sourit donc aux représentants
fougueux de Michaud mais non sans avoir passé
un vilain quart d’heure contre Therrien et ses
Joueurs, qui imitèrent le Jeu et l’entrain farou-
che de leur capitaine.

One large part du succès remporté par ces li-
gues est due au dévouement sans borné de leur
organisateur, le Rév. P. Paul Côté, er A l’esprit
combattu des Joueurs eux-mêmes. Parmi ceux-ci,
quelques-uns ont démontré une habileté et un es-
prit d’équipe plus grands que d’autres; ils ont
ainsi mérité une position sur les équipes d’étoiles
de la Rotonde que voici:

Ligue Senior — voltigeur: Prouhr; demis: St-
Louis, Bélec, Latendresse; quart: Rocque;
centre: Benoit G.; intérieurs: Kushner, Lau-
rier C; milieux: Benoit J,, Laurier H.; exté-
rieurs: McBain, Chaput.
ligue Junior — voltigeur: Sylvestre; demis: Mi-
chaud, Blanchette, Coté; quart: Therrien;
centre: La forêt; intérieurs: Morin R.; Hac-
xett M.; milieux: Bessette, Messier; exté-
rieurs: D’Aoust C, Ducharme.

Entremets
Sportifs

Nous avons constaté avec contentement que
nos entremets sportifs, furent fort bien goûtés par
les étudiants. Cest en plein Je but que nous nous
étions proposé; espérons qu’Us connaîtront un
succès aussi marqué au cours de Vannée.

Nos prédictions de gouret ont été la cible de
protêts innombrables mais nul fut aussi véhément
que celui de notre bon ami Gérald Philip. Dans
une lettre à « Co » Rochon, « Qerry » se déclare un
partisan exalté des Feuilles d’Erable de Toronto
et leur accorde non seulement le championnat,
mais aussi toutes les coupes. Qui vivra verra !

« Ti-boeuf » Méthot perfectionne son anglais de
plus en plus, au grand soulagement du Major
Lynott.

Interprétation diverses du mot « bonheur »:
« Tiger »: l’argent — Joe Richer: faire un « short »
au ballon au panier — « Pep » Laçasse: un gymnase,
un ballon, et dix parties consécutives — « Ti-Jean »
Rochon: un « triangle rougis**, avec un peu de
brun, quelque chose de bien — Bellemare: une
brosse — Durand: écouter avec extase les records
de Rosaire Morin, baryton par excellence — J.
Belleau: critiquer — C. B. Major: « Qu’à la ma zoo,
par glaine mille heures » — *Veep »; un enjeu de
dix-sept « bidous ».

‘ »" »Evénement de la semaine: on rapporte -d’une
source autorisée qu’Yvon Pépin, inspiré sans dou-
te par la première neige, a acheté deux douzaines
de cartes de Noël, les a toutes adressées à Lucille,
et les a mallées dans une boite d’alarme.

L’ami Rossignol, à peine rétabli d’une opéra-
tion pour l’appendicite, eut une attaque d’épilepsie
à la vue des notes de philosophie qu’il avait à
copier.

Les caprices de la guerre: le petit Guy Côté,
qui areu la permission de sortir à « Hallowe’en »,
n’est pas encore pourvu d’un* uniforme deCE.O.C.
il devra se faire confectionner un habit propre
à sa taille.

Ambitions secrètes: Raymond Bruneau, grand
commerçant aux collets blancs: être le futur an-
nonceur du programme « Un homme et son péché »
– Vaillant: garder le pas dans les exercices du
C.E.O.C. — Gilles St-Jacques: grandir d’un pouce
afin de surpasser ses frères « Pearl » et Ernest —
Hubert Lemieux: jouer en cachette avec Ray Le-
febvre — Jacques Paquet: donner une bonne ra-
clée à Simard, il ne pourra jamais lui la donner
à moins que la graisse soit à la ration — votre
rédacteur: rédiger à date fixe des articles qui
rempliront les voeux de ses lecteurs.

Fernand LaBrosse.

Paul OLLIVIER, pi-
lier offensif et défen-
sif ée sos juniors.
qui s’est dévoilé le

meilleur joueur de
la ligue.

(Pboto Ta il le fer)

Trio qui promet beaucoup — Lapensée, Délisle,
Fergus Ducharme.
La Rotonde offre ses félicitations les plus

sincères aux membres des équipes de Desmarais,
de Michaud, et aux étoiles! F. I*

S

Nos Juniors glorieux dans
la défaite

Le 13 novembre dernier, sur le gril glacé de l’O-
vale, se décidait le championnat de la ligue de
rugby Junior intèrscolatioue: cette finale, mettant
aux prises l’Université et Tech, résulta en une vic-
toire de 2 à 1 pour le Rouge et Noir.

La scène, ce vendredi après-midi, aurait plutôt
fait l’objet d’une description magnifique de Cha-
teaubriand que le théâtre d’une joute d efootball:
l’Ovale, revêtu d’un manteau épais de neige, une
foule enthousiaste de 1,500 étudiants et étudiantes,
rangées sur la lisière du champ, les contratstes ac-
greiottant par un vent d’hiver, les. automobiles
cordés par la variété de couleurs, tout ceci dans
une atmosphère d’attente fiévreuse.

Cette partie sera à jamais dans l’esprit t?s
spectateurs car même s’ils ont connu la défaite,
nos juniors ont donné une exhibition merveilleuse
de détermination et d’esprit d’équipe. On parle
encore dans nos corridors de leurs efforts sur-
humains et on cherche la raison de cette défaite’
amère. Pour ceux qui n’ont pas eu la bonne for-
tune d’assister à ce drame sportif, nous en donnons
les faits saillants.

Ollivier botta loin A Kelly pour commencer la
partie. Celui-ci, durement frappé par Leroux,
échappa le ballon et Leroux en pris possession
sur la quarante de Tech. De là, Ollivier, favorisé
par le vent, botta avec adresse au-dessus de la
ligne ennemie et Kelly, craignant une autre mise
en échec de Leroux, accorda un point a l’Univer-
sité. Comme aucun club ne pouvait tenter des
courses et des passes A cause du froid rigoureux,
cette avance valait alors cent points. Mais dans la
seconde demie. Tech fut favorisée à son tour par
le vent et Kelly enregistra deux points sur deux
bottées consécutives pour envoyer les siens sur le
sentier de la victoire! Mais les nôtres, refusant
d’accepter la défaite, entreprirent une marche
graduelle vers les buts ennemis. Dans la dernière
minute de jeu, Ollivier tenta un dernier effort en
frappant de la quarantière verge, la ligne de Tech
fonça à travers nos vaillants porte-couleurs et
bloqua la bottée. Le sifflet annonça la fin d’une
partie émouvante, une belle victoire du Rouge et
Noir sur le Grenat et Gris.

‘ ‘nsi se termine une autre saison de rugby A
site: la saison la plus fructueuse rru’elle ait
c- *na depuis 1937, l’année où le Grenat et Gris
mérita le championnat junior. Ce succès éclatant
et inattendu revient d’abord aux joueurs eux-mê-
mes, en particulier Ollivier, Leroux, Gauthier,
Paiement. Muretich, et Pastorelle, ensuite, à l’ins-
tructeur Arnie McWatters qui a réuni ses qualités
de gentilhomme avec celles de chef pour ,gas;ner
la confiance et le respect de ses joueurs pour qui
il s’est dévoué corps et âme; enfin, il faut attribuer
ce succès à tous, ceux qui avaient des fonctions a
remplir: Ray Lefèbvre. assistant-pilote, le Rév. P.
Ubald Boisvert. préfet de discipline. Marcel Joyal,
entraîneur, Durand et Ducharme, mascottes, Yvon
Laçasse, coryphée, Jean Belleau et Louis Rocque,
jmblicistes. f. l.

Dîvison dès Petits

Depuis deux semaines les ligues intramurales
de Bailon-au-Panier de la division des Petits
battent leur plein. Le meilleur entrain sportif et
une rivalité bien légitime animent les nombreu-
ses équipes des trois différentes ligues: Senior,
Junior et Midget. »

Chez les Senior, la lutte promet d’être con-
testée entre les clubs d’Aimé Robitaille, Jules
Biron. Bernard Taillefer et Marc Rochon.

Dans la section Junior. il y aura de durs com-
bats entre les équipes de Michel Lemieux, Gilbert
Jolicoeur, Joseph Beauchamp, Jean-Louis St-
Pierre et Jean-Raymond Trudeau. Tandis que
chez les Midgets, les clubs de Paul Rouleau,
Robert Diguer et Paul-Eugène Robitaille ne se
sont pas encore dit le dernier mot.

Il nous fait plaisir de féliciter et d’encourager
les organisateurs de « Soirées Sportives » chez les
Petits. En effet, pour passer agréablement les
courtes récréations du soir– en attendant « Dame
la Glace » . .: . un groupe de nos jeunes ayant à
leur tête: Robert Caron, Roy RousseUe, -Marcel
Perreault, Jacques Gagnon, organisent de temps
à autre des- combats de boxe, courses et autres
attractions, à la grande joie et des « figurants »
et des « assistants » . . .
N.D.L.R. _

Le, rédacteur sportif de cette page s’est passé sous
silence mais la direction de la Rotonde ne peut pas
publier cet article sans mentionner la part immense qu’il
Sx prise dans les ligues intramurales. Tant d’abord, il
fut membre de l’équipe de Desmarais, la dirigeant avec
adresse et la menant au championnat presqu’à lui seul,
en comptant vingt-trois des trente-neuf points amassés
_ __T–j__ clt> ° durant la saison entière. Il fit aussi ses
preuves comme instructeur en inopérant le feu sacré à
Michaud et à ses coéquipiers.

Nous félicitons de tous ses exploits valeureux notre
rédacteur sportif.

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LA ROTONDE, 4 DECEMBRE IMS

Les étudiants de l’Université jouent

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Imagina ire

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de Molière

Cum Grano Salis

N’oubliez pas, les gars: notre grande pièce an*
nuelle sera jouée le dix-neuf décembre, dans la
salle la plus moderne de la ville . . . Alors, ne
retardes pas, c’est le temps de remettre vos poli-
tesses . . . Faites vos invitations et vos réserva-
tions dès maintenant.

Lm confrères de Montréal et de Québec savent
recevoir leurs amis d’Ottawa . . . Parlez-en un
peu à notre président, Jean Lupien, qui revient
d’une petite vacance dans ces parages . . C’en
est un autre qui atteste de l’incroyable popularité
auprès de nos petits Kakis, du « Océan Limitée »,
surtout de Montréal a Lévis.

A noter, cette année, que le couvent de la rue
Rideau voit au support moral des collégiens, du-
rement éprouvés par la guerre . . . Tout à com-
mencé avec la randonnée de Sauvé, la soirée chez
Goulet, ensuite chez Dubé et dernièrement chez
Cloutier et puis . . . C’est à déplorer que vos hum-
bles serviteurs n’aient pu être présents … On
aurait pu s’amuser et même faire un petit repor-
tage de vos faits et gestes . . . Avis aux intéressées:
on peut toujours faire connaître nos identités, si
c’est nécessaire.

Un ancien confrère et collaborateur à la
« Rotonde », le lieutenant d’aviation Jean-Yves
Bigras, assistait à la pièce Planchette », si bien
rendue par les artistes du Caveau . . . Notre ré-
dacteur-en-chef fut un excellent Père Morillon-
Témoignage du magnétisme des acteurs: Major,
Sarra-Bournet et D’Amour parmi l’assistance.

Nous déplorons la perte de Léo Convey, Clé-
ment Hall et Lionel Lozier, trois de nos anciens
morts au champ d’honneur … Ce dernier, fami-
lièrement connu sous le nom de « Ti-Boeuf », fut
longtemps le piller de nos équipes de ballon au
panier et de rugby et en même temps l’un des
étudiants les plus populaires . . .Avant son entrée
dans le Corps Aérien américain, Lionel était étu-
diant au» Séminaire Universitaire.

Cadet Normand, C482058, et Cadet Massi-
cotte, C482059, nous prient d’annoncer qu’ils re-
grettent beaucouD le déshonneur qu’ils ont fait
rejaillir sur l’un des meilleurs pelotons de notre
Corps-Ecole . . . Espérons que leurs bons senti-
ments laveront une telle tache . . ? ^_j
D’après certains observateurs officieux, l%mi
P. Oarneau devra rationner ses randonnées de
ski, cet hiver . . . c’est dur la primauté des études…
Et « Pete », commentant l’actualité: « Ah, si les murs
chez nous savaient parler. » . . .

Simard et Latrémouille se précautionnant
contre le froid aux parties de rugby … et Léo
nous raconte ses aventures de Cornwall . . . Lan-
glois, le grand chimiste, perdu dans la fumée de
ses expériences . . . Racine allant se consoler aux
parties de gouret … Le « mldshlpman » Lionel
Boyle apprécie les saluts des soldats, marins et
aviateurs de la Colombie Canadienne . . . l’ami
John Burroughs admirant les freshettes du Me*
OUI . . .

Cette année, il y a affluence d’étudiants aux
concerts Tremblay . . . (La plupart sont placiers)…

Au collège Notre-Dame, on reconnaît les
chef -d’oeuvres de Clem Beauchamp . . . (Cf: le
Fulcrum, dans la colonne dévolue à cette institu-
tion, paragraphe au sujet du A.C.) . .. . Telles sont
les gloires de l’anonymat . . .

Le poème du mois:

C’était un soirée novembre très sombre,
Deux silhouettes avançaient dans l’ombre.
La petite fille du marchand de lin
Jouait le rôle de bon Samaritain.
Mais tout en se traînant
Supportait son fardeau pesant
Qui était la grande risée – #

De tous les gens attardés.

î/ »Atttisophe » de L. Monty, très bien accueilli
dans certains milieux mais chez d’autres … La
Bruyère avait raison de dire: « Les vérités qu’on
aime le moins a entendre sont celles qu’on a le
plus d’Intérêt à savoir. » . . , Poursuis ton oeuvre,
Lomer . . .

J. Lupien semble avoir déclenché une vérita-
ble mode, l’été dernier, en se faisant opérer . . .
plusieurs de nos collégiens et de nos collégiennes
ont soin son exemple . . . Votre correspondant
attend justement l’occasion de passer sous le scal-

Ouy Beaulne

Kértte

du

dernier rôle

joué par .

Molière

‘Ah!

Acte 1er, scène 1ère

mon Dieu ! lk mc laisseront ki mourir. »

Argan.

A l’Ecole Technique

Le 19 déc. 1942

PRIX DES BILLETS
Matinée: 25 sous, 50 sous
Soirée: $1.00, $0.75, $0.50

pel pour décrire ses expériences et remplir une
page de la « Rotonde » … A tous les invalides, nous
souhaitons un prompt rétablissement.

Le départ de nos copains du commerce a été
constaté avec grande tristesse surtout celui du
grand chef . . . heureusement qu’ils nous revien-
nent au mois de janvier.

C’est à Pollux que l’ami Fernand Potvin a

adressé sa petite correspondance d’Egypte … et

cela expressément pour la Rotonde qui la publie

en primeur . . . Fernand reçoit notre journal ré-

* gulièrement.

Oagnon et Brunelle, amis inséparables des
concerts … la bienvenue du frère de Deshaie . . .
félicitations au caporal Belleau et au sergent
Leduc . . . Les échos de la Société des Débats fran-
çais retentissant jusqu’au Plateau, à Montréal ..
continue Godard … et Pilon et Bélanger deman-
dent une nouvelle lutte contre leurs mêmes ad-
versaires

Vos dçux serviteurs sollicitent plus de colla-
boration (indirecte) de votre part . . . Démenez-
vous qu’on parle de vous ! . . . Nous vous promet-
tons de petites surprises pour la Noël . . .

Au revoir aux magasins ou au bureau de poste.

Castor et Pollux. ?

* ‘ i ? f t ? _ ?

‘Toges ou armes »

La Ligue des Débats interuniversitaires présen-
tera son grand débat annuel entre les universités
de Québec, Montréal et Ottawa au mois de février.
L’assemblée du conseil de la Ligue s’est tenue à
l’Université Laval, Québec, le 34 novembre dernier.
M. Jean Lupien, président de la Société des Débats
français, et le R. P. A. Oumdon, OM J., directeur, %
prenaient part aux délibérations. MM. Gabriel
Marchand et Maurice Noiseux, président et vice-
président de la Commission des Débats de l’Uni-
versité de Montréal, représentaient Montréal; M.
Robert Cliché, président des Débats à Laval, prési-
dait la réunion et représentait Québec avec MM.
Claude Gagnon, Claude-B. Gagnon, Jean Guérin,
Jean-Paul Martel et Georges Adam.

La séance fut des plus amicales et Ton en vint
rapidement à une dérision sur le sujet A disci
cette année. « Toges on Armes » sera la question qui
permettra aux étudiants des trois universités de
mesurer leurs forces oratoires le 25 février 1943.
Le conseil a cru trouvée dans ce sujet un élément
d’intérêt de premier ordre pour tous. Question
d’actuelle importance en effet que de savoir si
l’étudiant, dans l’intérêt du pays, devrait suspen-
dre ses études pour les armes.

Les étudiants de Québec avaient eu l’heureuse
idée de convoquer cette assemblée le jour même
de leur grand gala artlsitque au Palais Montcalm
ou tous se rendirent sous l’aimable invitation de
M. Lomer Brisson, président de l’A.G.E.L. Jean Lu-
pien y représentait l’Université d’Ottawa.

Chaleureuses félicitations à M.Laurent Cantln,
président de la Commission du Gala Artistique, et
aux étudiants de Laval. «

Zip survole la Basse-Cour

– DERNIER RAID DE 1*42 —
Cinq fois heureux: ,

Il paraît que « Turp » Jr. était bien coûtent de retrou-
ver son $5.06. — *

S’U ne peut pas oublier de payer la « traite »! …
Aspirant désappointé:

Console-toi Marcel T. canes attendant de briller l’an
prochain dans les Junior interscolastiques au hockey,
tu vas être une « ETOILE » chex les Petit* . . .
Comble de la distraction:

1 — Ti Doc B. qui remet à son professeur une page de
sa grammaire latine au lieu de son devoir latin! ! !
2– Puis Jean P … qui est toujours à la recherche
de quelque livre oublié . . . quelque part . . .
Dernières indiscrétions de 1842:

4 déc: Michel L’Optimus! . . .

Gilles B (12+1+rt)?

Marcel T. . . encore un ah pour essayer
Junior au Hockey . . .

Pierre C. . . qui roule sur son année
chanceuse . . .
Marcel N.
cinthe! . .
Roger R.
d’Ontario .

Roland … de la tribu du Saint roi David.»
Marc. . . de la « Bello-Monte » . . .
Ultime Bombe:

Nos meilleurs voeu à tous et spécialement à ceux qui
ou qui seront atteints dans nos raids futurs . . .

I déc:

13 déc:

16 déc:

1S déc:

2S déc:
23 déc:

de la beUe ville de St-Hya-

le gros court

du nord

furent

Aventure égyptienne

La fleur de notre jeunesse canadienne est à
écrire, sur tous les fronts de guerre, l’une des plus
belles péages dans l’histoire de l’aviation. Un an-
cien élève, confrère de la plupart d’entre nous, le
sergent-d’aviation Fernand Potvin, nous fait par-
venir cet extrait d’un journal du Caire.

« Ceci est l’histoire de deux Canadiens-fran-
çais, Bélec et Belleau, pilotes d’avions de chasse
à l’une de nos escadrilles du désert. o

Ils sont arrivés en Angleterre comme pilotes
volontaires, furent postés ensemble à la même
école d’entraînement, se retrouvèrent dans la
même escadrille de la R.A.F. et firent tous deux des
raids au-dessus du Continent. Quelques mois plus
tard, quelle ne fut pas leur surprise de se voir en-
core de compagnie dans une escadrille du Moyen-
Orient. Maintenant, le sergent d’aviation Wilfrtd
Bélec et le sergent d’aviation M. Belleau, tous deux
du CAH.c. exécutent ensemble des raids dans le
désert Sahara.

n semble que même le malheur ne puisse les
séparer. Tout récemment on les portait tous deux
manquant à l’appel et ils revinrent, tous deux,
sains et saufs, à leur escadrille.

Les deux copains étaient partis au combat
(mais non en même temps) et ils apaient expéri-
menté chacun de leur côté des aventures remar-
quables. Entre autres, ils firent leur premier saut
en parachute.

Bélec se vit arracher le bout de l’aile de son
appareil par un Messerschmitt 109 et était con-
traint d’exécuter un aterrissage forcé. Mais la
violence de ses mouvements avait rompu les cour-
roies qui le retenaient dans la carlingue. Bn s’a-
grippant désespérément au panneau de conduite,
il parvint à demeurer dans l’avion pendant quel-
ques instants mais il dut lâcher prise. Alors il fut
projeté en plein air, telle une fusée.

Il ouvrit son parachute et atterrit au milieu
de nos troupes. Ramené à son escadrille, il n’avait
d’autre mal que quelques contusions au visage oc-
casionnées par sa descente dans un bosquet d’épi-
nes.

Belleau était aussi à combattre un Messer-
schmitt Î09 et le Boche parvint à loger une volée
de balles dans la carlingue de son appareil.

« Le panneau des instruments fut réduit en
miettes, raconta-t-tt, et comme le réservoir était
crevé, je reçus en plein visage, une douche d’es-
sence. Mon avion commençant de plonger un peu
trop précipitamment, j’ai tiré sur mon levier de
commande mais il me resta dans les mains. Il
avait été tout simplement coupé en deux. »

« Lui aussi, tomba au m Ut eu de soldats amis
et, sauf quelques égratignures, s’en tira tndemme.
On le ramena chez- ses compagnons et nos deux
inséparables se retrouvèrent encore ensemble. »

(Texte traduit par Pollux)

llème année, Nu 4

-’T »~~^

18 décembre IMS

l§!

?’v-J

?

Directeur: Pierre do BeUefeullie

Organe de In So ci été dos Débats français et dos éldsJTnli de langue ff suças» do l’Université d’Ottawa

on chef : Guy

S. Exe Mgr Geo.-Léon Pelletier
auxiliaire de Québec

Monsieur l’abbé Georges-Léon Pel-
letier était aumônier des étudiants de
Laval depuis cinq ou six ans. et, pour
s’être occupé de si près de toutes leurs
activités, il reste, nous n’en doutons
pas, leur meilleur ami et confident
Un bon nombre d’étudiants d’Ottawa,
comme de Montréal d’ailleurs, ont eu
le bonheur de le connaître et d’appré-
cier ses hautes qualités de coeur et
d’esprit à l’occasion de congrès ou de
rencontres d’étudiants des universités
soeurs. Son élévation à l’épiscopat,
comme deuxième auxiliaire de S. Em.
le cardinal Villeneuve, O.M.I., arche-
vêque de Québec, réjouit tous les
coeurs.

Les étudiants d’Ottawa s’unissent à
leurs confrères de Québec et de Mont-
réal pour féliciter chaleureusement
S. E. Mgr G.-L. Pelletier et lui souhai-
ter un long et fructueux épiscopat.
Au demeurant, ils osent manifester le
désir que les nouvelles tâches et les
préoccupations de S. E. ne les prive-
ront pas entièrement des bienfaits de
sa riche’ expérience et de ses talents
précieux que son prestige épiscopal
consacre.

^

Tel père . . o

o

M. Léonard

Monsieur Léonard Beaulne est un des
citoyens de la capitale qui compte le plus
d’amis: ses qualités personnelles et le rôle
qu’il a toujours joué dans notre milieu en
sont la cause, et la foule qui assistait l’an-
née dernière à la célébration de ses noces
d’argent le prouve esses. Aussi, à cette
occasion, la Société des Débats français
a t-elle voulu rendre sa part d’hommages à
l’heureux jubilaire en lui remettant un ma-
gnifique cadre-souvenir.

L’année 1943 marquera le vingt-cinquiè-
me anniversaire de sa nomination a la
direction artistique de la Société des Débats
français. C’est dire que M. Beaulne a ini-
tié des générations et des générations d’étu-
diants à l’art oratoire et dramatique. Si
plusieurs de nos Anciens font bonne figure
à la radio ou sur les plateaux du théâtre
français ches nous, ils le doivent en grande
partie à ses conseils, à sa direction sage et
compétente. La Rotonde de février 1938
publiait la liste des pièces qu’il a présentées
au public d’Ottawa. En 1939 les étudiants
jouaient « La Première Légion » par Emmet
Lavery, traduite par M. Jean Sylvain; en
194041, « Topaze » par Marcel Pagnol, et
en 194142, « Pasteur » par Sacha Guitry. Si
« Le malade lataginaire » de Molière, a l’affi-
che cette année, n’est pas aussi moderne
elle est certes plus classique et dans son
genre Molière ne sera pas .surpassé de sitôt.

Que M. Beaulne trouve ici l’hommage
sincère de tout lel étudiants de langue
français*.

Noël aux tranchées

– Orand-père, grand-père, allons sois gentil ! Tu veux bien nous faire
plaisir? C est demain Noël, tu sais. Raconte-nous l’histoire de Clopet: tu
nous l’avais promis. Dis, nous n’avons pas sommeil.

La moustache blanche frissonna doucement sous une nouvelle bouffée
de tabac. Orand-père fixa les yeux longuement sur les cendres créplllantes
de Vôtre qui sembla se transformer tout à coup. 9

XXX

C’était décembre aux tranchées. , La terre boueuse de sang et de pluie
était recouverte d’ulcères profonds. L’air plein de ces odeurs de pourriture
qui émanaient des cadavres en décomposition était lourd et suffoquant. La
plaine soupirait et râlait sous l’orage d’obus. Le soleil apeuré retraitait à
l’ouest et l’ombre se glissait jusqu’aux lignes.

Ah! la nuit dans la tranchée . . . Ne rien voir et ne pouvoir rien ….
le ronronnement des mitrailleuses qui guettent, le hurlement des obus qui
fendent l’air, les fumées qui tuent, les cris qui agonisent . . . C’est affreuxl

Depuis un mois nous vivions dans cet enfer. Nous vivions . . . plutôt,
nous existions. Terrés dans ces trous sombres, comme ‘des bêtes qui épient,
affolés par ces cadavres sur lesquels nous marchions et dont les os cra-
quaient sous nos bottes trempées, nous ne pouvions même plus penser.
C’est d’instinct que nous nous mouvions. Ah! c’était horrible mes enfants.
Il faut s’être battu pour savoir ce que c’est que la guerre. Pourtant, nous
sentions quelque chose remuer sous nos carcasses endolories’. Le coeur, ça
bat toujours à la bataille et ce coeur-là était pour chacun de nous comme
le tambour du régiment. Il tapait fort et étourdissait le bruit des batteries.
Notre vieux coeur rêvait lui aussi d’aventure et de gloiret

X X X

Or nous étions, par ce vingt-trois décembre, à plusieurs milles d’un de
ces petits villages français qu’on dit qu’ils fument leur pipe à voir les spi-
rales qui s’échappent des cheminées. Il faisait très froid par là-bas. Nous
nous étions rassemblés, quelques camarades, et nous goûtions le bouillon
qu’on venait de nous apporter. Au fond, dans un coin de la chambre, Clopet,
un beau gars du pays et qui n’avait pas encore la trentaine, dictait à un
ami quelques mots que ce dernier écrivait à la hâte sur une carte postale.
Clopet était soucieux. On ne pouvait pas savoir ce qui se brassait dans cette
cervelle-là, mais on aurait dii qu’il avait comme un pressentiment. C’est
peut-être pour cette raison qu’il écrivait chez lui ce jour-là. Bientôt, ce se-
rait Noël . . . Il rêvait sans doute è tous ces beaux Noëls qui avaient précédé
la guerre et il pensait à tous ceux qui la suivraient . . . Nous autres, on at-
tendait Vateaquè,

Tout à coup, des pas sur l’escalier de planches mal ajustées: un mili-
taire, porteur d’une dépêche, s’avança vers Clopet. Celui-ci se leva tran-
quillement après avoir lu, et descendit vers nous.

Un rire nerveux le secoue: « Ah! les salauds, dit-Il, Us m’en veulent donc
encore! Ça y est camarades . . . Clopet passera sa Noël à Saint-Luc . . . Vous
voyez comme on me gâte! » Devant nos yeux étonnés, il continua: « Le com-
mandant m’envoie comme estafette au hameau. » Ses yeux étaient devenus
luisants: il pleurait. Il nous embrassa tour à tour et sa large main trem-
blait en serrant la nôtre. Il se retourna vers celui qui écrivait: « Eh! n’ou-
blie pas de mettre: je vous embrasse bien fort. »

Je ne dormis pas cette nuit-làl Clopet vint me trouver. Il était très
nerveux et respirait bruyamment. ,11 m’avoua que pour la première fois, il
goûtait la vie. Il trouvait tout si beau, si magnifique. Il parla longtemps
comme pour ne pas s’apercevoir du passage des heures, et enfin, quand vint
l’aurore, il se mit à sangloter, m’embrassa et sortit.

A dix heures, U avait traversé le premier fil barbelé et longeait la forêt
du Roy. Il marcha longtemps, longtemps et il faisait déjà noir quand il ar-
riva au ruisseau qui sépare Saint-Luc du village de Moullet. Il suivit la
rive avec précaution. La nuit se grisait de poudre.

Clopet tressaillit tout à coup. Il venait de frapper du pied un corps qui
gisait près d’un bosquet. Le cadavre était encore tout chaud . . . L’ennemi
avait donc passé. Clopet hâta le pas. Il franchit le ruisseau et aperçut
bientôt la silhouette sombre du hameau, que la lune trahissait.

Il soupira d’aise . . . Un coup de feu partit . . . Clopet porte la main à
sa poitrine et tombe … 71 n’aura donc pas réussi lui non plus. Il tente de
se relever, mais déjà il n’a plus de force. Il frissonne; il se sent mourir !
Seul, il est seul dans la nuit immense. Il revoit mille choses. Des cloches
sonnent au loin, partout, tout alentour. Le tintement joyeux grossit et
l’étourdit . . . Noël!

Quoi? . . . c’est Noël au village! Mais il ne peut plus mourir . . . Les
voix s’élèvent dans le soir. Il voit des gens qui passent . . . Noël! Les voix
chantent doucement . . .
Du sang . . . un hoquet . . . un râle . J . Clopet s’endort.

X X ‘ X

On peut lire encore sur une pierre près du ruisseau:
Ici Clopet . . . mort au champ d’honneur!

C’est ainsi, mes enfants, que Clopet est mort. Des centaines sont morts
aussi par ce soir de Noël. Pendant que dans les villes, on fêtait et on s’amu-
sait, là-bas dans la tranchée, on se saignait pour repousser l’envahisseur
et sauver la civilisation . . . C’est pourquoi il faut penser aux autres qui
souffrent, à tous ces braves qui souffrent pour vivre et qui meurent en souf-
Jrantr II faut penser et prier, Guy BEAULNB

S. Exe Mgr Lewis (ollignon r
O.M.I., Ev. des Cayes, Haïti

N L’évoque des Cayes est passé à l’U-
niversité le 1 1 décembre et ses an-
ciens confrères de classe l’attendaient
dans la salle des Pères. M. Lionel La*
lande, professeur de français au Lis*
gar Collegiate d’Ottawa. Depuis près
de 15 ans, se fit le porte-parole du
groupe pour exprimer au distingué
confrère les souhaits et les voeux du
conventum 1923-1924. Il y avait au
fond de la salle, sur des appuis, un ri-
che complet d’ornements sacerdotaux
préparé avec soin par l’Ouvrolr Maze-
nod du Juniorat du Sacré-Coeur: c’é-
tait le souvenir des confrères à S. E.
Mgr Coliignon qui les remercia en/
termes émus. Et la conversation in-
time de’ s’engager sur des questions
canadiennes, américaines, et surtout
haïtiennes.

Nous apprîmes que le pays des
Cayes n’est pas précisément une ter-
re promise. D nous apparut, au con-
traire, comme un coin reculé et négli-
gé de l’ile, où la pauvreté, la misère
même n’est pas rare; sol montagneux,
traversé, ou plutôt contourné par une
seule route, exposé périodiquement à
des pluies torrentielles et à des oura-
gans dévastateurs, peuplé de gens
pauvres et riches jalousement divises
et attachés à de vieilles traditions in-
touchables. S. E. Mgr Coliignon
prendra possession de son diocèse le
25 Janvier prochain.

tel

fils!

Guy Beaulne

Depuis cinq ou six ans qu’il figure dans
nos distributions, Guy Beaulne tiendra
cette année un rôle-titre pour la première
fois. Le malade Imaginaire de Molière,
Argan, est un rôle assez difficile à repro-
duire; Molière lui-même l’a créé. Mais
notre ami Guy n’en est pas à ses premières
armes, il s’en faut. Les rôles qu’il a rem-
plis jusqu’ici, aux Débats français comme
au Caveau, lui confèrent un titre à notre
appréciation. Comme son frère Yvon qui.
l’année dernière, a campé un « Pasteur » que
tous ont trouvé parfait, comparable selon
d’aucuns à celui que fut Sacha Guitry, Guy
possède des talents indiscutables et il a du
métier. Le rôle d’Argan lui permettra de
donner toute sa mesure et il y aura foule à
l’Ecole Technique samedi prochain pour
voir le Malade imaginaire.

A son poste de Londres, le lieutenant
Yvon Beaulne regrette ne pas pouvoir assis-
ter à la pièce des étudiants; nous venons
de recevoir de lui le cfiblogramme suivant:

Décembre, Londres.
M. Léonard Beaulne,
676 King Edward, Ottawa.

Bon succès pour la pièce amitiées au
padre et aux copains. Yvon Beaulne

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Page I

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CEUX

‘<)

KENT ET ESSEX *.*

*

La revue des Anciens qui continue.

Noua avons visité Montréal et Québec.
La Métropole est passée la première pour
la raison que nous ayons donnée: la réunion
d’Anciens projetée pour Janvier; nous n’en
avons pas eu d’autres nouvelles mais nous
présumons que l’idée fait son chemin. Ma-
gnifique cette Idée de recevoir officiellement
le Recteur de l’Université parmi le groupe
Imposant des Anciens qui peuplent Mont-
réal; nous croyons lui avoir rendu service
en publiant les noms et adresses de ceux qui
le composent.

L’appel nominal de Québec servira,
croyons-nous, a consolider le noyau déjà
formé là-bas et qui marche rondement.

Nous traversons en Ontario où, naturel-
lement, les Anciens sont très nombreux.
Durant le temps des Fêtes l’année dernière,
Kent et Essex ont tenu une assemblée pré-
parée par les anils du sud sous l’instigation
du R. P. René La vigne, O Jf J.,’ qui avait fait
du recrutement dans la région pendant les
vacances précédentes. Il se peut bien que
cette année encore Tecumseh convoque, ses
assises. C’est aussi pour stimuler ce groupe
ontarien que nous lançons, dans ce numéro
de Noël, l’appel nominal de Kent et Essex.

ALLO! ALLO! KENT ET ESSEX

Les représentants de la région au

grand conseil

M. Donat Gauthier, Détroit, Michigan
M. l’abbé Pierre Boudreau, Bear Une,

Ont.

Dr Rosaire Lanoue, Tecumseh, Ont
Le comité élu l’année dernière

Président: Dr Rosaire Lanoue

Vice-prés.: Gérard Caron

Secr.-trés.: Adrien Létourneau, avocat

Conseillers: Dr Léo Walker, Raymond
Sylvestre, Dr Basile Ballard, Raoul
/ Gagner, Charles Marier, l’abbé Eu-
clide Chevalier.
Aubin, Charles, 3§17, Belvédère, Détroit, Mich
Aubin, Léo, 801, Norton Hôtel, Détroit, Mich
Baillargeon, Georges, Riverside, Ont
Baillargeon, Marcel, Tecumseh, Ont
BeausoleiL Oswald, 522, Hall Ave, Windsor, Ont
Bélair, Adolphe, 521, London West, Windsor, Ont
Dr Henri Bélanger, 151, Coolidge, River Rouge

Mich. ‘ .v .

Benoit Félix, 4M, Brettany, R.F.D., 497d Half-Way,

Mich.
Bergevin, G. Emile, 11013 E. Jefferson, River

Rouge, Mich.
Beuglet Or E., 605, Médical Arts, Windsor, Ont
Bétaire, Léo. 923 Ottawa, Riverside, Ont.
Ejudreau, Pierre, abfcé, Bear Line, Ont
Boulet Antoine, 392, Easen, Highland Park, Détroit
Bourdeau, J., 12», OneUette, Windsor, Ont
Bourdeau, Philippe, 1008, Pfflette Rd., Windsor,

Ont
Bourgon. A., T80, 25th St. App. 101, Détroit Mich.
Brisebois, Wilbrod, 89L Gladstone, Windsor, Ont.
Breault, Dr Henri, Médical Arts, Windsor, Ont
Brunet, Emery, 1034. Lansing Ave, Détroit Mica.
Campeau, Armand, Tecumseh, Ont
Campeau, Ernest J., 253, Lakeview St., Clair Shorea,

Mich.
Campeau, J. Edward, 13343, AverhiU Cte, Détroit

Mich.
Caron, Augustin, curé, Rivière^ux Canards, Ont
Caron, Gérard, Paincourt, Ont.
Caron, Réginald, CnathaSy RJt. 7, Ont.
C -on, Zéphir, Chatham, Ont.
Carrière, J. Berchmans 4883, 13th St., Détroit,

Mich.
Chaput Louis, T aealla, Ont
Chaput auiaselL Lasalle, Ont.
Chartrand, Roméo, 4838, Lodewyck, Détroit, Mich.
Chatillon, Alb., Ecorses, Mich.
Chauvin, Armand, McGregor, Ont
Chauvin, F.-X., 354, Pierre, Windsor, Ont
Chevalier, Euclide, vicaire, Sub. P.O., 11, Windsor,

Ont
Chevalier, Gérard, 504, Lincoln Rd, Windsor, Ont
Clément Noè Détroit Creamery, Détroit, Mich.
Ooutier, W. L, 10882 E., Jefferson, Détroit Ont.
Daniel, Hector, 5231, Manistique, Détroit Mich.
Caron, Dominique, RJt. 7, Chatham, Ont
Caron, Urbain, RJL 7, Chatham. Ont.
Caron, Napoléon, Paincourt, Ont
Dauphinais, Wilfrid, St Joachim, Ont
Bernera, Roland, Demen Eleetric, Windsor, Ont
Deawra, Conrad, Demen Electric, Windsor, Ont
Dénomée, Théophile, Brigg’s Manufacture, Détroit,

Mich.
Desjardins, Laurent Tecumseh, Ont
Desmaraia, Armand, Staples Esses Co., Staples, Ont
Desmarais. Emile, Pointe asm Roches, Ont,

c/o La Montfsvton. 888 BOiott Ave, Windsor.
Desmarais, Gabriel, Peinte aux Roches, Ont.
Desmarais, Alphonse, Wawerville, Ont
Ducharme, AbeL Sub. P.O., IL E. Wmdaor, Ont
Ducharme, Paul, Tecnmaen .Ont.
Dufaun, Georges, 888, Langlois, Windsor, Ont
Dufault, Ernest, 2083, Norman Rd, Wipdsor, Ont
DumencheL Egbert, Fire Dept Windsor, Ont
Ducharme, Eugène, Belle-Rivière, Ont
Dupuis, Ciiffort, 581, Doug ail. Windsor, Ont
Dupuis, Louis, 520, Ehn Ave, Windsor, Ont
Fnabert .Eugène. RR. 7, Chatham, Ont
Faubert. Hector. RJL 7, Chatham, Ont

Fnabert, Francis, Tilbury. Ont

Gagnon, Adélard, McGregor, Ont

Gagnon, Paillai, C. EL Smith * Co. Ltd, Windsor,

Ont
Gagnon, Antoine, C. H. Smith * Co. Ltd, Windsor,

Ont
Gagnon, Philippe, RJL 2, McGregor, Ont
Gagnon, Atftbroise, Pike Creek, Ont
Gagner, Gérald, 1078, May Ave, Wmdaor, Ont
Gagner, Rolland, Paincourt. Ont.
Gagné, Raoul, Paincourt, Ont
Gauthier, Donat 680, Delaware, Détroit, Mich.
Gélinas. Lorenzo, Sub.P.O., 12, Windsor, Ont.
Girard, Philippe, 320, Toacarora Ave, Town Hall,

Sandwich, Ont
Girard, Clifford, Séminaire London, London, Ont
Gourd, Francis, 880, Parent Ave, Windsor, Ont
Grave!, L , 1580, Ottawa St, Windsor, Ont.
Gravel, Wilfrid, RR. 2, Tecumseh, Ont
Janisse, Denis, 1 8189, Parkside Ave, Détroit, Mich.
Janisse, Antoine, 878, Hall Ave, Windsor, Ont
Labadie, Jos., 3837, Riverside, Windsor, Ont
Labelle, George*, 2605, Elnhurst, Détroit Mich.
Lachance, Denis, Tecumseh, Ont
Lachance, Laurent RJt 1, Tecumseh, Ont
Laforet Alfred, Chatham, Ont
Laforet, Ray, Tecumseh, Ont
Lalonde, Orner, R.R. 2, Maidstone, Ont
Emery, Raymond, 001, Gladstone, Windsor, Ont.
Langis, Wilfrid, MacGregor, Ont.
Langlois, Cliffort c/o Essex Packers, 021, Marion,

Windsor, Ont.

Tableau d’honneur

Dority Earl — Aviation, mort au Canada
Fariey Roland — Armée, mort en Angleterre
Hall Clément — Armée mort en Angleterre
La flamme Canaille — Armée, mort en Anglet.
Levier Lionel — Aviation, mort aux E.-U.
Ribout Jof fre — Armée, mort en Angleterre
Sabourln Jean-Paul — Aviation, mort en Libye
Séguin Joffre-Marc — Armée, mort en Ang.

Sous d’autres cieux

La Rotonde a déjà publié une liste de nos
Anciens engagés dans tes forces militaires cana-
diennes ou américaines. Nous sommes à complé-
ter cette liste qui comprend déjà plus de 600
noms. Sri la relisant nous constatons que ceux
dont les noms suivent sont actuellement outre-
mer. H va sans dire encore ici que nous n’avons
pas tous les noms; nous soulignerons au passa-
ge las disparus et les prisonniers.

Addy George — Armée, Angleterre
Aubry Syivio — Ar., AngL
norsaleu, Robert OJf X — Pris, en Allemagne
Baril. Paul — Aviation, Angl.
Beaulne, Yvon — Ar., Angl.
Bélanger. Dr Philippe — An, Angl.
~Bélec, Wilfrid — Aviation, Egypte
Bergeron, Raoul, OMX — Pris, en Allemagne
Bergeron, F.-X — Ar., AngL
Blackburn, André — Marine, Angl.
Boulanger, Gérard, OJMX — Pris, en Allemagne
Cantin, Léo — Aviation, Angleterre
Casa, Roger — Année, Angleterre
Charlebois, Gérard — Ar., Angl.
Canoaeamaaa, Henoéuégilde, OJIX — Pris, en AU.
Chatillon, Claude — Ar., Angl.
Desnoyers, Bernard, OJIX — Pris, en Allemagne
Dupuis, Emihen, OJIX — Ar., Afrique
Duroont, Paul — Ar., AngL
Emond, Ernest — Ar., Angl.
Eroond , Hector — Ar., aux Indes
Gratton, Léopold, O.MX — Ar., Angl.
Goaseun, Edouard — Ar,, Angl.
Goudreau, Philippe, OJIX — Pris, en Allemagne
Hayes, Anthony — Ar.. Angl.
Hayes, Fred — Ar., Angl.
Hurteau. AdéhmL — Ar, AngL
Janeau, Paul, OJIX — Pris, en Allemagne
Labroase, Maurice — Av., Angl.
Labrosse, Raymond — Ar.. Angl.
Labroase, René — Ar., Angl.
I*couroère, Maurice — Av., Angl.
Ladas. Antoine — Ar., AngL
LaforUme, Maurice — Ar., prisn., Afrique.
Larlvlère, Louis, OJIX, — Prison, en Allemagne
Latimer, Jack — Ar., AngL
Lavigne, Georges — Ar, Angl.
Landry, Maurice — Ar, Angl.
Laplante. P. E.. OJIX — Ar, AngL
Leroux, Olivier — Ar, aux Indes
Leroux, Gérard — Ar, Angl.
L cteUicr, Armand — Ar, AngL
Mveeaue, Ouaer — o Av, prison, ei
Monette, Emile — Ar, Ceylan
M i emwi , Fernand — Ar, Angl.
OXeary. Robert — Av, AngL
Parent, Albert — Ar, Angl.
Paquet, Gérard. OJLL — Prison, en Allemagne
Pelletier Gérard — Av, disparu, AngL
Potvin. Fernand — Av, Egypte
Pilon. Jean-Paul — Ar, AngL

PeUerin. Pierre-Paul, OJIX — Prison, en Allemagne
Ranger, Edmond — Av, Lybie
Rocheleau, Rodolphe — Av, Angl.
Roy, Jean-Paul — Av, AngL
Schryer, Roland — Ar, AngL
Toupin, Lionel -« Av, Angl.
Thibaault, Elmo — Ar, AngL
WhJte, Georges — Ar. AngL
Woods» Jean — Ar, AngL

Langlois, Elxéar, Sub. PO, 11, Windsor, Ont

Lanoue, Polydore, RJL 1, Tecumseh, Ont

Lanoue, Dr Rosaire, Tecumseh, Ont

Lavoie, Paul, 278, W, Palmer. Détroit, Mich.

Lanoue, Rémi, RJL 2, Maidstone. Ont

Lehaauf, Albert, Donc ?Iraèwi, Ont

Letaive, Roméo, curé, R.R. 2, Tilbury ,Ont

Leraibvre, Donald, 710, Pierre, North Windsor,
Windsor, Ont.

Létourneau, Adrien, Tecumseh, Ont.

Létourneau, Gérard, 540, Hall, Windsor, Ont

Levasseur, E, St Joachim, Ont

Levaeque, Césaire, Harrow, Ont

L’Heureux, Gérald, 581, Cataraqul St, Apt 14,
Windsor, Ont.

Laçasse, Hubert, Tecumseh, Ont.

Lachapelle, Auréle, Belle-Rivière, Ont

Labutte, Alphonse, Tecumseh, Ont

Labutte, Arsène, Italie, Ont.

Mailloux, Clarence, 800, Parent Ave, Windsor, Ont

Mailloux. Hypolite, Riverside, Ont

Mailloux, Wilfrid, Riverside, Ont

Mailloux, Zotique, curé, Paincourt, Ont v

Malette, Hector, Médical Arts, Windsor, Ont.

Marentette, Abel, Staples Ruscomb River Esses,
Ont.

Marion, Lionel, 2234, Harding, Détroit Mich.

Martin, Edgar, Paincourt, Ont

Martin, Oscar, curé, R.R. 2, Zurich, Ont

Marier, Charles, Chrysler Motor, 431 r Hall Ave, E,
Windsor, Ont

Massé, Raymond, 77, Jos. Janisse, Windsor, Ont.

Massé, Rosario, St Joachim, Ont

Meloch, Alphonse, Lasalle, Ont
Morgan, P. J. G. Dr. 282, Pillette Rd, Sub 11,
Windsor, Ont.

Neville, John, 278, E, Ferst Détroit Miçh.

Ouellette, Clarence, R.R. 2, Tecumseh, Ont.

Paquette, Laurent Séminaire London, London, Ont

Parent Camille, Tecumseh, Ont. *

Parent Eugène, Tecumseh, Ont.

Peltier, Stanley, 481, Church, Windsor, Ont.

Perras, Eugène, Tecumseh, Ont.

Pilon, Wenceslas, Pointe aux Roches, Ont.

Pinsonnault Auréle, 790, 25th St, Détroit Ont

Poisson, Russell, 838. Dawson Rd, Windsor, Ont

Potvin, J.-B, 1523, Gladstone, Windsor, Ont.

Parent Neil, Tecumseh, Ont.

Racette, Otta, 8632 E, Forest, Détroit Mich.

Renaud, Raoul, 984, Wyandotte E, Windsor, Ont

Rivard, René, Belle-Rivière, Ont

Robert J, Terrence Royal Windsor Apt Pitt St,

Windsor.
Robillard, Dr Matt, 203, Park Bldg, Windsor, Ont
Rochon, Gérard, Tecumseh, Ont
Rondot Auguste, Pointe aux Roches, Ont.
Roy, Joseph, Paincourt, Ont
Robert, Oscar, Bear Line, Ont
Pinsonneault Alfred, Paincourt, Ont.
Martin, Real, Paincourt, Ont
St Pierre, Oscar, Paincourt, Ont
Simard, Albert, Tilbury, Ont
Sylvestre, Dr Norbert, Médical Arts, Windsor. Ont
Sylvestre, Raymond, StJoachim, Ont
Trahan, Victor, Paincourt, Ont
Tremblay, Albert, Staples Easex Co, Ont
Théoret Orner, 5418, Coomer, Détroit Mich.
Trudel, Hector, Paincourt, Ont
Vallée, O, R, 792, Marentette Ave, Windsor, Ont
Villaire, El, RJt. l, pike Creek, Essex, Ont
Walker, Léo, Dr, Médical Arts, Windsor, Ont
Velle, Henri, Parkhill, Ont

AUTRES NOMS

Reardon, Herman, Séminaire de London, London,

Rondot Henri. Pointe aux Roches, Ont
Rondot Léo, 788, Assomption, Windsor, Ont
St Louis, Léo, Tecumseh, Ont
Vermette, Roland, St Joachim, Ont
Cécile, Paul, Tecumseh, Ont
Bélanger, Roland, R.R. 7, Chatham, Ont
Robinet Alfred, R.R. 1, Belle Rivière, Ont
Beuglet Lorenzo, 591, Ouellette, Windsor, Ont
Faubert, Origène. R.R. 7, m*tii«m Ont
Quenville, Elie, Pointe aux Roches, Ont
Bisnaire, Paul, 786. Assumption, Windsor, Ont
Emery, Xlphée, Paincourt, Ont

NOMS SANS AWS8SBS…T

Béchard, Paul
Béchard, Arthur
Dupuis, Clarence

\_Afc

/.’>

NDE

Jsniasfi, Jérôme
Duquette, Normand

Hébert, Francis
Huard, Roland
Leboeuf, Alphonse
Leclerc, Bernard-Georges
Daniel, Edgar

Cette liste nous a été fournie pur le R p.
R. Lavigne, OJIX Elle complète généreuse-
ment celle que noua avions qui ne comptait
qu’une soixantaine de noms.

81 toutes les réglons montaient leurs lis-
tes de cette façon, nous pourrions mieux
mesurer l’étendue de la famille dus Anciens.

Que Kent et Easex nous envoie les adres-
ses nui manquent sur leur liste.

Décès

Direction:

Directeur: Pierre de Bellefeuille
Directeur-adjoint: Jean Lupien
Secrétaire: René Lai re mère

Bédacttoa:

Rédaeteur*ea-chef : Guy Beaulne

Lettres: Lomer Monty

Arts: Clément Beauchamp et Léon-Georges Gagnon

Chroukiues: René Lafrenière

Dé b a ts : Jean Belleau

Sports: Fernand Labrosse

Vie étudiante: Jean Lafraraboise et Yvon Pépin

Page féminine: Fernande Lemieux

Interviewa: Maurice Cbagnon

Louis Terrien, Jean Bruneue, Jean-Luc Pépia, Jean

Claude Hurtobise. Pierre Prévost

Cerrespostdants: Raymond Robichaud, Paul de Belle-
feuille, Lucien Lamoureux, Lionel Lemieux, Gas-
ton Isabelle, Maurice Laçasse, Roy Foumier, Yvon
Bériault, Jean-Yves Bigras, Roger Simard.

Deasinateur:Clément Beauchamp

Administration: Pierre Prévost, Yves Pilon, Richard
Bélanger

Conseiller: le R. P. Arcade Guindon, O.M.I.

Censeur: le R. P. André Guay, O.M.I.

Nous apprenons de source certaine que la bibliothèque
Carnegie de la rue Metcalfe restera à l’avenir ouverte les
dimanche après-midi, de deux heures à 9 heures.

LA DIRECTION

Pagre S

Lt.Cel. C.-À.-J. Miller

En la personne du lieutenant-co-
lonel C. A. J. Miller Ton n’aurait pu.
trouver commandant plus capable et
plus populaire pour notre Corps-Eco-
le d’Officiers. A la déclaration de la
guerre en 1939, le major Miller alors
commandant- en -second du Régi-
ment de Bull, offrit ses services com-
me volontaire dans l’Armée Active. Le
4 septembre 1940, 11 fut attaché au
personnel d’Entrainement de Corn-
wall et en mal de l’année suivante,
11 était promu au Centre d’Entraine-
ment avancé, à Farnham. C’est en.
août 1941, à titre d’instructeur en
chef, qu’il devint membre de l’Etat-
Major du Corps-Ecole de l’Universi-
té d’Ottawa.

C’est au Royal School, de Toronto,
qu’il se qualifia comme major et en-
suite au collège militaire de Kings-
ton pour le grade de lieu tenant- colo-
nel. Le lt.-col. Miller a suivi tous les
cours portant sur les armes, aux
écoles de Small Arms et tout derniè-
rement nous revenait d’un séjour A
l’Ecole d’Administration militaire de
Saint- Jean, Québec.

Au nom de tous les étudiants,
nous lui souhaitons plein succès
dans ses nouvelles fonctions et l’as-
surons de notre entière collabora-
tion.

* * LES VICTIMES DE TOULON

=& »

9 M^!}^t^J!. mêm .*****««. ue BWL père de
MaauieMaamvIIle, ancien élève, étudiant eT
– s runrversits Lavai.

Nous sommes réunis pour célébrer par des larmes et des prières le
sacrifice suprême qne des hommes de notre sang et, nous dirions, de notre
coeur, ont offert généreusement, il y a une semaine, sur l’autel de la patrie.

?»u– ^ o o o

Tout récemment, en effet, les voies d’Europe nous apprenaient la

grande nouvelle: la flotte française se coule à Toulon !

Une surprise extraordinaire s’emparait de nous, mêlée d’une poignante
douleur et d’une, joie Indicible.

La France et l’humanité toute entière pleurent, mais avec fierté et
consolation, ceux qui se sont immolés héroïquement dans les flots tenaces,
sous l’aube blanchissante. Elles gardent la vision du geste sublime.

Toulon et. ses collines ondoyantes enveloppaient et dominaient ce
village mouvant de cheminées, de mâts et de vaisseaux, sillonné de rubans
liquides. A une heure silencieuse, l’ennemi entrait de partout dans la
ville pour s’emparer de la base et, sans doute, de la fameuse flotte.

Une colonne de chars allemands pénétrait dans l’arsenal par la porte
de Castigneau et se lançait à toute vitesse vers le bassin Milhaud où se
trouvait amarré le cuirassé Strasbourg.

Capitaines et marins français choisissaient la mort. Us sabordaient
leurs navires et démolissaient le port. Aujourd’hui, la rade de Toulon est
un amas de ruines et surtout un cimetière.

o o o t

La France vient de saigner une fois de plus par la perte de tant de
richesses et de tant d’hommes. En la circonstance, c’est un sursaut de vie
et d’espoir qui soulève son Ame torturée.

Notre réunion de ce matin et les saints mystères auxquels nous venons
de participer veulent donc être un témoignage de sympathie, une marque
et un geste de supplication.

o o o

Le coeur se déchire devant le spectacle de ces vies précieuses sacri-
fiées au fléau de la guerre, par la faute du barbare. Et la pensée de tous
ces pères et mères de famille, de ces frères et soeurs et de ces fiancées,
que la mort d’un être aimé afflige cruellement, suscite partout une im-
mense pitié.

Que notre pitié traverse les mers, qu’elle aille porter en des millions
d’âmes et de foyers un peu de réconfort !

Ce réconfort, 11 est assuré, si tous ceux qui souffrent en ce moment
se rappellent, à la lumière de la foi qui embellit tout, que, dans les ténè-
bres, il y a des liens impérissables d’amour et de grâce qui unissent les
vivants et les morts, et que, si la guerre est un mal affreux, 11 n’en reste
pas moins vrai, au dire de l’Esprit- Saint, que «tout coopère au bien de
ceux qui aiment Dieu, omnla cooperantur in bonum Us qui diligunt Deum
(Rom., 8, 28) ».

II est vrai aussi que, dans l’envol des biens et des maux, Dieu ne
semble pas tenir compte de ses enfants ni de ses ennemis. Or, des chré-
tiens y trouvent scandale; ils voudraient que déjà sur la terre les mé-
chants soient punis et les bons récompensés.

Pourtant, selon saint Augustin, Dieu rend communs aux ‘uns et aux
autres les biens et les maux temporels, « afin que l’on ne recherche pas
avec trop d’ardeur ces biens que Ton voit aussi entre les mains des mé-
chants, et que l’on n’évite pas comme une honte ces maux qui, d’ordinaire
même, affligent les bons ». D’ailleurs, ajoute le saint évèque d’Ulppone,
« bons et méchants se distinguent non par leurs biens et leurs maux, mais
à leur manière de les recevoir. Dans le même feu, for brille, la paille
fume (Cité de Dieu, L I, n. 8). »

Oui, tout dépend de l’attitude. Le même creuset purifie et enîlamme
d’amour les amis de Dieu; 11 damne, ruine et décourage les ennemis de
tout bien. Les justes doivent vivre au milieu des impies et de leurs exem-
ples pervers. Mais Dieu les fortifie, les préserve et les défend.

A travers des nuages épais, 11 filtre une lumière plus éclatante et plus
pure. Jadis, 11 protégea Daniel parmi les lions, la famille de Noé sur les
flots sut déluge, celle de Loth contre les voluptés de Sodome et les malheurs
do l’incendie, le peuple d’Israël dans les ténèbres de l’Egypte et au désert
de la Libye. Dans la tourmente actuelle, nous en avons la ferme confiance.
Il usa p éch e r a les slens.de sombrer.

Et puis, s’il les afflige, c’est pour faire rayonner par eux la noblesse
de la piété filiale à son endroit et de l’amour désintéressé. Le saint hom-
me Job d em e ur e le type du chrétien attaché à son Créateur et fort dans
l’épreuve. Franné dans ce ou’ll a de plus cher, sa famille, il bénit le Sel-

que ces paroles: « Dieu m’a tout donné, Dieu m’a tout été: que le nom de
Dieu soit loué ! » Le plus grand mal de l’homme, pense -t-il. ce n’est pas
celui qu’il endure, c’est celui qu’il commet. * ,

Que ces pensées soient douces à ceux qui croient
l’été éternel !

la moisson de

gneur en réponse aux mécréants qui lui conseillent le blasphème. Il n’a Ce 4 décembre 1M£

O France, tes fils tombent un peu comme les feuilles â l’automne!
Un blanc linceul t’enveloppe comme nos hivers couvrent de neige notre
sol. Mais garde tes espérances! Quand viendra le printemps, tu reprendras
ta verdure agréable, et tu feras paraître dans toutes tes branches la vie
que tes racines enfermaient ! Ta vigueur est intouchable.

Honneur à toi et à tes enfants qui s’immolent pour toi !

Toulon est ton autel: c’est là que tu meurs et c’est là que tu vis ! La.
ton âme se dégage et se venge de celui qui tient ton corps sous ses pieds.
Tu as reçu, là, un nouveau baptême, tu es régénérée, tu viens de renaître
dans l’holocauste de tes héros, de ces hommes qui, debout sur le pont de
leurs navires, se sont enfoncés dans les eaux, et, du même coup, ont fait
briller ton esprit dans toute sa splendeur. Cet esprit qui est tien, qui est
toi-même, jette le monde entier dans l’admiration, il ranime le courage
des peuples alliés, il entrera pour beaucoup dans les facteurs qui amène*
ront un jour la victoire sur la barbarie et auront donné à l’humanité une
vie nouvelle.

Il y a vingt siècles, il est arrivé qu’un homme soit mort, en disant à
Dieu, au sujet de ses bourreaux: « Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce
qu’ils font ». Cet homme avait fait une promesse a ses amis, douze pauvres
pécheurs: « Ayez confiance, j’ai vaincu le monde. Les portes de l’enfer ne
prévaudront jamais contre vous ». Et la face du globe a été changée.

o o o

Pareille mort a été renouvelée tout-à -l’heure sur l’autel, et pour les
héros de Toulon, et pour l’illustre pays qu’ils représentent. Nous avons
demandé à la divine Victime d’appliquer la fécondité infinie de son acte
aux intentions qui nous préoccupent et nous troublent sur le cas de notre
chère France. Nous croyons en la force d’une telle prière.

Jeanne d’Arc ne l’a-t-elle pas proclamé: « Les hommes d’armes batail-
lent, mais c’est Dieu qui donne la victoire ». En pleine action durant le siège
d’Orléans, on la trouve à genoux dans une vigne et on lui reproche d’être
là inutile. Elle répond avec un doux sourire et un geste large vers le ciel:
« Comment, Inutile ? Vous ne voyez pas les cent mille soldats que je fais
manoeuvrer: les anges et les saints? »

La prière est une puissance spirituelle qui a depuis toujours prouvé
sa supériorité sur les forces brutales de la haine et de l’acier.

Plus que jamais, le monde a besoin 4e cette puissance. Les forces du
mal veulent qu’il retourne au paganisme où il était au temps de Notre-
Selgneur, alors que les premiers chrétiens, loin de gémir en disant: « Il n’y
a rien à faire », se battaient et triomphaient.

La société ne pense plus à Dieu. Elle fait encore peut-être des gestes
de religion, elle ne les forme pas dans son coeur. Ils sont de pins en plus
rares en certains endroits les hommes qui s’appuient avec confiance sur
le bras de Dieu. Le doute et l’audace se répandent, l’amour de Dieu et du
prochain cède à l’égoïsme et à la peur du sacrifice. L’homme se fait sa
loi à lui-même quand il en a une; 11 ferme l’oreille aux commandements
de son Créateur.

Pour retrouver Dieu, les âmes doivent monter dans le char de la prière.
Emparons-nous de ce moyen qui nous élève au Tout-Puissant. Pour la paix
et la joie de ceuux qui dorment leur dernier sommeil dans les plis glorieux
d’une mort héroïque, allons à Celui qui a dit cette parole évoquée 11 y a
un Instant dans la sainte liturgie:

« Je suis la résurrection et la vie: celui qui croit en mol, même s’il est
mort, vivra, et quiconque vit et croit en moi,, ne mourra pas éternellement. »

C’est une des consolations qui nous restent, c’est la première de toutes;
elle est décisive.

(Allocution prononcée dans l’église du Sacré-Coeur, Ottawa,
lors d’un service solennel pour les victime» do Toulon, devant
les représentants de la France combattante.

Paul-Henri BARABE, O.M.I.,

Maison des Retraites Fermées,
HulL P.tc.

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?©? ^3-

LE STATUT DE WESTMINSTER

Le 11
tlon, le rêve de
réaliser. Notre
courage pour le
inonde à la ru
d’une première
nous sommes
de notre
devenir une
mais en tait.

Après dix mm
qu’on n’ait
s’attendait. Trop
jour au lcn
da deviennent
les plus
se former. Le
à une transi
ne faudrait
me pied le
véritablement.

Alors «ue boa
l’éponge en
tlon canadienne, les
d’autres en
réalisera are*
Lafontaine
salent jamais
eux ce rêve, nul
Userait,
polr.

?©- *©-

peut-être pua les fruits de notre travail,
H y en aura d’antres à venir et si ceux-
là ne rrunu su tnt pus, d’autres les suivront pour
jouir de ee une des générations auront travaillé
à édifier.

Notre travail n’aura pas été vain, nos rêves
n’auront pus été des hallucinations, la nation
c a n a dienne existera parée que des gens eomme
et moi aurons compris une plus un rêve
est grand plus II requiert de sacrifices. Nous ne
célébrons pus encore avec éclat la fête de la
liberté du Canada, mais l’idée commence à se
faire jour partout dans le pays; comme la pluie
uni travaille le rocher elle parviendra à s’Infiltrer
an coeur des plus rebelles et y demeurera étemelle-
t. 11 y a quelque chose de magnifique dans l’o-
rage uni s’abat sur un champ, mais trop souvent
Il fait plus de tort que de Mené. Préférons la len-
teur aux g ra n des ex p los i o ns qui ne durent qu’un
jour et tra vaill o ns , en attendant, à faire germer
dans tons les milieux lldée de notre liberté.

Nous avons de grands devoirs à remplir, il y
aura bien des préjugés à faire mourir. Tant que
notre soi can a dien contiendra de petites racines
de haine, d’envie on de jalousie, lu nation cana-
dienne n’existera que sur une feuille de papier,
lorsque notre sol aura été déblayé grâce
au travail de généra t io ns , le 11 décembre occu-
pera ches nous toute la place qui lui revient de

>  »

John BBLLBAU.

Les échos de La

Votre programme
samedi soirs de S neuves lih
Hun. o Tous les snfnssnnu sjnl suafsaût
à ces émissions n’ont qntn si– fléau-
directeur. Xi nous faut de*
ciens, des diseurs, ^nr
sur vous. Donnes
les vacances et prtaasi ie a eus fl
moraux dans vos rnommwu «de fléau*, m atfan tant
pas long. Vous savez ce oui uuus punit.
Après Noël nous aurons h cnuunu j p df irtûtatte*
qui sait ? si nous avons
pourrions- nous avoir une
printemps. N’oublies nue!
aidiez: c’est votre

Le comité de la rame s
Guy Beaulne, qui dirigera les _
de Gilles Lefebvre, dmecneuu* <ne j]
versi taire et Georges

Notre devise

vteuDr

thvnuusT

«?»«,,, W V »

les quelques soixan-
irVtaiverslté se réunis-
semaines, pour procéder

français, le Bév.
fut élu président hono-

se vit confier la préai-
la rue Waller possédait

visages pa-
vlce-président.
In» plume et la verve se res-
étatt uuat désigné pour le

C’est le samedi euk. mm «uftsu*, On annt «t Ha
neige se livrent un combat dttamazre «t on? eJbxflfe.
A l’intérieur des TinhltMlauM, urne duume sSsdsUûT
ensorceleuse tente par ses «massues «tainpnuunr fle
corps de l’homme afin «me uun eejuttt punune tra-
vailler à son tour. Su «Met, attestée* pas OTbfinse
de la méditation? l’henné «ne LHeanarM J

Après i ne longue p n uuuuui amené «an awttiiwin#
de toutes sortes, c’est lxieuse «Sasamsatle oui flfc
chrétien se demande s’a s’est j^ertSeafaum*- kt ÉJuV
vailleur de n’importe quelle nuanoe teutnèua tfïa-
voir quitter la routine, ueenqpnse * «nnuirr sum es-
prit et à goûter les Jeies puaus en snuueis du ta**
de l’amitié, de la science «t dfc Illavt, ^^’

Tout a coup, sur les ouates fchm ssuudj i,
arrivent les « Echos » de Vmmt de ta suffleël
jeunesse universitaire. Jssr se
lence pour communier pendant qp gg.

nutes à l’enthousiasme et a Haut
de la Rotonde.

Chant, musique, «sas snupas et peux etesjunX.
voilà les substances <nH essupsueus se fyf Bf.
d’heure magique.

Hélas f comme U
que passer et déjà ee
l’enchantement passai,
rer l’ensemble universttsase, a
ment permanent d

D’abord on est
belle exécution des
on les félicite. Fuis,
cette maîtrise, de ce _
on songe ininif illnluauuaul
sacrifices constants
diants épris de l’art
dation des idées,
taire» nous

Qu’ils sont
d’apprendre leur
ne partie de leurs
che quelconque du
ner un domaine de Tmt.
et l’irréflexion ne sesst su
dres dé leurs
bu d’hommage
l’Intelligence et la
terre, la perte touOtodh*

ne voulait
, M fallut bien nommer

ett Ses jeans se pactirscac uuu u SW sur le « sans dol »
prtttt nassssV (OUi peu tmfhrul nt avec notre prési-
auuDttc num* puerions les dut petit Adonis de La Rei
uuqt _

I edt l uw q B a ur p suas de viser à la perfection,
ett ffuusnud prndunt des élections. Aussi,
snudse cmmWMmtJ» dUpb «lus, les mumanistes
«jiuuesjtt. enenssuni «Tadfcnndre trois conseillers. Je
dus luen esssseuunuv

le pwinum a wiiiutoi la palme fut Léopold
Je sMhnssnlL ép&èbe dfSdmunston; le « Char-
« ‘ dta anmhznuses quelques-unes.

flot élu second conseiller. Espé-
le aautUlant petit Gilles sau-
na,, de ses uspnes ssnurauts , alimenter la flamme
de msttne tsdsdÉuuuV .

11» Ib- ttsuualimr^ devines .. . il fallait un héros
thuneiili fus? pu un aiHBfniHle cette arriére-garde et le
« tessndl KsoudurT fuusfi pas Wilfrid de politique
?nfiiiiiiuu», anus Caut)),. as un pus cette « accablante »

« Ad Auguste Per Angusta »: telle est la devise
des Philosophes du Couvent de Notre-Dame, telle
est écelle aussi des Humanistes « 43″ de l’Univer-
sité. Hasard providentiel t ! Ces deux bataillons
« estudiantins », sans consultation aucune, ont
adopté le même mot d’ordre; ils ont voulu inspi-
^rer leur vie de la même âme, se servir d’échelons
/semblables pour les sortir de ee chaos morbide et
les élever vers les somets. Les Collégiennes nous
pardonneront ces quelques considérations, malgré
leur brillant exposé que nous a apporté la derniè-
re « Rotonde ».

Nécessité d’une devise

Que de jeunes gens s’égarent dans la voie lar-
ge!– Combien se perdent dans celle des plaisirs
et des amusements! Combien enfin coulent leur
vie dans la voie du « laisser-aller », dans celle du
moindre effort ou les paresseux et les Indolents
coudoient les flâneurs! Pourquoi? Ces messieurs
n’ont aucune devise, aucun idéal. Us vivent pour
?ivre; Us étudient pour passer un examen. Ils
végètent sans d’autres préoccupations que celles
de se servir des moyens les plus faciles, que celles
qui leur fourniront une existence des plus molles
et des plus « ensoleillées ». Cruelles constatations!
Ces étudiants se rendent compte souvent de leur
triste état . . . vers les sommets, leurs yeux se lè-
vent, mais les étroits sentiers qui y conduisent leur
nécessitent du courage, de l’énergie, de la volonté…
et souvent, après avoir sondé leurs forces, le cou-
rage manque et les yeux se baissent pour se délec-
ter de plaisirs moins divins. D’où la nécessité
d’une devise pour une jeune homme. L’étudiant
doit mettre dans sa vie un mot d’ordre qui viendra
canaliser toutes ses énergies et les diriger vers un
but unique. Cest ce qui explique l’intention des
universitaires de se donner une devise et de se
promettre un conventum.

‘ – . ?

Beauté de cette

Comemnt vivrons-nous ce mot d’action « Ad
Auguste Per Angusta » . . . « Vers un but glorieux
par des chemins étroits »? Ilote sublimes! mots
grandioses! mots entraînante! Notre but devient
lu perfection d’une entreprise, d’un métier, d’une
profession. Mais aurons-nous le temps de réaliser
Pleinement notre fin ?

u . . . toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des Ages
Jeter l’ancre un seul jour?’*

^^J? 01 ^ 11 ** ndra toujours fouler les chemins
étroite du devoir accompli dans la charité et la
* »*?**o Woue agirons, nous défendrons comme des
chrétiens le bien, le vrai, le beau. Notre état est
critique. Nous monterons une échelle gisant sur
un sable mouvant Refuser l’ascension c’est ris-
quer de s’enliser. Et quand viendra l’heure de
rendre nos comptes. Dieu nous trouvera la main
odTjPpêeà un échelon et les yeux fixés vers l’i-
déal: « Bscesnor scanner Ad Auguste Per Angusta ».

tVAeust,
dus BeUet-Lcttxoa

Vive la Canadienne ! (1)

J’aime à critiquer un livre à trois points de
vuz: (1) Le livre me plaît-il? (S) Quelle est m,
valeur littéraire? (3) Quelle est sa valeur morale?
Satisfait de ces trois critériums, je ne me permets
jamais de finir un livre sans les appliquer et sans
en conserver précieusement les résultats.

Aujourd’hui je viens de lire un nouveau ro-
man canadien-français VIVE LA CANADIENNE,
de Jacuues Morency, des Trols-Rivlères. SI je ne
me trompe, c’est là le premier roman que cet au-
. m teur a écrit à date. Morency est avant tout un
auteur dramatique et sa dernière oeuvre le révèle
pleinement. Je serais fort heureux d’avoir bien-
têt l’occasion de lire l’oeuvre dramatique déjà fort
volumineuse de Monsieur Morency.

VIVE LA CANADIENNE! m’a plu et la preuve
c’est que je l’ai lu tout d’un trait sans avoir à ré-
primer le moindre bâillement ni à combattre de
mal de tête. Cependant, je n’y trouve rien de re-
marquable et le tout est un peu superficiel. C’est
un autre de ces romans qui satisfont le lecteur
en quête d’histoire un peu mouvementée et d’in-
trigue émouvante. C’est un peu trop feuilleton.
La phrase qui serait si vive et si pétillante dans le
dialogue devient terne, lourde et compliquée dans
la description ou la narration.

L’histoire est assez simple. C’est celle du jeu-
ne citadin, qui vient d’être reçu médecin et qui
va passer « es vacances au village de Pierreville.
chez une vieille tante. H n’aime pas la campagne
et la vie au village jusqu’à ce qu’il rencontre les
deux jeunes filles du docteur Orandpré, Louise et
Geneviève. Inspiré sans doute de Daudet, l’auteur
les appelle les « cheveux blonds » et les « yeux
bruns ». Les vacances se passent joyeusement jus-
qu’à ce que les « yeux bruns » quittent le foyer pa-
ternel pour aller demeurer en ville avec un protes-
tant, qu’elle a l’Intention de convertir et d’épouser.
Douleur du père, qui craint pour sa fille le mal-
heur qui a suivi celles qui ont quitté le village
pour la ville.- Henri, c’est ainsi que se nomme le
jeune médecin, quitte le village et Louise, à qui
U allait se fiancer, pour aller sauver les « yeux
bruns ». Il les retrouve désabusés, découragés et
les ramène au vieux docteur qui les perdra bien-
tôt quand Geneviève entrera au Carmel. Se suc-
cèdent assez vite la mort du docteur Grandpré et
le mariage de Henri et de Louise. Dans toute l’his-
toire on voit apparaître au moment pathétique
le vieux parrain Louis qui incarne toutes les qua-
lités du canadien- français. Cest lui qui ensei-
gne les beautés de notre chanson; VIVE LA CANA-
DIENNE! en la chantant à mainte reprises.

Au point de vue littéraire, le nouveau roman
a peu de chance de survivre et l’auteur lui-même
ne doit pas ty méprendre. A part son histoire
vraiment émouvante, rien de remarquable. Cer-
taines phrases sont lourdes: « J’ai une peur horri-
ble de m’ennuyer à mourir » ou bien celle-ci: « Tou-
te la nature semblait se recueillir un moment pour
écouter le bruissement léger du premier baiser de
ces deux amoureux ». On découvre partout une
abondance d’adjectifs dans la description :

« Le soleil descendait, tout embrasé, là-bas, à
l’horizon. La campagne, après une journée de
chaleur accablante, semblait figée dans une tor-
peur attiédie. Tout bruit de travail s’était tu.
Seuls, quelques oiseaux attardés faisaient enten-
dre un cri plaintif en regagnant leur nid d’un vol
alourdi ».

L’auteur s’identifie avec son oeuvre en ajou-
tant ses réflexions, à la suite de certaines phrases.
Ces réflexions telles que: « Ah! le finaud » « A toi de
juger, ami lecteur » sont tout à fait hors de saison
et le lecteur peut s’en passer.

‘ Le deuxième chapitre, celui où l’auteur décrit
Pierreville et fait l’histoire de ce bout de pays est
très intéressant, mais encore une fois mal présen-
té. Les pages les plus remarquables, car U y en
a plusieurs qui méritent d’être lues attentivement
et méditées, sont celles où surgit le conflit entre
l’anglo-protestant Eric Lambton et le français-
catholique Henri Daigneault. Le vieux parrain
Louis Janelle répond à Lambton (p. 68) « Que vous
ne connais lez rien, monsieur Lambton! Chez- nous
le peuple est profondément catholique dans son
âme et dans sa vie. Qui dit Canadien dit catho-
lique. Notre religion est inséparable de notre lan-
gue. U y a bien quelques défaillances par-ci, par-
là, mais c’est vous qui en êtes cause …. Oui, il
est beau votre progrès; elle est belle votre éduca-
tion! Vos revues, vos journaux, vos magasines: ces
saletés qui ont inondé nos villes et jusqu’à nos
campagnes, et viennent, ici, pervertir ce que nous
avons de meilleur. Ah! vos Américains, l’ont- ils
assez gâté mon peuple, avec leur luxe et leur li-
berté effrénés qui ne sont qu’une triste servi-
tude…. » On découvre assez facilement dans ces
paroles l’esprit du livre et son but.

Au point de vue moral, l’auteur y solutionne
plusieurs problèmes posés par nos compatriotes
anglo-protestants. Il y a la crise des mariages
mixtes et les dangers qu’elle crée; l’esprit de clo-
cher et la recherche de Dieu dans les plus simples
choses. Parrain Louis’ parle encore ici: «lia cam-
pagne, la nature, elles nous parient tant de Dieu
qu’on ne peut pas, ne pas les aimer, et qu’elles, seu-
les, nous consolent de bien des malheurs. Les
hommes ont inventé les amusements, les sports,
le* réjouissances. Dieu, Lui, a lait la nature qui

LA EOTONDK, lt DECEMBRE 1*42

f^mti — ; i^U — _ »

Page o

L’oeuvre des

chez nous

o

Les élèves de l’Université d’Ottawa ont contri-
bué jusqu’à date ans oeuvres missionnaires la
somme de $113.14. L’objectif pour l’année 1942-
43 est de $400.00. Une partie de ces fonds est des-
tinée à l’Oeuvre de la Propagation de la Foi, l’au-
tre sert à l’entretien d’un séminariste Indigène, M.
l’abbé Francis Payapilly, du séminaire d’Alwaye,
aux Indes,

Voici une lettre de ce jeune hindou, étudiant
en première année de théologie, reçue cette se-
maine par l’Intermédiaire de M. l’abbé Louis-Léon
Binet, directeur diocésain de l’Oeuvre Pontificale
de 8alnt-Pierre-Apotre.

Le Séminaire apostolique

de Si-Joseph,
Alwaye, Indes Anglaises,
4 mare 1942.
Mon cher bienfaiteur,

Ce sont les sentiments tendres émanant de
ma profonde gratitude gui me poussent à vous
écrire ces quelques mots. Je regrette de ne pou-
voir vous rembourser de votre générosité; mais
U est une chose que je puis vous offrir: ce sont
mes prières. Oui, tous les jours, je vous recom-
mande à la Divine Majesté. Puisse Dieu répandre
sur vous en abondance ses bénédictions.

Aujourd’hui, mes examens de fin d’année sont
finis. Et avec la grâce de Dieu, je ne mettrai pas
U cierge qu’il m’a présenté sous le boisseau, mais
bien sur le chandelier . Maintenant je dois me
rendre à ma paroisse pour m’u préparer petit à
petit au travail immense qui m’attend dans ce
pays païen de l’Inde.

Je veux croire que vous êtes comme moi heu-
reux en Motre-Seigneur Jésus-Christ. Veuillez
prier pour que, avec le temps, je devienne un
prêtre exemplaire. ^1__

Je demeure, cher bienfaiteur, votre humble
serviteur en J.-C. Francis PAYAPILLY.

oi

B. P. NICOLAS NILLBS, OJW.I.

La So t– d e allait ses* presse lorsqu’on nous apprit
ta aiort au E. P. Nicolas NlUèt, O.M.I., survenue à 1 h. 45
hier après midi, 17 décembre, à l’âge de M ans.

Le x. Père faisait partie du personnel de l’Université
depuis 1884. Ce deuil frappe profondément la grande
famille des étudiants et des anciens.

Félicitations

Lors du premier débat de la Ligue des Débats interuni-
versitaires, les représentants d’Ottawa a Montréal étaient
MM. Hugues La pointe et A. de Gaapé Taché. Actuellement
le premier est député libéral au fédéral et le second a été
récemment nommé surintendant de la mobilisation pour
l’arme au ministère du travail.

A la dernière convention nationale conservatrice tenue
à Winnipeg, le président-conjoint, M. Yvaa Kabourin, avo-
cat de St-Jean, Que., est un de nos Anciens. Egalement
anciens élèves M. Alride Paquette, secrétaire du ministre
de l’opposition, et M. Lionel Choquette, avocat, un des
représentants d’Ottawa à Winnipeg.

Merci spécial à M Peux Leclerc, de Radio-Canada,
auteur des sketches religieux de l’Heure Catholique et
du programme « Je me souviens », pour sa contribution à
ce numéro, (cf page 11); même merci à l’officier Jean*
Yves Blgraa pour ses dessins intéressants.

Nous félicitons M. Gérard Landry,’ agent d’assurances,
récemment élu député-maire du canton de Clarence-
Creek. A quand la mairerie Gérard? Nous savons aussi
qu’un autre Ancien, M. AMéo Perron, a été nommé
secrétaire de la municipalité. Cest fâ. les amis, montes
graduellement

sait bien mieux apaiser nos douleurs en nous mon-
trant notre faiblesse, notre néant ».

Voilà les impressions que j’ai recueillies à » la
lecture de VIVE LA « CANADIENNE! Je sais que
nous sommes en droit de nous attendre à beau-
coup plus de la part d’un auteur dramatique qui
compte déjà une trentaine de pièces à son oeuvre,
et J’attends avec impatiente son prochain roman
et lies quelques pièces qu’il voudra bien me faire
parvenir. . ,

Guy Beaulne.

1> stobert et Hubert, £org. Case postait 77, T. K, Qui,

Oscar O’Brien
et le Quatuor Alouette

A ta dernière réunion, la Société des Confé-
rences de l’Université d’Ottawa présentait lion-
sieur Oscar O’Brien, folkloriste et compositeur bien
connu, et le Quatuor Alouette, roi de la chanson
canadienne.

Monsieur Marius Barbeau présenta le confé-
rencier. Le rôle qu’a joué Monsieur Barbeau dans
le développement de notre folklore fait qu’il était
tout désigné pour nous parler d’un homme dont les
travaux ont la même orientation que les siens.
Il nous a rappelé brièvement les déboires et les
succès des premiers interprètes de notre folklore,
les Troubadours de Bytown; des noms qui nous
sont familiers s’y rattachent: Charles Marchand,
Maurice Morisset, Emile Boucher, Fortunat Cham-
pagne, Miville Belleau. Les Festivals de Québec
d’il y a une quinzaine d’années furent pour la
chanson canadienne comme une consécration; le
troisième était dédié à la mémoire de Charles
Marchand, qui venait de mourir. Puis vint le
Quatuor Alouette, dont les succès sont un témoi-
gnage, et à ses membres, et à la chanson cana-
dienne. Une tournée d’Europe et une autre aux
Etats-Unis ont propagé sa réputation. Il se com-
pose aujourd’hui de Messieurs Jules Jacob, Roger
Fillatrault, André Trottler et Emile Lamarre.

Le Quatuor interpréta deux groupes de pièces.
Le premier se composait de Noels, le second, de
chansons légères, A remarquer, Le Sommeil de
L’Enfant Jésus, La Passion, D’où viens-tu Bergère,
Au Bois du Rossignolet, Les Rqftman, L’Appétit
vient en mangeant et Sur le Pont d’Avignon. Qu’il
suffise de dire que l’apport du Quatuor Alouette au
développement de la chanson canadienne est tel
qu’il ne souffre pas de la comparaison avec celui
des Cosaques du Don au folklore russe. Il y eut
et 11 y a d’autres Interprètes de la chanson cana-
dienne; de même, le folklore russe était chanté
avant les Cosaques. L’art du Quatuor, comme
celui des Cosaques, est d’un fini Impeccable. Notre
folklore chante la vie d’une campagne riante,
française et canadienne, des prés au soleil d’été; la
chanson russe est celle de la steppe, d’horizons im-
mensément blancs que la botte du cosaque par-
court inlassablement. C’est pour cela que quatre
voix atteignent la même perfection que trente
voix chantant une mentalité modelée par un en-
tourage dix fois plus vaste.

Monsieur O’Brien rétablit la juste notion du
folklore, de sa valeur musicale. La chanson cana-
dienne n’a pas en effet qu’un intérêt historique:
elle est pleinement artistique, et elle peut et doit
être la source d’une musique vraiment canadien*
ne; car les grands maîtres ont souvent puisé dans
le folklore: Bach, Brahms, Beethoven, Liszt, Cho-
pin, Grieg, et tant d’autres, y compris même De-
bussy. La musique canadienne n’est canadienne
que parce qu’elle est écrite par des Canadiens, se-
lon le mot de Frédéric Pelletier. Pourquoi nos
compositeurs ne profiteraient- ils pas de ce patri-
moine qui est vraiment nôtre, puisque ces chan-
sons ont été oubliées en France, ou composées ici-
même?

Monsieur O’Brien cita des extraits de Jean Ri-
chepln, commentant la chanson A la Claire Fon-
taine, que mademoiselle Claire Vallée, de l’Ecole dm
Musique, nous Interpréta, accompagnée au piano
par M. O’Brien lui-même.

Monsieur Félix Desrochers présidait. Une
nombreuse assistance ne ménagera pas ses applau-
dissements. Il est hors de doute que cette confé-
rence contribuera à faire aimer le folklore dans
les milieux de la capitale, qui sont malheureuse-
ment trop Ignorants de ce que nous ont légué nos
pères, ce qui ne les empêche pas de toujours être
prêts à défendre cet héritage.

P. de B.

Nouveau cours d’histoire

Le R. P. Edgar Thivlerge, o.ro.i., professeur d’his-
toire au cours dea Arts a donné, l’autre Jour, dans la salle
académique, son premier cours d’histoire au moyen de
projections. Sous les refards vivement intéresses des
élèves ont apparu dans leur beauté froide et massive lea
chefs-d’oeuvre architecturaux de la renaissance italienne.

Le R. P. Thivlerge a rapporté de ses voyages, en
Europe et tout particulièrement en Italie, en plus d’une
profonde érudition qui donne k ses cours un intérêt sou-
tenu, un grand nombre de photographies. On apprend
aussi qu’il vient de faire filmer en couleurs les chefs-
d’oeuvre de la peinture à travers les siècles. Nous le féli-
citons chaleureusement de cette nouvelle initiative et
nous sommes sûrs que les élèves en retireront un ensei-
gnement beaucoup plus avantageux.

On sait l’importance que prennent les projections
dans la nouvelle pédagogie et nous espérons que les élèves
auront bientôt un local mieux adapté i ce genre de cours
où ils pourront se réunir plus régulièrement. Voilà qui
prouve encore une fois que l’Université d’Ottawa devient
de plus ea plat an centre d’éducation tout à fait « à aa

1 -M

« hmsB&m

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LA ROTONDE, 1S DECEMBRE lMt

LA ROTONDE, 1« DECEMBRE 1*4*

F Age t

LE PEINTRE DU QUÉBEC L’ESTHÉTIQUE ET LA PEINTURE

I

4

Le musée national d’Ottawa organise souvent des expositions des
oeuvres complètes d »un artiste et y Invite le public intéressé. C’est ainsi
que le 1er décembre s’est ouverte l’exposition des tableaux de Clarence A.
Gagnon.

On a déjà noté une grande âffluence de spectateurs. Quelle aubaine
pour l’amateur d’art et surtout d’art canadien L’oeuvre de C. Oagnon est
en effet, presque toute d’inepiration canadienne.

- Né a Montréal en 1881, Clarence demeure 10 ans à Ste-Rose; c’est dans

ce milieu paysan d’abord qu’il éprouve l’amour des vieilles choses et des
coutumes anciennes.

Bien que son père le destine aux affaires, il prend des leçons de peinture
de W.«Brymner à Montréal, puis son talent remarquable le conduit à Paris
où 11 étudie à l’Académie Jullan.

Sa curiosité d’artiste le mène dans tous les pays d’Europe, sauf en
Russie, mais il demeure néanmoins québécois de coeur et d’aspiration; per-
sonne mieux que lui ne connaît la Baie St-Paul et Charlevoix, où il est
connu de tous les habitants. Ce grand ami des paysans est docteur en
droit de l’université de Montréal, membre de l’académie canadienne, et
premier lauréat de New- York et de Paris.

En 1941 il meurt en pleine gloire, aimé et regretté de tous, laissant pour
l’Immortaliser une oeuvre imposante.

Chose surprenante Gagnon avait plutôt l’apparence d’un banquier que
celle d’un artiste. Personnalité magnétique 11 amait comme tout français
la plaisanterie et la rigolade; ses yeux brillants et narquois s’animaient
davantage lorsqu’il racontait ses histoires de pèche toujours fantastiques.

C’était avant tout un sensible; mais il ne lui manquait pas les autres
grandes qualités d’un artiste: intelligence, initiative, connaissances et ap-
plication.

Clarence Gagnon réussit si bien dans plusieurs genres: gravure, pein-
ture, illustration, miniature et même artisanat qu’il est difficile de l’appré-
cier exactement. U atteignit la renommée d’abord par ses eaux-fortes qu’on
peut admirer au « Petit Palais » à Paris, à Florence et à Venise, de même
qu’à Londres et à La Haye, sans mentionner les musées et les collections
privées de chez-nous.

H est un de ceux qui introduisirent au Canada l’impressionnisme en
peinture et il a enrichi l’art canadien par ses tableaux rayonnants de lu-
mière et de « plein air ». A la fol de sa vie, son art est plus définitif: 11
incarne l’esprit et la tradition du Canada français qui aime surtout les
couleurs attrayantes, le dessin simple mais parfait et le motif décoratif.

C’est l’esprit du terroir qui dirigea son pinceau. Les belles saisons ca-
nadiennes: le printemps au bord des rivières, l’été dans les vallées, l’au-
tomne et l’hiver rigoureux mais sain furent pour lui des sources d’inspira-
tions.

L’Illustration de volume est aussi une de ses entreprises artistiques,
« Le grand silence blanc » eut à Paris un tel succès qu’il se décida d’illustrer
« Maria Chapdelaine ». Après cinq ans de labeur, il réalisa son projet et les
54 illustrations exquises du grand roman lui valent le titre d’interprète
du Québec.

Le village paisible et gai, la vaste forêt où se perdent les Paradis le
petit coin de terre d’une chapdelaine, les rares veillées mémorables, laWsse
de minuit, instant lumineux et consolant, la tragique destinée de Maria ne
sont, que quelques thèmes choisis par Gagnon pour l’illustration de « Maria
Chapdelaine » qui est de toutes ses oeuvres la plus remarquable

Borné dans sa nature, enfin dans ses voeux, l’homme est un dieu
tqmbé qui se souvient des deux

Le sentiment du beau réside en germe dans tous les coeurs humains.
Sans doute il n’atteint pas chez tous le même degré de perfection. Tel sera
transporté d’émotion en contemplant pour la première fois une madone
de Raphaël, alors que son ami/ sans hésitation, préférera l’image d’une
Jolie vedette de cinéma.

Mais comme l’Imagination «t la mémoire, l’esthétique peut se cultiver.
A mon avis c’est un devoir pour chacun de développer ce sentiment de la
‘beauté s’il désire atteindre un plein développement intellectuel. Tout en^
nous procurant une des plus belles Joies de notre existence, le beau exerce
sur notre amé une influence salutaire, il nous fait aimer le bien.

S’il en, est ainsi de tous, les beaux arts, pourquoi négligerait-on ïâ-
peinture ? La plupart des gens, aujourd’hui, grâce sans^doute aux émis-
sions radlophoniques qui permettent d’entendre les chefs-d’oeuvres de la
musique possèdent quelques connaissances musicales. Mais, hélas, com-
bien peu nombreux sont ceux qui n’ont Jamais admiré une « féconde », un
« fragment derhier » ou encore un « Pèlerin d’Emmaus ». Et, pourtant, dans
ces chefs-d’oeuvres quelle noblesse de sentiments, quels trésors de pensés!
Par un habile agencement des lignes et des couleurs, les grands maîtres
ont exprimé dans leurs tableaux les Joies et les douleurs, les espérances
et les désespoirs de l’Ame humaine. Tous ces trésors sonit nôtres si nous
nous donnons seulement la peine de les recueillir.

Mais il y a une autre raison de s’intéresser à cet art de la peinture.
Comme les artistes, de tout temps, ont cherché à fixer sur la toile pour
les siècles futurs, soit les grands événements de leur époque, soit les’ traite
caractéristiques de leur patrie, leurs oeuvres ont pour nous un double in-
térêt. Elles nous sont une source historique des plus précieuses et un atlas
géographique sans prix. I

Dans le premier cas, les exemples sont multiples où les toiles, de maltrei
inconnus, ont comblé le vide dans l’histoire des temps anciens. Ainsi, dans
les ruines de, Pompéï on a recueilli des fresques d’une valeur inestimable
pour nous faire mieux connaître les coutumes et les moeurs de l’aristocratie
romaine. Il ne faudrait pas non plus ignorer le rôle Joué par le portrait,
fl est, en effet, un élément des plus utiles pour nous révéler la physionomie,
même morale, des grands hommes qui ont illustré leur siècle.

En géographie l’aide fourni n’en est non moins inestimable. Sous nos
yeux l’artiste déroule les plus beaux paysages du monde. Ici, ce «ont les
beaux ciels purs d’Italie, là les flots agités de la Manche; ici les peupliers
élancée de Lombardie, là les chênes noueux d’Angleterre. Enfin, 11 n’est
aucun coin de pays capable de charmer qui ait échappé à l’oeil sans cesse
en éveille del ‘artiste.

Oui, mes amis, il vaut la peine de s’intéresser aux beaux arts et parti-
culièrement à la peinture. Tentez une fols l’expérience et vous compren-
drez toute la vérité de ce vers deKeats: « A thlng of beauty is a Joy forever i »

Jacques BELZILE.

* POUR COMPRENDRE LE

*££=*

Pourquoi n’irions- nous pas admirer un grand talent de chez-nous *t
de réputation Internationale ? ,

Son oeuvre est riche pour celui qui aime les couleurs et le dessin, sans
prix pour celui qui aime Québec. C’est un document de la vie canadienne.

o~~~~~~T~-r^~rT-? »-~–~-~~——’~(TM)«’^

D

M

par

Pierre
Prévost

Chaque siècle voit des innovations au-
dacieuses, des révolutions -sociales, scien-
tifiques, littéraires et artistiques. Le nô-
tre n’aura certes pas manqué à la règle.

Pour ne parler que du brusque coup de
gouvernail donné par les modernes à la
littérature, à la musique et à la peinture,
quelle gigantesque parabole où se bous-
culent les Idées, quelle fissure profonde
où s’engouffrent les aspirations nouvel-
les, quel champ immense ouvert à la con-
troverse ï

La littérature, en particulier la poésie
de notre temps est devenue une réserve
où seuls les initiés et les intelligences
d’élite évoluent avec aisance. On l’a qua-
lifiée d’hermétique », et le terme ne man-
que pas de justesse. Le monde poétique, a
toujours eu des affinités avec le monde
philosophique, mais jamais plus qu’aujour-
d’hui. Un penseur entre tous. Daniel-
Rops, jette, dans les lignes qui suivent,
une lumière bienfaisante sur cette poésie
métaphysique:

‘De la poésie qui ne nous échappe pas
rien ne résiste: ainsi des sonnets trop
parfaits de Hérédia. Mais le bégaiement
fulgurant de Rimbaud saisit une réalité
plus vraie que celle de la terre et dont
le secret, que nul commentaire de perce,
se transmet cependant intact. Toute
grande poésie sera donc DIFFICILE; elle
exige un acquiescement qui dépasse celui
que nous donnons aux idées claires, aux
formules. Ce n’est point parce que nous
la comprenons, avec notre raison et nos
méthodes, qu’elle nous est chère; mais
par ce que nous y pressentons d’accord
avec la poésie infuse, ta poésie non-dite. »

Dans le même ordre d’idées Claudel
s’écrie: « Les mélodies qu’on entend sont
douces, mais celles qu’on n’entend pas sont
plus douées encore ». Comme les Verlai-
ne, les Mallarmé, les Rimbaud doivent
exulter, où qu’ils soient, à cette réhabili-
tation de leur oeuvre comprise d’un si pe-
tit nombre ! quant à Paul Valéry, je ne
sais; mais doit compter parmi ses amis
Daniel-Reps, Claudel et Jacques MarlUin.

SI nous passons du domaine littéraire
au domaine musical, le paysage reste le
même; seuls changent les personnages et
quelques premiers plans.

Des générations de musiciens de tout
talent et de toute école ont passé, des
millions de notes ont été écrites depuis le
Jour où Beethoven disait: « La musique est
une révélation plus haute que toute sa-
gesse et toute philosophie »; pourtant au-
cune àme réfléchie, aucun penseur sin-
cère a refusé de reconnaître que la musi-
que plonge dans les régions obscures, in-
explorées de l’être, les racines vigoureu-
ses d’un arbre dont la ramure se perd au
zénith de notre monde.

Debussy, Ravel, Sibeuus, Stravinsky, Ri-
chard Strauss, Shostakovitch, noms célè-
bres qui illustrent la pensée musicale du
vingtième siècle. Eux aussi demandent,
pour être compris, des esprits formés à
leur école, des Intelligences avides d’ori-
ginalité, pleins de vaillance devant l’ar-
dulté d’une expression nouvelle. Le cohé-
reur intellectuel de la masse ne jouit pas
d’une puissance assez grande, ni d’une
sensibilité assez affinée pour capter le
message transcendant . de leur art. On
sent qu’il y a là quelque chose, quelque
chose d’admirable et de divin. On vou-
drait le saisir, le comprendre, l’assimiler,
le transposer en desp âges brûlantes d’en-
thousiasme, mais cette musique pure s’en-
tend et ne se voit pas, cachée derrière la
muraille infranchissable de notre condi-
tion humaine. Ce à quoi nous aspirons, à
cette frontière ultime de l’art, c’est la
poésie par essence, c^st Dieu. Fatalement,
toute contemplation doit aboutir là. « Rien
de ce qui n’est point Deu ne peut satisfai-
re mon attente’, a écrit, je crois, Pascal.

Cette tendance vers la désincarnation
Intégrale de la pensée se manifeste aussi
dans la peinture. « H faut être un grand
poète pour être un poète moderne’ 1 , a dit
Max Jacob. Les peintres modernes, trans-
posant ce principe dans leur champ d*àc-
ton, veulent donner à leurs oeuvres un
caractère original où l’académisme ne
jouisse plus de ses ce udé e s franches. La

peinture avait toujours présenté un accès
difficile au simple amateur; le modernis-
me en a fait le plus hermétique des arts.

Jacques Maritain a pris a défense de
cette formule nouvelle en écrivant que
« c’est par la façon dont il métamorphose
l’univers passant dans son esprit, pour
faire resplendir, sur une matière une for-
me devinée dans les choses, que l’artiste
imprime sa marque sur son oeuvre. Pour
chacune il recompose, TEL QU’EN LUI-
MEME ENFIN LA POESIE LE CHANGE,
un monde plus réel que le réel offert aux
sens … Ce qu’il fait doit ressembler, non
aux apparences matérielles des choses,
mais à quelqu’un des sens cachés dont
Dieu seul voit briller l’iris sur le cou de
ses créatures, — et par là même ressem-
blera aussi à l’esprit créé qui a discerné à
sa façon cette couleur invisible. Ressem-
blance, mais ressemblance SPIRITUELLE.
Réalisme, si l’on veut, mais réalisme trans-
cendantal. »

Le surréalisme, Tune des dernières ma-
nifestations de l’école de peinture moder-
ne, en appelle plus au subconscient qu’à
l’intelligence proprement dite. Emile Bor-
duas, un disciple canadien de celte écsle,
nous disait lui-même que c’est un art dé-
gagé de toute volonté de représentation
matérielle, un art qui demande fidélité à
l’artiste et non à l’objet Les toiles de M.
Borduas illustrent bien sa pensée. Dérou-
tantes, incompréhensibles à première vue,
elles se découvrent pleines de poésie et de
chants mystérieux lorsqu’on les exami-
ne telles qu’elles sont, c’est-à-dire des
paysages intérieurs, des états d’âmes con-
crétisés, le résultat de plusieurs années
d’assimilation profonde et lente, des sup-
ports de rêves . . .

Que réserve l’avenir aux productions
littéraires, musicales et artistiques de no-
tre siècle? Le message esthétique de no-
tre époque aura- 1- il pour les générations
à venir un caractère de pérennité, on se
verra-t-il imposer l’estampille humilian-
te du médiocre, de’ la décadence T Ques-
tion sans réponse sure. Arrêt obligatoire
*nr le terrain hypothétique.

La musique moderne a connu depuis de nombreuses années des at-
lues sévères et des critiques qui auraient tué tout autre genre si ceux
il en avaient été les pionniers n’y avaient découvert une formule nouvelle
>ur expliquer ce que leur àme ressentait. De nos jours, alors que des
Hlions d’amateurs de jazz écoutent s>vec passion la musique qu’ils peu-
nit saisir et qui pour eux à une signification très tangible, il se trouve
icore bien ‘des gens qui refusent absolument de permettre au jazz une
ice sous le soleil de la musique.

Il ne faut ni les blâmer, ni les accuser d’être des retardataires ou des

>rits étroits, les Insultes n’ont Jamais rien produit de bon, mais ce qu’il

st bien permis de faire c’est d’analyser le pourquoi de leur répugnance

>ur cette musique. La cause principale est comme dans bien des choses,

(Ignorance.

Pour être capable d’apprécier le Jazz à sa Juste valeur il y a bien des
mditions a remplir et la première est de ne pas Juger cette musique par
>us les disques qu’on nous sert à la .radio. La musique classique a cet
[vantage sur le jazz que tous les disques sont enregistrés par la crème des
îusiciens classiques, tandis que le jazz à cause de la grande demande po-
pulaire et à cause de la fécondité des compositeurs doit souvent se conten-
ir de musiciens médiocres en quête de quelques dollars faciles à gagner.

8i une pièce classique y gagne à être exécutée par la symphonie de
>hlladelphie ainsi en est-il d’un morceau de jazz qui change totalement
l’aspect lorsqu’un Ellington, un Miller, un « Goodman ou un Armstrong y
îet tout son talent. Je ne puis comprendre qu’on puisse critiquer le jazz
fcuand on n’a Jamais entendu des disques de Duke Ellington par exemple,
/’est comme quelqu’un qui critiquerait la musique classique après n’avoir
sntendu que l’exécution de quelques artistes locaux d’une certaine valeur,
ils qui ne s’approche nullement des maîtres.
La ou le Jazz diffère totalement du classique c’est dans l’exécution, ou
l’arrangement de la pièce, comme on dit dans le métier. Les compositeurs
plasslques ont exploités .un thème dans toutes ses parties et ils ont composé
les oeuvres qui pour être goûtées doivent être exécutées intégralement, le
ténie de l’auteur se sépare complètement de oelui de l’exécutant alors que
 » ms le Jazz l’auteur doit se plier aux exigences d celui qui exécute le thème.
Ce qui fait la force du Jazz et ce qui en fait la beauté c’est le génie de
elui qui arrange le thème. Chaque orchestre donnera une version diffé-
rente de la pièce et seuls les maîtres parviendront a produire quelque chose
lui touchera jusqu’au plus intime les sensations musicales de l’auditeur.
~ appartiendra au chef de l’orchestre de s’arranger pour que tous ses ins-
truments se fondent en un tout harmonieux, c’est lui qui devra trouver
îs formules qui permettront à ses instruments de donner un rendement
fait. De tous les orchestres modernes celui de Olenn Miller a réalisé

Problème

une perfection insoupçonnée Jusqu’avant. L’ingéniosité de ce Jeune amé-
ricain a causé toute une sensation dans le monde de la musique et le choix
de ses musiciens a été toujours parfait.

Le morceau de musique de jazz dépend directement de l’exécutant,
pourvu bien entendu que la composition ait une valeur plus que quelconque.
Mais alors que dans le classique l’auteur est tout, dans le jazz l’exécutant
devient presque tout, oh lui donne un thème qu’il peut varier et rendre
comme bon lui semble, c’est la liberté dans un domaine ou on croyait
pourtant que des règles bien définies devaient Imposer un genre grandiose
et toujours nouveau.

Qu’on aille pas croire que je veuille affirmer ici que dans l’exécution
d’une pièce classique le génie de l’exécutant ait rien a faire avec la pièce,
bien au contraire, il lui faut pénétrer la pensée d’un autre pour rendre par-
faitement sa pièce et c’est là que se révèle son art. Dans le jazz au con-
traire l’exécutant doit donner au thème sa pensée à lui.

Plusieurs personnes avec lesquelles J’ai eu l’avantage de discuter de
cette question m’ont souvent parus intriguées par les soli nombreux que
les grands musiciens du* jazz permettent aux membres de leur orchestre.
Quand on a bien compris que le Jazz dépendait directement de l’exécutant
on n’a aucune difficulté a saisir le pourquoi des soli. Si l’ensemble doit
donner une version personnelle du dirigeant les musiciens qui composent
l’orchestre seront appelés eux aussi a donner leurs impressions d’un thème,
aucun autre instrument ne Jouera la mélodie, le soliste sera laissé à lui-
même et à ses impressions pour varier à l’infini le thème que* tout l’ensem-
ble vient d’exécuter. De là un travail formidable pour les solistes qui en
plus de maîtriser parfaitement leur Instrument doivent être capables de
dégager du. thème une impression différente de celle que l’orchestre vient
de donner. Seuls les grands musiciens y parviennent et Renny Goodman,
Tex Beneke, Mel Powell et quelques autres sont de véritables artistes en ce
genre.

* Rappelons en terminant que pour comprendre le Jazz II faut nécessai-
rement être capable de distinguer au son les différents Instruments qui sont
appelés a prendre part à l’exécution des pièces. 8ans cette connaissance 11
sera impossible de’ saisir l’âme et l’art de l’artiste. Pour les soli cette con-
naissance est absolument indispensable d’abord pour Juger de la valeur
du musicien et ensuite pour juger de la valeur de son travail.

81 tous les ennemis du jazz se donnent la peine un jour, ou l’autre
d’écouter des disques des maîtres du Jazz ils changeront sans doute d’opi-
nion. Après avoir écouté et compris le Jazz, ils pourront s’acheminer sans
danger dans le chemin phis’raffiné du swing, qui n’est réservé qu’a quelques
musiciens de carrière et qui du reste, n’est compris que -de la minorité.

* Jean BELLEAU. o«

/

Eat-ee mon ombre qui me suit, ou ent-ce que
fe suis cette ombre et l’ombre que je suis est-elle
vraiment celle que je suis? Quand il fait jour elle
n’est plus là, mais quand vient la nuit elle guet-
te, elle marche près de moi et se fond dans la lu-
mière que je croise. Et l’on dirait que le jour je
suis plus brave parce que le bruit me grise et que
la couleur transforme les choses. Mais la nuit
j’ai peur, et quand le soir vient mon ombre s’ap-
proche de moi. J’ai vu des soirs où nous étions
deux et où nous n’avions qu’une ombre: c’est qu’a-
lors nous n’avions plus besoin d’elle parce que
nous savions qu’à deux on ne craint rien, et
l’ombre était calme. Mais quand vient la nuit, je
vois cette grande ombre qui remue et qui trem-
ble. Pour qu’on ne la voit pas, elle se colle à la
terre, mais on sait qu’elle est là. Suis-je cette om-
bre-là ou est-ce que je la suis?

GUY BEAULNE.
décembre 1942.

Hollywood vient de porter à l’écran: THE

lOON AND SIX PENCE, oeuvre du plus grand

mteur anglais de l’époque, Somerset Maugham.

icteur George Sanders, dans le rôle dû peintre

îarles Strickland, y remporte le plus brillant

iccès de sa carrière.

Il y a un an, quand le directeur-réalisateur

Ibert Lewin se mit à l’oeuvre, il reçut une lettre

Lmile, fils aîné du fameux peintre Paul Gau-

lin, le menaçant de poursuite si les oeuvres de

>n père apparaissaient dans le film. C’aurait

admettre ce que Maugham ne voulut Jamais,

le « THE MOON AND SIX PENCE » racontait la

le du nomade français. United Artists se rési-

îa donc à faire exécuter d’autres toiles qui s’ins-

:ent fortement des originales.

La vie passionnée et aventureuse d’Eugène-

înrl-Paul Gauguin ‘ en fait un des artistes les

fus fascinants de l’histoire de l’art moderne.

Né à Paris en 1848 d’une mère péruvienne et

[un père français morts peu après, Gauguin

randit à Lima dans la pauvreté la plus ignoble.

ipr/elé en France par son oncle paternel il étu-

dans un séminaire d'Orléans jusqu'à l'âge de

t-sept ans, alors qu'attiré par la mer il voya-

durant quatre ans. Puis il devint em-

>yé de banque en Bretagne oit, comme passe-

mps, il peignait des toiles d'un dessin simpli-

II épousa, en 1873, une danoise dont 11 eut

enfants et qu'il abandonna dix ans plus

parce qu'elle lui reprochait amèrement de

ksacrer son maigre salaire à l'achat de pein-

res.

Après un séjour à la Martinique (1887). son

fmpagnon de voyage voulant se suicider, il re-

it en Provence chez son ami Van Gogh qui

ivait d'ailleurs invité. Dans un moment de

fcxciUUon, celui-ci armé d'un rasoir, fonça

Salon clair

Dans le salon clair
Noyé de fumée
On cause, ennivré,
De propos en l'air.

Des mots et des cris
Des rots et des rires
Jaïssent pays;
Se font les empires.

On parle d'affaires; .
On parle de femme;
On parle de guerres
Et vite on s'enflamme.

Et d'autres sont là
Qui disent des riens;
Et d'autres sont las
Qui dormiraient bien.

Dans le salon clair
On cause, enivré,
De propos en l'air,
Noyés de fumée.

Dvcembie. 1942. G. B.

Paul Gauguin

IMMSMISISWISIWIMIEIWWWMIKMKMH

Vierge de notre âge

sur son ami et faillit le tur. Tournant ensuite
sa fureur contre lui-même, le Hollandais se
coupa froidement une oreille au ras du crâne.
D'autres prétendent qu'il le fit pour plaire à une
petite mendiante à qui il ne pouvait rien donner
et qui iui avait dit: "C'est bien, alors Je vais
prendre cette grosse oreille que vous avez là."
On dut l'interner dans un asile d'aliénés, où,
dit-on, il dévorait ses couleurs.

En 1890, épris d'indépendance et, toujours,
pour satisfaire son penchant pour les primitifs,
Gauguin s'exila à Tahiti. Heureux, il disait alors:
"La barbarie est pour moi un rajeunissement" et
peut-être, en pensant à sa femme, le "Women
are like little beasts" de Strickland.

"La beauté, la sensualité innocente de cette
race puérile, toute proche de la nature, l'enchan-
tait. Il se plaisait à suivie le rythme de ces
indigènes au corps cuivré, statues d'or vivant.
qui marchaient en balançant les hanches avec
la grâce et l'élasticité des jeunes animaux." (His-
toire de l'art de Michel)

Pour retirer un héritage de son oncle d'Or-
léans 11 revint en Europe de 1893 à 1895. Puis
il retourna à Tahiti, pour passer, en 1902, aux
Iles Marquises où, un an plus tard, il mourait à
l'âge de 52 ans. Ses mémoires furent publiés en
1906 sous le titre de Noa-Noa.

L'année décisive de son art fut 1888, quand
il fréquenta Cézanne et Van Gogh et étudia les
oeuvres d'un peintre nommé Emile Bernard qu'il
avait rencontré en Bretagne. De cette époque
date son "Jacob luttant avec l'ange" et -son
"Christ Jaune".

Le séjour à Tahiti enrichit sa sensibilité. U
y développa son style dans le but de symboliser

Vierge des Indes, Vierge de partout, 6 catholique

Où grimacent les Chimères,

Vierge des temps futurs, Vierge du Japon et Madone

^_ . (de Chine,

Vierge des Indes, Vierge de partout, ô catholique

Reine du monde enfin possédé,

Entends cette voix légion qui vers toi monte, droite,

Comme une statue de Charlier.

Rends-nous la virilité perdue

Fais de nouveau des hommes forts, toi qui as fait le Chris-

Engendre-nous des coeurs comme le sien,

Toi, Vunique médiatrice, le canal débordant de grâces.

Donne à mon coeur d'homme la joie,

Donne à mes yeux d'homme la lumière,

Donne à ma tète d'homme la vérité,

A pleines mains, donne-nous l'unique pain, le Christ!

Extrait de la Prière à la Vierge, dans
Axe et Parallaxes de François Hertel.

la nature sous le soleil tropical. Il traduisit par
des accords de bleu et d'orange "cet air à la
fois embrasé et tamisé" où il avait tant aimé
vivre. Tels sont "Otahi". "Trois Tahitiennes",
"Le Repos", "La Vierge Marie" et "l'Esprit veuille".
"Il est extraordinaire, s'étonnait Stéphane Mal-
larmé, qu'on puisse mettre tant de mystère dans
tant d'éclat."

Si Paul Gauguin fit de si grands sacrifice;-
pour la peinture -- il vécut toujours pauvrement
-- c'est qu'il fut un grand poseur. Colosse
d'une beauté un peu barbare, sa personnalité
attirait visiblement. Par contre, il était vil et
aimait créer scandale.

Et combien d'autres faits pourrions-nous
citer . ;rf De sorte qu'on pourrait lui attribuer
sans trop de crainte les paroles de Maugham:

"L'émotion commune à la plupart d'entre
nous n'existait pas en lui: et il était aussi absur-
be de l'accuser de manquer d'humanité que de
blâmer un tigre pour sa férocité. Il était à la
fois trop grand et trop vil pour aimer."

Ceux qui ont assisté à ia représentation du
film "THE MOON AND SIX PENCE" retrouve-
ront sans difficulté de nombreuses analogies
entre le décorateur Paul Gauguin et le Charles
Strickland de Somerset -Maugham. Mais, con-
trairement à ce qu'en dit le film, ni l'un ni l'au-
tre ne se marièrent à Tahiti. Il parait que
cette précaution de pudeur vient du contrôle
exercé sur le cinéma américain . . .

A cet effet, on raconte qu'au cours d'un

voyage à Paris, il s'installa dans un studio avec
une javanaise, sa servante. Tous deux sortaient
en costume indigène créant une grande sensa-
tion.. Aussi il conservait leurs ... tahi tiens

à ses peintures dans le seul but d'intriguer le»
connaisseurs.

Jean-Luc Féplm

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LA BOTONDK, 1 o DECEMMB IMS

LA ROTONDE, 18 DECEMBRE 1942

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-- ? ^ ; -r -» r-f- -- 1 ' ?£-; ; ; :

Nos. Débats Hebdomadaires

Canadien ou
Canadien-français

Les élevés de Belles-lettres n'ont pas désap-
pointé personne lors de ce débat et, d'après les
réactions de la salle, la question ne manquait cer-
tes pas d'Intérêt. Il est regrettable cependant
qu'un des côtés soit passé un peu a côté de la
question. Il ne s'agissait pas de discuter des théo-
ries séparatistes de l'école de l'abbé Groulx, ni
de vanter les mérites de Chaloult, Laurendeau et
cie, mais bien de savoir s'il y allait de l'intérêt
des canadiens-français de se montrer d'abord ca-
nadiens ou canadien-français. Cest la quatrième
fols que pareille mésaventure arrive et nous en-
courageons les orateurs des futures séances a
bien approfondir la question afin de pouvoir dis-
cuter le sujet et rien d'autre.

Gilles Bergevln n'a pas encore l'habitude de
parler en public, mais par contre sa façon excep-
tionnellement bonne de présenter ses arguments
en fera un orateur de première force lorsqu'il
aura suffisamment de pratique pour surmonter
un trac facile A comprendre. Son parallèle entre
les extrémistes canadiens-français et les impéria-
listes vaut la peine qu'on y songe avant de se lan-
cer sur les traces d'une école qui a des aptitudes
un peu trop fortes à glorifier la pureté de la race.
Raymond Oaudreault avait bien appris son
débat et son débit s'en est ressenti, n a apporté
des arguments solides pour démontrer que nous
constitutons véritablement une nationalité. Or
les individus se doivent à la race a laquelle ils ap-
partiennent, de 1A à conclure que les canadiens-
français se devaient au Canada français d'abord,
11 n'y a vait qu'un pas a franchir. Raymond Oau-
dreault argumente bien et quand il aura donné
quleques débats il fera un orateur redoutable.

Le débat de Jean Beauregard y aurait gagné a
être donné avec un par-coeur plus parfait. H faut
cependant être indulgent, car lui aussi débutait
et, du reste, le travail intéressant qu'il nous a pré-
senté a fait oublier cette petite lacune. Pour lui
le Canada est né de deux racée fortes qui se sont
fait la lutte et qui ont survécu. Des intérêts com-
muns ont rapproché ces deux races a tel point
qu'on peut espérer qu'une nation véritablement
canadienne est née depuis un certain temps et
qu'elle ne fera que prospérer.

Un disciple de l'abbé Lionel Groulx. et un ad-
mirateur de René Chaloult, Andrée Laurendeau
et de., J-L. Ménard, avait lui aussi bien préparé
son sujet et il l'a traité avec calme qt succès.
Malheureusement notre Jeune confrère a confon-
du un peu la question séparatiste avec celle A
discuter au cours de la eoirée. n prêche lui aussi
la pureté de la race et déclare que c'est dans Qué-
bec que le canadien- français retrouvera l'atmos-
phère nationale dont il a besoin.

L'opinion de la salle semblait pencher en fa-
veur de la théorie de canadien d'abord. Il est re-
marquable de noter que les défenseurs de cette
théorie étaient tous des canadiens-français de
provinces autres que celle de Québec. Il convient
en passant de noter l'intéressant plaidoyer d'Hen-
ri Schmidt, un Jeune confrère de l'ouest, qui a
démontré que chez lui on est resté bien canadien-
français tout en étant canadien, n fallait cepen-
dant les paroles du révérend père Guindon pour
bien solutionner le problème: "Soyons canadiens
d'abrod et pour cela nous devons nous efforcer
d'être de parfait canadlens-franaçis."

Jean BELLEAU.

Chez les jeunes orateurs

Lundi, le 2S novembre, le secteur "C de la section
Junior d Immatriculation tenait son premier débat de la
saison à la salle académique. "L'opportunité d'un second

î?«?JÏÏiL é Sïr U T qUe ? i0n T à f toc S ter - Les orateurs de
I affirmative, MM Jean Yves Lajambe et Jacques Gagnon.

eurent comme adversaire MM. Marcel Boiselle et Gérald
Larocque.

Le débat fut très bien traité et les orateurs montrèrent
de bonnes dispositions pour l'art oratoire.

Le président, M. Paul Brunelle, présenta les orateurs
après quelques mots sur l'utilité des débats français

Comme ouverture, M. Henri Lefort fit une chronique
sur une question d'actualité. Comme intermède au débat.
M. Hector Boily récita une fable: "Le héron."

M. Clair Simard nous donna une conférence sur l'indus-
trie navale des chantiers maritimes de SoreL Puis, après
une réplique de quelques minutes, MM. Michel Lemieux,
Marcel Gingras et quelques autres montrèrent une heu-
reuse présence d'esprit en venant faire quelques commen-
taires sur le débat

Ensuite, M. Hector Courval assisté de MM. Jean-
Yves Pinault et de O. Léger annonça la décision du
jury. Il décerna la palme aux orateurs de l'affirmative
tant pour le fond que pour le débit tandis que M. Jacques
Gagnon fut déclaré à l'unanimité le meilleur orateur.

Le Père Couët, directeur des débats pour cette section!
clôtura U séance. Il félicita tes orateurs des beaux tri
vaux quife avaient présentés et les encouragea à progres-
ser encore plus dans ce* heureuses dispositions. Après
ajuel qe ss remarques û leva la séance.

Xksard MAMON,

sécréta**.

Alfred Des Rochers

Un bohème, (été carrée, poil noir, peau rude
et brune, voix sonore, verbe précis, voilà en quel-
ques mots Alfred DesRochers, le plus grand de
nos poètes, que la Société des Conférences de
l'Université nous faisait entendre dernièrement.
Lee meilleurs conférenciers sont souvent ceux qui
prétendent ne pas l'être: monsieur DesRochers
est une preuve à l'appui de ce paradoxe. H ne
s'est pas laissé dépasser par le titre de sa confé-
rence. "Actualités et virtualités d'une poésie d'ex-
pression française au Canada", il connaît notre
poésie, il sait ce qu'elle devrait être; et même si
l'on ne s'entend pas avec lui sur certains de ses
jugements, il faut admettre que sa puissance de
pensée est rare chez nous; il a réussi ce tour de
force de soulever un grand intérêt chez ceux-là
même qui différaient d'opinion avec lui.

Guy Sylvestre nous présenta le conférencier.
On sait qu'il a publié un essai sur "la Situation
de la Poésie canadienne", et qu'il vient de ter»
miner son oeuvre la plus importante, une antholo-
gie des poètes canadiens; Il a toujours fait preu-
ve d'un jugement modéré et juste, et donc, quand
il nous dit que DesRochers est le plus grand des
poètes canadiens, c'est là un éloge qui a du poids.
Il s'explique en disant que "DesRochers fut le
premier poète canadien à élever des données ré-
gionallstes à un niveau universel."

Monsieur DeeRocners nie l'existence d'une
poésie proprement canadienne, précisément parce
que nos poètes n'ont pas été assez régionaux, tem-
porellement et personnellement, pour être uni-
versels; il n'y a pas chez nous de poésie cana-
dienne en elle-même, et non pas seulement parce
que, nos poètes sont canadiens; de magnifiques
poèmes ne constituent pas une poésie nationale
sans être régionallstes, car, comme l'a écrit Guy
Sylvestre, rien n'est universel comme le parti-
culier.

Jusqu'ici les assertions de monsieur DesRo-
chers sont très probablement justes; il est moins
certain qu'il en soit de même quant aux juge-
ments qu'il a porté en particulier sur nos poètes.
On peut se demander pourquoi il a réduit l'im-
portance de Emile Nelllgan à presque rien; pour-
quoi aussi il n'a même pas mentionnés deux noms
qui ont une place dans notre littérature. Saint-
Denys Garneau et François Hertel. Nous étions
an moins en droit de nous attendre à ce qu'il
justifie ces omissions.

Mais s'il semble parfois se tromper dans des
domaines particuliers, il semble par contre que
monsieur DesRochers a parfaitement raison lors"-
qu'll parle de notre poésie en général. Ainsi, la
voie qu'il propose à nos poètes est la bonne: pren-
dre conscience des sources inépuisables et inex-
ploitées que constituent nos conditions de vie, la
vie canadienne, le Canada lui-même.

La Schola Cantorum du R. P. Jules Martel
interpréta avant la conférence quatre pièces de
la Renaissance. "Exaltabo te", <iAve Verum".
"Quand mon Mari viendra de Dehors" et "U est
bel et bon". H nous est rarement donné d'enten-
dre des oeuvres du XVe siècle; et l'exécution du
choeur d'un musicien comme le Père Martel est
si parfaite que ces pièces revêtent un charme
qu'elles n'avaient peut-être pas lors de leur créa-
tion, 11 y a cinq cents ans.

Pierre de MUUBP W TflJUi

et les Métis

Lundi, 16 novembre, la section senior d'
triculation des Débats français de lTJnlvj
se réunissait à la salle académique pour dit
d'un sujet des plus intéressants: "Rlel et]
Métis étalent justifiables au cours des troi
de 1870 et de 1885. » L’affirmative, comi
MM. Real Therrien et Gaétan Legault, rem]
la victoire qui fut chaudement disputée.

Le Directeur, le Rév. Père Conrad Lebl
o.m.i., ouvrit la séance par quelques éclaire
ments sur le programme de l’année, préal
ment distribué aux membres.

Le débat commença par une allocution
leureuse prononcée par le président, M G
Puyjalon.

Le premier défenseur de l’affirmative, M.
Therrien, qui par l’enthousiasme de son
mérita le titre de premier orateur, présent.
résumé général mais achevé sur les disposlL
réciproques du gouvernement et des Métis.]
raconta avec émotion la fin tragique du
de l’Ouest.

Son collègue, M. Legault, développa plus
guement la thèse de son partenaire et expl
en détail les troubles de 1870 et de 1885. Iil
conta avec conviction les diverses rencont
l’Anse-aux-Poissons et de la Rivière :
Canards.

La négative s’attaqua aux idées rellgiei
aux défauts incontestables de Louis Riel.

Le premier orateur, M. Jean Caron, ai
sur St-Thomas, tenta de démontrer que les
n’avalent pas des motifs suffisants pour se]
volter. Ses arguments ébranlèrent fortei
l’affirmative.

Le deuxième orateur, M. Jean – Louis
soutint avec toute la chaleur de sa parole
preuves si bien élaborées de son collègue, n
sa Riel d’apostasie, de trahison, d’hypocrisi*
demanda aux juges de bien distinguer entre]
héros et un fantoche.

La réplique fut violente car la négative
un dernier effort pour supplanter les coups
sifs portés par l’affirmative.

Une conférence très instructive sur le
fut donnée par M. Michel Masson. Suivirent
déclamations vraiment bien rendues par
Jean-Paul Charbonneau et François Moi
« Le Rat de ville et le Rat des champs » de]
Fontaine, et « Waterloo » de Victor Hugo.

Deux chroniqueurs renommés: MM. Allen
bert et Paul Blanchette, vinrent sur la
nous entretenir des derniers faits national
in ternationaux.

Le jury se composait de MM. Macdonald
Robert Crête et Hermann Page. Ils surent apj
ter a l’exécution de leur charge tout leur
de juristes.

Voici le conseil de cette section de la
des Débats français pour l’année acadéi
1942-43:

Directeur: R. p. Conrad Leblanc, O.M.I.

Président: Guy de Puyjalon.

Vice-président: Yves Rousseau.

Secrétaire: Real Therrien.

1er. conseiller: Aurélien Beauchamp.

2ème conseiller: Jean Caron.

Sème conseiller: Roch Lafleur.

-

L’ENROLEMENT FEMININ

Les questions féminines passionnent au plus
haut point les étudiants, aussi ne faut-il pas
s’étonner qu’un grand nombre se soient rendus
en notre salle académique pour entendre quatre
brillants orateurs dans la personne de MM. Maxi-
me Guitard, Henri Schmidt, Charles Major et
Gilles Sarra-Bournet, discuter de l’enrôlement fé-
minin.

Ce débat avait déjà été remis à cause de la
maladie d’un des combattants, M. Major. Les ora-
teurs avaient eu amplement de temps pour se
préparer et tout le monde était en droit de s’at-
tendre a avoir du par-coeur.. Malheureusement
les deux orateurs de l’affirmative n’avaient pas
pris la peine de mémoriser leur débat. C’est re-
grettable car ils, auraient sans doute obtenu la
palme, cependant ils surent dérider les specta-
teurs et leurs dons naturels leur ont permis de se
tirer habilement d’une situation ou plusieurs au-
raient péris.

Charles Major apporta un plaidoyer clair et
solide en déclarant qu/on ne pouvait enlever jk.
femme du foyer sans menacer toute la société. W
rappela aussi que la mère se forme A la maison,
non a la caserne ou a l’usina,

M. Maxime Guitard rappela avec éloqu<
nos buts de guerre et l’idéal que nous nous
proposés dans cette lutte. H salua la bravoure |
ces femmes qui font leur devoir en répondai
l’appel de leur pays. Il termina en insistant si
coté moral de la question en disant que toute j<
ne fille qui a reçu une bonne éducation prei
au foyer sait se conduire très bien loin de
maison.

Gilles Sarra-Bournet, avec toute l’ardeur qui
lui connaît vint exposer a l’auditoire la tristej
tuation morale des jeunes filles dans l’armée
rappelant que les facilités de s’éloigner de la
droite sont innombrables pour la jeune lille
peut se permettre toutes sortes de contacts il
ses souvent par son uniforme.

Henri Schmidt, un fils des vastes prairi<
l’Ouest,, expliqua que la cause pour laquelle –
nous battions méritait tous les efforts de la
tlon et «que les jeunes filles de notre pays en
pondant à l’appel 4e, notre gouvernement ne
..salent .qu’accomplir un devoir tracé par leurs
= ^^w^^léflrtîimee., M termina en rappelant
bienfaits dé la discipline militaire qui forme
caractères et las corps.

?*? LE CHEMIN DE LA MER

-2>*

Des semaines passées dans ces pays chdr-
tants, insouciants, auraient dû nous apprendre à
ie jamais nous émouvoir des retards. Quitter
l’hôtel a l’heure où le train quitte la gare, cela,
m Equateur, n’a rien de tragique. Puisque l’exac-
titude y est chose inconnue, on est toujours sûr
l’arriver A temps tout de même. C’est égal,
îalgré notre expérience, nous n’avions pu nous
léfendre d’une certaine inquiétude et, nos baga-
[ges a la main — car depuis notre aventure d’Iba-
Igue nous nous méfions des porteurs — nous gra-
vîmes quatre A quatre les marches de la gare, car
la gare a Quito, se perche sur une colline. Tout
d’ailleurs, a Quito, couronne des mamelons, s’ac-
croche a des flancs abrupts ou se blottit dans des
creux, tant le plateau sur lequel est établie la
[ville est raviné, bosselé, ratatiné.

En haut c’est le quai, et les wagons qui nous
[attendent, et pour la vingtième fois, le miracle.
ILe miracle c'est de nous retrouver ensemble, tous
intacts, tous installés, passeports en poches, baga-
ges sous les sièges. 3

Les passeports! On n'a pas idée de ce que peut
| représenter pour un voyageur et surtout un voya-
geur dans ces extraordinaires pays latins, ce petit
livret relié de noir. C'est en quelque sorte la clef
, magique, le Sésame qui autorise -- non seulement
l'entrée, au pays -- c'est normal, mais encore le
séjour, les déplacement, -- voire la sortie -- ah,
combien de fols n'avons-nous pas maudit ces
oiseuses formalités, ces permis, ces visas, ces
papiers timbrés -- toute la paperasserie policière
et administrative qu'il faut transporter avec soi,
et faire voir au premier foncitonnaire venu, au
dernier des gardes- frontière! Et si charmant
qu'eut été notre séjour là-bas, nous n'évoquions
pas sans une manière de soulagement le jour où
nous pourrions enfin rentrer chez nous, passer la
frontière après un simple contrôle et circuler en
paix, sans passeport, sans permis de séjour, sans
permis de sortie, sans stations aux consulats.

Nous rentrions -- et je n'ai jamais cessé de
m'étonner d'avoir pu, si simplement en somme,
aller a la gare de Quito a ma "casa" A moi. Il
y a si loin et c'est si petit en somme! Qu'est-ce
que ça représente sur la carte, la "estacion" de
Quito et ma maison? Deux points. Et pourtant
je me suis déplacé, et successivement, j'ai occu-
pé ces deux points là.

Mais Dieu sait pourtant si en route, j'ai pu
voir des pays. Et rien de plus passionnant, à la
vérité, que ces trois cents kilomètres qui séparent
Quito, la ville aux cent collines, de Guayaqull et
du Pacifique.

Quelle diversité d'images encadrera ce jour-là
la fenêtre du train qui nous emporte. Et combien
extraordinaires elles sont: Oh! nous pensions
bien à être rassasiés de pittoresque, après Buana-
ventura, après la vallée de la Cauca, après Los
dos Rlos, Tulcan, Otavalo, après Quito . . . Mais
véritablement ce n'était pas fini, et tous le long
des heures devaient se heurter, se pourchasser,
devant nos yeux des paysages tour à tour gran-
dioses, charmants, calmes parfois, et parfois ani-
més de grouillement de -foules pittoresques ou de

Chronique de Notre-Dame

22 septembre . . . Retour des élèves au Collège.

-- Pour satisfaire la légitime curiosité de celles
qui liront nos chroniques, j'explique la cause de
l'entrée tardive poussée jusqu'au 22. La guerre
a des exigences que certaines d'entre nous ne
trouvent pas trop rigoristes: les FERMES récla-
maient la main -d'oeuvre de la gente universitai-
re .. . Alors, par sympathie pour nos confrères
de l'Université que l'Etat gardait à son service,
nous les avons attendus pour reprendre nos cours
... C'est la guerre! Et tandis qu'en Europe, ce
sont les bombes qui sont à retardement, -- ici --
au Collège Notre-Dame, ce sont les vacances ! !

-- C'est unique dans l'histoire de notre vie
d'étudiantes!

EUR octobre . . Vénérée Mère Provinciale et
dévouée Mère Supérieure ont visité nos classes.
Elles les trouvèrent gales et artistiquement res-
taurées. Les murs ont été- rachaichis et agré-
mentés de quelques copies de chefs-d'oeuvre de :o Maîtres . . pour ne citer que "Madame de Réca-
mier" (David), "Madame Viger-Lebrun et sa
fille", "La cathédrale de Milan", une Vierge de
Seichel, etc . . .

13 an 16 octobre . . Son Excellence Monsei-
gneur Cody, évêque de Victoria, que tout Ottawa
connaît par sa renommée de sainteté, a bien vou-
lu accepter de prêcher la retraite au Collège.
Nous étions enchantées! Avec conviction et
aisance Monseigneur, en français, ou en anglais,
nous a redit ce. que tant de fois nous avions
entendu -- mais d'une manière si neuve que les
trois jours de recollection ont fui avec la rapidi-
té des "choses trop bonnes" --

lf novembre ... La fidélité aux traditions a
toujours été Uapanage du Canada français -- Bon
aang, ne saurait mentir! Aussi c'eut été nous
trahir que d'omettre le traditionnel.

(Récit de voyage)
par le lieutenant Raymond Robichaud

grands troupeaux, monotones parfois, ou simple-
ment sévères, presque farouches, ou bien écla-
tants de mille couleurs tropicales.

D'abord c'est toujours le plateau, une vaste
plaine, aux contours un peu heurtés aux abords
de Quito, puis admirablement doux plus loin, tout
à fait abolis. Vaste plaine que ferme à l'horizon
très lointain une palissade de montagnes --
murs abrupts et nus, passant du rouge au bleu
en brusques dégradés, selon la distance, et par-
fois, par dessus tout cela, un cône sévère, blanc
de neige: charmante image que l'on découvre
entre les eucalyptus qui fuient très vite, le long
du train -- régulièrement alignés -- comme si
on les y avait plantés. Et, en vérité, c'est qu'on
les a plantés, et que le chemin de fer de Quito
A Guayaqull est le seul que je connaisse qui soit
ainsi établi comme une route . entre ces haies
d'arbres parfumés.

La plaine: il y paît des troupeaux Immenses,
auprès de belles laciendas -- et tout de suite, et
surtout quand on voit les gardiens en ponchos
passant sur leurs chevaux, on songe aux pampas
d'Argentine.

Mais voici que la plaine s'étrécit, que la ligne
se glisse, s'insinue entre les collines. Et alors,
c'est décidément la montagne. Mais ici elle n'est
que jolie, verte en aea vallées, et jusque sur ses
flancs. Et l'on y découvre des petites villes blan-
ches et charmantes, sous des eucalyptus et des
palmiers, tableaux ravissants que l'on entrevoit
d'en haut, avant d'entrer en gare.

Aux gares, c'est l'assaut du tram par les mar-
chandes de fruits, c'est des glapissements, des
cris aigus, des Indiennes brunes qui vous mettent
des paniers sous le nez, et qui en demandent des
prix si absurdes, tellement modiques que si on
marchande c'est un peu 'par habitude et par
acquit de conscience.

Mandarines! Naranjas! Limas! Des mandari-
nes -- un panier de cinquante pour 50 centavos
(environ 3 cents!) Quel pays de cocagne! Et

Prière à la crèche

J r

frfit

^

*T

O Jésus je f adore, et je crois le mystère
qui d'un Dieu tout-puissant fit un petit enfant.
Et je t'aime, 6 Jésus, qui aimas tout les hommes;
et j'aime que' tu choisis, pour naître parmi nous,
cette vieille froide étable où. Marie humblement
rendit au genre humain son Rédempteur divin.

J'aime que je doive dire: "Je suis pauvre, ô Jésus,
l'ai froid, je suis seule et j'ai besoin de toi,

mKtsj$w09ÊsasgmÊmsWÊKtiÊtÊs gm sWÊsmmgsmKmimsmsfÊÊs^

THE D'INITIATION

Mais cette année, non pas tant par originalité
que par mesure de sagesse, nous avions une inno-
vation: un THE . . . sans thé. C'est du chocolat
qui nous fut servi comme breuvage. Lès nerfs ne
s'en trouvèrent que mieux et l'esprit n'a pas
manqué de piquant (pep) chez les organisatrices
-- Non certes, car eues ont infligé aux pauvres
initiées les pires injonctions avec l'impératif :
IL FAUT (oportet) sinon . . . AMENDE ... Et
Marguerite Guay, notre vice-présidente, est sûre
que l'événement du 10 novembre 1042 s'inscrira
au livre des "souvenirs" et bien a la page du
fameux

OLIM MEMINI8SE JOVABIT
% N'est-ce pas, GRÎ6LAINE ?
n'est-ce pas. LOUISE ?

nous dégustons consciencieusement les fruits
exquis, pendant que le trahi poursuit sa route
tortueuse vers la mer. Le paysage, insensible-
ment se transforme. Voici les cactus, les dunes
dorées piquées de maigres touffes d'herbe verte.
Assurément, c'est le 8ahara! Quelle étrange im-
pression soudain. Sur ce plateau désertique et
ensoleillé, combien nous nous sentons loin de ce
que nous connaissons -- nos montagnes vertes,
nos lacs profonds -- une nature aussi sauvage
que celle-ci sans doute, mais plus vivante en
quelque sorte, et plus sympathique ... ici ce
n'est qu'émouvant. Emouvante cette montée
raide, sur ce plateau, quasiment dans les nuages
-- Non pas, véritablement dans les nuages! Car
voici que le train contourne la masse énorme du
Chimboraso (20,000 pieds!) très haut, aux deux
tiers de sa hauteur. Et puis c'est la descente,
lente, dans un paysage tourmenté, bizarre, fait
de coulées de lave, de grandes falaises de pierre
ponce, de torrents presque secs.

' C'est la nuit qui vient, et comme pour l'an-
ticiper nous plongeons au fond d'une vallée
étroite. La voie descent le long d'un mur pres-
que vertical, sinueuse, et l'on peut voir d'où nous
sommes ses multiples replis.

En bas, c'est une rivière, le Chan Chan, et puis
un peu plus loin, c'est là jungle. La jungle!
Assurément ce n'est point celle du Congo ou de
l'Amazone que ces forêts côtlères de l'Equateur,
étroites, adossées a la Cordillière à l'est, arrêtées
au Pacifique a l'ouest, mais quand même les
arbres, les oiseaux, les marais, la chaleur moite,
les millions d'insectes, les rivières plates aux
rives herbeuses où somnolent les crocodiles --
elles ont tout cela. Il doit aussi y avoir des
jaguars, des toucans, des singes qui se pour-
chassent dans les hauteurs de ces firmaments
verts que font les lianes entrelacées. Ce qu'il
y a de sûr c'est qu'il y a des insectes. Ils entrent
dans les wagons, qu'ils emplissent de leur bour-
donnement, s'accrochent par grappes mouvan-
tes aux globes des lampes, et l'on ose A peine
ouvrir les yeux, a peine respirer, tant l'atmos-
phère en est saturée.

Derrière le train, dans le noir, s'allument
mille petites lueurs dansantes: lucioles sans
doute. On suit ces clignotements entre les troncs
que l'on devine, et si parfois on en trouve qui
restent immobiles, accouplées on se dit bien qu'il
doit y avoir là quelque fauve.
» Et puis brusquement ce n'est plus la forêt,
c'est une gare, du tapage, des cris, des porteurs,
c'est Elroy Alfaro.

Au delà de la gare c'est le fleuve Guayaqull,
surface noire qui recueille l'harmonieuse silhou-
ette de la ville bâtie tout contre, avec les lumiè-
res des bateaux qui y passent. Et tout à coup,
c'est comme un vent du large, un soûl fie plus
frais qu'on devine plutôt qu'on ne sent.

A l'embouchure de ce fleuve, plus loin, vers
le âud, c'est la grande échappée vers la mer:
c'est de nouveau la porte ouverte sur d'autres
mondes, d'autres paysages encore, c'est l'Océan,
c'est le Pacifique.

pour poursuivre ma foi, pour marcher vers ma fin
en trouvant dans ta loi les principes de ma vie.
J'ai besoin de te voir qui attends justement
l'hommage de tout ton peuple alerté par tes anges,
pour sentir en moi le calme de l'espérance.
J'ai besoin de Marie parce qu'elle fut bénie
qui la première comprit que toujours ici-bas
il faut que s'accomplisse la volonté dû Père.
J'ai besoin de Joseph parce qu'il fut soumis.
J'ai besoin de ce jour parce que c'est Noël;
j'ai besoin de Noël, et je te prie, Jésus,
d'avoir pitié de moi, puisque je t'aime tant.

O Jésus de la crèche, en ce Noël si doux, je songe

aux exilés

qui se battent là-bas, pour qui le "Pax in terra" n'a

plus du tout de sens.

O Jésus de la crèche, aie pitié de la terre à cette

heure qu'elle saigne.

Aie pitié de la terre et plains son indigence.

Aie pitié de la terre aujourd'hui qu'elle oublie

quel fut son Créateur et quel fut son Sauveur.

Aie pitié de leur âme à l'instant qu'ils ignorent

qu'ils vont t'en rendre compte,

et que tu leur donnas, en même temps que ce corps,

une forme invisible faite à ta ressemblance.

O Jésus, donne-leur de survivre à la guerre

Afin qu'il voient encore le bonheur des Noël

avec les êtres chers et loin des haines serviles,

qu l'on puisse, tous ensemble, un pour comme

autrefois,

chanter ta gloire très grande au plus haut point

des deux;

que l'on puisse, tous ensemble, avec les voix redire

le message de joie, d'amour et de clarté;

"Paix aux hommes sur la terre l

Le Messie nous est néi*

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Beaux débuts de la saison

de ballon au panier

Depuis la fondation de son gymnase spacieux
qui est l'orgueil et la joie de tous les étudiants,
l'Université s'est illustrée de façon admirable
dans le domaine du ballon au panier, a tel point
qu'elle a mérité de nombreux honneurs suprêmes,
une popularité et un respect Inviolables chea
l'étranger. En effet, depuis quelques années, l'Uni-
versité est synonyme de "champion de ballon au
panier" et si Ton. peut juger d'après les débuts de
la saison nouvelle, un autre trophée sera ajouté
à ceux déjà accumulés dans les années passées.

Cette année, l'Université sera représentée
dans la ligue senior de la ville, les ligues junior et
bantam lnterscolastique. Le Rév. P. Ubold Bois-
vert, préfet de disciple, a jugé bon de ne pas ins-
crire d'équipe dans les ligues senior et mldget in-
terscolaires,; nous sommes assurés que la décision
du 5 populaire Père Boisvert rapportera le même
succès qu'elle a connu au rugby cet automne.

Une large part de notre optimisme apparent
revient au pilote Raymond Lefebvre. L'Université
a le bonheur de posséder en celui-ci un instruc-
teur attitré dont le jugement et la longue expé-
rience lui vaudront des victoires innombrables.
Ray, un gentilhomme parfait qui fut longtemps
considéré comme l'une des meilleures défenses de
la ville au ballon au panier, a déjà fait ses preu-
ves comme pilote: en 1940-41, il fit des merveilles
avec l'équipe senior de la ville, ne perdant le
championnat que par un seul point; l'an dernier,
11 mena notre équipe senior lnterscolastique aux
honneurs suprêmes. Voilà donc une bonne moi-
tié des succès futurs des nôtres.

LE VARSITY

L'équipe qui suscite le plus d'intérêt chez les
étudiants est celle de la ligue senior d'Ottawa,
connue sous le nom de "Varsity". Cette ligue est
divisée en deux sections de cinq clubs, la section
"A" se compose de l'Aviation, Matelots seniors.
Marine, Ordonnance et Corps Postal, tandis que
la section "B" comprend l'Université, les Commis
Militaires, Montagnards, Commerce, et le Dépôt
no 17. Comme on ne connaissait pas la force des
équipes, on les a ainsi groupées dans une cédule
qui prendra su fin avant Noël. Le gagnant de la
section "A" affrontera le gagnant de la section
"B" pour la possession du trophée Morrison.

Le Varsity a déjà remporté de nombreuses
victoires dans cette section inaugurée il y a
plus d'un mois. En effet, ils ont vaincu Monta-
gnards, 38-30; Commerce, 45-26; Dépôt no 17,
40-36; Montagnards, 67-22; leur seule défaite fut
aux mains des commis militaires, 41-32; dirigés
par le lieutenant "Wib" Nixon, ancien élève,
athlète et pilote Oe l'Université. Loin de se dé-
courager, les gars de Ray Lefebvre ont écrasé le
Dépôt no 17 par le pointage élevé de 66 à 10, ce
qui faillit constituer un record pour le club gre-
nat et gris. On s'attend à une lutte acharnée en-
tre les nôtres et les Commis Militaires car, avec
les Matelots seniors, elles sont les meilleurs équi-
pe de la ville.

MEMBRES DU VARSITY
Voici quelques notes sur chacun des Joueurs
du Varsity, qui possèdent tous l'étoffe de calibre
senior. En premier lieu vient "Pep" Laçasse, qui
se dépense continuellement pour améliorer son
jeu, parfois même à l'excès; (A notre avis, "Pep"
est le meilleur joueur de ballon au panier qui ait
porté le grenat et gris, éclipsant même les as tels
que Lance Anderson, Jean Dufour et son frère Hu-
bert; son lancer précis, ses passes de fantaisie, et
son beau jeu offensif l'établissent dans une classe
à lui-même. Jouant à l'aile gauche, "Pep" est le
pivot du club et il saura mériter la confiance que
ses coéquipiers ont placé en lui. A l'aile droite,
on voit Gabriel "Ben" Benoît, joueur très calme
et souple. Possesseur d'un lancer "d'une main*
adroit, "Ben" forme une offensive .puissante avec
"Pep". UiT nouveau venu occupe le poste de cen-
tre, nul autre qu'Homer Courtwright, ancien
athlète du Glèbe. Très populaire parmi aea co-
équipiers dont II est le capitaine, Homer est une
acquisition précieuse pour le Varsity. Joe Richer,
le joueur qui a fait le plus de progrès, est chargé
de défendre le panier des nôtres et il s'acquitte
très bien de sa tache. L'autre poste de défense est
détenu par votre humble correspondant, qui s'em-
presse de vous dire: "Je fais toujours mon possi-
ble!" Les substituts, malgré qu'us ne soient que
trois, ont démontré un esprit d'équipe et de com-
bativité qui a créé une impression forte sur le
mentor Ray xiefebvre. Un d'entre eux, le jeune
Oaëtan Valois, dans sa première année avec un
club senior, menace même la position du solide
"Ben" Benoit. Après tout, on ne peut guère garder

r

Le "Wor-Bowl"

V 5

Le bon père Noël étant fait prisonnier par le*
Allemands, en attendant le retour de "Superman"
(selon le "Journal), nous tachons de le remplacer
quelque peu en vous distribuant plus d'entremets
que d'habitude. D'ailleurs, nos lecteurs fidèles
méritent fort bien cet effort spécial de notre part.
(On se permet, n'est-ce pas ?)

On l'ignore peut-être mais une grande ressem-
blance existe entre quelques artistes du cinéma
et nos étudiants. Exemples concrets: "Tony"
Martin (lui-même), "Colon" Bernier ("King
Kong), Belleau (Charles Boyer), "Punjab"
(Qaprge Sanders), Fergus (Charlie Chan), Jean
Rinfret (Srrol "Mac" Flynn), Pascal Coron (Alan
Curtis), "Cicéron" et "Peur" St- Jacques ("Dead
end kkls"), Marcel Joyel (hou Costello), "Barney"
Brunette (Tyrone Power).

Paratt-il que Joe Richer aime à la folie les
parties d'exhibition de ballon au panier, surtout
à Rockclifje, où de jolis yeux bleus ont fait palpi-
ter son coeur. Impuissant devant de si doua re-
gards, Joe a dû implorer le secours de votre hum-
ble correspondant, qui était présent. P. S. ce fut
un plaisir réel.

Nous avons eu dernièrement une visite amicale
d'André "Zing" Guindon, ancien rédacteur spor-
tif de la Rotonde dont le souvenir n'est pas-, près
de s'éteindre. "Zing", gradué sous-lieutenant dans
la marine, a profité d'un congé bien mérité pour
visiter son Aima Mater, qui fut si souvent fier de
ses exploits sportifs. Bonne chance dans ta noble
entreprise, "Ztng", de la part de tous les élèves
et de la Rotonde. **- f -

Evénements de la semaine: le caporal "Porhy''
buvant un verre de lait -- "Colon" donnant une
chaude poignée de main à "Tiger" -- "Tony"
Martin cherchant du C02 dans une boite.

Cadeaux de Noël: Coutu: une coîfe de che-
veux (sa tète est un véritable modèle de camou-
flage) -- Dubé: un rasoir et un tube de pâte à
barbe -- "Junior" Lapensée: une guérison rapide --
"Milord" Côté: un réveille-matin qui ne sonne pas.

Il faut avouer que Cornwall fut de beaucoup
supérieur aux Commandos lors de la dernière ren-
contre à l'Auditorium mais les porte-couleurs de
la capitale, avce le retour de Ken Reardon et de
Henry, finiront au premier rang avec aise et mé-
riteront la coupe Allan, comme nous l'avons, prédit.
Les- paris sont ouverts, tes gars !

Record de la semaine: "Strippe pas le cas",
par "Alvi Nauré".

Maintenant qu'ils travaillent chez le bon "ca-
nayen" Larocque, Mélançon, Langlois et Sarra di-
ront adieu au "rush end'' et pourront se procurer
des billets de SOc pour les parties de gouret du sa-'
medi soir. La clientèle du magasin Larocque va
sans doute redoubler car qui peut résister aux
charmes de Tony Martin, Coutu, "JuHen" "Pun",
L. Aubry, Charette, et les permanents "Jeep"'.
"Chter e tSarra.

Paul OUivier est certes digne de félicitations:
les statistiques démontrent que durant la saison
entière de rugby, il a maintenu une moyenne de
46 verges par bottée.

L'an 1942, fertile en succès sportifs d l'Univer-
sité, ne sera bientôt qu'une douce mémoire dans
votre esprit. Puisse Vannée nouvelle non seulement
redoubler ces succès mais aussi (puisse -t- elle)
vous apporter une prospérité et un bonheur des
plus sains f Joyeux Noël ! Bonne, sainte, et heu-
reuse année, les gars!"

Fernand Ta Brosse.

Note

PaKe à 1s §*$* U>

Le rédacteur sportif de la Rotonde a jugé bon
de ne pas traiter du gouret dans cette édition puis-
que la saison n'est pas asses avancée à l'Univer-
sité. A l'an prochain, donc.

ri»

N'allés pas croire que 1943 venu, la sal
football américain sera terminée. En effet,
verra à l 'oeuvre, le premier jour de la noi_
année, les cUitts invités à jouer dans les dif féi
"Bowl". De puissantes équipes, telles que celL
Boston Collège, Alabama, Georgla, et autres]
viendront aux prises sous le ciel chaud du
des Etats-Unis.

Mais noue voulons faire mention d’une
te qui n’est pas même « au commencement
fin ». Nous voulons parler de la grande joute
dlale qui a lieu sur le champ de l’univers, .
tant aux prises l’équipe des Nations-Unies et
le de l’Axe.

Nous ne verrons pas de passes latérales]
de passes-avant, ni de bottés de soixante vu
nous ne verrons pas de « luttes » endiablées]
corps humains. La foule qui assiste napproui
pas les spectacles émouvants par des rah»
rahf On ne Joue pas pour des trophées ni
la publicité collégiale. Non messieurs! les .
et les bottés se font dans les airs, sur la mer
sur la terre. Les corps à corps sont acconv.
de voitures « blindées », de mitrailleuses, et
baïonnettes. L’assistance y joue un rôle de gr
envergure, en y prêtant son concours lina
et moral. Les rah! rah! rahf se traduisent
les signes de $ ou par des cris d’encouragé.,
tels que « Fraise the Lord and Pass the Am
tion ». Les trophées sont la liberté de reli
de parole et de pensée.

Votre correspondant ayant scruté mlnu
sèment l’horizon et consulté tous les au.,
connus de Virgile, en est venu à une conclu!
certaine quant au résultat final: il croit fe
ment, avec modestie et sans optimisme exa
à la victoire décisive de la troupe des Na
Unies.

Vous voulez sûrement connaître les ail
ments des adversaires en Bée, les voici:

Nations unies: — voltigeur: Jimmy Dooli
demis: Montgomery, Mac Arthur, McNaugh
quart (capitaine) Timoshenko; centre: Wa
milieux: DeGaulie, Oiraud; intérieurs: Aie.
der, Cunningham; extérieurs: Eisenhower, An*
son; instructeur: Churchill; gérant: Rooseveli
substituts: tous les corps d’armée, d’aviation,
de marine canadiens, britanniques, améric
australiens, polonais, français-combattants
ges, norvégiens libres, et autres, y compris le
O.C. de l’Université d’Ottawa.

L,Axe: ~ Adolph Hitler (Joueur, capitaine,
rant, instructeur.)

Substituts: (plus ou moins): Rommel, Ooe.,
Goebbels, Laval, Himmler, Hirohito, et n’oubll
pas la mascotte Benito. r b

Tournois sportifs

Samedi soir, dans leur spacieux gymnase, les jei
de l’Université tenaient, au milieu d’un grand- entl
siasme, leur deuxième séance de courses et de boxe
Après une petite allocution du Président du coi
d organisation, M. Bob Caron, le programme débuta
une séné de courses, mettant aux prises trois catégc
de jeunes: midgets (13 ans), juniors (14 ans) sei
(15 ans).

M. Daniel-Rouleau, midgets, Robitaille Leblanc
mors, et Rochon-Lefaive, seniors, furent déclarés
queurs de la course a trois jambes, mettant successive!
18 sec . 16 sec. et H sec., à parcourir la piste.
» ._ V n T ent ennui* 1«* courses en sae que Paul-Euf
Robitaille (RobervaL LacSWean). midget et Aimé 1
taille, senior, gagnèrent, en mettant le premSTll
pour 1 aller seul, et le deuxième, 17 sec. pour l’aller
retour.

^Plii». Guy Dulude, d’Angliers, et Aimé RobitailleJ
meueiec Témiacamingue. sortirent vainqueurs de
course aux patates. Dulude prit 77 sec à rapporter
tubercules dam le sac et Robitaille M sec.

Enfin, comme dernier numéro de courses, Paul 1
leau, de Cornwall, pour les midgets. Guy Dulude. iut
ainsi que Jean-Paul Touchette, de Mille Roches. Ont ,
portèrent le championnat dans la course à vitesse.

Les combats de boxe suivirent et fournirent indul
bleanent la meilleure attraction de la soirée. Us mil

î£ e^rtt %o*T 1 ** 4  » qUi ?*?* W* *?

Comme ouverture au programme, Jos. BeauchampJ

222ftjî^ l, 5S; Ll f SUeu ^ ~«itni le mince Ro
SeoécaV étoile dHawkesbury qui lui administra une foi

iJr et aécrocb * i* championnat. BeauchJ
«eaisss coupa sur coups, mais non sans faire voir
étoiles à son adversaire.

Ko spécial. Gilles PerreauK, champion es Vei
< pour o* catégorie), se rendit maître assez facilement]
Jean Provancster de la Baie Couteau (Cote Nord).

Eu semi-finale. James Poisson de Tecumaeh,
f»onto avec sang-froid son farouche adversaire Rku
« MBer Masson qui fit honneur à aa ville natale, Chit
trait, en remportant le championnat bien que les pol
fusai ut pas mal égaux ‘

snean^llLS 3^. ** «J »* * «AngUers, appai
« ~£**rf ^essasmioa de la Cour des Petits, n’eut

» ? — ?? . – - I II. o?> ???? ??? ^^_^_l ? I I -1^ -^– — ^– ? ? ? ‘ I ?! – - V ?

Sur fe front des Étudiants

Cum grano salis

De toute évidence, notre réputation s’é t e n d jusque
la Métropole. Personne n’oserait s o utenu que le
[grain de sel » de Jean de Brébeuf ne soft tout à fait
original.

L’ami Cyr, à la suite d’une grande découverte de
»n frère, le pharmacien, nous fait part d’un enduit
>uveau genre pour ski; la cire Cyr . . . avec eue telle
telame, elle ne peut manquer de faire fureur.

Messieurs du peloton 14, comptez vous chanceux que
foudres de votre lieutenant ne te soient pas encore
ibattues sur vos têtes. Avertissement formel et péremp-
)ire !

Les autorités universitaires semblent vouloir faire

lite aux brillants plaidoyers de messieurs Lairamboise

Belleau sur l’abolition des lettres en faveur des scien-

N.B.– BeUeau est étudiant à la Faculté de philoso-

et Lairamboise à celle des Arts.

Suites d’une enquête menée dans les milieux inter-
nes par les rédacteurs de la page des sports et des
étudiants les pages sus mentionnées se voient décerner
première place en fait de popularité.

Avis à « Co » Rochon: Continue ces bouffonneries et
(‘on ne t’oubliera pas dans nos chroniques subséquentes.
Cauchemars de Mercier: la voix autoritaire de mon-
ieur Coté . . . « Benzeknees » Hudson épatant les collé-
giens avec son style à la Allais, sur les pentes enneigées
lac des Fées .. à quand la collaboration des quatre chat-
noires … G. Normand devançant la Noël ave ses
cadeaux d’anniversaire de naissance.

Plusieurs externes et pensionnaires, désirant tirer le
mvernement d’un mauvais pas, devanceront de quel-
Jours leurs vacances. A Ottawa, le bureau de poste
les magasins exercent un attrait soudain et irrésistible.
Notre CE. O.C. verra ses rangs quelque peu décimés
l’instauration d’un corps de cadets-aviateurs à l’Uni
srsité. Gare aux tribulations de l’ami Riniret, mes-

fîOTSÏ

Léon Georges, de l’Institut, ensorcelé toujours ses
ifrère avec son habile doigté. Staccati secs et trilles
[parfaitement modulée, n’est-ce pas T

Serait-ce un renforcissement du personnel, chez
lOgilvie? Marchand, Langelier, Valin, Beauchamp, Ro-
chon et Ruel s’y dépensent actuellement. Tâche de ne
[pas vendre seulement des foulards, Pierre.

François « Villon » Cloutier, qui nous quitait il y *
[quelques semaines pour aller s’établir dans le grand
lontréal, a promis à Pollux unt visite pour la fin de la
r semaine.

Noua conseillons fortement à tous les philosophes
[de s ‘intéresser à la Fédération Canadienne des Univer-
itaires Catholiques. L’envergure de son action nous
| étonnera. Que chacun tente de faire son petit possible.

Depuis l’annonce faite au « Chalet des huit », les mai
[sons de ski se o mupltiplient comme des jeunes pousses
au printemps, aux abords de Camp Fortune … le voi-
sinage de quelques sportives du Glèbe sera surtout gran-
dement apprécié.

A la suite du rationnement des piles, J. Rinfret dut
discontinuer l’audition d’opéras dans les tramways de
ski . . . Il y supplée amplement par la récitation de mo-
nologues d’un réalisme tenant de Bloy.

Belleau et Lairamboise s’accommodent mal des pen-
chants dictatoriaux chez les étudiants… A Hurtuhise:
! totalitarisme eu démocratie ?

G. Sarra Bou met, en plus de sa réputation de ven-
deur émérite, est en train de s’en créer une autre non
moins digne: c’est celle de placier à qui il manque l’es-
sentiel de l’habillement!

Citoyens d’Ottawa, gare à vous sur les rues durant
Iles vacances de Noël: nos deux étudiants-camionneurs
seront en liberté et distribueront la poste par la ville.

A tous nos amis et spécialement -a ceux que nous
[fustigerons plus tard, noua souhaitons des vacances heu-
reuses et aussi rémunératrices. Pour la nouvelle année,
qu’elle soit bonne et . . . studieuse.

Autre temps. Autre moeurs. Paul des maritimes ne
veut avoir que des 80 pour ses notes de classe . . . H
fait la moue sur des 70 ou des 00 et dire qu’il ne visait
[qu’aux 50 en Matric.

Idéal de Gaston: « vendre le plus de tarte de Noël
possible afin d’alimenter de « coke » sa chère Lucie. »

Maurice, sur la rampe de la rotonde, voit enfin passer
[st Ladlle à 4 heures et 35 minutes. Quel complot

Après maintes menaces, Grand Pierre de 5ième a
[pourvu au « rembourage » de es partie foncière.

Tit-Gilles . . . Gare aux indiscrétions … tu as deux
I frères et une soeur à Ottawa, et ta maman est au télé
[phone avec son livret de banque.

Cari manque la présidence de sa classe par un
[vote mais réussit le posté’ de 3ième conseiller.

Projets de vacances: « Se coucher le jour et veiller
lia nuit . . . une raison pour devancer ses vacances, une
[autre pour les allonger.

Cauchemar de Dubé: « avertir le Préfet de sa pré-
mce à l’étude ».

Bellemare trouve que la mort n’est pa» le meilleur
[moyen d’éviter la maladie . . . Avec une certitude vul-
[gaire, il nous s déclaré philosophiquement qu’avoir toutes
maladies en même temps était le moyen de les éviter.

II est enseigné, en bonne philosophie: tout agent
[sgit pour une fin. Pourquoi dira ton, deux compères
s’amusent-ils a mettre en lumière les menus incidents
[de la vie étudiante ? A cela nous répondrons que nous
>ns de cela une délectation, un « fmitio » presque
[coupable; et puis que voulez-vous, il faut honorer son
[nom Comme nos deux homonymes dans les deux étoi-
nous aimons voir s'agiter sous nous la mer du monde.

CASTOR et POLLUX.

N.B. -- Par le temps qui court, Pollux trouve en Castor
|un ami très solvable. Dans notre époque, c'est une es-
nrei

Qu'en penses-tu?

On ne peut redire tre» souvent à Pétu-
diavnt de veiller à sa feraeation tnteHeefcseJfe et
spirituelle parce qu'on dit que le collège est le
coeur où bat U vie de In nation. C'est donc dire,
l'ami, qse ta es r e sp o n sable eu bonhenr aa du
malheur futur dans la s o cié té. Pourquoi donc te
rend-on si nspesisabli de l'avenir? Ces* ejae tu
es dans la p ériod e de formation de ton caractère,
de ta volonté et de ton intelligence, et tel ta auras
été sur les bancs du collège, tel tu seras dans la
vie. L'expérience, guide de l'avenir, nous le mon-
tre tous les jours.

Te flehes-tu de ee qae sera le inonde plus
tard? St enl, in es un saboteur de la prospérité
de Isa pays et de tes semblables car quiconque ne
fait pas sa part pour devenir an homme, est
contre les siens. Ne fais pas comme cens qui
s'intéressent au spectacle de la vie et «ai se dé-
sintéressent de la rie. , , . ' _ » -- = -- -- -- - --

Es-tu quelquefois porté à critiquer les
hommes d'état et les lois qui nous régissent? Si
tel est ton cas, tsar ne- toi la langue sept fois
avant de critiquer et vois si ta ne te prépares pas
à être un homme plus on moins à son affaire
dans le poste que tu occuperas après ta sortie
du collège. Je suis assuré qae ta veux être une
personnalité et pour cela ne passe pas tes années
de formation en séances de digestion.

Ça prend da courage pour se former, mais que
veux-tu? on ne peut pas sortir de là.

H faut être heureux ou malheureux entre
ses bras et on détermine sa valeur en examinant
dans quelle mesure et dans quel sens on est par-
venu à servir. Ne sols pas trop optimiste: "In
medio stat virtus"; rentre dans la réalité des
choses et ta rediras avec moi cette phrase: "Que
la paix soit dans mon coeur, l'éternité dans mon
esprit, le monde sous mes pieds et la volonté de
Dieu dans mes actes". Maintenant qae ta as com-
pris, 11 faut qae ta agisses. Ne reste donc pas
indifférent, c'est le propre des lâches.

UN ETUDIANT.

Cauchemar d'un étudiant

Philosophia est scientla ... ho, hum! Dieu que
j'ai sommeil ! . . . scientia: c.-a.-d. connaissance
de toutes choses ... Je crois que Je rais mettre
mes leçons de camouflage à l'essai; voyons: quels
sont les moyens à ma disposition pour faire ce
petit sommeil (incognito du professeur). Ah oui,
ma visière . . . bon ça va, tout est prêt pour la
petite aventure dans le domaine de Morphée.
L'effet d'une anesthésie ne saurait être plus effi-
cace que ce cours . . . ZZZ Z ZZZ . . .

H y a les quatre causes ... de cette guerre
effroyable ... où allons nous messieurs, Je vous
demande ? ... la main de votre fille . . . par les
causes ultimes ou dernières à la lumière de la
raison humaine . . .

Gauche, droite, gauche, droite . . . Garde à
vous . . . procédez à l'inspection . . . mon lieute-
nant, vous n'avez pas la barbe faite . . . dix Jours
de C. B. . . "Praise the Lord and let's hâve that
commision"... D'où vient cette "blessante odeur"...
d'un caporal à la chemise brune (cette dernière
ayant besoin d'un bon nettoyage de "luxe") ... et
à la moustache noircie et souillée de crimes in-
nombrables . . . Oh, dis donc, c'est l'ami Shickel-
gr liber (alias Adolf) ... les deux voyous sont:
Benito et Hirohito . . .

Allons messieurs, il ne faut pas faire chaumer
sa mitrailleuse ainsi . . . passe-moi encore une
ronde ... de lentilles universitaires (blnnes) . . .
et l'on nous dit qu'il y a une pénurie de caout-
chouc . . . foncez les gars, ils sont là les boches . . .
soyez aux écoutes lundi soir prochain afin d'en-
tendre un autre épisode de "la commando du

fiancé" T.N.T plus H2 S04 . . . Boum ! .. ..

Bang ! . . . Crash ! t . . Aïe, vieux, réveille, le cours
est terminé . . . non, sans blague ? tu me passeras
tes notes s.v.p. . . .*

^ Un attentif

PB.: -- S'il existe quelques ressemblances avec
des personnes, des endroits ou des institutions,
ce n'est que pure coïncidence (du moins c'est ce
que nous espérons). Car nous ne tenons pas à por-
ter atteinte à la réputation de qui que ce soit . . .
Signé: Pseudo.

Beaux débuts de la saison . o .

(Suite de la page lé)

sur le banc un joueur qui enfile au moins dix
points à chaque partie, n'est-ce pas? Amie Mc-
Watters, pilote de notre équipe de football Junior,
et "Jim" McKenna, Jeune Américain âgé de 17
ans, complètent l'alignement de l'équipe. Tom
O'Rourke succède à Fergus Ducharme comme
gérant

Ce ne sont que des souvenirs
du passé

Vous esta delà arrivé de constater ee qui s'est passé"**'"*'
autour de vous depuis quatre courtes années ea plutôt
de remarquer le boulevereemeut qui s'est opéré dans nos
habitudes. Peut-être vous ne vous ea êtes pas aperçu,
mais penses-y bien, ee désordre ne s'est instauré que
*U p^t f queiqnes *«"**>« - -

Vous vous rappalei n'est-ce pat du jour où l'on fai-
sait nos études sans aucun souci; les années se succé-
daient, se faisant toujours de plus en plus belles et inté-
ressantes, et l'on n'attendait que le jour de la graduation.
Mais faut-il dire que dans ee temps-la, il fanait bien cal-
culer pour ne pas trop approcher notre vingt pour cent, et
qu'avec peine et misère l'on essayait d'achever notre der-
nière année sans aucun sujet en arrière; mais p ass on s
outre, ce ne sont que des détails . . . Venait ensuite la
vocation, eh bien oui on n'avait qu'à choisir notre pro-
fession et tout était fait. Finalement le beau Jour arri-
vait; -- on pensait alors à la famille et la belle vie

o ?i ' V ' . ' J^ '

Hélas que de beaux rêves, que de châteaux en Espagne,
que de chimères . . . Oui, c'est nous, étudiants, que cette
transformation vient d'atteindre. Est-ce possible qu'une
si courte envolée de temps ait pu opérer un si complet
changement -- Hélas revenons à la dure réalité et cons-
tatons.

Mais quels souvenirs doux et fais. Vous rappelez- vous,
les gars, lorsqu'on avait nos parties de rugby, et c'en
étaient de vraies parties, avec une foule débordante,
notre propre fanfare, et de nombreux automobilistes. ET
si l'on venait à gagner la joute, l'on célébrait nos lauriers
par une parade dans toute la ville; les gens et même
les -policiers ne pouvaient faire autre chose que d'admi-
rer cette démonstration d'étudiants. Ces parties valaient
et surpassaient toute joute professionnelle de nos jours
et nos joueurs demeuraient les héros et modèles 'des
jeunes sportifs. Ensuite nous avions nos parties à l'étran-
ger soit à Kingston, à Montréal ou à Cornwall où l'on
faisait connaître i tout le monde que nous étions étudiants
à l'Université d'Ottawa.

Vous vous souvenez encore, lorsque, les cours finis,
l'on pouvait se rencontrer au vieux rendez-vous, et avoir
des tête à tête et parler d'autres choses que des griefs avec
le patron, des vitesses de dactylo, et des histoires de
bureaux. -- Oui, l'on pouvait discuter sans penser au
temps qu'on perdait et au sujet à faillir avant d'entrer
dans l'armée; ou encore pouvions-nous parler des soirées
à organiser sans broder pendant deux heures pour obtenir
le nombre de miles voulus.

Comment pouvez vous oublier lorsque, chaque autom-
ne, on attendait la liste et les portraits interminables des
débutantes, se demandant si l'on allait se trouver parmi
les invités et déjà l'on commençait à faire nos plans et
préparations pour le bal de la ligue de la Jeunesse
Féminine.

Et encore vous rappelez-vous le jour où l'on pouvait
faire cinquante milles sans se demander à tout instant
si les pneus allaient creuver ai l'essence allait suffire ou
encore si un agent de CottreUe n'était pas à nos trousses
... et lorsque on allait au coin prendre un "coke" avec
un gros cinq sous rond et pour le même montant obtenir
une belle palette de chocolat frais et même jouer une ,
partie de "pin-bail", et avec cette même somme d'argent
pouvoir se promener à travers toute la ville dans de vrais
tramways d'acier et non les restants de Toronto que nous
avons maintenant.

Vous vous rappelez n'est-ce pas lorsque nos concerts
les plus populaires de l'année étaient ceux de la Ste
Catherine et de St Patrice (sans parler des concerts et des
récitals des couvent de la rue Rideau et du Gloucester)
où des talents humoristiques se sont révélés.

Et vous, messieurs les pensionnaires, vous vous rappe-
lez bien n'est-ce pas des jours que vous viviez en vrais
seigneurs dans vos chambres, avec radio et presqu'une
batterie complète de cuisine à votre disposition et lors-
que nos amis les américains partageaient avec nous le
travail quotidien des classes.

Pourquoi tant ruminer sur les choses du passé et
faut-il voir tout en noir, ne voir qu'un avenir sombre;
plutôt penser aux quelques avantages de cette vie
nouvelle.

Imaginez donc maintenant la sirène qui est à notre
service tous les matins, à une heure fixe; malheureusement
il n'y a plus d'excuse pour les retards aux cours . . .
pensez donc au beau voyage que l'on a failli faire, dans
l'ouest canadien, aux longues vacances que nous devons
passer sur les fermes ou dans les camps militaires, nous,
citoyens aux mains blanches, qui n'avions jamais vu la
vrai campagne, qui ne nous étions jamais levés à six
heures, qui n'avions jamais jamais mis la main sur^une
carabine, qui n'avions jamais couché sui une paillasse . . .

Mais à cette nouvelle vie il faut s'y habituer, alors
prenons cà 'cum grano salis". CASTOR

Les lieutenants du CJE.O.C. Denis Harbic, Ro-
ger Harcc, et Jacques Rochon, ne peuvent pas
prendre part au club puisque leurs soirées sont
prises par le C.E.O.C. Nous aimerions vous ex-
pliquer les plans d'attaque et de défense et les
systèmes divers que Ray Lefebvre a donné à l'é-
quipe mais nous n'osons parce que les autres
équipes imiteraient ces plans et ces systèmes,
comme elles ont déjà imité notre système de dé-
fense "zone-man to man"

TOus les membres du Varsity tiennent à vous
remercier pour l'encouragement que vous leur
avez donné en assistant nombreux et enthousiastes
aux parties du mercredi soir. Continuez ce beau
"spirit", les gars, et lorsque le trophée sera gagné,
vous pourrez le contempler et dire: "Nous l'avons
gagné, nous aussi r T.U

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année. N 5

NUMÉRO SPÉCIAL

5 lévrier 1M3

P»|fU

LA ROTONDE, 18 DECEMBRE 1M2

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?

--POUR CEUX QUI RESTENT

C'était un 23 décembre. Ctng heures du soir.

La ville riait et les toits se laissaient habiller
de blanc. Des trottoirs pleins de monde. Des vi-
trines bourrées de jouets. Des traîneaux chargés
de provisions, tirés par des gamins. Des chevaux
pomponnés gui s'en allaient en branlant leurs clo-
chettes. ?

Il neigeait doucement, sans se hâter, sur
l'heureuse capitale. Les jeunes filles étaient bel-
les; les policiers saluaient avec la grosse mitaine
blanche; ça chantait dans l'air; jusqu'au violon
du quéteux, gui agitait son ruban rouge.

Lui, l'enfant, U voyait tout ça: et les embras-
sades et les poignées de main, et les souhaits
lancés d'un trottoir à l'autre, il voyait ça. Il aurait
donc voulu prendre part à la fête, mai* a s'en al-
lait à la gare reconduire les camarades gui par-
taient en vacances, et lui ne partait pas.

Tout le long de la route, U blaguait, mais
c'était pour se donner un air, pour se cacher,
parce gu'à 17 ans, dire "bonjour, amusez-vous,
bonne année", et revenir au collège tout seul, par
le même chemin, en se regardant les souliers pour
ne pas voir les délicieux fantômes qui brillent
dans les fenêtres, c'est dur.

C'est pourtant ce qu'il vit, l'enfant.

Après les adieux sur la plateforme, quand
le train eut décollé, et quand il se vit seul dans
son paletot de vieux, il sortit par la porte d'en
arriére et bravement se mit à siffler, pour faire
descendre la*boule qui lui montait dans la gor-
ge.

On comprend qu'il aurait aimé avoir son
billet en poche, sa valise bien bouclée près de lui,
son banc dans le wagon, la grande route ouverte
vers ses prairies, l'évasion, et laisser venir dans
sa tète, les images de ceux qu'il aimait.

Mais non: Il fallait refouler; Noël passerait
comme il pourrait, fallait lui tourner le dos pour
cette année.

Alors l'enfant revint au collège. Un autre com-
me lui, jouait au billard sur la table la plus
éloignée là-bas, dans la salle; un grand garçon
avec des lunettes et des pantalons jamais pres-
sées: Vlan, les billes filaient, se bousculaient,
et la salle s'amusait à faire de l'écho pour
se moquer; c'est que celui-là aussi avait dans la
gorge une boule à faire descendre; U ne partait
pas lui non plus; un autre qui venait des plai-
nes. Le premier, ëelui qui avait-i7 ans, fit le tour

-- "Les aimes-tu f
--Oui.

-- C'est- des cigarettes' américaines.

--Ah t

-- Froid dehors f

--Non.

m "-. ;? ? .'.

Réflexions de Noël

««~ r i 0U *',? rand *, tX J??;**»' ' eune * e < rteùx, attendent
avec impatience la célébration de la fête de Noël. Les
étudiants désirent cette fête d'un grand désir. Le mot
Noël éveille en eux- une nostalgie à peine endormie,

JSZ. £**"*o à l ? -pH î ** P«"«peetfa« de deux se-
matnes de vacances dans U doux nid familial. Comme
?;? *5 des projets, pour la plupart charmantes
utopies qut rendent moins longue l'attente du départ!

ormi.^Zï-- d ^*. «*««*** 1«* cloche* et les
orgues de l église paroissiale remplir les airs de leurs

ÏTLL°E?*' AH! . C î? ^ «*«Wi, comme ils Zt
le don d émouvoir! On les entend depuis -ses plus ten-
dre* années, et cependant, ils semblent toujours nou-

léine un sentiment de religieuse allégresse, qui fait
vibrer le coeur de tous et de chacun T

taïubrtîTfe '%£"% * minuit > Us **<**« réunions
familiales, le dépouillement de l'arbre de Noël U ré-
veillon traditionnel. La bonne humeur de tout le mon-
**>(TM)*(TM)* de telle vieille tante qui paraissait ne plus

îî ZL^^ d î^ tt ^ entréedon * fa «*'9°riedes

motns jeunes . La gaite de nos jeunes frères et soeurs,

4g* «o pommed depuis plus d'un mois était bercé

S£. -ST?*' *? é deS é . trenn " promises, mêlant leurs
rtres aigus au joyeux tintamarre de leurs jouets. L'a-
gréable odeurs et l'exquise saveur des "pâtés à la
viande et des beignes . . . . »

r»m^'T^ vaa 35* fEURn "*°" * rwivrê cet **o»o«?
lw n mEUR . oemble, une impatience bien justifiable
que celle qui caractérise la hâte que nous avons de par-
tir pour nos demeures, où l'accueil est si chaleureux
ou la maman n'a rien négligé pour son étudiant

Eh oui, chers amis, c'est bien vrai: nous partons
en vacances. Bientôt nous serons au milieu de nos
ramule9,de m nos amis. Chacun sera content de nous
revoxr Mais < que signifie cette tranquillité relative
des petits frères? Seraient-ils devenus plus sages*
Potnt du tout Ils savent que le grand frère a quelaue

4SS2JTT JS* o dfln * ' a maUë ' EURt *"* «(TM) *5S

-cerveau, la réflexion suivante a germé: "Peut-être aue

d 1 !^ ÊOmm ^ twt ' U mm * donnera no * *»*o <^t

££?*; a 1. ?**o ^ chérU > u faut «««»*o «*

retour de la messe de minuit.

. î i OU9 t «Rendons déjà les constatations que l'on

fera à notre sujet. Nous aurons engraissé, grandi selon
les uns, maigri suivant les autres, etc, etc C'est avTc
ÎEL^SÏÎ? *?* , ï. ac "< m <*«« l«* nwustachomanes (Beau-
Ï£2:*J?lF"' f*. *, C f J o***+"* certaines se

uiïSiiï? p ***** *""? f** «>»*«*o

D'autres n'auront rien de plus pressé à faire que
de se rendre chez la dulcinée, pour renouveler les té-
moignages d'affection et lui assurer qu'ils n'ont vas
sorti avec une autre depuis Sept! (?). "D'ailleurs je

de la salle, marcha vers sa case; par terre, des
papiers traînaient, des bouté de corde, et des bouts
de Corde de couleur/ Il ouvrit son armoire, il se
sentit chez lui dans son odeur. f

Il tira sa chaise, la déplia, et s'affaira afin
que les minutes se décident à tomber (elles res-
taient là, collées dans le temps). Pêle-mêle il
sort ses patins, son gouret, des livres, des claques,
des courroies, des gilets> des mitaines, puis le
voilà qui fait le ménage.

Un homme l'observait près de la grande porte
là-bas; un homme en soutane, tout petit tout
humble, avec les talons de caoutchouc pour ne
pas faire de bruit; un homme plaisant à regar-
der, à cause de ses yeux tranquilles; un homme or-
dinaire, que personne ne remarquait, mais avec la
compréhension et l'amour, avec la charité l'ef-
facement, avec le grand crucifix qui lui 'allait
bien.

Il s'approcha, sans s'énerver, de celui qui
avaint 17 ans; U n'avait pas une grosse voix à
faire trembler les murs; il n'avait pas une bar-
rette sur la tète et les mains sur les hanches, et
les pieds écartés, et le torse bombé pour se faire
craindre; non; il était tout petit; il parlait com-
me à la confession tout bas; il fallait toujours
lui guetter les lèvres pour comprendre; mais ce
au il disait c'était ça, c'était doux, ça venait
tranquillement et ça portait; ça replaçait tout le
coeur et l'esprit (à 17 ans, il est si fragile' ce
rouage.)

Il s'approcha donc sans un mot; sortit un
paquet de cigarettes, en offrit une, comme on en
offre à un homme; alluma la cigarette de l'enfant
comme on fait entre égaux et fuma, appuyé sur
les cases, tout simplement.

--T'as reconduit les autres T

-- Oui.

--Je te dérange t

--Non.

--Nous autres, qu'est-ce qu'on va faire ?
-- J'sais pas.

'--On est trois élèves seulement qui sont
partis?
-Oui.

-- On va s'ennuyer ?

vJL&H f? 1 - *o'«**** & «» OrànC silence;
l'autre ajouta: '

"Ils sont pas capables. On va leur montrer]
ils sont pas capables de nous faire de la neim
Personne. » p

Alors le petit homme en soutane s’éloiy
fit un tour, fuma, et revint à sa même place
prit la chaise par le dossier, serra les mains des-
sus très fort, on voyait les nerfs de ses doigts qm
sortaient; il regarda par terre, et il dit quelqm
chose de grave:

« il ton dge je n’allais par chez moi pot
Noël; tu vois? on est pareil ».

Et les yeux se rencontrèrent; des yeux tran-
quilles qu’il avait le prêtre, je l’ai dit; des boi
yeux qui voulaient dire « tu sais, tes guenilles
pauvreté, ta solitude, je connais ça par coeur’- T
me souviens, j’ai souffert, et quant, je te vois’ jt
recommence; * partageons sans gêne; com
des Jrères malheureux ». Et le prêtre s’en ail*
comme il était venu: tout bas, tel un bon conseiù
un frôlement d’aile, une note de harpe, une brise]
vous savez ce que je veux dire.

Tant qu’il y aura de ces petits hommes
soutane dans les collèges, qui s’avancent sam
voix et qui forcent les enfants pauvres à parta-
ger leurs chagrins, rien à craindre.

Ceux qui ont 17 ans, et qui sont sensibles
nerveux et fragiles, sont bien gardés. Moi je
sais. ‘

Dieu bénisse ces virtuoses, ces artistes
petits hommes, qui vont et viennent sans tapage.]
On les emporte dans, la vie.

* Félix LECLERC.

– — «– — – — ancien élève à Radio-Canada,

Semeurs de joie

Jeunes étudiants, le monde est attristé il fautl
lui apporter la joie du Sauveur qui descend du

ciel.

Noël

Dans une cabane décor ce brisée

Fut trouvé le tendre Enfant,

Une peau de lapin pour indigent

Enveloppait sa beauté.

Comme les braves gens approchaient

Très haut les anges chantèrent.

La lune d’hiver quand elle se lève

N’était pas si ronde ni si claire

Que la gloire de lumière ,

Autour du simple Enfant,

Tandis que l’adoraient les chefs d’Orient

Et lui offraient des peaux de renards et

[de castors
Traduction d’un Noël huron
composé par. le Père Brébeuf.

uneS^^L? »?’* amyr 4 Opriés: a) passer au moins
une heure par jour au foyer paternel, b) Ne vas
manger plus de deux cuisse de la même dinde *?)
ses ££»£ blier le rationnement du sucre sous toutes
KpaTavant lV 7%^^^  » COW  » **? »*

a f 10 *!!’ * à *?**’ J °V eux Noël, Bonne et Heureuse
Année, « pis l’paradis à la fin de vos jours »

Jean-Guy BLANCHETTE.

£a ROTONDE souhaite

à tous ses lecteurs

la réalisation de leurs meilleurs

voeux de JVpê/ et du

3our de l’^in

Les malheurs présents accablent un mond
plus grand qu;on ne pense. Et sur cette ligne des
affligés, notre peuple semble s’y être rangé Sa
yie n’est plus la même; 11 y manque quelque chose
Je ne sais quoi pour son bonheur: peut-être un
frère un père mort sur le champ de bataille, peut-
être beaucoup de choses encore. L’ennui s’empare
des coeurs, la tristesse abat les bonnes volontés.
On pleure! on pleure! Hélas! ces larmes ne sont
que trop souvent païennes. On n’a pas cette par-
faite résignation & la volonté de Dieu. Pleurer
ça satisfait mais il ne faut jamais s’emporter au-
delà des bornes. Certes la Vérité éternelle dit:
Bienheureux ceux qui pleurent car je les conso-
leial » mais Elle affirme aussi: « Celui qui TZs

n est pas digne du Royaume de Dieu ». Pourquoi

£ » j ° 1 ï 1 ce regard à r *n**»* Pourquoi tous ces
Pleurs? Us sont si tristes et si muiïu. Les mal?

ÎEîfîli! ? 1 d w Ch0ieg du P* 886 ‘* cherchon. dans
Eux 0SeS étemelies-et n^ ^^ plus

I«r io ? 8e J«?«Hr n’est pas venu jeter l’ennui
vL à nZ ; Jï lA J ? lEUR! * la *««*» * Joie!
celui de Tfnf^ aV °ï- Qu ‘ avec nous ‘ co Noël soit
provision de bonne humeur A semer oartout

âoTe ^r* <***«+» ** *£ étefneTq^
donne son Fus au genre humain. Dans nos fa-
nges apportons cette joie. Si elle est sincère, eïe

s^it si otu n !i ? ? d0Ut ° n8 ** m momen t. Ce
serait si beau si la force de notre pays qu’est la

Senne ^ ‘*? de <** fêtea ^e^cé’lébrïtioï
^ÏÏ!2^f y rquoi P* 39 S1 nous * e emplissons
pas cette mission de la joie sincère, qui la rem-
plira? Jeunes étudiants, ayons cet honneur d’être
les premiers aux offices religieux, soyons Tes pre^

cacuon paternelle, soyons les premiers à semer la

Jean-Paul COU8INEAU,
Séminaire.

S

irecteur : Pierre de Bellefeuille

Organe de la Société des Débats français et des étudiants de langue française de l’Université d’Ottawa.

 » Préparons-nous  »

i

Réâbcteur en chef: Guy Beaulne

NOTRE

1

téâenlation

En octobre 1932 paraissait le premier numéro
«le /’/ Rotonde. Pendant dix ans, les étudianls de
notre université y ont déversé le trop-plein de
letmTithoUBiasme. Parce qu’il nous a coûté bien
des efforts et nous a apporté bien des joies, notre
journal nous est très cln»rfr nou» nous en voudrions
de ne pas faire plus que de signaler en passant son
dixième anniversaire. Les beaux moments que La
Rotonde nous a apportés, nous les lui rendons en
faisant sienne une collaboration d’une richesse telle
qu’elle n’en a peut-être jamais vue; et elle en
retour nous récompense de nos efforts en s’ornant
de papier glacé et d’encre de couleur.

Mais ce rfinnéro spécial n’est pas qu’un hom-
mage n La Rotonde. Il veut surtout être comme
une synthèse de cette culture française et cana-
dienne que nos maîtres nous ont infusée, de cette
formation qu’ils veulent nous donner. II s’adresse
done à la jeunesse, à toutes les jeunesses, aux anciens
jeunes comme aux nouveaux jeunes.

La jeunesse nest point faite pour le plaisir,
elle est faite pour r héroïsme, écrivait Paul Claudel
à Jacques Rivière. Et Claudel a converti Rivière.
L’enseignement des hommes conduit à l’enseigne-
ment divin. La foi chez un peut amener la foi
chez cent autres. Nos collaborateurs nous expri-
ment ici leur foi en les forces humaines données
par Dieu; puisse cette foi appeler en nous l’héroï-
que réalisation de nos plus hautes aspirations î
L’humaniste est celui qui connaît son devoir; l’hu-
main, celui o ; 1 1 1 l’accomplit. Puisse l’humanisme
que veut contenir ce numéro êtr«- assez fort pour
être humanisant!

Ce numéro est trèî* divers: le panorama de
L’activité de l’homme est aussi multiple que les
facettes de l’esprit et de la chair. Dans cet univers
dont nous ne voyons pas les limites, il n’y a pas de
place pour le vide, pour l’ennui. Ne rien faire,
c’est trahir, c’est se trahir soi-même. Baudelaire
nous le «lit :

« Dans la ménagerie infâme de nos vices,
Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,.
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde;
C’est l’Ennui! l’oeil chargé d’un pleur involon-

taire.
Il rêve (féchafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat.

Hypocrite lecteur. mon semblable, mon

frère! »

Il est impossible que l’activité d’un seul homme
couvre entièrement l’immense domaine humain;
Mais être cultivé, c’est être ouvert à l’universel ; c’est
pourquoi la formation de l’étudiant doit résider
dans une initiation aussi complète que possible à
nn grand nombre de sciences, d’arts, de littératures,
c’est-à-dire, en somme, dans le développement de ses
facultés. Ce que ce numéro tente de dire, c’est com-
ment notre formation vise » ce but.

A cause de l’équilibre très différent de ses
faculté*, ta jeune fille a dans ses études des besoins
distincts. C’est pourquoi nous avons demandé, à
l’intention de nos étudiantes, un message d’une
des femmes de lettres qu’elles admirent le plus,
madame Raïsaa Maritain. L’article de madame
Maritain est en même temps le message de ; la
France catholique à la jeunesse canadienne-fran-
çaise qui attend d’elle la nourriture spirituelle.

Nous n’avons qu’un regret : La Rotonde devra
ensuite retourner à son papier g.c. Mais elle
publiera d’autres numéros spéciaux, si celui-ci est
bien reçu. Et cela bien avant son vingtième anni-
versaire.

SOMMAIRE

v

/ ne éducation nationale :

par le R.P. GlOGES Sl.MARl), o.in.i.
Les sciences politiques- et l’avenir national:

par M. Thomas Grkknwood
Serez-vous philosophes?:

par le R.P. SvLVlo DuciIARMK, o.ni.i.
Poème de RaÏssa MARITAIN ‘

fJS enseignement des arts et le collège classique
par M. Maurice Gacnotn

La lecture et la culture:

par M. Fl/LCËNCE CHARPENTIER

La musique et V éducation:

par le R.P. JULES MaRTKL, o.m.i.

La poésie et l’éducation:
par M. Guy Sylvestrk

L’orientation professionnelle :

par le R.P. R. H. Shevenell, o.m.i.

Le rôle des sciences dans notre formation:
par M. Léo Marion

La vérité, la foi: par RaÏ.ssa Maritain .

Les sports: par M. E.milk Maupas

Pierre de BELLEFEUILLE

Photo Bertln Mackenii<?-I)ubê

jfeuneââe* Courageuse !

V- croyez point ceux qui vous diront que
la jeunesse est faite pour s’amuser: la jeunesse
n’est point faite pour le plaisir, elle est faite
pour l’héroïsme. C’est vrai, il faut de l’héroïs-
me à un jeune homme pour résister aux tenta-
tions qui l’entourent, pour croire tout seul
à une doctrine méprisée, pour’ oser faire face
sans reculer’ d’un pouce à l’argument, au blas-
phème, à la raillerie qui, remplissent les livres,
les rues et les journaux, pour résister à sa
famille et à ses amis, pour être seul contre tous,
pour être fidèle contre tous. Mais « prenez
courage, j’ai Vaincu Yè monde ». Ne croyez
pas que vous serez diminué, vous serez au
contraire merveilleusement augmenté. C’est
par la vertu que l’on est un homme. La chas-
teté vous rendra vigoureux, prompt, alerte,
pénétrant, clair comme un coup de trompette
et tout spleudide comme le soleil du matin.
(Extrait d« la let.r» d» Paul Claudel à Jacques Rlriire.)

M,eââag.e du fondateur

2

de la Jotonde

*o

3 J Les dix années d’existence de La Rotonde ne

~ pourraient être mieux couronnées que par la publi-
cation de ce numéro souvenir où se réunissent des
écrits de quelques-unes «le nos meilleures plumes
canadiennes.

i Le directeur a eu ta délicatesse de me demander,

en ma quaKté de fondateur de La Rotonde, d’évo-

r t quer l«- houvenir de la fondation de notre journal.

Je revis encore cette assemblée de l’exécutif de*

5 la Société des Débats où il était question de fonder
un journal pour étendre l’activité de la société, en

5 initiant l’étudiant au maniement de la plume. L’idée
est accueillie dVmblëe-par l’exécutif. Comme devi>e

pour Je nouveau-né, il adopte celle de la Société des
Débat* : Préparanons – nous ? il le baptise du nom
La Rotonde. Le Père Recteur accorde son assch-

8 timent sans tarder. Un tirage est organisé pour
subvenir aux dépenses. A peine un mois après
que l’idée fut lancée, paraît le premier numéro de
La Rotonde. «

C’est cet anniversaire que célèbre aujourd’hui .
ce numéro. L’article du fondateur de La Rotonde
est bien pâle à côté des autres, habitué qu’il est
maintenant au style terne et sec des contrats. Tout
de même, il s’est rendu à l’invitation qui lui a été
faite, gnfin de rendre hommage à ses collaborateurs
de la première heure,, en particulier au Révérend
Père Joseph Gravel, O.M.I., alors direejeur de la
Société des Débats, et à. tous ceux qui ont contribué
au progrès de La Rotonde pour en faire ce qu’elle
est aujourd’hui, l’un des périodiques d’étudiants les
-plus goûtés. A La Rotonde, longue vie et succès.

René MÉIVARD,

notaire à //////

^ieââaçe
du J. P. JÇecteur

Le dixième anniversaire de la fondation de
La Rotonde, en réveillant les souvenirs du
début, fait naître dans le cwur des amis de
l’Université un sentiment de joie à la vue des
progrès accomplis. Pour les fondateurs, ce doit
être une source de fierté bien légitime. Non
seulement leur oeuvre a vécu t mais elle mani-
feste encore une jeunesse et une exubérance
qui xfitU prometteuses pour Favenir. Cette
année surtout, alors que ûT autres institutions
importantes périclitent et périssent. La Rotonde
est plus vivante que jamais. Elle a le mérite
de rester jeune tout en sachant être sérieuse,
de regarder l’avenir avec courage tout en s’ ins-
pirant du passé et de manifester un bel enthou-
siasme pour un grand idéal tout en s’attaquant
aux réalités déprimantes de l’heure présente.

- — On ne peut que lui souhaiter de nouveaux
succès et une longue vie pour le plus grand bien
de ses lecteurs et de ses rédacteurs en même.
temps que pour l’honneur de Université.

Ph. CORNELLIER, o.m.i.,
recteur. – -

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LA ROTONDE. 5 FÉVRIER 1943

LA ROTONDE. 5 FÉVRIER 1943

Vacation naéionais

Paqm 3

^ ~~ par le R. P. Georges SIMARD, OM.l.

<m

^ 1 | OICI deux mots délicieusement accouplés
I y dont le» sens ne sont pas près d’être épuisés
*T, en notre siècle.

Eduquer, c’est mettre en acte lès ressources
que la nature présente à l’état informe ou impar-
fait. Ainsi, le maître qui entraîne l’enfant à la
science et à la vertu fait oeuvre d’éducation.

Eduquer nationalement, ce sera élever ou culti-
ver une nation, c’est-à-dire un groupe d’humains
vivant unis sur un territoire possédé ^et chéri en
commun. On ne saura donc jamais ce que peut
être- une éducation nationale si l’on ignore ce qu’est
la nation à qui des éducateurs doivent parler et
enseigner. i

Qu’est-ce alors que la nation canadienne? Disons
tout de suite que le mot nation employé pour signi-
fier la population du Canada n’est pas absolument
exact. Peuple vaudrait mieux à cause de la diver-
sité des groupes qui constituent notre agglomération.
Pour faire écho au titre, retenons toutefois l’expres-
sion « nationale ».

La nation canadienne est un composé d’éléments
d’origine française et d’origine anglaise. Elle com-
mence avec l’arrivée de Champlain en 1608. A la
lignc^médianc de son existence, une guerre funeste
modifie le cours de sa merveilleuse histoire. Ce
que le Français avait découvert, fondé et agrandi
avec une ardeur magnifique, l’Anglais l’acquierrpar
les armes et la foi des traités. Depuis ce tempe, deux
nationalités vivent côte à côte sur le même sol; -et
la patrie, ou la terre de6 aïeux, est devenue solidai-
rement la chose sacrée des rejetons de la France
ensoleillée et de la brumeuse Albion.

Oes fils, issus de l’Europe, avaient reçu là une
même culture, commencée avec l’Empire romain
et continuée par les soins pieux de la sainte Eglise.
Leurs lois, leurs droits, leurs organisations civiles
et politiques provenaient à doses peu inégaleg des
deux puissances qui avaient marque de leurs fortes
empreintes, le pourtour méditerranéen et la chré-
tienté. Pendant trois cents ans, de 1066 à 1348. il
parut que l’Angleterre finirait par parler français.
Mais la peste noire, en détruisant T’aristocratie et
les classes moyennes que la conquête normande -y
avait formées, fit rebondir les dialectes régionaux.
Puis, en 1531, lorsque Henri VIII rompit avec Rome,
se déclarant chef de l’Eglise anglicane, ce fut la
dissidence religieuse.

L’histoire des deux nations dont nous descen-
dons en était à ce point, quand l’immigration com-
mença à déferler sur les plages du continent nord-
américain. Tout d’abord, les exilés se séparèrent,
les uns débarquant le long des côtes de l’Atlantique,
les autres s’en fonçant à l’intérieur ‘des terres par le
Saint-Laurent, les Grands Lacs et les sentiers des
Prairies.

Depuis lors, divers événements, aux répercus-
sions mondiales, différencièrent davantage les figures
des mères patries. En effet, en 1688. date de la
Déclaration des Droits, l’Angleterre s’engage défini-
tivement sur la voie du parlementarisme, cependant
que la France s’oriente de plus en plus vers l’abso-
lutisme monarchique. Avec le XlXè siècle, le

Royaume-Uni se jette dans la grande industrie et le
capitalisme. Peu à peu cependant, même sous ces
rapports, l’équilibre tend à se rétablir entre nos
cousins et parmi nous. Qui, aujourd’hui, n’entrevoit
l’extrême nécessité d’une vie économique parfaite-
. ment évoluée? Et la guerre, qui range du même
côté les nations que l’on sait, n’achemine-t-elle pas
les démocraties libératrices vers une égalisation salu-
taire et féconde ?

Une longue histoire a pourtant imprimé sur le
génie saxon et sur celui de la France des traits dont
on observe aisément les signes expressifs. L’Anglais
a l’esprit réaliste et pragmatique. Facilement il se
plie aux faits, et, pour lui, toute Charte politique
n’est qu un Seml-Ready qu’il se réserve d’élargir ou
de raccourcir à son gré. Le Français, pour sa part,
est épris de logique. Il a tendance à soumettre les
événements aux idées. Il n’envisage guère la loi
autrement qu’un absolu à la mesure duquel il incline
à tailler les hommes. Sans conteste, l’un et l’autre
y gagneraient à mélanger leurs méthodes.

Il reste donc que par la langue, par la religion
et par le sens politique, les Canadiens français et
les Canadiens anglais diffèrent sensiblement entre
eux.

Mais ce qui les oppose peut-être plus que tout
c ÇJa. c’est qu’ils se sentent émules, que leurs inté-
rêts divergent souvent et qu’ils sont obligés à un
combat dont l’enjeu, craignent-ils, est la liberté
par la suprématie.

Cette conspiration vers un but incertain expli-
que tous leurs démêlés. Dès 1760 ils se querellent,
avec le résultat toutefois que 1774, 1791 et 1867 ne
som pas des victoires anglaises.

Or, pendant que les hommes d’Etat et les poli-
tiques élaborent les lois du pays, il arrive que les
évêques, les colons et les missionnaires français ou
canadiens-français s’étendent vers l’Ouest et recon-
quièrent sur la Compagnie de la Baie d’Hudson
les plaines jadis foulées par La Vérendrye et ses
fils. En sorte que la Fédération canadienne ne
fait pas beaucoup plus que reconnaître juridique-
ment à quelles nationalités ou à quel peuple appar-’
tient un pays jeune et prometteur.

Après soixante-quinze ans de labeur commun.
«1 efforts concertés, le Canada apparaît maintenant
comme un Etat prospère, une patrie pour deux
associés également aptes à développer la chose
publique.

L’éducateur canadien enseignera donc notre
histoire de trois siècles, les gestes de deux nationa-
lités, le respect des croyances, des langues et des
cultures de chez nous. Il réclamera la liberté pour
deux Eglises, pour deux systèmes d’écoles, pour
deux façons d’aménager la vie sociale. Il n’oubliera
pas de rappeler à tous les Canadiens indistincte-
ment qu’ils doivent s’estimer et s’aimer réciproque-
ment. Jamais il ne désarmera les défenseurs des
revendications légitimes; au contraire, il leur
apprendra comment lutter avec intelligence et hon-
nêteté, se souvenant que l’esprit est la première
force des peuples, et l’injustice leur plus sérieux
ennemi. Il aura toujours en vue que le Canada.

de l’Atlantique au Pacifique et du Quarante- cin-
quième au pôle Nord, est la terre vénérée des deux
groupes qui le peuplent. C’est pourquoi s’efforcera-
t-il de bien définir le patriotisme canadien. Senti-
ment et vertu, celui-ci relève de la piété que l’on
rend aux êtres qui sont Principes de vie pour nous.
A Dieu, Principe de notre existence : le culfe de
latrie. Aux parents, principe de notre vie corpo-
relle : la o piété familiale. À la patrie, c’est-à-dire
au Canada, principe dont nous recevons les biens
supérieurs de fortune, de culture et de civilisation,
nos institutions politiques, nos libertés et nos droits
de citoyens tant à l’intérieur du pays qu’au regard
de l’étranger: la piété patriotique.

Ce n’est pas à dire que cet Objet total doive
être servi et aimé vaguement et en général. « Le
patriotisme devra être quelque chose d’extrêmement
précis, varié et nuancé, quant au sentiment dont îî
s’inspire et quant au devoir qu’il peut prescrire :
autre sera- 1 -il, par exemple, envers les pères de
la patrie, autre envers les enfants du pays ». Dans
l’exécution des oeuvres qu’il comporte, il pourra,
tous biens et circonstances pesés, permettre ou
demander que l’on s’intéresse d’abord à la nationa-
lité ou à la province avec lesquelles l’on est en
relations particulières. Mais si jamais son mobile
premier, son constant, ressort et sa fin ultime ces-
8aienk_xTêtre l’ensemble que représente la patrie,
il n’existerait plus, il serait mort aux coeurs des
citoyens qui l’auraient méconnu de la sorte. Ce qui
montre qu’il y aurait erreur à dire ou à écrire, sans
précisions, que la nationalité et la province passent
avant le peuple et le pays canadiens.

Je note à peine, tant cela va de soi, que sans
la finalité surnaturelle et l’information par la charité
divine, ni le culte ni l’amour de la patrie ne sont
des vertus capables de mérite et de récompense
éternels. ‘

Une éducation qui négligerait ces éléments
généraux s’avérerait peut-être impéajalisante, ou
anglicisatrice ou séparatiste, mais^ûrement non
canadienne.

Une éducation vraiment nationale ne sacrifie
ni la religion, ni les langues, ni les, coutumes chères,
ni les nationalismes, ni les provincialismes, ni les
institutions politiques. Elle embrasse et veut conser-
ver tout ce qui est de l’héritage commun. Au plus
fort des risques et des périls, elle ne parle jamais
de sortir de la Fédération, comprenant qu’aban-
donner le cinquième de ses conationaux, les trois-
quarts de son pays, les travaux et le dessein des
aïeux serait d’un patriotisme étrange. Alors . . .
elle prépare les siens à savoir durer et vaincre, en
vue de vivre libres non dans un isolement de plus
en plus impossible, mais au sein des grandes unités
que la guerre est en train de forger sous nos > eux
stupéfaits.

* * *

N.D.LJl.–On nous annonce que l’Université de Montréal, dési-
reuse d’honorer, lors de son inauguration à la Montagne, un
citoyen de rOntario et r Université d’Ottawa, décernera un
doctorat honoris causa au Rf. Georges Simard, ojn.i. Nous
sommes donc particulièrement honorés de publier dans ce
numéro un article du Père Simard.

Jle* ôcienceô politiçueô et l’avenir national

par H Thomas GREENWOOD

e ‘EST une vérité de fait que la nature de
l’homme exige qu’il vive en société. La
famille, la nation, le monde, la religion,
sans lesquels l’homme ne peut pas attein-
dre son vrai bonheur; impliquent nécessairement
une vie en commun sous une forme ou une
autre. H est donc naturel que cette vie de grou-
per « confère à l’homme aussi bien des droits que
des obligations. D’une manière générale, ces
valeurs corrélatives font l’objet de l’étude de la
morale, dont les conclusions se transmettent
à chacun par l’éducation familiale, scolaire et
religieuse.

Normes morales

Ces normes, qui sont inscrites par Dieu dans
les consciences, ne peuvent pas être changées
par l’homme & sa guise. Sans avoir à en faire
une analyse profonde, il peut les connaître et
o s’en servir à la rigueur comme des commande-
ments, étant admis qu’ils peuvent être compris
une fois pour toutes.

Quant aux règles politiques, si leurs principes
remontent à la morale, leurs détails doivent
suivre les changements perpétuels de la vie col-
lective. Il y a, en effet, une gi-ande marge entre
la loi naturelle et divine, et les possibilités mul-
tiples de l’organisation d’une société politique.

**

. .. .

Car si la première est indépendante, en quel-
que sorte, des développements successifs de la
science et de l’économie, la seconde ne l’est pas
dans ses réalisations. Alors que les normes de
la morale exigent alors une vigilance constan-
te de notre part, les règles de la vie politique
demandent non seulement de la vigilance, mais
encore des expériences et des réflexions cons-
tantes dans le sillon des connaissances humai-
nes renouvelées sans cesse par le temps.

Etant donné la primauté de la morale et l’uni-
versalité de ses normes, il va de soi que nul ne
devrait ignorer celles-ci; alors qu’il n’est pas
indispensable pour chacun de nous de connaître,
de mettre en pratique, et môme de façonner les
détails de la vie politique. Il n’en reste pas moins
que les études politiques s’imposent à tous ceux
qui veulent prendre conscience de leurs privilè-
ges et de leurs devoirs de citoyens, aussi bien
participer activement & la vie nationale, que pour
guider ceux qui n’ont pas les mêmes occasions
dé discerner la valeur de tous les éléments d’une
situation politique pour pouvoir agir en consé-
quence.

Dans une collectivité

Car en somme, nous faisons tous partie de la
vie collective, nous sommes liés aux choses nous
contribuons à façonner les événements, et nous

sommes ainsh-dans l’obligation de travailler au
bien commun. <J)ans un monde où chacun parti-
cipe directement à l’organisation, ou au dévelop-
pement, ou au simple déroulement ordonné de
la vie nationale, la passivité politique n’est pas
un moyen de salut individuel- ou collectif Les
dispositions prises par les gouvernements en
temps de guerre, affectent immédiatement les
tout-petits, les enfants, la jeunesse, la famille
les professions et les métiers, en un mot la nation
tout entière. Il n’est guère besoin de citer des
ÏÏÏÏ55? – pour P rouver l’exactitude de cette con-
sidération, et surtout à notre époque si durement
éprouvée par la guerre mondiale.

* ? ‘H-f 8 ? 1 être actif dans un sens Politique, s’il
faut décharger ses responsabilités soit comme
chef, soit comme simple citoyen intelligent et
consciencieux, s’il faut agir avec Justice et cha-
rité sur le plan national, il est impérieux d’être
constamment au courant des problèmes qui se po-
sent à la collectivité. Plus encore, il est convenable
d en connaître les principes, les détails, les précé-

?,?££ ? mtole les onatowes, pour pouvoir les
juger et pour conformer ses actes à ses Juge-

^cftoy’ens  » ‘ »* « * tMnme lnlltt (TM)* « ~
Toute connaissance est une puissance Et

2nc e e lC tlcullè , rement (TM)* p«£nrïïL£

Son Pt P , î ? Ue QUl « ?° US Permet <*’*#* « » l’oP»-
?«. îLZ les = onscl ences, pour réaliser des pro-
^ »"ï* PO* »" le bien commun, ou pour (TM)n

rwSf ^ r n S . qul seralént contraires à ce bie£
Lanalyse Intelligente des événements du pré-
sent et du passé, leur rattachement a des priia-

(Suit* en pmgt i)

SEREZ-VOUS PHILOSOPHES

.

? « ? »? – ?

CONSULTEZ SOCRATE.

M

« Socbate. — … [La pensée du philosophe]
promène son vol, comme dit l’induré, « sondant les
abîmes de la terre » et mesurant ses étendue*, » au
terme des profondeur/ célestes » poursuivant la mar-
che des astres, et, de chaque réalité, scrutant la
nature en son détail et son ensemble, sans que
jamais elle se laisse redescendre à ce qui est immé-
diatement proche.

Théodore.– Que veux-tu dire par là, Socrate?

SOCIUTE. Ainsi Thaïes observait les astres,-

Théodore, él, le regard aux cieux, venait choir dans
le puits. Quelque Thrace, aeeorte et plaisante sou-
brette, de le railler, ce dit-on, de son zèle à savoir
ce qui se passe au ciel, lui qui ne savait voir ce
qu’il avait devant lui, à ses pieds. Cette raillerie
vaut contre tous ceux qui passent leur vie à philo-
sopher. C’est que. réellement, un tel être ne connaît
ni proche ni voisin, ne sait ni ce que fait celui-ci,
ni même s’il est homme ou s^il appartient à quelque
autre bétail. Mais qu’est-ce que l’homme, par quoi
une telle nature se doit distinguer des autres en son
activité ou sa passivité propres, voilà quelle est sa
recherche et l’investigation à laquelle- il . consacre
ses peines. Tu comprends, j’imagine, Théodore, ou
me trompé-je?

Théodore. -Je comprends, et c’est vérité que

tu dis.

Sockvik. ÏVJ eal donc mon ami, dans le com-
merce privé, notre philosophe; tel il est aussi dans
la vie publique [...]. Quand, dans le tribunal
ou ailleurs, il lui faut, contre, son gré, traiter de
choses qui sont à ses pieds, sous ses yeux, il prête
à rire non point seulement aux femmes Th races,
niais à tout le reste de la foule, de puits en puits,
de perplexité «-i» perplexité se laissant choir par
manque d’expérience, et sa terrible gaucherie lui
donne figure de sot » (Platon, T h èé tète , 173a-174c;
Irad. Diès).

QU’IL BATTE SA COULPE î

fop texte est classique. Le philosophe aux traits
connus: être non-humain, retiré dans un domaine
«le rêves, sans contact avec l’humble réalité. Naïve-
ment, d’aucuns le respectent comme un frère d’une
espèce autre et mystérieuse. Mais « soit qu’il porte
trop haut ses dédains, à ce qu’on croit, soit qu’à
ses pieds il ne sache voir et, dans le concret, reste
à court » {Théétète, 175b I, il est la risée du peuple
pi qui est plus grave; — « de tous ceux qui furent éle-
vés au rebours d’une éducation d’esclaves » I ibirl.,
175dl.

Socrate forge un anneau de plus à la chaîne
d’une tradition fidèlement conservée jusqu’à nos
jours . . . inclusivement. Le cher homme devra
donc s’en prendre à son indiscrétion s’il en devient
lui-même victime et s’il ne goûte pas sans réserve
la seène des Nuées, où Aristophane le montre à bord
d’un panier naviguant entre ciel et terre.

Or, cette malheureuse tradition nous est trans-
mise précisément par des philosophes ou par des
poètes qui n’ont pas meilleure presse qu’eux.

L’humour était née quand parut Albion. Pou-
voir reconnaître ses méprises et ne pas être le dernier
à s’en amuser, suppose qu’on n’est pas tout à fait
livré à ses égarements. Tant qu’on se peut juger,
« le cas » n’est pas encore désespéré. D’autre pqrt
s’il est vrai, comme dit Montaigne, que « la connais-
sance de ce que nous avons entre mains est aussi
éloignée de nous, et aussi bien au-dessus des nues.
que celle des astres » {Essais, 11, XII), il reste tou-
jours au philosophe le parti de renvoyer la pierre
aux «  »gens pratiques », quitte à panser pour plus sot
encore.
QUE DIT L’HISTOIRE?

Rassurons-nous. Il n’est pas réduit à cette extré-
mité. Au philosophe de Socrate, au Socrate d’Aris-
tophane,, il oppose avec fierté le vrai Socrate; l’éveil-
leur et formateur d’âmCs merveilleux, qui arracha
aux Sophistes le meilleur d’une génération de jeunes.
11 peut présenter encore Platon, Augustin. Thomas
l’Angélique ei tant d’autres qui. ardents contem-
platifs ou ruminants consciencieux, rendirent à leurs
frères humains les plus signalés services — et des plus
concrets — -, eux qui semblaient perdus au milieu
de leurs songes. m

Sans doute, tous ceux qui revêtirent le manteau 1
du sage ne furent pas de cette lignée. _ , ‘

Tous ceux qui portent le nom d’Israélites, ne le
sont pas en vérité, dirait saint Paul. Mais que prou-
vent donc ces humbles manoeuvres de la pensée
humaine ou même ces ratés, sinon l’excellence de
la philosophie et celle du philosophe? Qui pourrait
croire le destin de la poésie et celui de Racine, lié
au sort du premier venu d’entre les rimetfrs?

Sérieusement, en notre siècle de culture ( ? ) ,
la philosophie est-elle victime d’une méprise moins
grossière ?

PENSÉE VIDE.

L’eau ne pénètre pas très avant le plumage
d’un éanard. Le philosophe dans le puits. < V-t

par le R. P. Sylvfo DUCHARME, OM.l.

tout ce que certains esprits ont retenu de leurs étu-
des de philosophie. Ou plutôt, ils savent (?) encore
qu’elle est une jonglerie de mots ou de concepts,
maladroite, habile ou virtuose (selon le degré d’esti-
me qu’ils gardent à leurs anciens maîtres).

Les acrobates de la pensée, dialecticiens et au»
très, y excellent. Sport admirable, et c’est tout.

On peut être moins injuste et « concéder » que
la philosophie peut former l’esprit. A peu près au
même titre que l’analyse logique’, la version ou les
mathématiques, c’est-à-dire, le rendre plus aiguisé
et plus souple à- la fois. Peu importe après tout
qu’on adopte tel ou tel système métaphysique, pour-
vu qu’il ait un minimum de consistance interne.
Former l’esprit c’est lui apprendre à penser; et
penser, c’est penser ci non pas nécessairement com-
munier à ce qui est.

La Renaissance est à l’origine de ce progrès
de l’intelligence vidée de son poids d’être. Progrès
monstrueux (qu’on déplore aussi dans la production
artistique): la technique, devenue l’élément princi-
pal développé pour lui-même, est frustrée de ses
rapports d’essentielle dépendance à l’égard de la
nature propre de ce qu’on veut atteindre ou expri-
mer. :

AMIS DANGEREUX.

Sympathiques, et pur volonté fortement convain-
cue du rôle bienfaisant de la philosophie, sans toute-
fois saisir clairement en quoi consiste cette bienfai-
sance indiscutée, d’autres ils sont légion ne voient
tout de même qu’en fait le philosophe vrai soit
vraiment réaliste. Si bien que leur conviction ne
ie« empêche pas de trouver en lui le meilleur
exemple du distrait, de celui qui vit dans la lune.
Thaïes dans le puits. Et précisément parce qu’on
les sait favorables ^ la métaphysique, leur manière
de parler risque de faire grand tort à des esprits
qui ne. sont pas solidement initiés.

« CETTE SAINTE RÉALITÉ ».

. Nier le réalisme de la philosophie, c’est nier la

I philosophie. N’est-elle pas la connaissance, justi-
fiée en évidence, de ce qui est? Voyez-vous qu’elle
puisse l’être en vérité si elle manque de réalisme ?
« Réalisme » est l’un de ces nobles vocables au
sort immérité. On en a tellement abusé. » Bien des
honnêtes gens ne peuvent l’entendre sans que nais-
sent en leur imagination, des scènes de trivialités
ou de débauches. Comme si n’était réel que ce
qui est bas, corompu et lait. Mais npn. le réel
c’est ce qui est, tel quel, être réaliste c’est devenir
ce qui est, par connaisance.

L’apport culturel propre de la philosophie, c’est
«le donner à l’homme une idée exacte de ce qui est
et de ce qu’il est. Lui faisant Connaître en profon-
deur Dieu et l’univers, elle le qualifie pour juger
sainement de sa valeur personnelle ‘véritable et de
son rôle authentique. Elle est humanisante parce
que réaliste. Comme la poésie, mais d’une autre
façon, elle nous fait vivre au coeur même de la
« sainte réalité » (Claudel).

CONTEMPLATION.

La philosophie n’a donc pas pour objet des
idées générales, des abstractions, des concepts ou des
raisonnements; pas plus que la poésie ne consiste
en des vers, des césures, des assonnaces ou des
rythmes. Le philosophe, le métaphysicien, s’il
divise, s’il doit analyser, s’il connaît à travers des
concepts, ne s’arrête pourtant pas à une division,
à une analyse, ses concepts ne constituent pas la fin
de sa recherche. Concepts, analyse, division lui sont
autant de moyens. Vnv fois animé d’intuition du
réel, il s’en sert pour approfondir, exploiter cette
vue première si riche d’implications.

eÇouanpe de l êpouâe ^ y

Ton visage est si doux dans mes mains, il est frais délicat

et fragile
Cher visage sensible il s’émeut, il frémit comme l’herbe

des pré*^^

Ta voix ô bien-aiméé est le printemps qui chante, le grave

amour qui entre doucement
Elle est un haume qui se répand, l’encens qui moule.

Ton coeur est une hostie offerte à l’empire du Bien

essentiel
Le tabernacle ardent de mes béatitudes, un lac de fraicheur

au désert.

C’est un astre de feu et de. flammes, dans le ciel léger de

tu chair
C’est un chant de soupirs et de larmes, un verger, un

jardin pur et clair.

Ton esprit aux pieds de la Sagesse s’instruit chaque jour

humblement
Il en connaît les jeux, les abîmes, le goût de vigne et de
froment.

/*
Ne dis pas que l’amour esl meugle il u les yeux de
k l’Eternel

Ne crains pas son regard créateur, la jeunesse de l’aigle
revit dans le ciel.

Le Dieu des coeurs eff ace des années la poussière et les
traces du temps «  »*% ^

Et te porte sans ride ei »mu tache, de l’amour à l’Amour
sans déclin. Raïssa M vriimn

?

Mais il ne s’arrête qu’à une synthèse péné-
trante, intégrale et organique du réel tel qu’il est.
Il ne commence pas par là, ainsi que le prétendent
des penseurs contemporains, auxquels il conviendrait
de répéter le mot de Bossuet: « Le plus grand dérè-
glement de l’espfit est de croire les choses parce
qu’on veut qu’elles soient, » mais en définitive, au
terme de sa démarche patiente et consciencieuse,
il y parvient. Devenu aussi pleinement- sage qu’il
est possible à un humain, il saisit alors son Dieu
et procédant de Lui, il voit l’univers en son harmo-
nie vivante, en l’union intime à ce Dieu où il prend
« OUTCe. Cette vision, le philosophe n’a pas mission
«Je I exprimer dans une oeuvre charnelle. Silencieux
respectueux, pleinement recueilli, il est Marie, il est
Antma plus que tout homme vivant sur terre et qui
nest pas gratifié de contemplation infuse.

La philosophie, la métaphysique, c’est cela.

Si tel ou tel ouvrage vous en donne une idée
contraire, tant pis pour lui. Tous les aligneurs
(le vers ne sont pas poètes, tous les auteurs de
traites philosophiques ne sont pas métaphysicien!
non plus.

SUR LA RI F, Kl DANS LA MfXF.K.

« Il est un temps pour tout », affirme la Sages*
(Eccle., 3, 2.. et Marthe la besogneuse trouve bien
inopportun que sa soeur choisisse pour ses Contem-
plations précisément l’heure de midi quand toutes
les mains ne sont pas de trop pour préparer le
repos de 1 Ami.

Etre philosophe aujourd’hui î

Sublime ce regard intérieur sur Dieu et l’uni-
vers, moyen très efficace de s’élever au-dessus des
mesquineries, des crimes et des abominations. Le
DeLonsolattone Phjlsophioe de Boëce figurerait bien
chez un éditeur d actualités ».

Consolation! Il s’agit bien de cela quand on est
aux prises avec « l’effort total » que réclame le pré-
sent carnage! Pour un homme mentalement valide
cette retraite ne serait-elle pas une évasion, une fui-
te. Légitime en temps ordinaire, comment devant
1 urgence dune tâche capitale l’innocenter de tout
egoisme ? .

Au vrai, ce n’est pas de la philosophie-consola-
tion qu il peut être question, mais de la philosophie-
service. A ce titre le philosophe doit rester en fonc-
tion pendant la guerre ou jamais.

IMITONS JACQUES iMÂRITAIN.

« Comme Montherlant le rappelle dans son der-
nier livre, I écrivain, de qui la part essentielle est
étrangère a la politique, ne saurait, en temps de
crise grave se retrancher dans cette part essentielle
et fermer les veux aux angoisses des hommes de la
cite. 1 me semble qu’une telle obligation concerne
le philosophe d’une façon plus spéciale. Car il n’y
a pas seulement une philosophie spéculative, il y a
une philosophie pratique; et je crois qu’elle doit
descendre jusqu à l’extrême bord où la connaissance
philosophique joint l’action » (Lettre sur rindéoen-
tlutXce, p. 5-6 t. r

« Voilà pourquoi, dans les angoisses du temps
présent, ce n’est pas en quittant la philosophie, — la
philosophie pratique, – c’est en restant au contraire
dans sa ligne propre, et en agissant encore comme
philosophe, que j’essaie de penser les problèmes
actuels sous de» principes capables de les éclairer
quelque peu.

Le philosophe n’est utile à quelque chose parmi
les hommes qu’en restant philosophe. Mais rester
philosophe, et agir comme philosophe, oblige à
maintenir partout la liberté de la philosophie, et en
particulier à affirmer à temps et à contretemps l’in-
dépendance du philosophe à l’égard des partis quels
qu ils soient. (…)

C’est tout le contraire d’une retraite ou d’une
évasion; tout le contraire d’une défection devant le
drame de l’existence et de la vie, d’un retranchement
dans une curiosité « spectaculaire ». C’est un engage-
ment d’autant plus réel et d’autant plus profond que
la liberté intérieure est intacte » | ibid., p. 8-9).

Il y a même plus. L’éthique n’étant que l’ex-
pression sur le mode impératif de ee qu’a vu le con-
templatif, la philosophie spéculative elle-même est
« super-utile » aux temps présents. JSoUs avons grand
besoin d’un réalisme fervent, farouchement coura-
geux, si nous voulons agir plutôt «pie de nous agiter,
combattre plutôt que de nous cxcrinicr a tout hasard
ou encore ne pas aider contre nous tel de nos alliés,
plus inquiétants. » o o

Serez-vous philosophes ïï ^

, __. j e volIS | e souhaite: Ne craignez pas trop
le puits de Thaïes. Il en sortit sain et sauf . Soyez
philosophe dans te sens d’un réalisme intégral, xécu.
personnel et profond.

On ne peut pas lire certaines revues des moins*
de-quarante-ans sans y constater une soif de réalis-
me vrai d’ontologie qui donne confiance et qui ré-
jouît.’ L’auteur de l’annexe aux Quatre essais sur
l’esprit . . . n’y jugerait peut-être pas la concept indi-
cation toujours parfaitement fidèle à l’intuition véri-
table; mais enfin, la tendance fondamentale est heu-
reuse, et un esprit sincère se purifiera constamment.

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LA ROTONDE. 5 FÉVRIER 1943

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Renseignement ileâ attâ et le collège claêâique

LA ROTONDE. 5 FÉVRIER 1943

Page 5

*3

<

par A/. Maurice GAGNON
attaché honoraire des Musées nationaux de France

affirme catégoriquement — d’autres diraient
effrontément — que plusieurs professeurs de
l’enseignement secondaire sont « morts » (aca-

déraiques, sp langage de critique d’art), pour
la simple raison qu’ils sont « inhumains », raison
qu’aurait pu énoncer La Palisse. Les humanités qu’ils
enseignent leur échappent totalement. Ils les esca-
motent par ce qui les fait essentielles, la» vie. F)}* *
sont entre leurs mains des lettres mortes qui ne peuvent
‘se greffer qu’à un arbre anémique, privé de la sève
culturelle que l’enseignement exige de tous ceux pour
qui il est autre chose qu’une aventure.

J’affirme et je prouve. Qu’est-ce qui fait, en son
fond, le professeur vivant? N’est-ce pas son entière
synchronsiation, n’est-ce pas de répondre adéquatement
aux supériorités mêmes qui constituent la grandeur d’une
époque ? N’est-ce pas de pouvoir vivre dans son intel-
ligence et dans sa sensibilité particulières la parfaite
harmonie, l’étonnant équilibre de l’une et de l’autre de
ces facultés en fonction des dominantes d’un temps ?
C’est dire que la culture est une nécessité qui n’existe
que si elle est constante et que la fixité, dans ce domaine
de la vie vécue comme dans celui de la science biologique,
est une erreur grave sur laquelle il n’est plus opportun
d’insister.

Préoccupation primordiale, la culture s’acquiert, et
tout de même plus aisément, en ce XXe siècle si formi-
dable, par tous les contacts qu’il suscite et permet.
Toutes les curiosités nous sont loisibles et de tout ordre:
philosophique, scientifique, littéraire, musical et esthé
tique.

Le professeur vivant doit en être habité, peu importe
la matière qu’il enseigne. Elle ne prendra vie que si
lui même est vivant, que si son être fort peut se per-
mettre d’ignorer . « luxueusement » les lois et les règles
sèches, la « vertu » du par coeur, la « grâce infuse » que
confèrent les manuels — ces distributeurs de science en
pilules — dont les résultats ne sauraient être autres que
la transmission par trop précieuse de données mort-nées.
Le professeur qui ne connaîtrait que sa matière à lui
– serait-il le plus savant du monde (toutes choses né-
gatives dans les termes, d’ailleurs) — demeurerait
inhumain et se condamnerait à une faillite comme il y
entraînerait ses élèves.

Car la matière dont il traite, peu importe quelle qu’elle ‘
soit, est née, apparue à un moihenj, en raison d’autres
activités humaines qui lui sont intensément corrélatives.
Donc cette matière est dépendante d’une culture, d’une
civilisation, d’un milieu qui l’ont fait jafljir et s’épanouir
par les liens mêmes de la vie. Aussi rien ne s’explique,
rien ne se comprend qu’en regard de ces fonctions.* Et
la vie de l’esprit et la vie de la sensibilité de l’homme
agissant, de l’homme totalement engagé dans ces fonc-
tions manifestent par elles l’essentiel de la culture.

Si l’on ne sait revivre dans son esprit et dans sa
sensibilité tout ce qui nous a précédé et tout ce qui nous
est contemporain, l’on procède à rencontre de la vie.
L’élève, le malheureux élève, héritera alors, de connais
sances dogmatiques. Sa naturelle propension au confor
misme l’incitera à croire qu’il est, en possession de la
vérité. Ses connaissances extraites de quelques manuels,
connaissances bien rangées sur des tablettes (fussent
celles ci des plus rectilignes, ça n’y changerait rien), ne
lui seront d’aucun usage dans la vie. Elles lui devien-
dront même obsessions, car en déplacer la moindre serait
risquer de tout embrouiller. D’ailleurs ces manuels, dans
l’esprit de ceux qui les ont fait, — il m’est, agréable de
le croire — ont été écrits pour que le professeur, qui
a besoin d’un texte de base, puisse leur donner l’âme
qu’ils n’ont pas, celle-là même de ce professeur qui sait
replacer ces notions dans une atmosphère respirable, et
partant, qui saura les rendre assimilables.

Il paraît donc évident que la culture produit quel-
que effet si elle est entendue selon ce qu’elle doit être
essentiellement. La culture artistique n’échappe pas à la
vie de la culture tout court, Toutefois, les professeurs
de l’enseignement secondaire sont, en général, peu aux
prises avec la question esthétique. Non pas qu’on n’ait
pas quelques désirs, quelques tendances vers cette poéti-
que, mais elle entre si peu, semble-t-il, dans le plan
d’ensemble du cours classique. En combien d’endroits

encore demepre-t-elle un luxe jugé bien extravagant?
Nos anciens pédagogues ne s’en sont pas inquiétés, pour
être dans la « tradition », il faut bien continuer comme
eux . . . Que de choses l’on peut mettre sur le dos de
cette tradition, d’une tradition mal comprise accommodée
a la sauce académique. Je ne sache potiH^fUeîia’fltagna
tion que la « mort » soit le fait d’une tradition, d’une
évolution saine, d’une adaptation normale à la vie de
l’esprit d’une époque . . ..Je me tais: je suis tenté d’être
méchant, d’être fauve, et je me suis promis de l’être point.
J’ai toujours été frappé — et ne vous paraît-il pas
assez étonnant ? — que sans gêne, chacun s’arrange avec
I art à -sa façon, s’y taille le vêtement de son choix,
« pour en couvrir sa pauvreté » dit Picasso. L’historien
trouvera belles et grandes les pages d’histoire illustrées
dans la peinture ou la gravure, et supérieurement belles
celles là qui racontent le mieux les faits inscrits dans
les textes. Cet homme fait encore et toujours de
l’histoire, mais il est fermé, par les portes qu’il s’ouvre
volontiers, à la contemplation. Le littérateur fera en art,
tout naturellement, de la littérature, puisque c’est ce
qu’il connaît le mieux. Verbiage qui n’atteint en rien le
profond de l’oeuvre architectonique, sculpturale ou pic-
turale. Le moraliste n’y verra que justification de quel-
ques dogmes, que condamnations ou moyens de prédi-
cation, comme si l’oeuvre avait pour rôle exclusif de
transmettre des doctrines. Le psychologue tiendra à dé-
couvrir dans l’art le signe des réactions de, l’âme indé
pendamment de l’objet concret artistique. Le support de
ces réactions humaines écrites dans la mafière lui importe
peu, intéressé qu’il est à ces réactions mêmes, et d’un
tout autre ordre.

Ces problèmes complexes, par leur nature propre
masquent la réelle beauté de l’oeuvre. L’essenitel esthé-
tique s’y oblitère. Nous sommes si peu habitués à saisir
le problème de l’art dans son être intime que se multi-
plient — pour nous en éloigner davantage — les consi-
dérations étrangères à l’oeuvre. Elle s’avère d’autant
plus énigmatique que les professeurs sont presque exclu-
sivement des intellectuels par trop angéliqUes. Tout le
monde ne « jugé « t il pas cette poétique, tout le monde ne
lui *demande »-t il pas des comptes?

Ce qui est vrai: l’oeuvre d*art et la culture artisti-
que sont tributaires du « tout » humain, sont la révélation
de l’homme complet, cet animal raisonnable, cet instinct
oosublime » par une intelligence (ce mot heureux est d’un
de mes élevés de l’Ecole normale secondaire)-. Que votre
cartésianisme ne s’affole pas. Ne prétextez pas non
plus de rousseauisme qui n’est engagé en rien dans la
question ( le respect de la personnalité en art et ailleurs
nest pas du rousseauisme, mais le simple bon sens)
Nous ne pouvons rien pqur^oj» contre le fait que nous
sommes « animal raisonnable ». Je ne sache point que
l’Eglise n’ait jamais exigé de nous que nous niions quel-
ques parties de ce tout dont l’extériorisation est complète
dans l’oeuvre belle.

Comment se révèle dans l’oeuvre d’art cet équilibre
d un*^ dualité ° J’en dois la claire idée, d’une part à
mon excellent ami,’ le peintre Borduas (1), et l’autre à
oun amour de mes vingt ans, l’auteur cTEupalinos (2).’

L’artiste — intelligence et sensibilité — qu’il soit
architecte, sculpteur ou peintre ne pense pas première-
ment et avant tout science, histoire, littérature ou psy
chologie (quoique ces préoccupations secondaires puissent
se greffer secondairement à son oeuvre). Il pense rigou
reusement, généreusement, en toute pureté, ordre plasti-
que. Problèmes innombrables. Ils se posent pour lui à
chaque instant de la fabrication de l’oeuvre. Sa pensée
s’ordonne selon un ordre et cet ordre dévient de plus en
plus rigoureux au fur et à mesure que sa personnalité
s enrichit, s’intensifie, vit. Les problème* d’aujourd’hui
engendrent ceux de demain en une lignée strictement
continue. Donc là, tout un processus proprement intel-
lectuel imposé par la condition mentale de l’artiste.

Un artiste pense plastique, ai-je dit; c’est-à-dire qu’il
pense problème d’harmonisation des formes II pense
équilibre des formes;- équilibre toujours unique et toujours
médit qui se résout en mouvement, volume », rythme
et lumière. Non pas indifféremment, mais par une
grande rigueur et dans une grande pureté inhérentes à
toute personnalité forte. Les lois de l’art ne lui viennent
donc pas de l’extérieur. Le jugement critique qui s’é-

Tnet à la vue de l’oeuvre ne peut être juste s’il ne tend
pas à établir un lien nécessaire entre l’oeuvre et l’ar-
tiste même. Point entre l’oeuvre et une réalité extérieure.
, L’explication des oeuvres est dans le génie des hommes.
M. Borduas a constaté fort Judicieusement que
l’ordre Intellectuel (il le nomme discipline intellectuelle)
qui agit premièrement dans l’exécution de l’oeuvre,
passe au second plan une fois l’oeuvre réalisée et que
c’est le chan^ qui fait seul sa beauté communicative.

Le chant — sensibilité humaine exprimée dans une
matière » (3) — permet le contact profond, essentiel avec
l’oeuvre d’art. D’après nous, il s’y mêle une part d’intel-
ligence. Ce qui est sûr: l’on comprend la discipline
intellectuelle; on peut en discourir; elle est du monde de
la connaissance. Le chant, lui, reste du domaine du mys-
tère; on ne le comprend pas, on le sent, on l’éprouve
Il est fait pour en iouir; on est ému ou on ne l’est pas
selon la qualité ou la non-qualité de l’oeuvre ou de celui
qui la regarde.

Or il arrive que le chant est le signe patent de
1 oeuvre d’art vivant; il en est la nécessité. C’est là que
je voulais en venir. Chez l’artiste académique « mort »
la discipline agit seule. L’intelligence lui suffit. Il a
pour ambition de partir d’une chose connue; par des
procédés qui lui sont très connus (j’entends invariable
ment très sténotypes, très sûrs pour parvenir à un résultat
non moins sûr) d’arriver à du connu: la reproduction
aussi photographique que possible d’une réalité extérieure
ou tout autre préoccupation extérieure à l’oeuvre Donc ‘
la discipline intellectuelle de l’artiste académique peine
seule; elle résout tous les problèmes. Le voilà le péché
d angelisme. , o

Au contraire, l’artiste d’art vivant travaille dans
1 inconnu, dans le’ mystère, vers quelque chose qui n’a
pas été fait encore, encore à trouver. L’avantage et la
supériorité indiscutable de cet art vivant ? Dans cet in-
connu, dans ce mystère, l’instinct, siège de la sensibilité
spontanée, s exprime en même temps que l’intelligence
lui qui n’agit que dans hv nécessité, lorsq**m ijui fait
appel. AtnsUa réelle oeuvre d’art et l’authentique culture
artistique engagent le tout humain. L’art estJ-la rêvé
lation la plus harmonieuse de l’être humain

Paul Gaultier, dans « Le Sens de l’art » (4), insiste
beaucoup sur cette qualité de la culture: « Il va de soi
dès d abord, qu’il n’y a de critique d’art vraiment digne
de ce nom que doué d’une sensibilité délicate. C’est le
principal. Il est essentiel qu’il ressente vivement la beau-
té, sous peine de voir et de ne faire voir dans les ouvres
d art que de vains simulacres. Il doit, avant tout vibrer
au contact, de ce qui est beau et pouvoir, par la parole
en propager l’émoi. S’il est pernicieux qu’il fasse oeuvre
d artiste, — à cause des partis pris que cela ne manque
pas d entraîner, en dépit do la plus stricte impartialité
quand ce n’est pas à cause de la suprématie que les
préoccupations techniques prennent alors dans son es-
prit, — il est nécessaire qu’il soit un artiste de tempéram
ment, qu’il sache ressentir à la façon de l’artiste ce que
lui-même a senti. Aussi bien, cette exigence d’une sen-
sibilité appropriée, qui fait qu’en art chacun ne corn
prend bien que ce qu’il mérite, explique pourquoi la
plupart dissertent à propos et à côté des oeuvres d’art,
sans jamais entrer dans le vif ni toucher au fond à ce
qui est la caractéristique et le point vital de chacune
délies Comment le pourraient-ils s’ils ne sont pas
doues dune sensibilité assez fine et assez pure pour
entrer en communication avec celles qui s’expriment dans
les chefs-d’oeuvre, avec celle d’un Mozart ou d’un Beetho-
ven, d un Rembrandt ou d’un Raphaël ?  »

Le professeur de l’enseignement secondaire et par
ricochet l’élève du cours classique, sera donc vivant et
transmetteur de vie, s’il sait par la contemplation s’éle-
ver jusqu’à la joie ennoblissante de l’oeuvre d’art Dieu
en tirera sa glorification puisque, comme ‘le pense
Ouyau: ‘nous sommes vraiment meilleurs lorsque nous
admirons »; lui et l’élève, leur récompense, si « chacun
ne comprend bien que ce qu’il mérite. »

(1) Paul-Emile Borduas: Mille manières de goûter l’oeu-
vre d’art, Amérique française, déc. 1942

(2) Paul Valéry: Eupalinos, Gallimard éd. Paris 1924
pp. 105-106.

(3) Paul Emile Borduas: op. cit.

(4) Paul Gaultier: Le Sens de l’art, Payot éd., Paris 1925,
pp. 246-347.

I A È FC TÊ ft? J- Ë^T Ë A f Ë Ë TË fËl ET r T C ? nadl6n8 – Le nombre des oeuvres dues à

L-/A Ë–L-^ Ë EURUË L L Ë L/% f Ë JE Ë Ë Ë Ë~ a plu T de nOS auteurs accroît. Reste à discuter

V -** *-* *– m ^ ‘ V *- * eur VQ teur, mais la production existe. Le bureau

par A/. Fuloence CHARPENTIER ,, oit ? d ‘ a 3 ute ^ a émi *’ **? »** le début de la

guerre, plus de 800 permis pour autoriser les édi-
teurs canadiens à reproduire des livres français
Ce qui signifie que la demande s’intensifie, et -que
le public lecteur du Canada éprouve un besoin de
se renseigner et de se cultiver. Parmi ces oeuvres
on trouve non seulement des romans, mais des
STue?’ manuels de cla88e ‘ d «* ouvrages scien-

Je ne puis m empêcher ici de citer quelques
passages de DunTSmel, extraits d’un petit nWfort
peu connu et intitulé: « Pages de mon Carnet »:
(TM)«*. L ? nati 1 ? ns font échange de militaires déco-
dant l P° huaue8 arrogants, d’agents commer-
ciaux, bi tu rencontres ces hommes dans la cohue
du wagon-restaurant, tu penseras peut-être, ô mon

fc?Lïï? i Ôtat – T? le ? ex P édie (TM) toln a comme
le secret dessein de s’en débarrasser.

rouJ Ce KT d ? nt leS J* – * miMi onnaires sont en

nasL ft nt £ h 7 6S cheminent < à grand’peine; ils

SSSSL ^ e ?! mcdn ‘ «*» »«* Parfois lon-
guement aux frontières, s’insiguent, s’égarent se

l^de.nn. atteignent **** * »*« et «S^LSI
(Suit* en page 1)

Par la voie des ondes nous parvient un refrain
de Lucienne Bpyer ou de Lys Gauty qui nous
répète :

« Quand tout chante entre les branches.
Embrasse-moi I
Quand il pleut dans les pervenches.
Embrasse-moi I  »

Ce conseil romanesque cache un fond de vérité.
Au lieu des voix orthophoniques des chanteuses
parisiennes, que la guerre a voilées, c’est à la
lecture que nous appliquerons ces paroles. La
lecture offre à la peine comme à l’enthousiasme
un réconfort ou un stimulant, elle ouvre un monde
de connaissances, un paradis de joie, un trésor de
consolations.

A cette époque du rationnement du voyage,
chacun possède un passe-port pour visiter tous les
pays de l’univers. Il n’a qu’à ouvrir les bouquins
que les bibliothèques publiques ou particulières
mettent entre les mains du pauvre comme du riche.
Durant cette période d’impôts et de privations, le

lecteur, jeune ou vieux, féminin ou masculin, peut
s’acquitter de ses obligations budgétaires sans rien
distraire de ses revenus, puisqu’il peut accumuler
dans son esprit des biens que nul gouvernement
ne peut affecter, que nulle taxe ne peut obérer.

La lecture comme moyen de culture est encore
la source principale où puise l’éducateur, comme
l’élevé, le politique comme l’économiste, le poète
comme l’ingénieur. On rapporte qu’en France, où
le peuple est victime de toutes les privations imagi-
nables, matérielles et morales, les vieux auteurs
retrouvent la faveur qu’ils avaient perdue. On
relit Racine et Molière, on retourne à Montaigne
et à Montesquieu, et lorsque la France reprendra
son rang parmi les grandes nations du monde, un
des motifs de son renouveau sera le retour à ces
idées saines et claires qui sont sa gloire éternelle.

Même chez nous, la raréfaction des livres venus
de notre ancienne mère-patrie, avec laquelle nous
avons conservé tant de liens spirituels, a eu comme
résultat une augmentation dans la publication de

<z MuôLfoue. et l dlduedtlon « P . M

par le
es Mattel, O.M.J.

s–] A musique a toujours été considérée comme une
V discipline éminemment propre à éduquer la

_ ^ jeumesse. Les écrivains éducateurs de l’anti-

C^J quité, Aristote, Platon et Aristoxène, chez les
Grecs, Boèce, Cassiodore. saint Augustin et
saint Isidore de Séyille, chez les Latins — pour ne nom-
mer que quelques uns parmi les plus grands — ont pro-
posé la musique comme un moyen très apte à former la
jeunesse. Les éducateurs du moyen-âge ne pensèrent
pas moins de bien de la musique. Comme, les Grecs et
les Latins, ils ont rangé la musique au nombre de sept
arts libéraux dont l’étude doit assurer à l’homme l’équi-
libre^mtcliecjuel parfait.- On sait de quelle gloire rayon-
na la musique depuis la Renaissance jusqu’au XVII*
siècle, et avec quel soin elle fut cultivée par ceux qui
avaient la très noble prétention d’être des hommes par-
faitement éduqués.

Aujourd’hui où nous croyons partager l’opinion des
Anciens, ili y a néanmoins beaucoup de gens auxquels
la musique semble « un art frivole ». Mais cette opinion
erronée n’enlève rien à la valeur de la musique. En
effet l’art musical est assez sérieux et assez respectable
pour résister aux travers et- aux ridicules de certaines
musiques et de certains musiciens. Il y en a sûrement
qui sont peu sérieux. Puisque la musique est une lan-
gue, il serait très étonnant qu’on, n’ait pas abusé de cette
langue. Il y a musique et musique, comme il y a litté-
rature et littérature. Personne ne songe à juger la litté
rature anglaise, par exemple, par ce que servent, à ceux
qui s’en délectent, les « funny papers ». Il ne faudrait
pas, non plus, juger de la musique par des oeuvres et des
musiciens de bas étage.

Seule la musique bonne en elle-même doit servir* à
l’éducation. Quoique cette proposition soit générale, il
n’est personne qui n’en comprenne ,1e sens très précis.
Et il serait vraiment trop long d’énumérer ce qu’elle
renferme. « On ne fait pas des hommes sains en élevant
les enfants avec des bonbons (Si Schumann avait connu
– entre autres inepties modernes — le jazz et le swing,
il n’aurait sûrement pas parlé de « bonbons »). La nour-
riture spirituelle doit être aussi simple et aussi substan-
tielle que celle des corps. Les maîtres se sont chargés
de nous fournir abondamment la première. Tenons-nous
à elle. » (Schumann. « Conseils aux jeunes musiciens »).

Les Grecs y voyaient clair. Platon, entre autres, esti-
mait que certains modes et certains’ rythmes musi-
caux sont vulgaires, ou déprimants, ou lascifs. Ces
modes et ces rythmes étaient irrévocablement bannis de
l’éducation des jeunes Grecs. Puisse cet exemple être
imité ! 1

La musique n’est pas seulement une langue, elle est
-aussi. -une science et* un art. En tant que science, elle
prend ses fondements dans les mathématiques (par le
rythme qui est à base de proportions), dans la linguis
tique (par la mélodie qui, comme le langage, tire ses
origines de l’accent), et dans la physique (par l’harmo-
nie dont les principes fondamentaux relèvent de l’acous-
tique). Tout cela est vraiment peu frivole. En tant
qu’art la musique est un univers dont les limites n’ont
pas été atteintes. L’artiste qui a choisi de’ cultiver tel
domaine de la musique peut y travailler durant une lon-
gue vie sans épuiser les ressources de son art.

Non, la musique n’est pas un art frivole auquel l’on
s’adonne comme, à un passe-temps facile. Ceux qui ont
de l’expérience savent que l’aspirant musicien, du reste
bien doué, doit être très appliqué au travail. De plus
il faut qu*il ait beaucoup de volonté car, pour mener ses
études musicales à bonne fin et pour persévérer ensuite
dns la carrière qu’il a choisie, il devra s’imposer d’énor-
mes sacrifices. Tout ceci est tellement vrai que les pa-
resseux et les inconstants ne dépassent jamais la mé-
diocrité.

Puisque le musicien doit posséder tant et de si gran-
des qualités, quels so»t donc, penserez-vous, ceux qui

peuvent étudier la musique? Je ne vise pas au para-
doxe, et pourtant je ne crains pas d’affirmer: Tout le
monde peut et doit étudier la musique. Les sciences et
les lettres ne sont pas faciles à maîtriser, elles non plus,
et relativement rares sont ceux qui y excellent. Cepen-
dant il ne vient à personne (pas même en ces temps
d’utilitarisme) l’idée de nier qu’elles soient à la base
de toute formation intellectuelle générale. Même ceux
dont les ambitions « culturelles » sont très modestes ju-
gent nécessaire d’apprendre à lire et à écrire, et de se
frotter de toutes les notions scientifiques qu’ils ont l’oc-
casion d’acquérir. N’y aurait-il que la musique qu’on
pourrait ignorer? Ou bien faudrait-il en faire une ma
tière du « curriculum » au même titre que la littérature ?
Ni l’une ni l’autre de ces propositions n’est acceptable.

La musique, nous l’avons dit .est une science et un art.
Tout homme intellectuellement normal peut et doit
acquérir au moins quelques notions de la science mu-
sicale. Si en temps opportun, c’est-à-dire dès l’enfance,
l’on faisait étudier à tous les élèves les premiers élé-
ments de la musique, les aptitudes musicales remarqua-
bles de quelques enfants se révéleraient assez tôt pour
qu’il soit possible de les développer convenablement. En
ttffet l’éducation musicale reste toujours imparfaite par
quelque côté, lorsqu’elle a été entreprise trop tard. De
plus, et c’est ce dont nous voulons parler présentement,
on réduirait considérablement le nombre dé ceux aux-
quels la musique « ne dit rien ». Et ce serait rendre un
très grand service à la société, car ceux pour lesquels la
musique est lettre morte son^ toujours un peu étranges,
et. pour leur malheur, ils sont privés de jouissances
esthétiques parmi les plus pures et les plus élevées.

Admettons qu’un certain, nombre d’enfants dépourvus
d’aptitudes ne, deviendront jamais que des exécutants
très médiocres. Du moins» ils acquerront des notions
musicales propres à développer leuïp facultés intellec-
tuelles, car l’étude de la -musique offre d’excellents exer-
cices de raisonnement et de mémoire. Les autres sujets
d’études jugés à bon droit^comme indispensables n’en
subiront aucun dommage, si le programme est bien co-
ordonné. Et puis les éducateurs auront toutes les occa-
sions désirables de développer le goût de la musique
chez l’enfant et de le corriger de certains défauts d’oreille
dus a une première, éducation défectueuse. « A cet âge,
écrit Pie XI (Constitution « Divihi Cultus ») ils peuvent
se débarrasser des défauts de voix, s’ils en ont, ou du
moins les corriger; plus tard, ayant grandi, ils seraient
impuissants à y remédier ».

L’idéal serait qu’on commençât l’éducation de l’oreille
de l’enfant lorsqu’il é »st encore au «berceau. ‘ Lâvignac
affirme « qu’une nourrice qui a la voix fausse peut faus-
ser l’oreille de l’enfant pour toujours … Le bébé qui
n’aura Jamais entendu autrement que faux ne pourra pas
imaginer à lui tout seul de chanter juste, donc il com
mencera par chanter faux; son organe auditif encore à
Tétat’de formation, s’habituera et s’accordera en quelque
sorte avec cette façon de chanter; plus tard il chantera
ainsi, n’ayant aucune raison de faire différemment. Et
voilà’ comme se font les voix fausses. » f

Ainsi donc, même en ce qui concerne le chant, moyen
tout naturel offert au petit enfant d’aborder l’étude de
la musique, l’influence de la mère a les conséquences
les. plus graves. Si l’école continue ce qui a été bien
commencé dans la famille, ou si elle corrige ce qui a été
défectueux, l’on peut espérer que les futurs parents
seront en mesure de former l’oreille de leurs enfants.

11 faut de plus éloigner du bébé tout ce qui peut dé
traquer, émousser. ou simplement fatiguer le sens de
l’ouïe: les bruits stridents, les, trépidations, les voix
criardes ou discordantes, les instruments de musique mal
accordés ou trop « bruyants, les appareils de T.S.F. ou
verts à pleine capacité ou d’une façon trop prolongée. H
faut enlever toutes les causes perturbatrices de son

<4a Poe aie et l L ducat ion

par
(juu Sylveâtxe

ON m’a fait l’honneur de m’inviter à dire ici
quelques mots sur les relations de la poésie
et de l’éducation. Il ne saurait être question
de prétendre traiter la question à fond puis-
v qu’il faudrait un gros livre pour dire — un
peu — ce qu’est l’éducation — qui est l’art de préparer à
la vie — et un autre gros livre pour dire — un peu —
ce qu’est la poésie — qui est l’art d’exprimer la vie.
Mais puisque nous venons de constater que la poésie est
I ex pression -d» ce tt e . v ie4à même -à laquelle l’éducation
tente de préparer les pauvres hommes, on voit immé-
diatement qu’il existe un rapport direct entre la poésie
et l’éducation. La poésie pourra de sa nature être un
facteur d’éducation puisqu’elle traduit des expériences
qui sont le tissu même de la vie. Car toute poésie au-
thentique délivre une connaissance, traduit une expé-
rience, non pas universelle et abstraite, mais singulière
et particularisée. La vie est comme un chapelet: sur le
fil ténu de l’existence surgissent les grains des moments
les plus intenses. C’est pourquoi la poésie est comme
la consécration par la parole des moments £|SD08 d’é-
chapper à l’oubli. Ces moments ne sont pas nécessaire-
ment des faits extérieurs, ils ne sont le plus souvent que
des états d’âme créés par des faits ou provoqués par la
contemplation ou la délectation d’objets animés ou non.
La poésie n’est donc pas par nature utilitaire; elle est
en fait la manière la moins pragmatique d’exprimer, de
dire. C’est pourquoi lorsque je parle ici de poésie et
d’éducation, je ne songe pas à la poésie didactique —
qui est un genre faux de définition — mais bien à la
poésie pure, à la poésie qui ne répond qu’aux jalouses
exigences de la beauté. On sera toujours libre de faire
des sermons en vers, mais ce ne sera pas là de la poé
sie, ce sera de la prédication et c’est par accident qu’elle
sera écrite en vers. La poésie n’a pas pour but en effet
de prêcher, mais bien de traduire une expérience. Si
cette expérience est -utilisable en apologétique ou en mo-
rale, ce ne sera que per accidens par rapport à la défi-
nition de la poésie. Si les fables de La Fontaine sont
moralisantes, Je crois que c’est là un de leurs effets et
non pas leur fin. Mais revenons. à des considérations
plus générales.

Si paradoxal que cela puisse paraître, la poésie est en
état de servir davantage à l’éducation dans la proportion
où elle est Une chose inutile — une chose divinement
inutile, comme la métaphysique et la théologie, sans les-
quelles tout homme peut correctement diriger sa vie
quant aux choses essentielles et sauver son âme. Mais
n’est-ce pas dans ces activités spirituelles de soi imma-
nentes, essentiellement désintéressées, que l’homme trou-
vera sa grandeur et sa vocation de roi de la création et
de fils de Dieu ? La culture et l’éducation restera

toujours une oeuvre de culture — est de soi libre et
désintéressée. La méditation et la contemplation ont
d’abord pour but de trouver la vérité; ce n’est que par
surabondance de richesse que la contemplation engendre
l’action comme l’arbre le fruit. L’action Idéale restera
donc toujours le fruit de la pensée, qui est le titre de
noblesse de l’homme parmi les autres ‘ animaux de la
création. Il ne saurait donc être question de poésie à
propos d’éducation que si l’on suppose que cette dernière
tende à une culture authentique, c’est-à-dire libre de tout
faux pragmatisme. Car il est évident que la poésie n’a
pas de valeur immédiatement pratiqu^

La poésie a une valeur éducative wn ce sens qu’elle
est un enrichissement pour celui qui y communie. Un
poème ne tente pas d’expliquer quelque chose ni de faire
comprendre un . poème mais bien de communiquer des
émotions poétiques, d’enchanter, de faire revivre des
états d’âme. Ses enrichissements sont davantage affec-
tifs qu’intellectuels. Mais ce sont en définitive des
trésors de pensée autant que de sensibilité que l’on
trouve dans Villon et Racine, Lamartine et Verlaine.
Péguy Ct Claudel. Les marques que ces poètes peuvent
laisser sur les âmes des jeunes à qui les éducateurs se
doivent de les révéler ne sont peut-être pas toujours
visibles, mais elles n’en sont pas moins réelles et le plus
souvent indélibiles. La révélation poétique est le plus
souvent ineffable et mystérieuse, et c’est peut-être pour-
quoi elle est si profonde et si durable. L’esprit peut en
effet se défendre de telle ou telle idée claire qu’on lui
propose, mais l’âme peut beaucoup plus difficilement
échapper u charme verbal qui tente » de la circonscrire
et de l’envelopper-. Il est des âmes que des poètes ont

organe délicat avec le même soin qu’on lui épargnera
plus tard (si l’on comprend son devoir) l’audition de
tout ce qui pourrait développer chez lui le mauvais goût.
M Si une difformité se produit dans l’appareil de l’ouïe,
mystérieusement encastré comme il l’est dans la boîte
crânienne, personne ne peut le constater, sinon trop tac»
pour qu’il soit possible d’y porter remède. Et le mal est
fait. Plus tard, on se demande pourquoi cet enfant en-
tend taux’ chante faux, tandis que ses parents entendaient
et chantaient si juste, et c’est souvent simplement parce
que son oreille a été brutalisée ou malmenée à l’âge où
il aurait fallu savoir la manager, comme on le fait pour
les organes visibles, dont il est facile de suivre le dévelop-
pement au jour le jour. » (Lâvignac, « L’éducation musi-
cale », pp. 12-13).

Il s’ensuit donc que l’éducation de l’oreille devrait
être faite tout naturellement, et sans fatigue pour l’en-
fant, lorsqu’il est encore tout jeune. Rien de plus facile.
si l’on prend les précautions nécessaires, et si ceux qui
l’entourent chantent juste. * Si la première éducation a
été défectueuse, tesùccès est gravement compromis. Ce-
pendant l’expérience a démontré que les oreilles fausses
sont corrigibles lorsqu’on fait subir (le mot est exact, hé-
las, car ce travail est passablement pénible) à l’enfant de
6 ou 7 ans un entraînement méthodique et persévérant.

Selon un plan très recommandable qui a été réalisé
en certains milieux, l’enfant trouve à l’école, en de courts
exercices quotidiens de chant et de solfège, le complé-
ment de l’éducation entreprise dans la famille. Sans dou-
te ces courts exercices quotidiens ne suffisent pas à l’en-
fant dont on veut faire un artiste. Ils offrent cependant
de grands avantages. Ils permettent à tous les élèves
d’acquérir les notions musicales proportionnées à î;eur de-
gré d’instruction, générale, ils révèlent les » falënts remar-
quables et concourent, par le fait même à mettre les « fu-
turs artistes « sur la voie ». (Tout le monde sait que le
talent musical remarquable doit être développé avec un
soin particulier. Le lecteur désireux de s’instruire à ce
sujet trouvera dans l’ouvrage classique de Lâvignac, « L’E-
ducation Musicale », des directives extrêmement prati-
ques.)

Pour former le goût des élèves, il faut leur faire en-
tendre assez fréquemment de la bonne musique artiste-
ment interprétée. Les disques, à défaut d’autres moyens,
sont très recommandables.

Les études musicales doivent être continués durant le
cours secondaire. Des leçons pratiques d’esthétique mu-
sicale viendront parfaire les études. Si ces leçons sont
illustrées d’exemples musicaux (disques), elles seront
attrayantes pour les élèves en plus de leur être très pro-
fitables.

Il ne faut jamais faire entendre de mauvaise musique
si ce n’est, à titre de repoussoir, lorsque le goût de l’é-
lève est déjà formé. Il est évident que les enfants ne sont
pas encore à ce stage de perfection, et il serait imprudent
de faire comme si les jeunes gens y étaient déjà parve-
nus. Il faut donc épargner aux uns et aux autres l’audi-
tion de toute musique mièvre, déprimante, ou lascive. Le
jazz sous toutes ses formes, lascif par ses rythmes et par
ses mélodies, est dépourvu de toute qualité esthétique. Il
doit être banni de l’éducation musicale. Il est certain
que le goût s’éduque par la pratique des bons auteurs et
par l’audition des oeuvres bien inspirées; il est non moins
certain qu’il se déforme par les moyens contraires.

Il est à souhaiter que dans l’éducation de la jeunesse
la hiusique ait toute la place qui lui convient. Qu’elle soit
étudiée par tous et qu’elle ne soit pas comme par hasard
un complément à la formation intellectuelle générale de
l’homme. Ainsi tous auront au sujet de la musique des
notions qui correspondent à- leur degré d’instruction.
Ainsi tous seront en mesure de puiser à la source mer-
veilleuse de joie et de pure jouissance qu’est l’art musical.
« A tfoing of beauty is a joy for ever. » Encore faut-il ne
pas demeurer insensible à l’oeuvre d’art.

marquées pour la vie et je sais des esprits qui ne peu-
vent s’empêcher de tourner la tête. lorsqu’Anima enton-
ne sa chanson comme dans la parabole de Claudel . . .

Mais je m’aperçois que je, n’ai encore rien dit. Il fau-
drait trop de temps et d’espace pour développer ces
thèmes. Qu’il me suffise de faire pour terminer une
remarque d’ordre pratique.

On aura remarqué que je n’ai pas parlé de la forma-
tion technique des poètes. C’est en effet là un sujet qui
ne regarderait que quelques rares exceptions, les poètes
étant infiniment rares. On admettra facilement que, si
la poésie en sa pure essence transcende toute techni-
que et même tout art, les poètes doivent être tput de
même en possession parfaite de leurs moyens dépres-
sion pour n’en être pas les esclaves. Car les grands
poètes ont leur forme propre habentes quasi non haben-
tes. Mais la versification portée à sa perfection est de
soi incapable de produire un atome de poésie: il y faut
l’inspiration.

Mais si tout le monde n’est pas inspiré et si tous
les inspirés re laissent pas d’oeuvres, tout homme est
sensible — ou devrait être sensible — à la poésie. Con-
trairement à ce que dit le proverbe, tout le monde naît
poète, mais tous ne le demeurent pas. Le rôle de- l’édu-
cateur au point de vue qui nous intéresse ici devrait être
de faire persister dans l’âme de ceux qui lui sont con-
fiés cette aptçude à ressentir l’émotion poétique. Et
pour cela il ne faut pas qu’il tue la poésie en voulant
l’expliquer à ses élèves: tenter de dire pourquoi un
poème est beaU, soit en en analysant le contenu soit en
en signalant la correction formelle, c’est en détruire
toute la poésie, c’est opérer dans l’ordre poétique la
même erreur que celle du biologiste qui tenterait d’ex-
pliquer la vie en analysant un cadavre. La poésie rie se
dissocie pas de sa forme verbale; c’est pourquoi tout le
porblème de la formation en poésie, consiste à préparer
l’élève à sentir par lui même la beauté d’un poème qui
tente d’être le signe et le souvenir verbal d’une profonde
émotion humaine. Ceux qui réussissent à exprimer dans
une parole inoubliable les plus nobles et les plus inten-
ses moments de la vie humaine ne doivent pas être
mésestimés dans l’oeuvre de la formation de la jeunesse
de demain. Que l’on cesse de dire avec mépris: c’est
un poète, alléguant que la poésie n’est qu’affaire de sen-
timent. Rilke l’a éloquemment dit: les vers ne sont pas

(Suite en page 1)

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LA ROTONDE, 5 FÉVRIER 1943

I

*4r

L’orientation professionne

Q
UE fera petit Jean quand il sera grand?
Sera-t-il avocat, médecin, ou premier minis-
tre ? La réponse à cette question des
mamans et des papas était assez facile dans le
monde d’autrefois, fait de cadres simples, tradition-
nels et assez stables. Mais le monde a changé,
et, fait à noter, il subit encore de rapides et multiples
transformations. L’économie humaine de la guerre
n’est pas celle d’il y a deux ans; elle n’est pas
non plus celle qui s’imposera après cette guerre.
Dans un pareil état, si instable et si incertain, le
choix d’une carrière est un problème des plus
épineux.

Déjà Pascal disait .–tous les orienteurs le ci-
tent à l’envie — « La chose la plus importante de
toute la vie, c’est le choix du métier. Le hasard en
dispose. » S’il vivait aujourd’hui que dirait-il donc?
m tEt quel est ce hasard? Un orienteur de pro-
tession nous répondrait: le désir des parents, l’exem-
ple d’un camarade, la contagion du milieu, une
lecture occasionnelle, une conférence d’orateur
enthousiaste, la publicité faite à certaines profes-
sions, les spectacles, et t très souvent, le cinéma,
ou bien, pour chercher des raisons dans le sujet lui- 1
même, la soif de la liberté, le sens ciu moindre
effort, la rébellion et l’esprit de contradiction, l’ambi-
tion et la vanité, l’appât du gain, mieux connu sous
l’expression « Faire de l’argent », et mille causes
analogues.

Pour ces raisons, et pour bien d’autres encore,
l’orientation professionnelle s’impose.
^ Mais quelle est cette orientation professionnelle?
Comment la définir, tout en tenant compte des
multiples conceptions et controverses ? … La défi-
nition que nous vous proposons est le fruit de plu-
sieurs années de tentatives et d’expérimentation.

L’orientation professionnelle aide l’individu à
se diriger vers le travail qui convient le mieux à se*
rapacités et à ses dispositions dans un état .social et
économique donné.

Précisons que l’orientation professionnelle aide
l’individu à se diriger lui-même vers le travail de
sa vje. Elle propose des solutions à ses problèmes,
elle ne lui impose aucune directive ; c’est^un point
qu’on est porté à oublier très souvent quand on a
l’habitude de la direction et du gouvernement.

L orientation professionnelle aide l’INDIVlDU à
se diriger. Voilà ce qui par-dessus tout la distingue
de la sélection professionnelle qui choisit son
personnel pour le bien de l’industrie, de la profes-
sion, ou d’un groupe quelconque. La sélection est
une barrière qui ne laisse passer que ses élus et
qui se désintéresse du sort des autres. L’orientation
professionnelle se préoccupe de la vocation de tout
individu, qarçon ou fille, quel qu’il soit jeune ou
âge, blanc ou noir, urbain ou rural, brillant ou
ignare, capable ou impotent.

L’orientation professionnelle aide l’individu à
se diriger vers le travail. Voilà son objectif. Trou-
ver à l’individu, pour sa vie durant un travail aussi
convenable, aussi profitable, aussi intéressant que
possible dans la fourmillière de l’activité humaine.
C’est justement cet objectif qui la distinque de la
direction spirituelle et de l’orientation tout court.
L’orientation, au sens large, peut englober tant de
choses qu’elle devient même une conception d’édu-
cation. On a vu des gens s’emparer du mouve-
ment nouveau pour couvrir une foule d’activités,
telles la direction de la jeunesse, (Youth Guidance),
l’initiation à la vie sociale, (Social Guidance), la

par te R. P. R. H. SHEVENELL OM.I

tranchées : notre activité y gagnera en sûreté.
Orientation professionnelle et direction spirituelle
sont deux arts différents, exigeant chacun une

professionnelle. Plusieurs faits et écrits en témoi-
gnent. Elle est aussi partagée par les membres de
r »Ontario Vocational Association »; puisque cette

– — — — . — «jw^*» v.uN«v.uu vu»? * vHivMiw r lA-unuiiui n»sociauon ; puisque

compétence ‘spéciale. 1 une theologique. l’autre dernière fait partie intégrante de la N V G A
medico-psycho-socic-économiaue ». si vous me TWo ~u- a~ ix ji C – : .:._ __ ‘ ‘,

médico-psycho-socio-économique *, si vous
permettez cette affreuse agglomération de mots.
L’une s’occupe d’abord et surtout de l’âme ; l’autre
du travail qui convient le^ mieux à l’individu dans
son milieu social et économique. Ces- deux arts
ne s’opposent pas, ils se complètent:’ « mais encore
faut-il les bien distinguer.

De toutes les orientations qui onf cours, une
seule peut se lier d’intimité à l’orientation profes-
sionnelle, c’est l’orientation scolaire. D’aucuns
aiment à les distinguer; d’autres n’y voient guère
de séparation tant elles sont unies dans l’exercice
de leurs fonctions. Le choix des études n’est sou-
vent qu’un pas dans l’orientation complète d’un
candidat vers sa carrière.

Le travail qui convient à l’individu dans un

Dai^s cette deuxième définition, qui précise la
première, il y a quatre choses à noter: le choix
de l’occupation et sa préparation, puis le placement
et l’adaptation au travail. Expliquer ces quatre
points serait long. Notons toutefois que l’orienta-
tion professionnelle est un procédé, et non pas un
seul acte, une entrevue, ou encore moins, un test,
comme nombre de gens sont portés à le croire.
Non. l’orientation professionnelle ne se fait pas dan*
une seule rencontre. Elle se prépare de longue
main, elle évolue avec l’adolescence, elle s’exerce
aux moments de décisions, et elle ne s’achève que
lorsque 1 individu est installé dans sa carrière. Dans
cette perspective elle fait partie intégrante du sys-
tème scolaire, de l’école primaire à l’Université
Pourtant l’idée qu’il suffit d’une consultation pour

état social et économique donné est donc la nréoc aZTZÎ v qU . » ‘ »"‘i dune – « »" »^«on pour
cupation de lorienteuT n es, temps de découvre T £%£T££ ° neDté ,*? & ré P(TM)<^ Elle
^.i» »^*- >’«?W «~« « tête sa c(TM) réUeTune £Z£LT- J° »‘.. **!?* V0UÏ , te

perspective. L’orienteur tient en tête sa con-
naissance des occupations, et sa connaissance du
marche du travail. Il veut établir entre ces trois
domaines des relations de convenance, et les faire
connaître aussi parfaitement que possible au suret
qu il conseille.

Il doit connaître toutes les occupations. l’Orien-
tation jrofessionnelle n’est pas restreinte aux car-

repeter, une orientation ne vous case pas pour la
vie après une .séance d’orientation.

Nous avons défini l’orientation professionnelle
de deux manières. La première définition fut géné-
rale elle disait que l’orientation aide l’individu à
se diriger vers le travail qui convient le mieux n
ses capacités et à ses dispositions dans un état

occupations, mais un contact personnel avec le
milieu social et économique où l’orienté doit
travailler.

Nanti de ces connaissances socio-économiques,

?*V*« » M^easionneue n est pas restreinte aux car- o j Ti ? ? uls P°siuons aans un état

neres drfes professionnelles, ni non plus-aux simples !? C V econom }<l u e donné. La seconde définition
métiers. Elle envisage toutes les occupations possi- ® ï P^l c ° nc T ete ‘ eUe Précisait que l’orientation
blés dans le monde du travail, et elle exiae de individu a choisir son travail, et à s’y prépa-

1 orienteur non pas un savoir livresque de ces « *’ ensui,e a l’entreprendre et à y réussir.

Achevons notre courte étude par un mot sur
1 opportunité, je dirais plus, sur l’éminente nécessité
de lOnentation professionnelle.

L’individu a besoin d’elle pour organiser ses
U s efforce de connaître aussi bien que possible les’ etude * d’abord et ensuite pour effectuer de la façon
capacités et dispositions du sujet. Capacités et la P lus sage possible son passaqe de l’école à la
dépositions sont deux termes généraux gui contien- vie du travail. Il ne se connaît pas lui-même il ne
nent un grand nombre de qualifications : habUeté c °nnaît guère les métiers et leurs exigences’ et i
mentale aptitudes, connaissances acguises. expé- ne connaît peut-être .pas davantaae le marché riu
rience. désirs, goûts et attraits, santé physique et travail. » – - y ne au

moyens pécuniaires, etc. Les -paUÉits ont besoin d’elle. Ils veulent sou-

l’nriJnZ 1 .(TM), « * QUSSi com P let <ï ue possible. ve *t faire l’impossible pour établir leurs enfants

1 orienteur peut proposer ses solutions avec connais- et pour les rendre heureux. D’ordinaire ils ne wnt’
ZïïïJL* * »" »*’ -, Petit Jean Saura dorénavant non P« de bons juges de la santé physique des aou
etc^fll S rt W ^ ^ Ut PaS faire ‘ mais aussi ‘ tude l^lectuelles. et des possibUites q d’adapU P on
t’wl 1 le , fa f e , ur important, il saura ce qu’il peut psychique de leurs enfants. Les conseils de Forien

sur^rrl«nJ ^V^ ^ bien j ° Uer SOn rôle ^ lem ‘. mX d>Un ^ ^estimable dans le ! cSoEc
sur 1 immense théâtre du monde. et la préparation de la carrière du fils ou de la

notre définition de 1 orientation professionnelle ^^ Les témoignages en ce sens abondent. II

tion. Disons donc que : et les parents clairvoyants n’hésitent pas à faire

L orientation professionnelle aide à r individu à mtervemr l’orienteur dans cette sérieuse entreprise
choisir son travail et à s’y préparer ensuite à Ventre- ^ scoiété a besoin de l’orientation. Elle veut

prendre et a y réussir. voir dégager les professions encombrées, elle veut

. Cette définition fut adoptée par la « National VO î r coinbler les carrières déficiaires, elle veut voir

Vocational Guidance Association » en 1937 après J, eduire le nombre de malajustés et de ratés. C’est

etudes. discussions, et essais gui datent de 1921 lon entation qui peut prévenir et quelquefois corri-

Elle se ht dans le numéro de mai 1937, de la revue aer bon nombre de ces maux sociaux.

« Occupations »: « Vocational guidance is the process , La patrie enfin la réclame, cette orientation Si

of assistmq the individuel to choose an occupation. la race canadienne-française veut jouer son rôle

prépare for ît. enter upon and progress in it. It is providentiel >en Amérique du Nord elle ne neuf

concerned primarily with helping individuels make hisser un seul talent enfoui, ni une seule aptitude

décisions and choices involved in planning a future en friche, n lui faut faire fructifier le capital humain

.vw««, ^uv^xu, viuiuuui;»/, iq and building a career — décisions and choices des Canadiens-Français cent pour un Cette mltur»

préparation au mariage chrétien Christian Home necessary in effecting satisfactory vocational adjust- organisée des potentialités de la race est irnooss hï«

Guidance) pour ne citer gué celles-là. L’orienta- ment « The Principes and Practices of Educational sans un procédé méthodique et scientmW da^s 2

non est a la mode. Alors on en fait Bien plus, and Vocational Guidance, » Report of the Committee «élection et la direction des mdividus^ ? estTdire
il y a longtemps quon en fait, puisqu’on a tou- of the National Vocational Guidance Association,

Occupations : The Vocational Guidance Magazine
XV (May, 1937), 772-778.

Cette conception inspire les organismes cana-
diens-françaisO) dans leurs formules d’orientation

un

jours dirigé notre jeunesse catholique. C’est
point de vue.

Toutefois, tâchons d’avoir de l’une et de l’autre
une conception claire, des idées nettes et bien

sans orientation professionnelle.

e tôle

ou

dei âcUncei dans notre foi mat ion

par A/. Léo MARION

(‘) L’Inrtnit Canadien d’Orientation Profe.ionnelle. à Montréal ?

r^u^n^ 01 , d .;° rientation Proie«ionnelle. à Québec; Le Bu-
reau TriOurien d’Orientation Professionnelle, à Troi.-Rivières- Le
Centre d’Orientation de l’Université d’Ottawa, à Ottawa

QUE l’on doive dans renseignement, donner
aux sciences une part importante est chose

philosophie qui pousse l’esprit à faire une synthèse
des connaissances analytiques. Préconiser l’étude des

d’augmenter

dans notre formation c’est donc. appuyer sur une chose
, évidente pour beaucoup. Mais il n’est peut-être pas
inutile de montrer du doigt ce rôle sur lequel certains
seraient possiblement enclins à fermer les yeux.

Il semble que la question puisse se traiter sous trois
aspects dont chacun serait suffisant à démontrer que
l’étude des sciences est indispensable à notre formation.

L’étude de la physique et de la chimie développe
ou intensifie la tournure analytique de l’esprit. Quand
nous nous trouvons en face d’un problème de chimie
ou de physique, le moyen d’attaque est de résoudre
si possible la donnée en ses éléments, de chercher à
comprendre ses éléments pour ensuite en faire une syn-
thèse qui, si nous avons vu juste, doit nous ramener au
point de départ. C’est analytiquement que l’ontraite
un tel problème. Le développement de cette tournure
d’esprit est l’inverse de ce que produit l’étude de la

i» mm m* nm

de connaissances trop spécialisées mais .celle de notions
générales sur beaucoup de sujets dont l’étude plus
poussée peut être ensuite entreprise suivant les aptitudes
et les goûts. Pour que ce choix puisse être fait raisonna-
blement, il faut avoir acquis la facilité de raisonner
analytiquement aussi bien qu’autrement. En faisant le
choix d’une carrière il faut bien étudier toutes les
voles ouvertes devant soi et c’est bien plus l’esprit
d’analyse qui nous aidera dans cette étude que celui
de synthèse.

Chez nous, la médecine et le droit sont encore les
deux carrières classiques, les deux carrières à l’honneur,
celles considérées presqu’exclusivement par le jeune
homme cherchant où s’orienter. Et pourtant, chez la
majorité des jeunes gens de, mettons de douze à quinze
ans, la curiosité des choses scientifiques est très vive.
Comment se fait-il que le temps venu de faire le choix

d’une carrière, si peu aient même l’idée de songer aux

eT^Li^^^^ de la chimie ‘ de la Physiquï
PntrSini, l* » S*? entaire » devraient chez quelques-2ns

în^ni ? g °î t deS SCiences existant chez 1* Plupart
lorsqu ils sont plus jeunes. Pour que cette étude soi

sérieuse il. faut être convaincu de l’importance de la

science dans notre formation, de son ùtSuS Jusqu’à

ii?J ‘* -L peu da  » né cs. ^ gaffe de coeur, nous avons

ÏÏÏh*.ÏÏ nous J*«r laissions la libre jouissance de

m,7 (TM)?.c V « î 1 OU 1 Vertcs à nous comme à e «*. Pourvu
Q Z ? « o »?« »o« »to »» la peine de nous y préparer
un a dit dun homme Instruit qu’il doit posséder des

s7nTs
£ S (TM) SU L * »"!* de choses et 5^nn£
sances très poussées sur un sujet. Plus il y a d’aspects

pL o’n iouTÏI 1 , d ° n – m n % SUiVFe le d ^»opVemtnt
plus on jouit de U vie et plus on reçoit d’elle C’est

notre devoir d’essayer de comprendre lorsqu’ils se pre

tTnJiï é , vén î ments dont P ar,era l’histoTe plus t^
de connaître les découvertes qui façonneront les concepts

PuC v U ivre a 5I è n« n °? S ° n ne * aurait concevoir qu P on
puisse vivre de nos jours sans chercher à se mettre au
courant de ce qui se passe dans le monde sa^sTefforceï

gue C rîe m aui  » sTd£ ^ « (TM)(TM)^ formidables de rette
guerre qui se déroulent sous nos yeux tt qui changent

t Suit*, .en pege 7)

LA ROTONDE, 5 FÉVRIER 1943

£a lecture et la culture

(Suite de la page )

« Quand tu traveraes en train, le aoir. telle
petite ville, où tout te semble étranger, et. de
prime abord, peut-être hostile, si tu vois une douce
lumière briller derrière une fenêtre, dis-toi que
peut-être un homme est là qui lit un livre que tu
aimes. Et la ville change d’aspect, change d’âme.

« Parfois la voix du poète opère des miracles.
Toute la France écoute Kipling et voici’ que la rude
Angleterre lui devient intelligible. Gorki raconte
ses souvenirs d’enfance, et l’histoire de la Russie
nous paraît claire, jusque dans ses tragiques pro-
fondeurs.

« A travers leurs poètes, les peuples cherchent
à se connaître, à se comprendre. Dans la hiérar-
chie des vérités, la vérité poétique apparaît merveil-
leusement efficace.

« Je n’ai jamais visité la Suède. Est-ce bien sûr?
Ah! Je n’oserais l’affirmer. Je chéris ce pays
comme une patrie depuis que j’ai lu vos beaux
livres. Selma Lagerlof.

« Qui .donc me fera* croire que je n’ai jamais
vécu une ou plus d’une existence. dans la vieille
.Russie ? Moussorgski, Borodine, Gogol, fourgue-
nef, Dostoiewski. et vingt autres héros m’ont fait
aimer d’un amour fraternel le peuple qui a dicté
leurs livres, inspiré leurs chansons.

« La grandeur de l’Amérique ? Ah ! Barnabe,
vous parlez comme les magazines. Vous addition-
nez des étages d’immeubles, des boîtes de con-
serves et les armées de cochons immolés à Chi-
cago. Prononcez seulement ces mots radieux :
Emerson, Whitman, Thoreau. Comme l’Amérique
est grande 1

« La Norvège possède- t-elle une armée ? Je
n’en sais rien. Ne me dites pas que c’est un petit
pays. C’est un immense et puissant pays ; il a
conquis le monde. Son général s’appelle Ibsen.

« Les frontières changent de lieu, comme les
vapeurs. Mais stable comme la géographie des
monts et des rivières, il est une autre géographie :
celle des grands hommes. Ceux-ci jalonnent l’es-
pace comme ils ont jalonné le temps. Tel pays
s’appelle terre de Cervantes, ter* autre terre de
Dante. Il y a le siècle de Shakespeare et le siècle
de Voltaire. Certains pays sont muets, certains
siècles sont vides. L’oubli ensevelit tout vifs les
-«peuples « qui n’ont pas d’avocats. »

Il est difficile d’illustrer avec des touches plus
vivantes l’universalité et l’ècclectisme de la culture
que les livres nous présentent. Disons immédiate-
ment que la ville d’Ottawa et la région qui l’envi-
ronne ne sont pas arriérés ou retardataires sous
le rapport de la fréquentation des bibliothèques.
Les chiffres n’ont rien de séducteur mais ils ont le
mérite d’être convaincants. C’est un genre d’élo-
quence peu goûté mais qui n’est pas sans piquant.
En d’autres termes, les chiffres n’ont pas de charme,
mais ils, sont remplis de vertus.
_ A la seule bibliothèque Carnegie, qui possède
cinq succursales dans la capitale, avec le dépôt
principal coin Metcalfe et Laurier, 540,271 livres
ont été lus au foyer par les abonnés. Ce chiffre
se subdivise comme suit : adultes 367,603, et
enfants 172,668.

Malgré qu’un grand nombre de lecteurs cana-
diens-français s’adressent au dépôt-chef, pour obte-
nir leurs livres, il n’en demeure pas moins que la
succursale de la rue Rideau est encore celle où
il se prête le plus de livres, en regard des autres
dépôts. L’an dernier, il s’y est prêté 75,730 volu-
mes, contre 66,074 à la succursale sud, 58,654 à
l’ouest, 48.963 à la bibliothèque enfantine et
30,032 à New Edimborough.

Le fractionnement des livres par genre esl
débordant d’intérêt pour connaître la tendance des
esprits, au milieu de l’égarement général. Le roman,
qui plonge le monde dans le rêve, comme si les
aventures des autres faisaient oublier les siennes
propres, reste encore le favori et par une vaste
marge. Il s’est lu, l’année dernière, 1942, 240.939
romans, c’est-à-dire que 26,406 volumes ont été
prêtés ert tout pour être lus par le nombre de
personnes indiqué.

De tous les domaines littéraires, c’est l’histoire
qui seule a marqué une hausse. Alors qu’il s’en
lisait 15,923 volumes en ’41, il s’est J^Tautre part,
19,065 biographies, 25.189 ouvrages de » littérature,
18,064 ouvrages sur les beaux-arts t 14,795 livres
sur le voyage, 12,043 oeuvres d’arts appliqués, et
11,505 livres de sociologie.

Cette nomenclature, tout aride qu’elle soit, est
révélatrice, puisqu’on y découvre que la population
d’Ottawa, d’environ 150,000 âmes, dont le tiers,
environ également, n’est pas d’âge à utiliser les
bibliothèques/lit en moyenne six livres par tête
par année.

Il y a, bien entendu, la question du choix des
lectures et l’interprétation qu’on leur donne. Tel
livre, charmeur et coloré, cache des théories inac-
ceptables et des principes inavouables. La meil-
leure règle à suivre est d’adopter le conseil de St-
Augustin : « Sévère pour le péché, large pour le
pécheur ».

Nous n’irons pas jusqu’à dire, à l’instar de
Montaigne, qu’il faille se laisser « tournebbuler
l’entendement », car, encore avec notre auteur il
faut se souvenir qu’ »il n’y a si fin paim nous

Les sciences politiques

et l’avenir national

(Suite de la page 2) ‘

cipes universels qui les dépassent en les expli-
quant, tels sont les moyens qui nous permettent
encore de prédire en quelque sorte} l’avenir, d’éta-
bllr-^des plans pour un meilleuiu-avéhir, tout en
nous donnant la possbilité de goûter les joies et
d’allévier les misères du présent.

Après la dernière guerre

Que de malheurs le monde n*a-t-il pas connus
par suite de l’ignorance du vrai bien commun de
la part du peuple et des nations! Pour prendre
un exemple récent: le monde était sorti des
épreuves de la dernière guerre dans un état
lamentable de confusion. L’énorme distance qui
séparait l’idéal de la Société des Nations, indé-
pendamment de ses imperfections techniques,
des sentiments égoïstes des peuples, ne pouvait
être comblée que par une éducation politique
bien coordonnée et dirigée, qui aurait fait com-
prendre à tous la hiérarchie des biens désirables,
les notes de chacun d’eux, et les meilleures alter-
natives pour en favoriser la réalisation graduelle.
Au lieu de cela, nous eûmes surtout des poli-
tiques d’inspiration pragmatiste ou simplement
matérialiste, quelque peu glorifiés par des con-
sidérations simplement humanitaires. Sur le plan
national, comme sur le plan international, les
peuples firent alors l’expérience d’une série de
faillites, majgré des intermèdes heureux ou édi-
fiants, qui les amenèrent non seulement au car-
nage et à la destruction de la guerre actuelle,
mais encore a l’exaltation de doctrines perver-
ses comme le communisme marxiste, le nazisme
racial ou même le pragmatisme positiviste qui
sapent mortellement le vrai bien et les vraies
valeurs humaines.

Rebâtir =

Lorsque nous aurons la paix dans la victoire,
U nous restera non seulement à rebâtir dans
l’ordre matériel, mais encore dans l’ordre social
et spirituel. C’est ici qu’une saine et profonde
connaissance des sciences politiques sera de
toute première importance. Il faudra que les
citoyens responsables aient pris position sur
l’ensemble et le détail d’une série de questions
intéressant directement la forme et les fonctions
dû gouvernement à tous les paliers de son
influence.

Parmi ces questions, il y aurait à décider la
nature et les caractères de l’Etat, les bases et
les limites de la souveraineté, les droit civils dans
l’ordre et leur agencement international, la natu-
re et l’inspiration pratique de la législation, les
types de gouvernement et la manière de concilier
leur action* pour le bien commun, les détails pra-
tiques de la séparation et de la division des
pouvoirs, l’esprit des constitutions, les caractères
de l’électorat et des partis et les moyeifs pour
exercer une bonne influence sur les formes di-
verses de l’opinion, les améliorations à faire à la
législative et surtout à l’administration, la coor-
dination des activités du pouvoir judiciaire, la

£e rôle des sciences

dans notre formation

(Suite de la page 6)

qui ne se fasse embabouiner » par les théoriciens
de la plume, les stratèges de l’écritoire et les experts
en chambre close. Mais la lecture pratiquée d’une
manière intelligente et comme moyen de culture
opère son propre décalage, et comme le minerai
en fusion, des connaissances acquises, il reste
d’habitude une somme de métal précieux qui nous
récompense pour toute la peine qu’on s’est imposée.

Balzac, qui avait étudié de si près la nature
humaine, et dont les livres après plus d’un siècle
demeurent des modèles du genre, a écrit dans
« Le Lys dans la Vallée » le paragraphe suivant
qui renferme des conseils excellents à l’égard des
lecteurs :

« Aujourd’hui, la jeunesse possède une science
de serre chaude, partant tout acide, qui la porte
à juger avec sévérité les actions, les pensées et les
écrits ; elle tranche avec le fil d’une lame qui n’a
pas .encore servi. N’ayez pas ce travers. Vos
arrêts seraient des censures qui blesseraient beau-
coup les gens autour de vous, et tous pardonneront
moins peut-être une blessure secrète qu’un tort que
vous donneriez publiquement. Les jeunes gens*
sont sans indulgence, parce qu’ils ne connaissent
rien de la vie, ni de ses difficultés. Le vieux critique
est bon et doux, le jeune critique est implacable ;
celui-ci ne sait rien ; celui-là sait tout. D’ailleurs
il est au fond des actions humaines un labyrinthe
de raisons déterminantes desquelles Dieu s’est
réservé le jugement définitif. Ne soyez sévère que
pour vous-même. »

Pour nous,, Canadiens français de l’Ontario, à
cause de l’ambiance tout anglaise qui nous entoure,
la lecture du livre français est une des conditions
de notre survivance. C’est elle qui gardera à notre
parler, à nos écrits, jusqu’au mécanisme de notre
pensée, la forme française. Si nous abandonnons
la fréquentation des auteurs qui appartiennent au
génie de la langue, cette même langue nous aban-
donnera. Et si nous l’aimons réellement, comme
elle le mérite, la lecture encoie plus qu,3 la conver-
sation fera partie du zulte que nous h i devons.

la face du monde. Or, le domaine des connaissances
humaines ayant -le plus changé depuis une quarantaine
d’années est celui de la physique et de la chimie. Alors,
comment peut-on admettre ne rien savoir des découvertes
concernant la structure de l’atome, découvertes aussi
importantes dans la science que la guerre actuelle Test
dans l’histoire? Ou encore, d’ignorer tout du micros-
cope électronique, de sa capacité fabuleuse de grossisse-
ment? Les résines synthétiques sont en train de changer
l’aspect de quantité d’objets familiers et nous accepte-
rions de nous servir de ces objets sans avoir la moindre
idée de leur origine? L’esprit est naturellement curieux,
et pour satisfaire sa curiosité dans le monde où noua
vivons, de solides notions scientifiques sortt indispensa-
bles. Les découvertes de la chimie et de la physique
changent nqs conditions de vie beaucoup plus que les
guerres dorit l’histoire nous enseigne à retenir les dates.
Ainsi la découverte du caoutchouc combinée à celle du
moteur à combustion interne ont influé sur notre mode
de vie plus que les guerres de 1870 et de 1914. C’est
l’apport de la science qui a créé la vie moderne, ‘ la
nôtre, et l’étude des sciences est nécessaire dans la for-
mation du jeune homme qui doit vivre cette vie.

Une formation où l’étude des sciences n’aurait pas
tenu une juste part faiblirait donc dans son but, et ce,
sous plus d’un aspect.

La Poésie et l’Education

(Suite de la page ï>)

des sentiments, ils sont des expériences et il faut avoir
beaucoup vécu pour en écrire un seul. Les grands poètes
sont de grands réalistes .si l’on veut bien admettre que
le réalisme s intéresse .davantage à la vie de l’âme qu’aux
événements extérieurs. Ces grands révélateurs des aspi-
rations et des émotions profondes de l’âme que sont les
poètes n’ont-ils pas beaucoup à nous apprendre, à nous
qui croyons à la vie de l’âme et à sa primauté ?

Mais j’ai déjà trop parlé. Je vous laisse à votre vieux
-Racine bien jauni- -dont la substance-est éternellement
jeune. Car les poètes sont les contemporains de tout le
monde.

législation affectant la famille, l’école, le travail
pour réaliser une meilleure justice sociale, l’utili-
sation des richesses matérielles du monde et
l’élaboration de justes politiques financières,
enfin les problèmes multiples de la vie inter-
nationale, sans la solution desquels nous n’au-
rons même pas commencé la structure de la Cité
de Dieu. ^- %o *

On se rend compte de la sonime de connais-
sances exigées par un pareil programme. Et
qu’on ne se laisse pas aller à la paresse, en se
contentant de laisser à d’autres, aux soi-disant
spécialistes, le soin de les acquérir et de les appli-
quer. Car on ne peu.t jamais être sûr de la for-
mation et de l’inspiration des spécialistes. Dans
un vaste monde où tant d’idéologies contraires
et néfastes se heurtent, il est du devoir de tout
chrétien de se mettre lui-môme à la besogne.

Tâche des catholiques

Cette tâche s’impose plus spécialement aux
catholiques de tous les pays. Pour le Canada,
par exemple, chacun s’attend à le voir s’affirmer
de plus en plus dans la vie du continent amé-
ricain et dans celle du monde; et il va de soi
qu’il subira avec d’autant plus de force les réver-
bérations de la situation internationale dans
l’ordre économique et politique. Les problèmes
provinciaux, fédéraux et impériaux de ce beau
pays devront donc tenir compte non seulement
des droits nationaux et de la coopération des
races qui le constituent, mais encore de toutes
les complexités d’une situation changeante, et
dont chaque élément comporte des principes
théoriques et des « règles pratiques qu’on ne peut
pas improviser.

Sans une connaissance solide des questions
politiques et économiques à tous les paliers des
intérêts humains, on pourrait tendre à donner
à ces problèmes des solutions incomplètes, indé-
cises et. purement utilitaires. Et il ne suffira pas
alors de dénoncer les imperfections de ces solu-
tions au nom des normes imprescriptibles de la
morale. Il faudra encore avoir la science et le
pouvoir que donne la science, soit pour les corri-
ger, soit pour les éviter, soit pour les remplacer
par d’autres plus en rapport avec l’idéal chré-
tien du vrai bien commun.

Rôle des jeunes

Dans cette immense restauration chrétienne
de l’ordre national et international, les jeunes
ont des responsabilités peut-être plus lourdes que
les anciens. C’est à ces obligations du chrétien
total et de l’éducation qui actualise la plénitude
de ses possibilités, que fait également aHusiori
Fie XI dans sa belle encyclique Dlvini JlUus
Magistri sur l’éducation de la jeunesse. Car en
somme, c’est aux jeunes que l’avenir appartient:
ce sont eux qui peuvent profiter le mieux des
expériences du passé, utiliser avec vigueur les
connaissances du présent, en un mot faire leur
cette sagesse des nations. Car les jeunes ont non
seulement la force et l’enthousiasme de leur
jeunesse, maïs encore Ils peuvent nourrir les
meilleurs espoirs pour voir leur vie se prolonger
suffisamment pour cueillir les fruits de leurs
labeurs au seuil de l’avenir.

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LA ROTQNDÇ. 5 FÉVRIER 1943

llème année, N© $

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5 mars lfU

;

ÉA VERITE, LÀ

?

Puisque je m’adresse à des étudiants catholiques de son inclination la plus profonde, et de son juge-
elles me permettront, quelles que soient les discipli- ment personnel. La sincérité de l’artiste consiste

o

nés particulières qu’elles ont choisies, de leur par
1er des deux termes essentiels de leur vocation: la
vérité, la foi.

Si elles désirent la connaissance elles doivent
être les servantes de la vérité, jb, dans ce difficile
service, elles seront confortées par la foi dans la me-
sure où elles vivront de la foi, de cette possession
spirituelle de la vérité divine qui dépasse la capa-
cité naturelle de l’intelligence créée, mais ne lui
est pas opposée.

La foi est la certitude obscure de la vérité révé-
lée. Cette certitude deviendra lumineuse dans la
vision béatificfue, et la foi cédera la place à l’évi-
dence. La vérité, elle, révélera son royaume, éter-
nel et infini.

Aeterna est dulcedo veritatis. Cette énervelle dou-
ceur, dont parle saint Augustin est celle de Dieu lui-
même, et il a dit: « Je suis la Vérité ». Mais la vé-
rité la plus humble, celle des plus humbles choses,
possède un peu de cette divine douceur. A travers
le monde créé, et par le moyen de la raison, nous
parvient par elle une parcelle de la connaissance
le Dieu a des choses. Elle est en tout ‘cas le bien

en cela. Elle demande souvent de l’héroïsme, par-
ce qu’il est rare qu’elle ne devienne pour le véri-
table artiste une source de grandes contradictions.
Mais c’est par les artistes fidèles à leur propre vérité
qu’est assuré le renouvellement de l’art, et son
insertion dans l’histoire humaine, sa présence à
la vie.

La certitude, si difficilement assurée à nos con-
naissances naturelles, est par définition l’apanage
de la foi surnaturelle, avec la compagne insépara-
ble de celle-ci, l’obscurité.

La certitude et l’obscurité de la foi connaissent,
cependant, des degrés divers. Sous l’influence des
dons du Saint-Esprit, en particulier des dons de Sa-
gesse et d’Intelligence, la certitude delà foi s’illu-
mine des évidences de l’amour: Et nox illuminatio
mea in deliciis meis! s’écrie l’âme Comblée de grâ-
ce. Elle peut aussi, cette étrange certitude, s’englou-
tir dans la terrible nuit obscure de l’esprit dont parle
saint Jean de la Croix. Epreuve réservée aux âmes
très fidèles pour la purification de leur foi elle-
même, que Dieu détache ainsi de tous motifs hu-
mains, et enracine profondément dans kr grâce sanc-

Vttl o fi g ? aCe ‘ sol ex 1 altatlon ‘ sa y | e , et *° n r ?P° 8 – tifianteVBienheureuses ces âmes! Leur épreuve ne
(TM) facuhé scelle 6 qU1 m d0lt dGtre – reSSemble en rien à Celle ^ e nOUS ^us infligeons

La noblesse de toute vérité des choses est si
grande que nous n’avons pas le droit de traiter
d’une manière seulement utilitaire la vérité que
nous apprenons. En premier lieu nous lui devons
le respect et la fidélité. Et certes nous avons lç
droit — et même le devoir — d’appliquer nos con-
naissances à un but pratique honnête; mais, user
mal de n’importe quelle connaissance est non seule-
ment une faute d’un ordre particulier, selon l’espèce
de l’acte que nous posons, — c’est aussi, et avant
tout, une impiété; parce que la vérité est l’un des
dons divins; parce que, dans l’ordre naturel, elle
est l’adéquation de l’esprit et de la réalité créée par
Dieu; enfin parce que, dans l’ordre surnaturel — ce-
lui de la foi — la connaissance de la vérité est à la
racine de notre salut. *o_

Dans l’ordre des connaissances naturelles notre
devoir de fidélité et d’intégrité à l’égard de la vérité

pour ainsi dire nous-mêmes, en diminuant en nous
la force de la foi par le péché qui fait fuir les dons,
et par l’ignorance non combattue de ce que tout
chrétien est tenu de savoir; — et à plus forte raison
ceux et celles d’entre nous qui s’adonnent aux tra-
vaux de l’intelligence.

A cet égard il faut avouer qu’il n’y a générale-
ment aucune proportion entre le temps et les
soins que nous donnons à notre culture
profane et le temps que nous consacrons
à notre culture chrétienne. Sans doute « la
piété suffit à tout », mais la piété elle-même
a besoin des armes de la lumière. Nous qui
faisons profession d’étudier, devrions tenir à l’équi-
libre et à l’harmonie de nos connaissances. Si nous
apprenons l’histoire, — pourquoi pas aussi l’his-
toire de l’Eglise? Si nous étudions la philosophie, —
pourquoi pas aussi – la théologie? Et si nous étudions
le grec, — pourquoi pas aussi l’hébreu, dans cer-

Rasssa MARITAIN

bien que par lui ils sont instruits de tout ce qui est
nécessaire à leur salut, et à la conduite de toute
leur vie. Notre ignorance à nous est de celles qui
doivent être combattues et par la prière et par l’é-
tude.

L’intelligence naturelle et la foi surnaturelle-*-la
foi vive — se soutiennent et se fortifient l’une l’au-
tre d’une manière merveilleuse, et la prière néces-
saire à notre vie .surnaturelle l’est aussi à la vie de
notre intelligence.

Que l’on me permette ‘de citer ici quelques li-
gnes du petit livre — De la Vie d’Oraison — que
Jacques Maritain et moi avons écrit à l’intention des
membres du Cercle Thomiste de Meudon, en insis-
tant sur la nécessité de la pratique de l’oraison pour
ceux qui, vivant dans le monde, s’adonnent aux
travaux de l’intelligence. Dans le chapitre dont le
titre est emprunté à saint Paul, — et pax Del quae
exsuperat omnem sensum, custodiat inttelligentias
vestras — nous disions que « l’intelligence ne peut
développer ses plus hautes virtualités que si elle est
protégée et fortifiée par la paix que donne l’oraison.
Plus une âme s’approche de Dieu par l’amour, plus
simple et perspicace devient le regard de l’intelli-
gence et plus lumineuse sa vision; » et que la pra-
tique de l’oraison » peut seule nous donner d’unir à
une fidélité absolue à la vérité une grande charité
envers le prochain, en particulier une grande cha-
rité intellectuelle. Elle seule aussi nous permet, en
rectifiant nos facultés de désir, de faire passer la
vérité dans la pratique. »

Le Cercle Thomiste, — que nous avions deman-
dé au Père Garrigou-Lagrange de présider, et de
guider par une retraite annuelle qu’il nous a prê-
chée plus de quinze fois, — comprenait d’autre part
des reunions mensuelles dirigées par Jacques Mari-
tain, auxquelles assistaient des théologiens et des
philosophes, des prêtres et des laïques, des méde-
cins, des peintres et des poètes, des étudiants et des
étudiantes. Un tel cercle d’études s’est montré être
une expérience heureuse en ses résultats. Des cer-
cles analogues se sont constitués en Suisse, en Bel-
gique, en Angleterre. En été, lorsqu’il quittait
Rome, le Père Garrigou allait de l’un à l’autre,

accueilli partout avec ferveur, et faisant beaucoup
reconnue est aussi absolu que dans l’ordre des véri- tains cas? Je connais u% grand écrivain, encore ‘ de bien par ses prédications. Sa maîtrise de théolo-
tes révélées. Je. fais abstraction, on le compmnd, du jeunet gui a retrouvé la foi par cette voie un peu gien’eVla simplicité de sa foi réussissaient à intro-

les disciplines scientii exceDtionnelle: un beau iour. il a décidé H’mr»nr«n- duire ses auditeurs les moins savants dans la con-
naissance élevée des mystères sacrés et de la vie
d’oraisom^, . ‘

Est-il indiscret de ma part de penser que les étu-
diantes et les étudiants d’Ottawa trouveraient avan-

discipl
ques et philosophiques est rarement atteinte, ou diffi-
cilement retenue par la fragile raison humaine. Il
reste que chacun est tenu de servir la vérité qu’il
croit posséder, s’il a loyalement travaillé à l’attein-
dre.

A l’égard des vérités plus subjectives comme
celles qui concernant l’art, la poésie, où la formule

exceptionnelle: un beau jour, il a décidé d’appren-
dre l’hébreu, et la beauté unique de l’Ecriture dissi-
pait ses objections et ses tentations contre la foi,
à mesure qu’il progressait dans l’étude de l’hébreu;
et il a finalement reçu, avec la connaissance de la
langue sacrée, le don de l’oraison contemplative où
se dissolvent nos duretés et nos difficultés.

Nous ne pouvons plus croire, aujourd’hui, que

de Pirandello « chacun sa vérité » a un emploi jus- l’ignorance soit la forteresse inexpugnable de la

tine, le même devoir d’intégrité existe. f oi , (si jamais nous avons pu le ^^^ n exijBte

Moralement un artiste n’est pas libre de suivre à vrai dire une « sainte ignorance » qui procède

la loi d’un autre artiste s’il ne la » sent pas intimement d’une foi exceptionnelle, — la foi des Saints qui ne

être la sienne propre. Il doit oeuvrer dans le sens connaissent que Dieu; mais ils le connaissent si

tage à se grouper de même en cercles d’études phi-
losophiques et théologiques, dirigés par des théo-
logiens, et qui seraient ouverts à toute personne
ayant le désir d’une haute culture chrétienne? —
Mon dessein en tout cas aura été de leur être utile
en quelque manière, en disant affectueusement à
qui voudra bien l’entendre, ce que j’ai appris par
cette expérience. New York, janvier 1943.

ei

SPORTS

par Emile MAL/PAS

JEAN DICKENSON

délicieuse soprano du Metropolitan Opéra House,
que le Conseil des Etudiants présente lundi le 8 à
la salle de bal du Château Laurier, sous la prési-
dence de SJL le comte d’Athlone et de S.A.R. la
Princesse Alice.

sy I est évident que les sports peuvent avoir une

l heureuse influence dans la formation de l’étu-
(l J diant.

V^X Cette vérité ne se discute plus ; l’on sait

d’ailleurs qu’il est impossible d’établir une ligne de
démarcation entre les deux parties de l’éducation, qu’il
est même difficile de comparer.

Si l’on peut dire que l’éducation intellectuelle est
plus profonde, il faut admettre que la culture physique
sous la dépendance de laquelle se trouvent les sports, est
infiniment plus étendue puisque, tel que le fait remar-
quer Pages: « Prenant sa source aux racines de la vie ani-
male par l’alimentation, elle va jusqu’à l’éducation des
sens ». C’est dire qu’il n’y a pas grand’chose dans
la vie d’un individu qui ne se rattache plus ou moins à
la partie physique de l’éducation et qu’il, est impossible
de séparer cette dernière de l’éducation intellectuelle;
mais pour que les sports puissent avoir sur la jeunesse
étudiante une influence favorable, encore faut-il que
chaque sujet y soit préparé.

N’oublions jamais que les sports, de même que tous
les travaux manuels, sont basés sur le principe de
l’économie des forces, qui permet de faire durer au
besoin durant de longues heures l’effort physique sans
risquer d’arriver à l’épuisement.

La partie éducative de la culture physique, celle qui
a pour but le développement normal du corps humain,
comprend premièrement ,1e développement musculaire,
deuxièmement, la formation ,d’un sang plus pur, grâce
à une oxygénation convenable à l’aide d’une gymnastique
respiratoire bien comprise, et troisièmement, assouvis-
sement indispensable des articulations, qui seul peut
procurer la coordination musculaire sans laquelle il n’est
point d’adresse ni la moindre chance d’exceller dans
aucun sport.

Loin de retarder la mise en forme du sujet qui veut
se livrer à un sport quelconque avec quelque, chance de
succès, la gymnastique éducative, pratiquée pendant un
certain temps fixé d’avance afin de pouvoir régler le
débit avec l’ir.tensification graduelle de l’effort, donne

Photo 20e siècle.

des résultats meilleurs dans un temps plus court.

Il* en est de même s’il s’agit des sports qui exigent
l’adresse, la vitesse et la résistance des membres d’une
équipe d’athlètes qui ne vaudra jamais que ce que vaut
le plus faible de ceux qui la composent.

L’on a pu constater, en 1937, la valeur de la prépa-
ration d’une équipe bien entraînée lorsque les joueurs
de hockey du Club Canadien, après avoir passé quelques
semaines dans les Laurentides, ont commencé la saison
en déclassant facilement toutes les équipes rivales.

C’est que cette année là, tous, les joueurs du Cana-
dien étaient en condition parfaite tandis que leurs
adversaires ne s’étaient pas donné la peine de se pré-
parer; malheureusement, dans les années suivantes,
c’est exactement le contraire qui se produisit alors que
les équipes rivales, ayant profité de la leçon, étaient
à leur tour les mieux préparées.

*I1 faut adrdettre que dans le sport comme à la guerre
c’est la préparation qui augmente les chances de victoire.
Voilà ce qu’il ne faut jamais oublier, si l’on veut que le
sport ait une influence désirable, non seulement sur les
succès sportifs, mais encore et surtout sur l’amélioration
physique, la préservation de là santé de la jeunesse
étudiante et la création d’excellentes habitudes qui
peuvent être conservées durant toute la vie.

C’est bien ainsi que nous parviendrons à vaincre les
maux qui nous guettent durant toute notre existence,
pour peu que nous ayions )e souci d’établir un équilibre
parfait entre nos dépenses physiques et intellectuelles
d une part, et de l’autre notre récupération par la nour-
riture appropriée et le sommeil.

?fi illtthmi’i

if j

Dareetemr: Pierre is Beltoteviue

^sr ^

Orges* ée Is Société «es Débats frauçals et «es éteélas* se langue frascak» ce l’UeJveraHé d’Ottawa

« Prépara — –

sttéactes* se etof : Gmy

EXAMEN DE CONSCIENCE

Georges Ooyau, de l’Académie française, écri-
vait dans « Le Mois »: « Tragique et glorieuse his-
toire que celle de cette langue qui soudainement,
après 1760, se trouve, dans ce lointain outre-mer,
Isolée., dépaysée, submergée et qui pourtant sur-
vit parce qu’elle est auprès de Dieu, l’interprète
coutumière des âmes; parce que ses résonnances
mêmes répercutent la voix des aïeux, parce qu’en-
fin les droits qu’elle revendique et qu’elle finit
par obtenir -sont, pour tous ceux qui la parlent,
le plus précieux symbole de liberté . . . »

Notre langue ! avec quelle fierté n’en avons-
nous pas parlé et encore aujourd’hui Avec quelle
fierté n’en parlons-nous pas ! Mais encore avec
quelle indifférence et quelle lâcheté nous nous
en servons.

A quoi ont servi les discussions si vives et si
enthousiastes du deuxième congrès de la langue
française ? Que deviennent nos grandes idées de
réforme ? Quelles ont été nos réalisations et
vaut-il la peine que nous les considérions? Voi-
là autant de questions que je me pose aujour-
d’hui en relisant quelques coupures déjà Jaunies
- où se résument les éléquents discours que six mois
de patriotisme ont entraînés.

H serait opportun de rappeler ici la parole de
Mgr C: Roy: « Peuple canadien- français qu’as-tu
fait de ton serment? » Déjà en 1912 Mgr P.-E.
Roy avait dit aux Canadiens français et aux
Acadiens réunis â Québec â l’occasion du Premier
Congrès de la Langue française:: <- Yotre langue
vivra si vous savez la défendre contre votre pro-
pre négligence, contre vos propres défaillances,
contre vos propres trahisons — 81 la langue doit
mourir, elle mourra de trahison, sur des lèvres
coupables qui ne sauront ni la parler, ni la res-
pecter, ni la défendre ».

Plus d’un en 1943 peut se frapper la poitrine
et passer au rang de traîtres. Quelles sont nos
réalisations ? Qu’est devenu le « doux parler qui

nous conserve tous frères »? Pauvre famille que
la nôtre. O certes, il ne faut pas croire qu’en six
ans on puisse réaliser ce que six mois et plus ont
â peine suffi â proposer. Mais dans six ans on
aurait dû faire plus que l’on a fait. Dans six ans
le Canadien français aurait pu au moins acqué-
rir assez de fierté nationale pour parler correc-
tement la langue â laquelle tous avalent juré so-
lennellement respect et fidélité.

Qu’avons-nous? Quelques romans canadiens
où sous prétexte de « couleur locale » nos auteurs
font usage d’une langue hybride et bâtarde qui
fait rougir de honte le plus grossier habitant de
chez-nous; des émissions radiophoniques dont la
parlure du plus mauvais goût et l’esprit douteux
ont un effet désastreux sur l’éducation de notre
jeunesse; des tournées théâtrales ou encore une
fois sous prétexte de plaire au public de mauvais
acteurs sans principes, sans culture, sans art,
sans rien du tout, attirent le public des campa-
gnes et des villes â des spectacles malsains et vul-
gaires mal préparés et encore plus mal présen-
tés; des importés « de luxe » dont les sauces étran-
gères ne font qu’écoeurer les nôtres et les détour-
nent de tout ce qu’on voulait leur enseigner de
beau et de vrai . . . Vous voudriez des précisions,

L’excellent critique littéraire et artistique du
Droit, Guy Sylvestre, vient de publier une Antho-
logie de la Poésie canadienne d’expression fran-
çaise (1). Il nous fait infiniment plaisir de cons-
tater qu’il s’en est vendu au-delà de mille exem-
plaires dans les trois premières semaines de la
vente, et cela pour deux raisons: d’abord, l’auteur
mérite ce succès: en contribuant à nos meilleu-
res revues et à nos meilleurs journaux de nom-
breux articles de haute tenue intellectuelle, il
s’est établi comme un critique sûr; ensuite, l’in-
térêt évident que porte le public à notre poésie
est un indice certain du renouveau littéraire qui
se fait chez nous.

L’anthologie est précédée d’une introduction où
l’auteur situe la poésie dans le monde humain, et
notre poésie dans le monde poétique, et où il es-
quisse l’histoire de la poésie canadienne-française.
On retrouve là le style compact, lourd de sens, mais
vivant tout de même, qui nous avait frappés dans
la Situation de la Poésie canadienne que Guy
Sylvestre publiait il y a un an et demi.

La poésie est le chant du monde connu et aimé.
Le poète doit donc vivre intensément, et alors
chacune de ses paroles pèse de substance humaine,
comme une mère de son enfant. Et comme la vie
humaine s’étend sur la distance infinie qui sé-
pare l’Absolu du Néant, elle recèle une immense
richesse de sentiments qui modulent le chant du
po~te: la parole du poète, spirituelle et charnelle»
intelligible et sensible, idéale et imagée, rythmi-
que toujours, parce que animée du mouvement de
la vie dans aee courses et ses lenteurs, et aussi ses
arrêté qui sont, en poésie, les silences.

(…) Je crois pour ma part, devoir dire que no-
tre poésie en est encore â l’état embryonnaire,
qu’elle n’existe pas encore comme réalité entiè-
rement autonome. Sylvestre reprend là ce qu’il
disait dans la Situation de la Poésie canadienne:
il naît une poésie canadienne-française parce
C ‘H naît une âme canadienne-française. Je dis

« On ne saurait assez estimer le rôle que
l’Université d’Ottawa a exercé et exerce
encore dans la Capitale du’ pays. Klle a
maintenu ici au prirf d’énormes sacrifices la
culture française; elle l’a implantée là où
elle n’existait pas, elle a bâti avec des moyens
restreints, par an travail ardu, des facultés,
dont les professeurs ont déjà acquis dans les
pays étrangers une renommée enviable. SI
elle était placée de l’autre côté de la rivière,
elle recevrait sans doute du gouvernement de
Québec des octrois substantiels qui lui per-
mettraient d’agrandir ses Cadres, mais son
influence ne serait plus la même et elle pré-
fère sacrifier les valeurs matérielles pour les
valeurs de l’esprit.

Il est à souhaiter que le gouvernement de
l’Ontario comprenne un Jour et avant long-
temps son rôle bienfaisant et qu’il lui four-
nisse au point de vue financier quelques-unes
des miettes qui tomberaient des dons prin-
ciers qu’il accorde à des institutions soi-
disant neutres. »

Paroles de Son Excellence Mgr Vachon, arche-
vêque d’Ottawa, prononcées au premier dîner des
Anciens de l’Université Laval au Château Laurier,
en février 1943.

Une Anthologie de
notre poésie

il ait, car je pense que notre poésie en est réel-
lement à ses premières heures d’existence comme
entité autonome, comme réalité indépendante.
C’est dans la reconnaissance générale de Des
Rochers et de Marchand comme nos poètes les
plus grands que Je vols le signe de notre vouloir-
vivre collectif au point de vue poétique.

Pour clore son introduction, Guy Sylvestre in-
dique notre évolution poétique en caractérisant
brièvement nos meilleurs poètes: les hugotistes
Fréchette et Chapman, les délicats Alfred Garneau
et Nérée Beauchemin, Albert Lozeau l’esseulé,
Emile Nelligan au désespoir emphatique et génial,
l’exotique Paul Morin et d’autres parnassiens,
comme René Chopin et Rosaire Dion: Alfred Des
Rochers, le plus grand de nos poètes, le premier
à élever des données réglonallstes au niveau uni-
versel; le néo-romantique Robert Choquette, la
gentille et originale Jovette Bernier, l’intellectuel
acharné François Hertel: le réaliste Saint-Denys
Garneau, le plus enfant de nos poètes, et l’on

.

mais Je me garderai bien d’an faire. H me reste
encore trop de délicatesse pour agir de la sorte.
Je vous laisse le plaisir de faire le partage si vous
comprenez pleinement le sens de « culture fran-
çaise » et d’esthétique. La charité ne me permet
point ici de frapper les traîtres car j’en oublie-
rais plus que Je n’en pourrais mentionner.

Mais quand je relis tous ces beaux discours
patriotiques et quand je songe à l’Idéal que nous
nous proposions, je ne peux retenir ce mouvement
de révolte contre les agissements de nos Cana-
diens français et Je ne peux que douter de la
sincérité de nos « réveils nationaux ».

Notre langue, mais c’est celle de nos ancêtres,
celle de nos chefs religieux et quelques fois de
nos chefs politiques, c’est celle de nos martyrs et
de nos professeurs. Notre langue, c’est celle qu’on
voudrait toujours qu’elle soit et qu’elle n’est Ja-
mais.

On commande son respect, mais on la traîne
dans la boue et dans les ordures; on lui jure fi-
délité, mais on s’en moque et on la trahit; on la
dit « la plus belle qui soit » et oit la mâchonne et
on trahit son expression. On ne la respecte plus
et on ne rougit même pas de s’en rendre indigne.

Il faut reconnaître le travail de veille et
d’avant-garde que le comité permanent de la
Survivance française sait faire; 11 faut recon-
naître le travail accompli et féliciter ceux
qui l’ont mea é, 11 faut rendre hommage
aux grands artistes que la guerre nous a permis
d$ recevoir et d’Apprécier, 11 faut enfin saluer 4m
petit groupe d’écrivains canadiens qui ont déjà
produit de grandes choses. Mais nous n’avons pas
encore agi. Nous n’avons pas encore appris à res-
pecter la langue et à la défendre. Nous ne con-
naissons pas encore nos richesses. Quand donc
aurons-nous le courage d’étudier la langue pour
en apprécier ses manifestations?

N’oublions pas ces paroles cie chef: « Si la lan-
gue doit mourir, elle mourra de trahison, sur des
lèvres coupables qui ne sauront ni la parler, ni
la respecter, ni la défendre, »

Ouy BEAULNE.

doit se rappeler que l’àme du poète doit être aussi
simple et aussi souple que celle de l’enfant: le
classique Georges Bugnet, et enfin la génération
présente, pleine de promesses: Anne Hébert, Jean-
nine Bélanger, Gilles Héneault, Pierre Baillargeon]
Jean-Louis Langlois, et, fort heureusement, quel-
ques autres.

L’élément subjectif dans le choix des pièces
d’une anthologie est si grand, que deux anthologis-
tes ne se rencontrent jamais exactement. Il y
a évidemment un certain groupe de pièces qui
sont comme les piliers de notre poésie; mais pour
ce qui est des poèmes qu’on pourrait appeler les
poèmes frontières, et aussi de ceux qui n’ont
qu’une très grande valeur sentimentale, il est vain
de s’en prendre au choix de l’anthologiste; car a
a parfaitement le droit, pour des raisons histori-
ques ou sentimentales, de citer des pièces qui n’ont
que peu de valeur et d’en omettre d’autres qui va-
lent plus. On peut se demander pourquoi Guy
Sylvestre n’a pas indu dans son anthologie Rêve
d’artiste ou Ténèbres d’Emile Nelligan; ou pour-
quoi il a cité une prose, très poétique, mais une
prose tout de même, de Marcel Dugas. (Ce ne sont
là que des exemples pris au hasard, sans aucune
intention critique). Mais en ce faisant, on ne tou-
che pas à la valeur de l’anthologie, à moins qu’on
montre que le ou les critères qui. ont guidé le choix
sont faux. Dans ce cas-ci, , fi ne crois pas qu’on
réussisse jamais à le faire.

Guy Sylvestre nous promet dans sa page limi-
naire trois livres: Gants du Ciel, Jacques Maritain,
et Poètes catholiques de la France contemporaine.
S’il tient ses promesses, il aura contribué à notre
littérature des oeuvres des plus solides. Nous n’a-
vions pas d’anthologie, il nous en a donné une.
C’est déjà beaucoup. Qu’elle soit excellente, c’est
magnifique.

Pierre de BELJLEFEUILLB
il) Bernard Valiquette, Montréal.

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LA ROTONDE, S MARS IMS

La Rotonde, un bon jour, a décidé de se ttter
elle-même. C’est étrange mais c’est ça. Elle
avait vécu dix ans et elle estimait, naïvement
sans doute, que pour une publication d’étudiants
un dixième anniversaire valait la peine d’être
souligné. A cette occasion elle aurait pu rap-
peler quelques bribes de son histoire, suivre un
peu le fil de son évolution, dire par exemple com-
ment son premier-né n’a pas vécu, fausse couche
probablement, comment elle connut des Jours
plus ou moins gais; elle aurait pu évoquer des
noms d’étudiants et 4e J>*re».qni ont brûlé des
chandelles à sa table, ouvriers des premières
heures qui ont tenu, convaincus qu’ils étaient de
sa raison d’être et de la fin qu’elle poursuivait
La Rotonde aurait pu dire tout cela au lende-
main de sa première décade, et c’eut été un hom-
mage fort légitime à ses premiers pères — hom-
mage qu’elle se propose de rendre dans ses pro-
chains numéros — mais elle a choisi un autre
mode. — «*^

Cîréée et mise au monde pour servir la jeu-
nesse étudiante et pour intéresser les anciens A
leur Aima Mater, elle a cru faire oeuvre utile i
tous en publiant, exposés par des écrlvalrfe com-
pétents qu’elle se hâte de féliciter et remercier
respectueusement, quelques principes fondamen-
taux sur l’éducation ou la formation de notre
Jeunesse. Ce modeste numéro spécial, La Roton-
de Je doit ATinitiative et au dévouement demi
directeur, Pierre de ReUefeuitte, à qui elle dit ici
toute sa reconnaissance. C’est le premier du
genre que notre revue-journal présente, et nous
espérons qu’il a su plaire a nos lecteurs.
Lettre aux anciens.

Prévoyant que le projet entraînerait certaines
dépenses supplémentaires, les responsables, dans
une lettre circulaire, ont pensé à offrir, aux an-
ciens de l’Université qui reçoivent la Rotonde
une occasion particulière de remettre leur con-
tribution annuelle à la Société des Anciens qui,
elle, s est engagée A partager les dépenses de
notre journal. Et les lettres furent adressées,
1.500. Nous avons reçu, à date, 260 contribu-
tlons . . ,

La Rotonde remercie chaleureusement tous
ceux qui ont bien voulu répondre à son appel et
pleure le sort de tant de ses lettres … au fond
des poubelles!

Commentaires

La guerre a déplacé tout le monde et suppri-
mé les distances. Sous tous les deux et sur tous
les fronts l’on trouve aujourd’hui des anciens de
l’Université, sur les fronts de guerre comme sur
les champs pacifiques des missions. La lettre de
La Rotonde toutefois n’a pas dépassé les limites
de notre continent, mais nous avons reçu des
réponses de Vancouver à la Californie. La der-
nière contribution, précisément, nous est parve-
nue, par vole aérienne, de M. Neal J. Parent
corps médical, camp Cooke, Californie. Ce n’est
pas notre intention, il va sans dire, de commen-
ter ici toutes les lettres reçues; mais plusieurs
contiennent d’excellentes choses oU d’heureuses
nouvelles relatives A certains anciens, remarques
précieuses que nous reproduisons en guise de
reconnaissance et pour l’intérêt commun.
Un ancien de Tannée 1893

Presque touchante cette note que nous trou-

JS^S^ 5 H Ure de M Anton4e ***«*«. de la

Société des Artisans canadiens-français de M->nt-

magny Que., où il nous présente le maire de sa
vuie, M. Télesphore Coulombe, « le premier, par
ordre de mérite, sur la liste des gradués de
I année 1893 à l’Université d’Ottawa. » Et la lettre
ajoute: « lui ayant parlé de La Rotonde, c’est avec
empressement qu’il me donna un dollar pour
payer son abonnement à cette revue collégiale  »
– Voici, en passant, un vénérable ancien qui sait
se souvenir . . . Nous lui avons adressé tous les
numéros parus depuis septembre. — M A. La-
berge termine sa lettre en nous demandant de
présenter ses amitiés A notre distingué Recteur
que j’ai connu, dit-il, comme l’as des « touch

£2–5^ lé< ÎJf ipe * m * »> composée du
canayen Cornellier et des ‘«roughhouse » irlan-

m ‘  » « ^ ? , JL_____^__^__,,^___^_

su/et du numéro spécial

dais, dirigée par Father Stanton who died in Cha-
tham in 1937″.

Le aMjKr «ex anciens 4e Montréal
Nous avions annoncé officieusement cette réu-
nion qui eut Heu au Cercle Universitaire le pre-
mier février, groupant lie convives. Succès
magnifique que nous devons sans doute A son
oxgantaateur en chef, M. Ed. Jeunotte, et A ses
e^h^aorateurs. On nous rapporte que notre ami
* »?*-**?* Méthot, étudiant en médecine a Mont-
réal, a fait sa grande part dans la préparation
de eette réunion. Bravo, Jean-Paul! — Nonus sou-
haitons que d’autres Jeunes suivent ton exemple
ailleurs … — Les orateurs de la soirée furent
S. £ .Mgr Joseph Guy, O.MX, ancien élève et
professeur, le T. R. P. Philippe CferneNtor, O.M.I.,
recteur, M. J. B. Jeanaotte, président général des
anciens de langue française, et M. W. Hachett,
avocat. Un comité régional fut formé; il se com-
pose ainsi: pvésttent: M. Arthur Courtois, NP
secrétaire de la Chambre des Notaires de la pro-’
?tacs de Québec; vice-président: M. W. Hackett,
avocat; secrétaire: AI. Charles Coderre, secrétai-
re du.3arrtâu de la province de Québec; tréso-
rier: M. Rodolphe Maheu, comptable agrégé’
conseillers: MM. Philippe Caisse, shérif de Monû
réal, Georges Mayrand, financier, Jean-Paul Mé-

thot et Jean Huot, étudiants. r ……

Nous avions reçu plusieurs contributions
d anciens de Montréal, mais le nouveau trésorier,
!?:  » li  » , ‘ fcL Mabea% nous a adressé dès le début
de février un chèque de $50, objectif qu’il s’était
proposé, ai les anciens de Montréal « ont dormi
durant sept ans », selon M. Maheu, il faut admet-
tre qu’Us sont bel et bien « éveillés »! Et la part
de ceux de la Métropole est généreuse, cette fois:
nous sommes heureux de leur rendre ce témoi-
gnage.

De La Tribune, de Sherbrooke

Voici ur»e note encourageante:

« Je vous félicite de la bonne tenue de votre

journal universitaire; il y a de la vie, de l’entrain

et de 1 intérêt, ce qui plaît à nous, les vieux trou-

? ?J[? qu î n ‘ avions * n *^ Age universitaire que les

faiblefi j échos des annuaires ou encore les reflets

ae L’Etincelle » qui ne vécut que quelques lustres

,Je vous encourage à continuer dans votre voie’

à vous préparer si efficacement A la lutte pour

S SUS TOUB attend > * fourbir vos armes pour
la réussite. »

Boas mots de-el de-là

« Etant dans une atmosphère anglaise, nous
jouissons beaucoup de ce petit journal — son
oeau français.**

M. J. A. poupaL 511 Bprague 8t, Wlnnlpeg.

« Notre très Intéressante et très vivante revue
‘Xa Rotonde ».

M. Eugène Courtois, Montréal.,

« Je vous adresse des félicitations particuliè-
res pour la tenue de votre journal cette année
et l’an dernier. »

M. Georges drondin, 423 Est, blvd Oouln,

AJruntsle, Montréal.

M. Grondin nous apprend aussi que Roland
Huard, un as de la Ligue de la Cité sur la pati-
noire Minto où l’un des « Montagnards » l’avait
salué fort rudement, si nous avons bonne mé-
moire, se trouve actuellement A Beauharnois a/s
J. W. KUgover * Bros. Ltd.

« Je déaire aussi offrir A tous les collaborateurs
de la Rotonde mes sincères félicitations pour les
services que ce journal a rendus durant les dix
premières années de son existence. L’accom-
plissement du passé augure bien pour l’avenir de
ce visiteur mensuel qui nous retrempe dans la
vie universitaire et entretient le pieux souvenir
de .notre Aima Mater. »

M. J. O. Martin, CJ». 520,. Rouyn, PjQ.

« La Rotonde est le moyen par excellence de
faire rayonner l’idéal universitaire au-delà des »
murs du collège. C’est aussi un contact indis-
pensable avec les anciens.

81 ma collaboration pouvait vous être d’inté-
rêt quelconque, vous n’avez qu’A la demander, n
n’y a pas beaucoup d’anciens de l’Université qui
s’occupent de scienee expérimentale. U me
ferait plaisir de vous fournir quelques articles
dans ce domaine. »

M. Georges Rocque, Snaurinigan Falls.

La Rotonde sera enchantée de publier les arti-
cles de M. P. Rocque. »

C E. Parrot, 26, rue Brooks, Sherbrooke.

Où sont-Us?

Nous apprenons que M. Orner Tougas n’est
plus A 4470 blvd Lasalle Verdun. — De morne.
M. Carmel Laftocqur n’habite plus Shawinigan.
Qui pourrait récupérer ces adresses?

Pour ceux qui ne
savent pas

DECES . = r

«?da«»e J. LaRoche, «ère d’an étudiant.
Madame Désy, épouse de feo Dr Désy de Ste Rose de

Lima, P.Q., et mère de Wilfrid Désy, aneien élève.
Monsieur Eaton, Lorramrille, P.Q., pè re â * m élève
Madame LA Lakmde, Hall, mère de Jean Paul et

Lucien, étudiants.
Monsieur Napoléon Pitre, Hawaeshury, père de Charles

Pitre, aneien élève.
Monsieur Jean Baptiste Couillard. Ottawa, père du

Dr*J A. Coufllard, aneien élève, surintendant médi

cal du sanatorium de Mont-Joli, P.Q.
Monsieur le sénateur Louis Coté, Ottawa, père de Guy,

étudiant en troisième année des Arts.

ï? 1 *!? 22?** GouIet » frère ëe *o Al*** Goulet,
député fédéral de Russell, ancien élève

M. J Albert Parisien, échevin, père de M. Aurèle Pa-

,.. rifj* n * **«*»*, tncien élève.

TABLEAU D’HONNEUR

I/offieier-pUote ROLAND FARLEY, d’Ottawa, tué au
combat.

MARIAGES

M. Euclide Lanthjer _ M. Lionel Croteau — M Fran-
çois Lemieux. avocat — M. Roland Piion, Ste-Aane de
Prescott — M. Arthur Berthiaume, Montréal — M. Guy
Sylvestre, ancien directeur de La Rotonde. _ M Paul
Prévost. St-Jérôme, P.Q

FIANÇAILLES
M. Raymond Guttadauria, Ottawa — M. Raymond Bé- N

ÎT & 22? »- 1T M ^^ BéMire . Win dsor – M-
Ubald Pilon, Hufl – M. Charles Auguste’ Pro vos*, Farn-
ham. P-Q – M. Maurice Chevalier. Hull _ M. Jean
Dufour, Windsor – ML Victor Johin, Ottawa

Merci Spécial

Une lettre toute courte de Saint-Rémi de
Napierville contenait un chèque au montant de
dix dollars. — Merci spécial à ce généreux ancien,
M. J. N. Lazure, ancien compagnon de chai.bre
et vieil ami de notre recteur.

Egal merci à ceux des anciens, nombreux qui
ont ajouté au taux régulier de leur contribution –
ces générosités compensent un peu pour les négli-
gences d’un si grand nombre.

Conclusion

Et voilà ce que nous avons cru opportun de
communiquer à la famille des anciens après avoir
développé le courrier de la Rotonde. Remar-
ques aimables, nouvelles intéressantes, sugges-
tions heureuses. Nous avons entendu quelques
appréciations élogieuses de ce numéro spécial
et pour sa présentation, et pour son contenu S’il*
a plu aux anciens et s’il a servi de quelque façon
U jeunesse étudiante canadienne -française, son
but aura été atteint.

A tous nos distingués collaborateurs de cir-
constance, nous redisons notre entière recon-
naissance; leurs articles honorent La Rotonde
et témoignent de l’intérêt sincère qu’ils portent
à la formation des Jeunes.

Note:– Si par suite d’erreur dans l’expédition
de ce numéro, quelques anciens ne l’avaient pas
reçu, nous serions heureux de le savoir pour nous
empresser de le leur adresser. Si paV ailiers
quelques-uns l’avaient reçu sans qu’uTaient en!

S £2 ? on , tribu  » on . (TM)>u£ leur rappelons qu’il
n est Jamais tron tard H

L’Apostolat des O.M.L

On nous a demandé d’attirer l’attention de*
étudiants et des anciens sur la revue mensuelle des
Oblats de l’Est canadien, « L’APOSTOLAT DES
OM.I. » Un abonnement à cette revue permettrait
aux étudiants et aux anciens de suivre les tra-
vaux apostoliques de la congrégation qui les a
formés ou qui les forme présentement, et, avec
l offrande de trois AVE par four pour le succès
des oeuvres. oblates, de faire partie de VASSOCIA-
TJON MISSIONNAIRE DE MARIE IMMACULEE-
Us entreraient ainsi dans cette famille religieuse
et participeraient aux mérites des 5700 Oblats de
lunlvers.

Adresse: LAPOSTOL4T DES OMJ
RICHELIEU, P. Q.
r Prix de l’abonnement:– ordinaire: $0.75 ‘

d’ami: SI 00
4e famille (avec prime): $125

>

Félicitations

A M. Jules Léser, ancien professeur i l’Ecole des
Science* politiques, nommé secrétaire a la Légation ca-
nadienne du Chili, Amérique du Sud. ? ~ _

A messieurs les abbés Emile Patry Pierre MarUl-
Aurèle Poirier. Bernard Guindon. D. D.’ staXuudVrt-
cemment ordonnés prêtres «wmio, re-

AuR.P. Georges Simard. O.MX, élu président de
?*?!? ^f^^ de U *****-««? écrivains canadiens.
^ÏÏ^S* 1 ?*»**«. Ottawa, élu président dos Phar-
maciens détaillants d’Ottawa.

nérJhr K ^ £*??*»*** Ufranboise, OJtf .1., «orna* «1-
tu^û’Zkx » 1 *^ * nivCTSit * ire pour un troisième

Ala « FeuiUe d’Erable », vaillant hebdomaire d’expres-
sion française des comtés de Kent et Essex de l’Ontario
comme a son infatigable fondateur et directeur mon-
sieur le sénateur Laçasse de Tocumaeh. roc,eur ‘ mon –

A monsieur l’abbé François Lefebvre. Cornwall ré-
comment nommé awaenier militaire.

A M. Orner Chartrand, publiriote de la commission

dm cot»erioif»r le* règlements de cette commission.

r »r>;j^^V^; ‘  »

Correction

mmismmtt n* > * ^ff M> 8 » ? »? o»o?« «rises et les

«^ormsestt*. il s’ont gUsoé -* *- T ???? r –^-^ —

Notre Formation de trop s-nU«^Tmïe7 Z-ZLZZ

mais nos* ne pourons laisser fmmer te, *£ S£m*££

-ï i ï »"/ i – U * IM! ‘ etoduntes catholiques au be«
ne **Tdlss)ts eammstsmes*

o la première ligne du fsutrièsno nma tl spÉ»i eette

^^rnelle douceur «illesi *, «Me éaorvelle

à la dousiéme ligne du cinquième paragraphe, noms
divins an lien de dons divins.

Î^K.t,^ , hUmfcte * ****** *~* ** ««HHe.

^^Em7?J^Jl-£T Ê,Ê *- *?* Je ~» ******
 » mnis reste p lusi e u rs 1 ?isunUinin de ee ???-<?.

vmï^L* édnBr ï Mt – *^-wU Zu7i£?ÏZ
P»H»es, après totrL «ni mi enleverateat m valeur.

M L ^ »

?gr^

Face S

L’Estudiant de JoUette a publié à Noël un nu-
méro spécial admirablement orné de nombreuses
vignettes et de dessins en couleurs.. On y remarque
tout spécialement une légende joliettaine du Père
Gustave Lamarche, cs.v., et une série de bois
gravés de Rodolphe Duguay. En première page, le
Père Danis Périgord nous parle de l’esprit qui doit
nous animer:

« L’esprit de joie, voilà donc le grand thème qui
doit se développer dans la symphonie de la jeu-
nesse. Nous avons, entendu la parole de range de
la foie: « Annuntio vobis magnum gaudium ». Tou-
te notre vie ne sera plus qu’un prélude harmo-
nieux pour noms préparer d l’éternel concert de
la joie béatifiante. « Intra in gaudium Domini tsd. »

LA JEUNESSE D’EUROPE

De partout on nous donne des exemples frap-
pants de l’héroïsme de la j eunes s e des pays occu-
pés par les troupes allemandes. Je n’en citerai
que quelques-uns.

Le Bulletin polonais (New-York) du g décem-
bre nous parle des scouts polonais:

Des boy-scouts arrêtés au cours d’une raffle
d Varsovie ont été déportés à Osmêedm. Les gar-
des-cMourmes les ont forcés de sortir des pierres
du fleuve pour les y jeter ensuite. Ces jeunes gens
restaient jusqu’à six heures par jour dans Veau
glacée, à faire ce travail meurtrier et inutile. Les
Allemands savaient parfaitement ce qu’Os fai-
saient et dés le lendemain nombre de ces jeunes
scouts polonais étaient atteints de pneumonie,
tfombre d’entre eux sont morts. La torture fait
partie intégrante de tout interrogatoire des jeu-
nes prisonniers. En même tempe les Allemands
cherchent à les dépraver au moyen d’eau-de-vie
et livres, dessins et films pornographiques.

Mais la jeunesse reste au-dessus de tout éloge:
– héroïque, inébranlable et stun patriotisme
splendide. La presse clandestine, éditée en partie

La vie de l’esprit

Fantaisie des saisons

La belle dame sommeillait, enfouie sous ses
draps blancs.

Elle était douce et plaisante à voir. Sa gorge
pleine se soulevait doucement et ses lèvres sou-
riaient au soleil qui discrètement frôlait la fe-
nêtre.

Il approchait timidement d’abord et de ses plus
doux rayons caressait les cheveux, baissait les
beaux yeux clos et se posait tout en feu sur les
traits de la bouche. Là, comme un oiseau à la
source, il se mirait dans les dents d’ivoire. Epris de
cette jeune déesse U suivait maintenant le contour
gracieux du drap blanc qui la recouvrait et la la-
mai t d’or.

La nature entière venait d’assister au lever.
D’immenses tapis verts couvraient ie sol humide
d’où s’élevait de si lentes vapeurs qu’on aurait dit
d’un ostensoir. Les arbres las d’attendre chucho-
taient entre eux et les plus vieux branlaient la
tête. Un tout jeune ruisseau courait à travers les
champs.

La belle sortait d’un affreux cauchemar car
ses tempes battaient lourdement. Elle souleva ses
paupières encore toutes pleines de rêves et on eut
dit qu’un monde entier se réveillait — un monde
d’amour.

Les rideaux se gonflaient au souffle de la brise
tiède qui entrait dans la chambre. Une feuille se
détacha du calendrier et dansa en tombant.

Les draps glissèrent lentement, le beau corps
frissonna en levant les bras, elle pressa sur son
sein le chaud soleil qui s’y blottissait.

La belle est à sa toilette: U g aur* bal ce soir.

Elle s’enveloppe dans une mante verte et pose
à jn corsage un bouquet de violettes et de mu-
guet. Mille parfums printanniers lui baisent le
col et les cheveux.

Le bal est commencé. Dans le tourbillon de
soies et de dentelles, les couples se joignent et
t entrelacent et les parfums se mêlent au tabac des
moustaches. La musique entraîne, réjouit, enivre.
Les eaux dansent aussi en contant fleurette à la
lune qui a mis son collier de diamants. ‘.Tout au
bout de l’horizon des lutins éveillés ouvrent tout
j grand leurs yeux émerveillés. On ne se sent plus
vivre . . . Cest un rêve estival.

Mais bientôt une fraîcheur nouvelle s’étend sur
la terre. Les deux s’assombrissent et s’e mmito uf-
flent dans leurs nuages blancs. La lune blêmit
o . . Le bal est terminé . . . Automne!

Les rideaux claquent aux vitres gelées. La

chambre est froWe. Les ois e aux ne chantent plus.

* Les fleurs sont fanées.

Y

La belle dame

enfouie

par des jeunes, se distingue par son moral élevé et
ton dynamisme spirituel. Voici quelques titres de
Périodiques rédigés par la jeunesse: « La Jeune
Pologne », « La Vérité triomphera », « La Jeunesse
combattante », « Le Combat et te LtberUT, etc.

De Berne, en Suisse:

Une dépêche annonce qu’Anton Mussert, chef
du paru Nazi hollandais, a déclaré dans un dis-
cours: « Les choses vont mal dans l’éducation de la
jeunesse hollandaise. Les écoles sont toujours des
serres chaudes de la résistance au nazisme. Fau-
dra- t-i^ donc la force pour les rrrrm i nrr r de la
justesse de nos vues? »

Je cite aussi le Bulletin de l’Information du
1er dé ce m b re 1M2:

Le mouvement scout est rrmsig»sbfi surtout
en Fronça et en Belg iq ue . Aine*, an Ht «faits « Volt
en Staatr, le journal de Stmaf Decterq (citoyen
naztftè décédé au début de novembre): « Des trou-
pes de scouts sont maintenant organisées an des
endroits oà, naguère, personne ne rementait le
besoin de former des mouvements de jeunesse. Le
succès sans précédent de ces entreprises, même
dans de petits volages, les rend sujettes à nos
soupçons. Personne ne tro uv er a normal, par exem-
ple, que dans un hameau tout prés d’Anvers, tous
les écoliers et écolier es soient devenus scouts en
moins de deux semaines. Tous les enfants ont reçu
des uniformes; et dimanche dernier, ils sa sont
tous réunis pour ta messe de neuf heures, et ont
été communier dans leurs nouveaux costumes. »

On se rappellera aussi que la Rotonde du 13
novembre dernier a consacré sa première page à
la mémoire des étudiants tf fr/cnshif simh ? massa-
crés par les troupes allemandes le 17
1930.

Nous devons à la jeunesse d’Europe l’exemple
sans précédent d’une résistance organisée aussi
héroïque.

encyclopédique, parfois plaisant, parfois savant,
mais toujours descriptif et attrayant. Tous, élèves
et putUc, s’en trouveraient mieux. »

En cela, monsieur Batienne a parfaitement
raison: les questionnaires de ces émissions met-
tent à répreuve l’érudition et la mémoire des
élèves, alors qu’il serait beaucoup plus profitable
de faire appel à leur culture et à leur intelligence.
On ne peut confondre ni mémoire et intelligence,
ni érudition et culture.

Et nous rions de bon coeur avec monsieur Bs-
tienne lorsqu’il cite quelques cas où les élèves en
Joute, et, ce qui est bien pire, l’examinateur lui-
se sont montrés fort cruches. Il y a ce
par exemple:

examin a teu r: Doit-on dire « le sucre fond
Tenu »?

Un élève: Item, parce que le sucre fond dans le
café chaud, mais pas dans l’eau, le verbe fondre
supposant la chaleur. 71 faut donc dire: « le sucre
sa dissout dans TeauT.

L’examinateur: C’est très bien, vous avez le
point.

Et lorsqu’on songe que l’examinateur, après
avoir approuvé une telle bourde, n’est pas rem-
placé, on ne peut ^’empêcher de répéter avec
Valdombre que |e ridicule ne tue pas au pays de
Québec!

NOS COLLEGES AU MICRO

Sous ce titre. Marcel-H. Krtiennc publie dans
le Jour du 13 février 1S43 un article très amusant
sur rémission hebdomadaire de Radio-Canada.
L’attitude de parti-pris que le Jour a adoptée à
l’égard de tout ce qui sent le collège classique
fait que ses rédacteurs semblent ne pouvoir rien
approuver de ce que font nos éducateurs, même
de ce qu’ils font de meilleur. Car c’est en somme
une heureuse initiative que de permettre à des
étudiants qui trop souvent vivent en ermites, de
s’affronter en public. Monsieur Estienne devrait
savoir qu’il est très profitable de parler h des mil-
liers de personnes, surtout pour un collégien qui
a grandi presque sans quitter les quatre murs de
son aima mater. Aussi on ne peut approuver
monsieur Estienne quand il dit que la demande en
su ppr e s sion de cette émission qu’il qualifie de
bouffonne et de néfaste serait « une oeuvre de sa-
lubrité intellectuelle ». Bouffonne et néfaste,
l’émission l’est parfois; mais en général, elle est
plutôt profitable, et pour le public, et pour ceux
qui participent à la joute. H ne faudrait pas sup-
primer, mais plutôt améliorer l’émission; car on
ne doit condamner une chose pour les abus qu’on
en fait.

D’ailleurs, monsieur Estienne lui-même, après
avoir demandé la suppression de rémission, y
p ro p ose un r e m ède:

H serait sans doute trop facile de donner à ces
réponses, en place d’une forme énonciative et
sèche, puisée à même U dictionnaire, un tour

L’ANNONCE FAITS A MARIE

J’avais U y a quelques jours le plaisir d’assister
à la représentation du chef-d’oeuvre de Claudel
que donnait à Québec la Compagnie Pltoéff. Ot-
tawa n’a jamais entendu du Claudel et nous at-
tendons avec imp a t ience que nos imprésarios nous
en d onnen t l’occasion. Et si la compagnie Pitoëff
vient ches nous, elle peut être assurée qu’elle fera
là une m a gnifi que oeuvre d’éducation, même si
elle ne réussit pas à faire salle comble. Car le
théâtre infiniment poétique de Claudel demande
pour s’imposer à un public apathique comme l’est

mmP>e qrc y a f. l nCTlt tont Public canadien-français.
des interprètes de grand ordre comme le sont
ltf * rtame Ludmilla Pitoëff et sa fille Varvara Pi-
toëff.

Pierre de BELLEFEUILLE

Revue de l’Université
d Ottawa

Livras***!

IMS.

TBOIS ANS DE GUEBSE, 193*1*2. par le

L’OEUYEE DE SVETiVANCE PKANÇAHK Al MA M
TOBA. par Los so- PhD I p pi figens. — VOfJLOU, EST-
CE AGBt OU ADEEB ? par Sishifi Hi lisais*. OJLL,
p t«* Y* *cai à la faculté de slflu i fl ii i . — INTEODUC-
TtON A PAUL CLAUDEL, par Gay Sviveabv. — EX-
PLOE1NC. IN LABBADOB AN» HUDSON BAT. GEN-
ERAL NOTES ON THE GEOGBAPHT, TOPOGKAPH Y.
GEOLOGY AND NATUBAL
DISTRICTS VISITED, hy Gérai
WOssot. — LA PERSONNE HUMAINE DANS LE
CORPS MYSTIQUE, par Gérard PctsL CSX. — PRO
LKGOalENES A LA THEORIE DES QUANTA, par 1W
?sas Greeawood, ssattre de naflnaus à nMverssté «V
LONDRES, pi a fss e tai i ai faisait de paiili siphï —
ACTUALITE. — CHRONIQUE. _ SI SI JOGRAPHIK —
BECENSION DES BEVUES.

BEVUE

L-UNIVEBSiTE D’OTTAWA

S2.SS

L’argent, néfaste agent

« Vous ae pouvez servir Dieu et stammon », dit le
Hartre. Sur le pourtour de U planète court U pire
conflagration déclenchée par la folie humaine. Tout est
cfcaos: communistes, fascistes, nazistes, anarchistes,
libertaires, dé m ocrate s se livrent une lutte sans merci
sentregorgent farouchement et sacrifient i leur dieu
1 horrible hécatombe de million:» d’êtres

;ils ont tous déifié l’argent. Us en récoltent ses
fruda Ils ont tous cherché la bonheur en formulant
des doctrines contradictoires, ils souffrent do ces con-
tradictions. Ds lui ont élevé des hausses immenses et
baroques, indif.nes du nom de monuments, où tout se
calcule en monnaie. Ils l’ont placé i la base de leur
civilisation, telle la fantasque Amérique. « Qu’elle
s’effondre demam. dit Duhamel, et nous chercherons
en vain dans ses cendres, U statuette d’argile qui suffit
à rendre immortelle une petite bourgade grecque.
Raines de Chicago! Je vous évoque avec horreur —
prodigieux monceau de ferrailles, de béton et de plâtras
dont la seule beauté serait d’herbes folles et de

No fauta pas on effet que nous soyons descendus
i sot degré lamentable d’abjection pour que la destinée
dos nations sait placée entre les main, de capitalistes
mul tim i l l io nnaires et inacrupuleuz, que les foules
hum a ine* crèvent de misère à l’ombre des palais d’un
Krupp ou d’un Rockfeller. que les potentats de la

moyenâgeux, transforment le sang vif et rouge en or
enfouissant?

Et pourtant sur ce monde bourgeois déchristianisé
sous un masque chrétien, retentit toujours la parole
terrible de l’Evangile: « Malheur k vous riches, qui avez
votre suffisance », … et Léon Bloy profère: « Tu n’as
pas le droit de jouir quand ton frère souffre; quand
hurle chaque jour de plus en plus haut M multitude
des désespérés**.

Et pendant que les peuples s’enivrent de tueries
et de carnages, d semble qu’on entend h travers
l’horrible tintamarre, l’immense clameur de l’Interna*
tiouale: « Cest la lutte finale, debout les damnés de
jsterre. » A cause de l’argent, l’âme humaine est en
c hemin de trépasser dans l’inscrutable gouffre de l’igno-
minie absolue.

Mais il est un point où le ciel embrasse la terre,
éloigné de tout homme, mais partout présent. Souhaitons
que 1 « horizon se rapproche pour que ht parole d’Isaïe
se réalise:

Te loup habitera avec l’agneau

La panthère reposera avec le chevreau:’*

r

vive du ciel

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raat ses directives si

**. BEAULNE

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LA ROTONDE, 5 MAKS IMS

LA ROTONDE, I MARS IMS

»V o

os féminins

…Jalme la ville aujourd’hui, toute blanche et
argent, aves ses rues comblées et ses arbres pen-
chés. Le paradis des rêves d’enfants, la ville
aujourd’hui . La neige fait un buvard à tous
les bruits. Que de paix,! Et pourtant… Cette
insatisfaction imperceptiblement qui m’inquiè-
te… je songe que l’habitude est une position
dangereuse.

LEpithalame^

fil de mon journal …

être sans l’amour des hommes. Ne pas aimer les
hommes parce qu’ils ne sont pas parfaits? Alors
pourquoi aimer les autres créatures ? Pourquoi
s’émouvoir en regardant le ciel, la pluie, un ar-
bre en fleur, un oiseau ? C’est une réflexion que
Je me fais souvent que nous demandons tellement
peu aux choses et que nous exigeons tellement des
hommes^*.  »

y

Sic

Ifl

de Jacques Cardhonne est
un livre égoïste. Ailleurs, l’auteur m’avait paru
charmant. Je n’ai pas aimé Berthe. Elle est mes-
quine. Une femme doit combattre l’égoïsme- son
bonheur intime en dépend. On aura beau dévier
nos chemins, le changement de notre nature est
impossible. Le fond du tempérament, le tuf lui-
même, on ne pourra pas l’attaquer sans léser
notre paix. Il s’agit probablement désormais de
concilier. Gina Lombroso a bien compris cela.

… Silence. r Sa soeur: la Prière. Son reflet- la
Musique. Son ombre: la Nuit. Sa vie: ma Pensée.

. . .L’autorité est nécessaire. Elle est inhérente
à 1 élément social de notre nature. L’autorité a
droit d’exister et a droit qu’on la respecte. J’ac-
cepte l’autorité aussi longtemps qu’elle comman-
de le respect envers la source dont elle émane
L autorité, pour être juste, doit être sincère avec
elle-même, et sincère avec les subordonnés.

…L’injustice révolte. L 7 insincérité est injuste
Et je vois que l’injustice est presque toujours
doublée d’une remarquable faculté d’oublier les
bienfaits, c’est désespérant.

…Je crois que la vie est une question de plé-
nitude — mais de plénitude en profondeur.

…Il faut fuir la médiocrité. C’est un sable
mouvait et l’enlisement y est irrévocable. Un être
médiocre ne fera Jamais qu’une moitié de vie
U ne faut Jamais se lasser de regarder un som-
met Et quand celui-ci est atteint que l’on avait
choisi, il faut repérer l’autre, là-bas, et s’engager
à sa conquête. Flaubert croyait que « si l’on
regardait toujours les cieux, l’on finirait par
avoir des ailes ». Et il n’avait pas tout à fait tort
Cela est une réalité accessible que l’on a appelé
la ferveur de l’idéal ». Toute victoire comporte
une lutte. Le père Sertlllanges nous en prévient:
,£L? dez ~ vous à r *P re uve de choix, épreuve de
1 idéal qui vous apparaît plus loin à mesure que
vous activez la marche ».

…Les sursauts de zèle, c’est peut-être bien
mais cela dure peu. Ce qui importe a présent,’
c est la constance. Il n’est plus question de jouir
béatement des restes de plaisir que peut offrir le
monde au détriment de l’étude et du travail No-
tre avenir est plein de promesses, mais il sera
exigeant aussi et tellement incertain.

…Comment aussi, je me le demande, le monde
réusstt*il un tel chambardement des valeurs -> Je
comprends que Péguy ait pu trouver que « Le
monde a moins changé depuis Jésus-Christ qu’il
n a changé depuis trente ans ». Ceux qui sont
partis avant moi à la lutte étaient munis des
principes indispensablement beaux et sains qu’on
m enseigne aujourd’hui. Je les regarde ceux-là
qui sont « arrivés » comme ils disent. Leur action
de chaque instant est un perpétuel démenti aux
belles théories d’autrefois. Pourquoi ? Apprendre

la vivr **** n ‘ e8t d ° nC PaS U méme Cho8e que

…Il faut rehre les belles lettres solides que
Claudel a adressées à Jacques Rivière quand ce-
lui-ci tâtonnait dans la foi et que celui-là mar-
chait tout droit sur la route trouvée. Deux aveu-
li *^~« r, î? d ‘; mour et de ^rité, l’autre d’orgueil
et de «culture-. C’est là que Claudel prend vrai-
ment le rôle de Pierre de Craon. Il est dans la
paix, il est libéré et regarde avec compassion les
pauvres enchaînés du siècle. Il parle à Rivière
anse que Rivière est troublé et fier, mais Jeune
et ardent H a le droit de parler et Rivière, mai-
gre lui-même, trouve bon l’écouter.

– g^ *»»» > « Mes* là-bas », n’est-ce pas,
que 1 initiateur de Rivière écrit cette ligne subli-

m,J «../! Sf* 1 Ce . la ‘ Sei » neur . simplement parce
que c est Vous qui le dites ». C’est ainsi qu’il faut

toi ^^^ CO, îl m , énCe * confl *nce Qui suit la
(TM)i.^ m ,? ri, * lt dernièrement: « Ma confiance
£ (TM),J?°y denc ? esfc grande ‘ et forte . et solide ».
vfSZSSSS? quï a déJa fait un P* s décisif dans
le matérialisme de la science et dui va perdre
bientôt les illusions, cela est consolât, m, sî par

ïïïrît % £ Vérlté 6St enC ° r * U règle de « »
S(TM)» i w^JÎ c ? eur ‘ r »*«M* Pour celui-là est
rempli de chrétienne Joie. Je la demande à Dieu

3?^ o *,? g, ; ar i d aml ‘ qul a compris que « c’est
dans la toi qu’est notre grandeur ».

On a beau prier Dieu, quand la charité ne s’é-
tend pas aux hommes, c’est mal – et c’est peut-
être ^orgueilleux. L’amour de Dieu ne peut pa*

… Je regarde des roses qui fanent et une bou-
gie qui s’éteint. C’est étonnant ce qu’une flamme
peut mettre d’ardeur à mourir. C’est merveilleux
qu’une fleur puisse y mettre tant de grâce.

… Notre univers est un immense guignol. Les
hommes sont les fantoches. Et c’est Dieu qui
derrière les rideaux là-haut, tire les ficelles et
meut les ressorts. Comme II doit s’amuser parfois
des pirouettes qu’il prépare à ses pantins.

… Je ne comprendrai Jamais lés gens qui ont
la nostalgie du bruit. Marcher dans les foules me
laisse toujours une impression d’excessive lassi-
tude. Tous ces visages fermés, ces mines préoc-
cupées, cette vie de chacun — la plus importante
de toutes — ces regards méprisants d’inconnus
hostiles. Ils disent tous: moi-même. « Oh ‘ le Dlus
Irremplaçable des êtres! »

. . . Les moments ou on ne peut plus guère pen-
ser que dans le sens de ses chagrins, il faut cher-
cher l’apaisement dans la musique. Elle a le
pouvoir inconsciemment de nous soustraire à ia
Pe /rA C x leuse influen <* de la misère entretenue et
méditée. La musique est un palliatif que l’on mé-
connaît parfois- et que l’on ignore le plus sou- »
‘î en ,. w M ?x me en dehDrs de son texte, cette pensée
oe 1 Ecclésiaste comporte un salutaire avertisse-
ment: « Et non impedias musicam »

Au pays du soleil

La fenêtre est là tout près, s’ouvrant sur un
ciel gris lourd, et cette ambiance déprimante pé-
nètre peu à peu l’appartement …
et je suis là le front collé à la vitre couverte de
verglas, dont la fraîcheur apaise un peu la fièvre
qui brûle mon front . . . et cette neige qui semble
s’amonceller sur mon coeur, étouffant Jusqu’au
souffle de mon àmef …Et ce vent qui se rit de ma
solitude! . . . Et ce foyer éteint qu’aucune main
ne rallumera! . . . Il fait si froid aujourd’hui, je
suis si seule . . . pour la première fois je ressens
le vide de la solitude . . . je suis là affaisée, les
cheveux en désordre, les yeux lourds et brillants
d’un éclat bizarre . . .

Mais voilà qu’un oiseau du pays du soleil, sor-
tant je ne sais d’où, de l’imagination peut-être
. . . saute mignonnement sur le rebord de la fe-
nêtre, et à travars le froid et à travers le vent,
1 entendis sa voix jolie et chaude comme un rayon
de soleil pénétrant jusqu’à mon coeur glacé se+e-
orenant à battre ….

. -rViens, me dit la voix, ce pays est méchant, et
les gens ne comprennent pas notre langue

ZTra ton »" »" ? o « -*- * ,tTa ChaUd – « -^

o o

Claire FERNY.

Il était trois petits enfants

Il éUit trois petits enfants, comme dans la « Légende
de saint Nicolas », mais au lieu de « Glaner aux champs »

e 8 Crr«^ïn n aaa 1 1 D ? ige ‘  » «* * ** de ^oei
Permette* que je les présente: LOULOU six an«c t*t*

dLitaSSL! l nS ‘ 8U re * ard d an * e « teint rose, petites
dents nacrées, pour un rien, on le croirait la fi lette de
la famille; enfin, LUCE, 1% an, potelée joues de oê
ches mûres, chevelure d’or foncé aux ? reVu roux?.!?.

Il neige! U neige! –

s ,,r^? Ui ?K Une i heu , re Loulou et M »chel sont penchés
ÎÏHnlî S i b i UIM * ? lOrier; ,es P° ussins roses, les o e « eaux

Loulou rompant un silence que rien n’avait trm.hi*
depu.s 3 minutes: « Dis donc, Miche, y en avait beau
coup de moutons dans la crèche, hein ?» * * « *

Mnri ; a ? dan . s « crèche, ils sontaient à côté du roi-nègre ?
reprit le cadet, en rectifiant l’erreur de son aîné * ‘
,.« » ‘ mais y cn avait beaucoup ! Y avait les ber^m
unjne, un cheval » (boeuf ou cheval c4t%Vu? u^^/ur

trait 81 ^ PeUt JéSUS aus8i ‘ » ajoute Michel un Pe« dis-
an 7H Ut ? n a devisant su « » ^s personnages de l’histoire nui
^re de n No? Un nn. m ; nière S S 38 ? not  » p33?j£
ulTno^au^jeS 08 g08SeS *** » 8UF leUTS talons médi ^
Luce ne dort plus; on l’entend gazouiller dans la

ÏÏÎE r 8  » 16  » Miche1 ‘ * UUM tendres^ particulière rat
Uche à sa soeurette, glisse furtivement sa tête dans la
porte qu’il entrebaille et lui crie: « Couco »  »

mËESuSS 1 une ldée Iuraineuse travereEUR s-*

« Tante Claire, tante Claire… on veut iouer à l«
crèche: Lucie, c’est le petit Jésus. » J * la

de \%tu& (TM)$? h « ° n Vk ^ J « S Rois «« tiennent

m^xAV^tir^ des mains et «

La bonne tante Claire ne vit que pour le bonheur
de ses neveux. Alors, pour se rendre iu désir de » en
(TM)3^JS Ut ^ÎTL pour P rol °n«er le souvenir de Nol
qui s estompe déjà dans U mémoire des petits (car on
est «u 20 janvier), Tante Claire laisse là le sér eîx d2
1ÏÏ3E? » Ct ***»» * o» P^ter au bon vouo^des
^ïvant »;dariev^v n oir aPPEURl ^^^ limmobillll

En un rien de temps, nos petits lutins avec force
te g^ ^ se rendre les mlJFJSZ

s^ stabiliser ï^ iîfflhïïï fe COUl6Urs y a passé ^^
JîuS m brun-café et en rouge- sillonné de

Miche 6 fliSfe dU raîné 8VeC *»**»*o « (TM)>

o »5 l rautre ? o o o V en avait trois. »
affairé* 81  » ll6 Chercher d « la S* »> »ne, » marmotte Uulou

Et nos gare empoignent l’édredon b»arré et la cou
verte de laine verte et or qui recouvre leur lif; Couiou

«ofl î? « M . Miche s’enroule dans l’autre..^?

«£? L y ,î aut « dc lor > i lt L(TM) 1 (TM) très excité.

bout E i d s 6 oûfn n e C6,Mr ‘ tV6C * ta – mine ‘ » * ,oute Michel o

wJ?£l oui v, tl enj-.. prends le brûleur de maman-
(en fine porcelaine de Limoges). maman

‘fit Loulou va apporter le otudrier eu o/ccuivrej de

Alors ce fut très drôle, passant je ne sais com-
(TM)(TM)tà travers les murs de la chambre maussade,
installée sur un charriot traîné par l’oiseau bi-
zarre et sympathique, volant par-dessus les nua-
ges, les cloches, et les monts, nous découvrons

< ? l£ Urre P romise – A« rnêmi instant tout
fut oublié . . . plut de ciel lourd … mais un so-
leil rieur caressant mon visage, dorant mes che-
veux, l oiseau m’abandonnait sur un rivage char-
meur; quelqu’tle ignorée ou peut-être un pays

,aZL« 7 THu S  » II fait 9i bon  »abandonner au
sable fin, à l’haleine et au chant de la mer char-
meuse, plus de gros bouquins philosophes . . une
paix profonde, une nature sauvage.

Me voilà maintenant frôlant les palmiers, me
saoulant dair pur et grisant. Les fleurs brillantes
étranges, gentilles comme un sourire foisonnent
partout; mes cheveux, mes bras sont chargés d^
leurs corolles par fumets, et ce sont des courses
folles parmi les rochers sauvages, les pZges
blondes, les bois aromatiques et fleuris

Mais soudain, je vis des milliers de brillants

lïrTmoiZi ? wwe r n pem *?* * *K2

vers moi, me caressant de leur duvet soyeux de
leurs ailes frémissantes, me murmuran t mtfle
propos charmants, mille, enfantillages. Nulnepewt
‘imaginer le charme de ces voix chantantes £

?hZ S m a aîZ nn : S ‘ la SUaVUé dEUR – -S^

coeur et un chant profond, tendre et mystérieu^
monte en moi ressemblant au bruissemen^desole’
donTZnî 8 ‘T JEUR rEURViens de la « **o manière
mérita fT »f ‘ * »" tr ° P savoir comment, je
^retrouvai le front toujours collé sur la vitre

douTLT 3 ‘ fr °? e – mai * « ?? «S* qu’uni
douce cnaimtr m’a lentement pénétrée aue ml
loue est plus colorée, qu’un sang nouveau circule
dans mes veines. Au dehors, le ciel esTtouiour M
V/^lourd, mais je ne le vois plus UsalsoTal
delà u y a du soleil, de la ïiberié ‘. ‘ * » * »

Cest curieux tout de même, ce qu’un vovaae

Messieurs les blasés, les sceptiques, les mes-

liTJZ Séri6UX 6t US damt * *k sévères(TM) –
si, cest pour vous surtout que j’écris ce billet ne

de US rêT, T *(TM).** 8 trOV ‘ ** »* PénétreTun’peZ
de rêve dans votre vie . . . se donner l’illusion eZ
tantine peut-être, d’être aimé des oins des
oiseaux, des fleurs . . . vivre un peu deTette Z

fTelVoTdV 1 d ° UCe ‘ ‘ ‘ *<« ^ut%Tun pTu
mt’Z It Hre SageI * ‘ ‘ mais ****vez tout de
même, et vous verrez comme cest gentil ~

BERANGERE

Pa . P ! ¥ r Luce ‘ cria t-il, on y va — couche-tni TITZ
P6 Et J nn U fi S o-’ T e8t ,es roia ***** q^ s’en^vennent»

Et 1 histoire se termine pour cette fois « ad Hb>tW. /

, Collège Ne** »»o . EUR -a. /

Beau concert de la Société
Sainte-Cécile à l’Université

AOL G. Lefekvre et A. Wcisbord, Artistes inrltés.
Le 2e février.

Cette ftoirée musicale, aous U présidence
d’honneur du T. R. Père Ph. Comelller, O.M.I.,
recteur de lTJnirerslté, avait été organisée et pré-
parée avec grand aoin par le R. p. Bernard Ju-
lien, OMJ., et le comité directeur de la Société
ate-Cécile de l’Université. Aussi, le choix com-
me la variété des pièces au programme, l’évident
souci d’une parfaite exécution, le sincère désir
de rendre Justice aux oeuvres des compositeurs
et l’intention marquée de plaire à un auditoire
de choix, furent les principales caractéristiques
du concert. Un réel succès ne devait donc pas
manquer de couronner de si louables et si méri-
toires efforts. ^

Pour une plus juste appréciation du concert,
il convient de diviser les participants en deux
catégories: les étudiants et les artistes invités.

Si l’on tient compte, comme il se doit, de leur
âge, du degré de leur éducation musicale et de
leur expérience d’exécutants, les étudiants qui
ont figuré au programme méritent de particu-
lières félicitations. Ils ont fait preuve de réel
talent artistique auquel ne manquent qu’une cer-
taine précision dans la technique instrumentale,
un peu de netteté dans la diction et de vie
l’interprétation.

Sous l’énergique direction de M. E. Allard, la
fanfare remporta un succès sans précédent et se
fit remarquer par l’entrain dans l’exécution
l’unité dans le mouvement et les nuances dans
l’expression. La chorale, que dirigeait le R. P.
Julien, O.M.I., malgré un manque de fusion dans
les voix et de fermeté dans la diction, mérite des
éloges pour la bonne reddition du choeur « Les
Pécheurs Napolitains ».

Les solistes chanteurs et instrumentistes ont su
grandement intéresser un auditoire qui témoigna
son appréciation par une attention soutenue sui-
vie de généreux applaudissements. Ces jeunes
artistes remporteront de plus grands succès en-
core à mesure qu’ils acquéreront plus de matu-
rité dans la voix ou de maîtrise de leur instru-
ment, ainsi que d’originalité dans l’interpréta-
tion des oeuvres. Un travail persévérant et un
grand souci du fini les achemineront graduelle-
ment vers la virtuosité.

Dans le but de rehausser le niveau de la soi-
rée, la Société Ste-Cécil’e avait invité deux vio-
lonistes de renom: M. A .Weisbord et son digne
élève Gilles Lefebvre. Ces artistes, assistés au
piano par M. E. Skltch, se montrèrent à la hau-
teur d’une réputation amplement méritée. So-
nates et Concerto furent rendus avec grand brio,
maîtrise parfaite et ensemble impeccable. De ces
conversations musicales naît une variété
d’harmonie qui tient l’auditoire sous le charme.

Cette contribution artistique des artistes invi-
tés, ajoutée à l’apport toujours grandement ap-
précié de l’Ensemble Universitaire*, eut le grand
avantage de fournir aux étudiants un puissant
encouragement pour une plus grande culture de
la musique.

Ceci répond bien d’ailleurs au but de la Société
Ste-Cécile de l’Université, qui travaille avec suc-
cès à l’organisation artistique chez les étudiants.
Les Directeurs de cette Société, qui ont su présen-
ter au public un intéressant concert, méritent de
ce même public les plus grands encouragements
et les meilleurs voeux de succès.

Concert privé

A l’occasion de son deuxième concert privé,
la Société Sainte-Cécile présenta à ses membres
Mlle Thérèse Charbonneau, pianiste, qui interprè-
te avec grand succès une Gigue de Corel» et un
Prélude de Bach. L’artiste a du talent et l’as-
sistance manifesta bien son admiration.

Le conférencier. M. Emilien Allard, nouveau
directeur de la fanfare, expliqua les différentes
parties de la musique: mélodie, harmonie et ryth-
me. Il se révéla aussi charmant causeur qu’habile
technicien.

MM. Claude Hurtubise et Georges Perreault.
chanteurs, firent aussi preuve de talent» le pre-
mier dans « le Rêve de Manon », de Massenet, et le
second dans « Anges du Paradis » de Gounod.

Rhéal Patenaude, accordéoniste, et l’Ensemble
Universitaire étaient aussi au programme. Le
prochain concert privé est en préparation pour
le Si du mois et l’artiste invitée sera Mlle Joan
Kelley, harpiste.

 LE SECRETAIRE.

1

Jean Dickenson

Le Conseil des Etudiants présentait le t février
dernier au public de la capitale, sous la ^présidence
d’honneur de son Excellence le comte d’Athlone,
gouverneur général, la charmante soprano du
Metropolitan, Jean Dickenson. Ce fut une belle
soirée: le Citizen du lendemain a appelé ce con-
cert « the most f esttve event of the musical season »,
ce qui n’est pas peu dire.

Mlle Dickenson n’est pas une cantatrice de
premier ordre; son répertoire n’est pas fait 4e
grand classique. Mais il demeure qu’elle est une
excellente artiste de concert, grâce au timbre
agréable de sa voix, a sa riche mimique, à sa dic-
tion impeccable et agile, et aussi, pour une bonne
part, à son sens aigu du théâtre. Son chant est
un jeu; il ne suffit pas de l’entendre, U faut aussi
la voir; elle fait sien chaque eut d’esprit, elle le
traduit par le jeu vif de ses yeux, de son sourire,
de ses mains. Elle maîtrise parfaitement sa voix,
à laquelle elle Imprime toutes les émotions que
son jeu nous dit, et qui sont dictés par la chanson.

Mlle Dickenson est une personne charmante:
d’une simplicité parfaite, elle arbore un sourire
perpétuel qui en fait la fée de ses nombreux admi-
rateurs. Elle était l’artiste idéale pour le concert
des carabins.

Mlle Dickenson a poussé la gentillesse jusqu’à
nous envoyer une lettre des plus charmantes. Nous
en donnons ici la traduction:

New-York, le i9 février,

‘?

Cher Conseil des Etudiants,
Université d’Ottawa,

Chers amis

?

Je ne sais vraiment comment
vous dire combien j’ai apprécié le privilège et
l’honneur de chanter pour vous tous à Ottawa,
et je veux vous remercier encore du fond de mon
coeur pour les orchidées magnifiques que vous
m’avez envoyées. Ce que j’aime toujours le mieux,
c’est de chanter dans notre cher Canada, mais je
n’ai Jamais de toute ma vie joui d’un concert au-
tant que celui que j’ai donné à Ottawa.

Merci encore pour tout ce
que vous avez fait pour moi.

Bien sincèrement,

Jean DICKENSON

Mitropoulos et le
Minnea polis

Même en accumulant tous les trucs suggestifs
de la poésie, il serait impossible, au moyen de
mots, d’éveiller la moindre des impressions res-
senties lors du concert du Minneapolis. Il est dif-
ficile de rencontrer tant de simplicité et tant
d’art à la fois.

C’est là qu’on a pu voir le véritable rôle du
chef d’orchestre. Bien secondé par l’ensemble
prodigieux des musiciens, Mitropoulos suit toute
une gamme de commandements. Ses doigts diri-
gent les contre-thèmes, le vibralto de ses bras
soulève l’intensité des modulations, les oscilla-
tions de son corps scandent le rythme et ses
poings dressés réclament la force. Il se fait l’âme
de tous ces artistes et son génie se multiplie chez
chacun d’eux.

Partout il maîtrise la force du son. Ses cres-
cendo s’élèvent tout d’un flot comme la houle
géante. L’intensité progressive se transforme ca-
pricieusement en magnifiques nuances sous sa
direction minutieuse. Par contre, dans certains
piano, lorsqu’on croit ne plus rien entendre, le
fil de la mélodie se poursuit sous tous les archets
avec une délicatesse et un ensemble surprenant
qui devient un véritable coup de force. C’est à se
demander si les piano d’un grand nombre d’or-
chestres atteignent même les forte du Minneapo-
lis.

L’orchestre possède un heureux choix de cor-
des qui lui donne un peu la sonorité des orches-
tres européens et qui lui a valu de merveilleux
effets dans la Fantaisie de Williams.

Sa perfection est un peu l’oeuvre d’Ormandy
qui l’a élevée à sa hauteur actuelle, mais la fine
influence grecque est manifeste dans certains
finis tout à fait exceptionnels qui satisferaient
tous les vieux classiques.

Mitropoulos, de, plus, garde toujours une vi-
tesse mode ée. Dans Bach, où les artistes améri-
cains se plaisent à manifester leur virtuosité, on
a pu jouir d’un rythme normal. La finale de la
Fugue fut remarquable: tous les chants sont ve-
nus se mêler dans un délire d’une richesse écla-
tante.

U faut signaler aussi le premier mouvement
de la cinquième symphonie de Beethoven dont
l’interprétation si nouvelle témoigne d’une com-
préhension très Juste.

L’ensemble du chef et des exécutants demeure
exceptionnel, et beaucoup ont maintenant com-
pris le rôle du chef d’orchestre.

Musique classique ou
moderne ?

Depuis quelques années déjà, une bataille, san-
glante et brutale fait rage aux quatre coins de
l’univers. Aujourd’hui, une autre guerre, plus
douce celle-là et plus harmonieuse, s’est attisée
dans le domaine des sons. C’est le jasz et le swing
qui tentent dans un suprême effort à détrôner la
musique classique du rang qu’elle occupe dans
les esprits des hommes.

Demandons-nous donc laquelle sortira victo-
rieuse de cette lutte charmante. Serait-ce la
musique moderne de laquelle n’émane aucun sen-
timent digne de l’âme d’un homme vertueux ?
Serait-ce la musique moderne qui ne fait qu’exci-
ter des nerfs qui ne demandent que la relaxa-
tion ? Serait-ce cette musique de brouhaha de
laquelle on ne peut distinguer aucun son ? Se-
rait-ce cette musique qui échappe à la contrainte
en abusant de sa liberté ? En effet, la musique
qui flatte le plus nos instincts d’infinis parce
qu’elle est le plus immatériel de tous les arts, a
besoin de règles sévères. C’est peut-être ce qu’il
y a de plus mystérieux dans l’art: la contrainte
est la condition de sa liberté. Et cela n’est pas
vrai seulement pour la musique. « Le principal au
ciel et sur la terre, écrit Nietzsche, c’est d’obéir
longtemps et dans la même direction; il en ré-
sulte toujours quelque chose pour quoi il vaut la
peine de vivre sur la terre, par exemple la vertu,
l’art, la musique, la raison, l’esprit, quelque chose
qui transfigure, quelque chose de raffiné, de fort,
de divin. » Obéissance ! Il n’est pas de vertu à
laquelle la musique fasse plus d’honneur. « Quand
Beethoven est obscur,, écrivait Chopin à Dela-
croix, c’est qu’il tourne le dos à des principes
éternels. » Serait-ce donc enfin ce tintamarre de
sons incompréhensibles, inégaux, énervants,

criants, sensuels Non, ce ne peut être cela.

Et dire qu’il y a des gens, et de bonnes moeurs,
qui osent prôner la supériorité de la musique mo-
derne ! S’il est vrai que nous n’exprimons pas la
dix-millième partie de ce qu’on ressent et s’il est
vrai encore que la musique est le paravent der-
rière lequel nous abritons nos ressentiments et
nos pehsers, ces gens trouvent-ils un honneur à
se cacher derrière ce fatras de sons? Peut-être,
. . cela dépend naturellement de l’état d’âme dans
lequel on vit . . .

Au contraire, que de beautés dans la musique
classique ! Comme elle élève notre âme au-des-
sus de cette atmosphère terrestre ! Elle nous
transporte comme par enchantement à>ns un
pays merveilleux d’où l’on voudrait ne jamais re-
venir. C’est un des personnages de Georges Du*
hamel qui nous le dit en ces termes magnifiques:
« une minute, une seconde, où par un miracle
nous entrevoyons le ciel ». Quel repos aussi pour
les corps las et fatigués ! En écoutant la mus-
ique des grands maîtres, nous oublions que nous
sommes ici-bas: nous oublions nos peines, nos
chagrins,, nos soucis terrestres; enfin nous ou-
blions tout pour vivre dans d’autres atmosphères
où tout n’est que beauté et pureté. Voilà tout ce
que nous procure la musique classique et il y a
une grande gloire à se dissimuler derrière ces
grands maîtres qui savent dire les choses. Us nous
couvrent de leurs ombres de géants, ils pénètrent
nos âmes des sentiments les plus nobles et les
plus purs, ils nous élèvent au-dessus de nous-
mêmes et nous font entrevoir pour un instant
l’infini de l’au-delà.

A ceux-là donc qui ont pleuré et pleureront
encore en écoutant de la belle musique, nous
disons avec Jean Bernier « ils ne pleurent pas de
plaisir mais du regret de ne pouvoir entrer tout
de suite dans la possession de l’éternelle Béati-
tude ».

Musique classique ou moderne ?

Mary LAND.

Lorsque l’ombre descend . .

L’ombre descend sur la ville assoupie
Telle un sable subtil,

Et que j’écoute en moi pleurer la nostalgie
De mon rêve futile,

Ombre chère, est-ce vous qui venez doucement
Souffler sur la chandelle?
Est-ce vos yeux d’étoiles que l’azur dément
Contemple ma prunelle?

Ombre chère, est-ce vous qui flottez dans

lie vent
Etreignant ma maison?
Est-ce vous qu’en automne j’entends

[tristement
Gémir à la cloison?

Ombre chère, est-ce vous qui revenez ce soir
Vous joindre à ma douleur?
Est-ce vous que je sens palpiter dans ce noir
Et passer sur mon coeur?

C.O.

JACQUELINE VEKEMAN

‘^’ffirtr wifwa

- ?? ?

4

I

r»*t

– «

Là KOTONDE, i

*

v De nos éditeurs

v *

Un liyrc sur le cancer

par Faad de BELL&FKlJllXE

De ItO personnes virant en pays civilisé, 23
sont destinées à mourir de cancer. Cette maladie
constitue, après les affections cardiaques, la plus
importante des causes de la mort.

Cette importance statistique du cancer, ajou-
tée A l’ignorance où nous sommes encore de sa
cause principale et première, et au fait que nous
ne pouvons encore lui opposer que des thérapeu-
tiques très rudlmentalres, en fait certainement
le problème le plus important de la médecine
actuelle.

ït l’on peut dire qu’il est le problème le plus
important de toute la biologie. Non seulement,
certes, parce qu’on le trouve partout dans les
deux règnes, mais à cause de sa nature même
I* cancer est quelque chose de très général et
pour ainsi dire élémentaire. Il se rattache aux
déterminismes premiers de la vie; » a pour siège
le dénominateur commun de la matière vivante
la cellule. Au point de vue, A l’échelle cellulaire’
le cancer est une multiplication anarchique,’
égoïste et envahissante, accompagnée d’une dé-
différentiation des cellules. On pourrait le con-
sidérer (et peut-être ne serait-ce pas là une pure
vue de l’esprit) comme le retour des cellules à
létat embryonnaire, où elles retrouveraient leur
originelle exubérance proliférative. Le problème
du cancer, ses données se confondent, dans une
certaine mesure, avec celles du problème de la
division cellulaire, de la croissance et de la diffé-
rentlation; et quand on aura trouvé sa solution
on aura sans doute fait de grandes et révolution-
nantes découvertes dans la biologie causale

Nouveau roman canadien

par tiay BKAULNB

- T ro ^ ,èine * » c«ncer, que publie le profes-
seur Charles Oberling aux Editions de l’Arbre
est un compte rendu, fait à l’intention du lec-
teur moyen, des travaux et des théories qui ont

Si,1.hT, dU Canccr » y ««t d’abord
fait justice de trois anciennes théories: théorie
lrritatrve, théorie des malformations embryon-
naires, théorie microbienne, dont aucune ne
saurait rendre compte de toutes les tumeurs ma-
^fî C , S * S2JÏ5 c °nnalt. Le professeur étudie
ensuite les divers facteurs qui donnent leurs notes
dans 1 étiologie du cancer, dont aucun n’est dé-
terminant à lui seul, mais dont chacun joue sou-
vent, sinon dans tous les cas, le rôle de facteur
favorisant Les rayons cancérigènes, c’est-à-
dire tous les rayonnements depuis l’infra-rouge
jusquaux rayons-X, et surémlnemment ces der-
niers Les parasites semblent jouer seulement

ri^ d fJî orteuri de virus – L’hérédité existe
ici indéniablement, mai* ne joue que secondai-
rement et semble plutôt conditionner l’action
d un autre facteur. Elle est si complexe que l’on
met en doute sa nature mendélienne, c’est-à-dire
?? » ‘SZ&S*, et ? Prévisibilité à l’instar d’au-
tres hérédités bien établies, dont on connaît de-
puis longtemps le secret, nés corps chimiques
cancérigènes, les plus puissants sont tirés du
goudron et s’apparentent de très près, tant par

Sn r ip2r ,C , tU ? chimh * ue Q u * Par leur action, Vu
cholestérol et aux hormones sexuelles, dont l’im-

PS^ Sjf »  » Ie mé tabolisme s’avère de plus en

,.Jl Vec 2> utres éminents cancérologues, le pro-
fesseur Oberling penche pour l’hypothèse de
Borrel, celle des virus cancérigènes. LeT^irus!
ces êtres invisibles même au microscope, et aux-

ÏÏÏL5 ?? mble blen ‘ * –* de lenr puissance
reproductive, qu’on doive prêter la vleHeur
action devient de plus en plus évidente dans*

5?2 ?** Can . Cer8 – U * lus h * n * démonstra-
r*** I H e , ur P^sence consiste à transmettre une

5E5i£? a r nImaI a un autre au (TM)<>yen d’un
ultra-filtrat. Les cellules cancéreuses étant re-

Î2Ï? S^. C 223 eIleS ne peuvent être respon-
££& *. * aPParltlon de la nouvelle tumeur

SSmLIS – CaS P ° Ur les cancer * ^effés et
Sïïîfr m * Us tases, c’est-à-dire les nouvelles tu-
********* dans un même animal par la dissé-

££££! ?*** te « H a(TM) 1 *»* des ceUules d’une
première tumeur. Quant aux substances chlml-

2iiJ? EUR H ,to,u 1M «Périences de ce genrV on

fig-f » . CanCCrS *?*«* Ph« ItTet plus
sûrement qu’au moyen des carbures du goudron
Les virus semblent donc être la cause ormci-

L ae n’ t r^ des cancers ‘ ct ^sarst

ses nêtre qu’adjuvantes, préparatoires Bnrnr*»

!5JS?Kr£ ». w ï ja^SSSi ET

vants, on n a jamais, tout de même, été si ores dp
^Z r Ti e ^ VétiUble déterminisme démette

S££2r J? nib,e – ?s ic jour n ‘ est p~«tw pal

SES*-. ‘ ?,°? contents d ‘en provoquer l’appa-
auront i? L Tt d 2 à depuls 40 an ^ s ^nts
volonté U falre d,s Paraltre à

Jacques Sauriol vient de publier son premier roman.
Il est jeune, il est puissant, il est tout i fait canadien et
j’ai toutes raisons de croire que nous avons là un auteur
remarquable.

Certes, on pourrait signaler dans son « Désert des
Lses’ de nombreux défauts — c’est une première oeuvre
et on sent quelquefois la faiblesse de l’auteur devant la
tache qu’il a entreprise — mais Sauriol est fait d’étoffe
du pays, c’est inusable et c’est solide.

On est quelque peu surpria, assurément, de trouver
réunis dans un seul livre un roman d’aventures, un do-
cumentaire pittoresque et une étude psychologique.

A la suite d’un début magnifique, d’un style pur,
dune description précise et captivante, d’une phrase
bien tournée et des plus expressives, noue tombons dans
une étrange histoire d’aventures à laquelle nous éprou-
vons d’abord quelque difficulté à nous mêler. Il faut
admettre que nous y sommes préparés d’une façon un
peu étrange et de tout le livre ce sont les deux premiers
chapitres et le neuvième qui sont les mieux faits. Voici
entr’autres une description où l’auteur révèle sa joie du
détail; « Un moment, gênée dans son travail par le coupe-
vent trop serré, elle se releva, juste le temps de le dé-
boutonner pour faire de la place à son corsage débor-
HS*5î ayant rentré dans » tuque, son chignon qui
1 embarrassait aussi, sa main s’enfonça dans le ventre du
gros sac D’impatience elle gonflait ses joues déjà ron-
des et sortait un bout de langue entre les dents, fronçant
ses sourcis aigus ».

Le roman d’aventures se résume à peu de choses. C’est
l’histoire d’un déraillement survenu à 80 milles au nord
de Cochrane. Un jeune étudiant de la métropole, poli-
cier privé à la solde d’une compagnie d’assurance, va ré-
soudre le problème après une série d’événements cap-
tivants.

Le documentaire pittoresque est d’une grande pré-
cision et d’une valeur indubitable. Pour un jeune com-
me moi qui a peu voyagé, les détails que l’auteur ap-
porte, ses commentaires sur les moeurs et les condi-
tions sociales, sont du plus vif intérêt L’histoire se passe
dans le nord de l’Ontario au pays de la « drave » et des
chantiers.

Cependant, en refermant le livre et en ressassant tes
impressions qui sont demeurées, on ne peut s’empêcher
d’y voir un étude psychologique de première .valeur
C’est dans cette étude que se révèle la force de notre
nouvel auteur. Il f fait analyse profonde du Canadien
français en y soulignant ses faiblesses, son originalité de
caractère, et nous présente plusieurs de ses problèmes.

Au gars de Hull, la place des voyageurs, dont la fa-
mille voyage depuis plus de cent ans et qui ne veut pas
se marier, parce que les années sont trop dures, le père
missionnaire répond: « L’agriculture a toujours mieux
payé son homme que le voyage. Voyager, c’est bon quel-
ques années, pour s’instruire, mais après, on fait bien
de se prendre un lot et de faire de la terre. C’est comme
ça qu’on est heureux. » ‘

Un autre problème, celui du bilinguisme: « La fin de
la Grande Guerre a jeté dans la police mondaine toute
une classe d’officiers sans soldes. Montréal est leur lieu
favori, parce qu’on y parle français. Et les jeunes Cana-
diens français font leurs meilleures recrues parce qu’ils
leur apportent deux choses rares en Amérique, le bilin-
guisme et un minimum d’honneur professionnel qui fait
la sécurité de ce « racket-là » comme des autres. »

Voici une leçon: « Gérôme Baudé (notre héros)…
membre du C.E.O.C. de l’Université, sa qualité de cadet-
officier dans l’armée lui donnant la préférence dans ces
petites occupations qui lui donnaient de l’expérience et
le faisaient vivre assez confortablement en attendant la
fin de la crise dont toute une belle jeunesse était alors
si éprouvée. Au moins, lui, s’instruisait et gagnait sa
vie. Les Canadiens qui ne sont pas dévoyés par l’angli-
cisation font comme ça. Quand les affaires vont mal,
au Heu de vivre des « rackets » comme lès Américains ils
montent donner un coup de poche dans le Nord. Ni la
qualité de l’éducation, ni la vie jusque-là peu active ne
les empêchent d’accepter les plus rudes besognes ma-
nuelles, pour ne pas végéter en ville. Mais ils ne sont
pas tous aussi courageux, malheureusement depuis les
Sures années ».

o o o « Trop sage pour se tuer au travail, comme
l’Israélite qui gagnera un million sans avoir vraiment
vécu, le Canadien a par contre une vraie horreur de l’oi-
siveté bête, l’oisiveté sans le sou. »

L’auteur soulève aussi la question de boisson: « Ah!
si on pouvait guérir nos gens du whisky; de la bonne
bière.- du bon cidre, du vin, de tout ce qui fait dormir
quand on en a pris un peu trop, ça c’est bon à boire
Mais ces brûle-chrétiens, laissons-lés donc aux Améri-
cains. »

Il y aurait tant de belles leçons à citer, mJÊ je laisse
au lecteur 4a joie de les trouver. Pour ma part, je re-
proche à l’auteur d’employer à tout propos, surtout
dans la deuxième partie du livre, sous prétexte de
réalisme, des anglicismes qui déparent, des comparai-
sons disgracieuses et même des inventions baroques de

Suzanne et les

jeunes hommes

par Lies»l I «? Il 1

*C

rêvait

H taise*

L intérêt de ce livre, au point de vue du lec-
teur moyen, résidera probablement moins dans
Je sujet lui-même, tout important soit-il que
dan. l’image qu’il , trouvera de la recherche

scientifique moderne, du rôle qu’y jouent l’hypo-
thèse et l’expérimentation. Tune orientant l’au-
tre dans un dialogue conquérant peu à peu la
vérité. Le lecteur comprendra mieux ce que c’est
que cette guerre où collaborent rrancais. Alle-
mands, Anglais, Japonais, Américains … Ce
que c’est que cette guerre où ce n’est pas l’hom-
me qui combat l’homme, mais les hommes qui
combattent pour le salut de l’homme.

Et puisque voici l’un des premiers-nés de la col-
lection France Ferever que dirige le physiologiste
Henri Laugier, est-ce qu’il ne convient pas de
noter que cette nouvelle collection d’ouvrages
plutôt techniques va nous faire saisir, au-delà de
la plate littérature, un peu de la réalité concrète
de ce qu’on appelle « la mission éternelle de la
France », cette France qui est par excellence res-
ponsable de l’humanité en ce monde où chacun
est responsable de tous,

Montréal» 12 janvier 1943

Mi

. — teac éàre fcev

à sea pi 1 ap i ‘ a faaCéaee,

la sein», Marie- AateàseUe ae pal répriauer

?a léger frisée*. Bile se prit i (tasser, pais

elle bailla flattâtes*. »

J’ai terminé la lecture de « Suzanne et le»
jeunes hommes », et je suis encore tout enchanté
de la finesse et de la fraîcheur de ces pages écri-
tes avec tant d’amour. Amour des souvenirs que
Duhamel évoque pour lui-même semble- 1- 11, et
pour -nous, en ressuscitant tous les personnages
du théâtre qu’il aime et que nous aimons. Amour
des êtres dont 11 est la Providence bienveillante.
Quand je penserai au livre EKe de la Chro-
nique des Pasqulers, m’en sou viendrai- je comme
de quelque chose d’un peu artificiel, d’un peu
vide? Je voudrais en garder le souvenir d’un li-
vre spirituel et charmant.

J’oublierai peut-être le théâtre des Carmes,
le « temple de ferveur » sur la montagne Sainte-
Geneviève, qui était sûrement « un rare lieu de
la régénération de l’intelligence et de la rédemp-
tion universelles » … Et son étonnant direc-
teur, Eric Vidame, épris des « problêmes de tech-
nique pure » et préférant la « commedia dell’arte »,
fier de son intégrité professionnelle mais forcé-
de se plier à des compromissions pour sauver l’es-
prit. Et, la troupe, avec Hellonin, Charenel, Fax-
ge. Et, l’ange gardien de l’entreprise, Emmanuel
Des Combes, « homme distingué par le coeur et
par l’esprit ». Et l’auteur, Noël Chéranvier et son
actrice à la polonaise Nina Praga.

Mais toujours vivra Suzanne! La belle Su-
zanne, la reine aux yeux pervenche! La multi-
ple Suzanne, qui sait par coeur cinquante rôles
au moins … Et Vidame se demandait si èfte
avait pris la peine d’apprendre le rôle de Su-
zanne . . . La merveilleuse Suaanne que tout Pa-
ris admire. L’insaisissable Suzanne, qui a échap-
pé à tous ceux qui l’ont aimée, à Jean-Paul 8é-
nac, à Richard Fauvet, à Alltis Vlalas, à Hervé
Lebris, et qui échappe à Philippe Beaudoin . . .
et qui échappe peut-être à elle-même. Suzanne,
qui ne sait plus aimer comme un être de chair.
p eur «voir trop aimé comme les fantômes . . [
"L'amour, ce n'est pas ce qui vit dans le coeur
de Suzanne . . ." Suzanne, qui ne peut pas pen-
ser qu'un jour elle vieillira ... **n me semble
que pour jouer une fois Lady Percy je donne-
rais deux années de ma vie . . ? disait Suzan-
ne. -- "Deux ans de quelle vie. Mademoiselle?
Deux ans de votre belle vie jeune ou de la fem-
me que vous serez dans un demi-siècle" . . Et
elle se cabre devant ces affreux mystères, Su-
zanne, la pauvre Suzanne - qui - a - perdu -
sa - vie . . . puisqu'elle 'ne peut goûter le lever
du jour que lorsqu'elle lit, dans Claudel- "Le
jour se lève!" puisque sa vie à elle ne lui sert
plus qu à vivre des morceaux de la vie des fan-
tômes qu'elle joue sur la scène

Je me souviendrai de la colline de Nesles et
de la maison musicienne, et des chanteurs, et
des rêveurs, et des fous charmants qui l'habi-
taient -- des trois frères, Philippe le peintre de
Suzanne, Marc-le-silencieux, sculpteur sur bols,
Herbert le millionnaire, aux millions de pensées
extraordinaires, au million de destinées . . Et
Suzanne quitta le théâtre et suivit Philippe a la
colline de Nesles. Elle y fut heureuse. Tout le
monde ly aimait . . . "Tous les gens de cette
maison n ont-ils pas été créés pour le plaisir et
le divertissement de Suzanne? . «ï)e sorte

qu'elle avait le sentiment confus d'être dans la
maison magique depuis le début de l'éternité

Marc aimait Suzanne et en sculptait en si-
wSSl d ? a 1 téte » magnifiques. Philippe aimait Su-
zanne et la peignait, avec dévotion, à toutes les

mXL J ° U £ HébCrt aimaii 8uaann * "«> *.
«aillions . Suaanne ne pouvait pas aimer Elle

£ SUS i a £ Partenir lra, «» toéàtre. Le théat»
ia reprit et J emporta au-delà des mers loin da
ceux qui l'aimaient. ^

^m uipi fit un long soupir ej; ne répondit

?ocajmlaire. Ainsi: "soliloquer, un trisnpe. la laacl de
habit; être ponctuel raéme sur le Vo^g? pCLr a.
jase; la quarantaine commençait à l'asseoir foeaiUer-
Sî. d ÏÏeÏÏH ,re 8UX ? ww «"»' l'entrebXre' de U porl
i7^2 rtcautio 25 eu ff ment ï v «nuiil!er; l'azur taillait de

m«il "^ *5^ Uen iMtile *« wfcwover dans nos ro»

iS«£ïïiuïï I a5 e8 ^î 88 Si dét * 8t * W <* Nos rossant
«ers devraient éduquer le peuple et non pas lui servir
de telles erreurs. Le peuple parle déjà assez éLTSm
:!l M n « ui écrivent pour lui les y encouragent Z
complétant leur vocabulaire.

Mt ^ n V 2Ï lî 00 ' ta S"* 1 *** " MWBaT DE» LACS
est un bon livre canadien, fort et proametteur. Ne* éts>
«liants devraient le lire j»«-- Mwr. rtw.w

Editloas de l'Arbre, Montréal, $1.00. . à

-- ?

LA ROTONDE, 5 MARS IMS

Fage 1

PANORAMA

par Jules

J ans FSntrod notion à son étude sur le Renou-
| J v *» u catholique dans la littérature fran-
çaise contemporaine, l'abbé J. Calvet énonce
le jugement que voici: "11 n> a plus que deux litté-
ratures, la littérature sensuelle établie pour l'exploi-
tation industrielle, et la littérature catholique qui a
l'honneur de représenter l'Art.* Classification bien
ttommaire et peu fondée. Le critique a-t-il oublié
André Gide qui écrivait au début de ce siècle: *M'ai
voulu prier Dieu et puis j'ai commencé à son-
ger . . . "; a-t-il volontairement omis le nom de
Valéry, ce pur esprit qui semble' ne s'intéresser que
dans oeê propreë girations même si son intelligence
aiguë lui fait pressentir la fin des civilisations; a-t-il
mésestimé Montherlant qui veut **user des êtres" ou
Giraudoux qui, devant la mort ne trouve pas autre
chose que cette remarque "qu'elle est si ancienne
qu'on lui parle en latin"? Jules Romains ou Georges
Duhamel dont on se demande si le premier n'aban-
donnera pas un jour le cosmos pour Dieu, le second
la chaire du moraliste contre celle du prêcheur?
Est-ce que ces écrivains, ces grands artistes sans
lesquels la littérature française contemporaine ne
serait pas ce qu'elle est: la plus humaine et la plus
actuelle de toutes, n'ont plus droit de cité parmi
les représentants de l'Art? A force de vouloir con-
fisquer la pensée des écrivains pour les besoins du
catholicisme- on en arrive à des jugements incom-
plets pour ne pas dire davantage. Et cela juste-
ment à une époque où les. génies catholiques sont
légion ! où ils ont démontré une fois pour toutes
à un siècle souvent hostile que le catholicisme, loin
de resserrer l'inspiration, lui ouvre grands les hori-
zons! Le divorce de l'art et du catholicisme remonte
à la fin du classicisme ; il dura jusqu'à Baudelaire,
l'époque des Encyclopédistes et des romantiques ne
'*"?. nt que > ,, « ccent ««r. L'auteur des Fleurs du Mal
a réintroduit la hantise du mal, la notion du péché
^"î* ** littérature française à un moment où les
maîtres de l'art se nommaient Flaubert ou Leconte
de Lisle. Son expression est restée tourmentée, inas-
souvie; l'interrogation se pose avec arrogance. Elle
sera moins hauteine avec Verhdn^'iîoumise avec
Coppée.

La théorie de l'art pour l'art, se meurt, au
tournant du siècle; l'esprit cherche à s'appuyer; il
se rend compte que ses maîtres d'hier étaient d'ar-
gile; comme il n'a plus de raison de croire, il
veut des raisons d'espérer. Il en a assez de cette
sorte d'enchantement perfide qui "captive l'intelli-
gence, qui dissout la vie.** Crise de conscience de
l'Europe et, plus profondément, de la France, baro-
mètre de l'Europe. Romain Rolland écrira, il est
vrai, vers cette période: "L'inquiétude d'esprit n'est
pas un signe de grandeur." Anatole France dira:
"La foi est bien morte; cette génération feint d'avoir
une croyance qu'elle n'a pas, qu'elle ne saurait avoir.
Ces jeunes gens, bien qu'ils prétendent, sont des
dilettantes de la foi." Ces dilettantes ce sont Péguy;
Claudel qui vit "les deux pieds solidement assurés
sur la base inébranlable de la foi"; Bloy qui écrit:
**La vérité bien nette et qui éclate dans tous mes
livres, c'est que je n'écris que pour Dieu;" Jacques
Rivière, le moins "inébranlable" de tous qui expli-
quera la position de sa génération dans une lettre
à André Gide: "C'est vrai, je suis très empoisonné,
par le christianisme. Mais je suis fier de l'être et
j ai reconnaissance au christianisme de m'avoir dès
l'enfance désatisfait."

LÉCEB

Rivière aura été un des témoins les plus authen-
tiques de cette génération qui a immédiatement
précédé la guerre de 1914 et qui s'y est perdue.
Mille liens le retiennent encore loin du catholicisme:
' Mon Dieu, éloignez-moi de la tentation de la
sainteté ..." écrit-il dans une prison allemande le
,,? cto . 1915 ' H ? non seulement découvert le
côte négatif du catholicisme: le péché, mais aussi
son aspect positif: la sainteté. Avec Claudel, avec
Péguy, son rôle sera de refaire une imagination
et une sensibilité catholique. Dr la mort à la vie:
péché, sainteté.

L'après-guerre a connu d'autres problèmes ; il a
aussi cherché d'autres solutions. Proust confronte
son moi à l'univers. Mauriac, Maritain, Bernanos,
lui opposent un autre thème: L'univers et Dieu.
Romanciers et philosophes ne se contentent plus de
vivre leur christianisme; ils le veulent conquérant,
apostolique. Si le siècle les déçoit, ils descendent
dans la mêlée, ils prennent i>arti, ils jngent . . .
Maritain abandonne la sérénité du philosophe et
s'emporte contre l'oppression dû peuple allemand et
des minorités juives; Bernanos qui a assisté à la
naissance de la guerre d'Espagne dans l'île de Major-
que, s'élève contre le fascisme; Mauriac se mêje au
temporel qui déçoit sa conscience de chrétien.

Pour tous ces chrétiens, la religion est autre
chose que "le souvenir vague d'un ensemble de règle-
ments et de symboles imaginés pour faciliter l'obser-
vance des préceptes moraux;" elle est intimement
liée à chacun de leurs actes et aussi à ceux de leurs
semblables. Elle rayonne. De là naissent leurs
confessions; c'est le cas de Mauriac dont tout l'oeu-
vre n'est qu'un aveu continuel de faiblesse dans la
meilleure tradition pascalienne. Aussi leurs réac-
tions devant un monde qu'ils se sentent impuis-
sants à rapprocher de cette cité chrétienne dont ils
rêvent. De là ces accents de pamphlétaires que nous
retrouvons dans des réquisitoires violentes .comme
Les Grands Cimetières sous la lune. Autant de
témoignages qui démontrent la vitalité du catholi-
cisme dans la littérature française.

D'aucuns pourront rester étonnés de n'avoir pas
rencontré les noms de Bourget, de Bazin, de Bor-
deaux ou de Bertrand, dans ce panorama par trop
inco aplet. Qu'on ouvre une oeuvre quelconque de
l'un de ces écrivains: elle a déjà terriblement vieilli.
Elle semble aussi éloignée de nous qu'une pièce de
Marivaux. Us ont surtout insisté sur l'utilité sociale
de la religion; comme nous ne nous reconnaissons
déjà plus dans cette société qu'ils ont créée, nous
reconnaissons aussi difficilement la religion qui la
soutenait. Si la magie de l'art soutenait encore
leurs compositions, elles pourraient nous intéresser
à un autre point de vue. Malheureusement leurs
oeuvres ne dépassent pas une honnête moyenne;
elles sont d'honnêtes ouvriers, rien de plus.

Il est de mise dans certains milieux canadiens-
français de manifester ouvertement son mépris pour
la littérature française contemporaine, de la trouver
impie, en bloc. Jugement bien peu fondé. Autant
11 est ridicule de vouloir tirer toute la couverture
pour soi et affirmer que, en ce XX e siècle, seule la
littérature catholique "a l'honneur de représenter
l'Art", autant il est inconcevable de négliger cette
pléiade d'artistes catholiques qui, avec une force
accrue, font résonner le nom, de Dieu avec des
accents d'apôtres.

De Prof undis

Diem mon Dieu la distance entre nous n'est pas tolérable

Montrez-moi le chemin droit et nu et totalement véritable

Le chemin de mon âme a votre esprit sans smeun
. ? intermédiaire

De ce que les hommes ont construit entre le ciel et la terre

Je suis pauvre et dépouillée et tout me blesse

Tout est trop dur de ce qui se dit et trop humain pour ma

détresse
La douleur m'a ravi mon enfance
Je ne suis plus qu'une âme en deuil de si joie
Dans la terrible et stricte voie
Où vit a peine l 'espérance
Tout juste de quoi lever les yeux vers vous et ma solitude

est totale
Et cet ténèbres sont sur moi comme une pierre sacrificielle

et tombale
Comment avoir accès auprès de vous par delà les symboles
Et connaître sans nulle erreur la vérité de vmire Parole
Tout ce qui se dit de vous est sacrilège
Et ce que vous-même avez prononcé par nos mots un

mystère infini le protège
Et pendant que vous vous enveloppez de toutes ce'l

ambres
Le monde que vous avez fait resplendit de ses étoiles sans

nombre
Et le vertige da r abîme saisit mon âme
Et je -crie vert vous mon Dieu
Du. fond de T abîme.

JUïs»a MARITAIN

GUY SYLVESTRE

Critique littéraire et artistique au
Droit, et anciea directeur de la
Rotonde, qui vient de publier chex
Bernard Valiquette une Anthologie
de la poésie canadienne d'eapres-
alen française. On en lira une cri-
tique en eress 1ère page.

Chez ceux de Québec

La dernière réunion de L'ASSOCIATION DES
ANCIENS ELEVES DE L'UNIVERSITE D'OTTA-
WA ET DU JUNIORAT DU SACRE-COEUR, SEC-
TION DE QUEBEC, a eu lieu au Qld Homestead
Inn, mercredi soir le 16 décembre, sous la prési-
dence de notre ami Louis Coderre.

ETAIENT PRESENTS: Le Révérend Père Car-
din, O.M.I., de la Maison de St- Sauveur, le Révé-
rend Père Auguste Morlsset, O.M.I., de l'Univer-
sité d'Ottawa. Messieurs Louis Coderre, J.-P. Ro-
bert, Emile Chevalier, Gérard Bornais, Henri La-
belle, J.-Alphonse Martin, Colonel Turgeon, Léo
DeHaltre, Henri Paquet, Commandeur Paquet,
Samuel Drolet, Edgar Corbeil, A.-O. Miron, Lucien
Dupuis, André D'Astous, Gérard Leblanc, ainsi que
Messieurs Henri Brunelle, de Sherbrooke, Bob
Garneau, d'Ottawa, et H. Chagnon, de 8t-Hyacin-
the.

w La Direction avait invité comme hôte d'hon-
neur et conférencier, le Révérend Père Auguste
Morisset, O.M.I., ancien confrère de classe de plu-
sieurs anciens de Québec, et qui maintenant est
directeur de la Bibliothèque de l'Université d'Ot-
tawa.

Nôtre confrère conférencier a su captiver son
auditoire et nous a fourni des détails très inté-
ressants et précieux sur la Bibliothèque de l'Uni-
versité.

H nous a mis au courant du fait que l'Univer-
sité a inauguré un cours de psychologie expéri-
mentale en vue de former le Jeune homme vert
la pratique aussi bien que la théorie. Le Père Mo-
rlsset a fait revivre en notre mémoire des noms
d'anciens professeurs et bibliothécaires, tels que
les Révérends Boyon, Jasmin, Bergevin et Thl-
vlerge.

H a échelonné les différents stages de dévelop-
pement de la Bibliothèque depuis sa fondation en
1848 avec son nouveau début immédiatement
après le feu et cela Jusqu'à nos Jours. Il nous a
dit comment les directeurs du fonds Carnegie
avaient durant trois années consécutives, cela en
1932-1933-1934, accordé une bourse de $1,500.00
par année à la Bibliothèque. Il nous a aussi laissé
entendre que ce fonds n'existant plus, il fallait le
puiser d'une autre source et de là l'idée de fonder
une association des amis de la Bibliothèque.

Il nous a dit que la Bibliothèque de l'Université
était de deux sections, soit la Bibliothèque de
consultation et la Bibliothèque circulante ou de
prêts, cette dernière fonctionnant avec système
de cartes, ce qui donne à l'élève une période de
quinze Jours consécutifs pour puiser les informa-
tions qu'il désire prendre dans tel ou tel volume*
etc.

J

Il a été fondé récemment, soit en 1938, à l'Uni-
versité d'Ottawa, une école bibliothécaire à la-
quelle les élèves ont accès le soir seulement. Le
cours est de quatre ans et a surtout pour but un
service d'exactitude et de rapidité pour le lecteur.

En dernier lieu, le Révérend Père Morisset a fait
des comparaisons entre les Bibliothèques des Uni-
versités McGill, Toronto . Western et l'Université
d'Ottawa. Il nous a donné des chiffres qui noue
ont ébahis concernant l'aide financier que les
bibliothèques des Universités anglaises reçoivent
en comparaison avec l'aide financier que la bi-
bliothèque de notre Université reçoit.

Notre conférencier a terminé en nous Infor-
mant que le Révérend Père Recteur de l'Univer-
sité d'Ottawa sera à Québec en février pour le
sacre de Mgr Pelletier et le Père Recteur appré-
cierait si nous pouvions tenir notre assemblée
mensuelle de février durant son séjour à Québec
afin de le recevoir parmi nous. Une résolution à
cet effet fut adoptée.

Le Révérend Père Morlsset a aussi clôturé en
nous transmettant les voeux du personnel ensei-
gnant de l'Université d'Ottawa.

Monsieur Gérard Bornais, à la demande
notre Président, a remercié l'orateur.

de

Le Révérend Père Cardin comme toujours d'ail-
leurs a su mettre une note de gaieté à notre ré-
union par quelques phrases bien placées et aussi
très goûtées de l'assistance.

Monsieur Chagnon nous a dit tout son plaisir
de pouvoir assister à la réunion des Anciens
Elèves de l'Université d'Ottawa, section de Qué-
bec, et a formulé des souhaits pour pouvoir pren-
dre part à plusieurs autres de nos réunions dans
l'avenir.

Arthur MIRON,
secrétaire.

REUNION DE FEVRIER

Le 25 février dernier, les Anciens de Québee
recevaient le T. R. ''Père Recteur.

Nous publierons le rapport de cette réunio*
dans le prochain numéro.

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LA ROTONDE, S MARS IMS

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Le trophée Villeneuve

Voici, d'après nos archives, les statistiques
officielles an sujet du trophée Villeneuve.

11 faut dire font d'abord «a* la Ligue des
débats interuniversitaires a été fondée en 19ZZ.
L'initiative de cette fondation revient à l'Univer-
sité d'Ottawa. Le premier débat ent lieu entre
Montréal et Ottawa seulement, à Montréal. Les
représentants d'Ottawa, MM. De Gaspé Taché et
lingues Lapainte, ont remporté LA VICTOIRE.
Ce n'est «n'en 1332 mie le trophée Villeneuve
a été mis à l'enjeu et que les trois Universités
entrèrent en lice. Le résultat à date se lit comme
soit:

1S3Z-- Ottawa 1333-- Montréal
1534-- Québec 1*35-- Montréal
1 W M o nto éa l 1837-- Ottawa
193s-- Montréal 1939-- Montréal
194§-- Ottawa 1*41-- Ottawa
1942 Québ ec 1943-- Montréal
Doue Montréal a o victoires, Ottawa $, Que-
hoc *. ^

Notre concours
éliminatoire

Faute d'espace nous nous voyons forcé d'abré-
ger nos. commentaires sur les débats hebdoma-
daires. L'événement marquant du mois de jan-
vier a été la tenue du concours éliminatoire pour
le débat du Capitol. Bien qu'une invitation spé-
ciale ait été lancée aux philosophes en particu-
lier et aux rhétoriciens en général, peu de phi-
losophes se «ont donnés la peine de préparer
quelque chose, tandis qu'un nombre convaincant
de jeunes de rhétorique se sont présentés et ont
fait belle ligure. >

Cette attitude des philosophes surprend un
peu car on était en droit de s'attendre à plus
d'étudiants qui sont assez avancés pour préparer
un travail intéressant en peu de temps.

Voici maintenant quelques notes sur les ora-
teurs de ce concours; elles tachent d'être aussi
Impartiales que possible sans toutefois tomber
dans un excès de faiblesse ou de rigueur

CLEMENT BEAUCHAMP: a travaillé son su-
jet mais n'a pu condenser sa pensée. Il j avait
des phrases assez obscures, mais par contre les
argument s éta ient bien amenés.

JEAN -pierre BEAULNE: il dit de façon
impeccable, mais manque de feu. On se sent
plutôt en face d'une belle récitation qu'en face
d'une belle conviction.

JACQUES BELZILE: son sujet, Pasteur, se
prêtait mal à' un discours public. Bon travail
était bien fait mais on sentait un manque de
couleur

PERNAND CHARETTE: Je me suis toujours
demandé pourquoi Fernand Charette avait atten-
du si longtemps avant de se présenter comme
orateur. Son travail a été un des plus intéres-
sants de la soirée. Doué de talents oratoires re-
marquables, Fernand Charette a donné son dis-
cours d'une voix chaude et convaincue qui en
faisait immédiatement un candidat pour le dé-
bat du Capitol

JEAN -CLAUDE HURTUBISE: Obligé de se
préparer à la course, Jean-Claude n'en est pas
moins parvenu à nous présenter un travail ori-
ginal sur l'enseigne ment de la musique.

GERARD JOLICOEUR. Il est bien malheu-
reux que Jolicoeur n'ait pu nous donner son tra-
vail par coeur. Dans l'obligation de chercher des
phrases qui ne venaient pas il a tramé et n'a pu
finir son sujet.

GEORGES NORMAND: "Un sincère politi-
cien" de demain. H est assez rare de voir sin-
cérité et politique mis sur un même pied mais
tel est le cas pour Georges Normand qui nous
a présenté un travail magnifique sur la France.
Convaincu comme pas un, éloquent, sincère, il
a su intéresser même les plus distraits et les a
forcés à écouter jusqu'au bout un discours excel-
lent, présenté dans une forme impeccable.

YVES PILON: Il faudra tenir compte d'Yves
Pilon au cours des années qui vont suivre. Quand
il aura appris à bien maîtriser un vocabulaire
étendu, il lui sera facile d'entrer en lutte avec
les meilleurs orateurs. Votre humble serviteur
adressa aussi quelques mots, qui se changèrent
rapidement en une improvisation sur un thème
connu. Toge ou Armes.

Bravo, Jean!

Notre confrère, Jean Lupien, président de la
Société dés Débats français de l'Université, a
porté bien haut nos couleurs A Québec, lors des
débats interuniversitaires, quand il est allé dé-
crocher le trophée Paquet, au nez de nos con-
frères de la çtté de Champlain. Ceux qui ont vu
le beau trophée que M. Paquet, bijoutier, avait
mis en jeu à l'occasion du débat A Québec, com-
prendront pourquoi on peut se consoler d'avoir
perdu le trophée Villeneuve. Vraiment, ça valait
presque la peine tant est princière la coupe rem-
portée par notre confrère Jean Lupien.

Au nom de la Société des Débats et au nom
de tous les étudiante de l'Université, nous tenons
à féliciter chaleureusement Jean Lupien pour sa
magnifique tenue A Québec. En plus d'avoir été
choisi comme le meilleur orateur de la soirée,
il a prononcé un discours qui aurait fait pâlir
d'envie nos tribuns les plus éloquents. . . Tous
ceux qui connaissaient le talent de notre con-
frère ne sont pas surpris de sa belle victoire, elle
n'est que le juste couronnement d'un travail
acharné et constant.

A la section junior
?t des Débats

Les membres de la section senior d'immatriculation
de la Société des Débats français se réunissaient hier
après-midi dans la salle académique de l'Université
pour la discussion d'un sujet brûlant d'actualité: "Hitler
ne travaille pas pour le bien réel de l'Allemagne".

La négative, défendue par MM. Raymond Foumier et
Charles Leblanc remporta la victoire et ce dernier fut
déclaré meilleur orateur.

Le premier avocat de l'affirmative, M. Aimé Robi-
taille, démontra avec beaucoup de verve qu'un chef
d'état qui éloigne son peuple de la vraie religion, qui
substitue le paganisme à l'idéal chrétien, qui rejette le
Christ lui-même et tous ses enseignements, ne travaille
pas pour le bien de son pays.

M. Jean Provencher, son collègue, dans un discours
des mieux charpentés, fit prévoir le désastre futur de
l'Allemagne, causé par la fragilité de l'organisation inté-
rieure du régime hitlérien et par sa politique de domi-
nation universelle.

Les défenseurs d'Hitler -- défenseurs pour la cir-
constance -- s'attachèrent à montrer que son nom res-
tera dans l'histoire à l'instar des plus grands adminis-
trateurs et conquérants, et que, même dans la défaite,
l'Allemagne sera encore en meilleure posture qu'en 1918.

Aux intermèdes, MM. Rodolphe Biais et Wilfrid
Sarazin déclamèrent: "La Poésie des feuilles" d'Al-
bert Ferland, et "Le Héron" de La Fontaine. Suivirent
deux courts rapports sur le caoutchouc -- naturel et
synthétique -- présentés par MM. Gillefe'^Messier et Marc
Dubuc. Enfin MM* Armand Aussant et Alban Nadon
commentèrent brièvement les faits nationaux et inter-
nationaux.

Le jury était composé de MM. Claude Vincent, Pierre
Valin et Charles Letellier. Chaque juge ainsi que quel-
ques commentateurs, MM. Roland David, Jacques La-
mothe et Louis Lefaivre, vinrent tour à tour sur la scène
apprécier le talent des orateurs et la valeur de leurs
arguments.

Cetta réunion était sous la présidence de M. Fer-
nand St-Onge,.

Montréal remporte
le trophée

Nous offrons à nos confrères de Montréal
plus sincères félicitations pour leur victoire
dernier débat in ter -universitaire. Us ont ce
bien du mérite d'avoir remporté le magnifiq
TROPHEE VILLENEUVE car la chaude lutte q
nous leur avons livrée, prouve que les vairtqueu
étaient vraiment ires forts. En félicitant ni
confrères de Montréal nous né pouvons n
empêcher d'avoir un mot spécial pour notre coa
frère de l'an dernier, GUY GODARD, qui, ap
avoir défendu avec brio la cause de nuire Unlver.
«été, a été tout aussi brfflaut sous les couleurs dejfl
amis de Montréal.

? ? Palestre Universitaire ? ?

J. B.

Débats hebdomadaires

Depuis le début du deuxième semestre nous avons
entendu, au programme de nos débats hebdomadaires,
MM. Jean Claude Couture, Jean Gay, Robert Foumier et
Jean-Paul Rossignol, tous hullois. discuter l'influence des
Moeurs modernes sur la ferme. -- Sur la même tribune
de la saUe académique, MM. Jean-Jacques D'Aoust, Pierre
Maeeon, Jean-Pierre Beaulne et Pierre Jarry se sont de-
mandé s'il fallait croire au coup de foudre. Deux débats
intéressants où MM. Gay et Beaulne ont remporté des
succès oratoires notables.

Les débat s hebd omadaires, entre dos murs, restent le
creuset où se forgent nos futurs porte-couleurs dans les
grandes rencontres, et où se préparent tous ceux qui ont
quelques ambitions au coeur ...

Lundi le 1er lévrier, la section junior d'immatricula-
tion tenait son premier débat public de la saison, à la
salle académique sous àa présidence de M. Momies Posta-

ter. Après une courte allocution du président, M. R.
Lachalne nous récita une fable de La Fontaine.

Le débat "L'empire britannique est-il sur le chemin
de la décadence" fut discuté chaudement entre quatre
excellents avocats, MM. Luc Mercure et Paul Brunelle
pour l'affirmative, MM. Raymond Sabourin et Pierre
Daviault pour la négative.

Comme intermède au débat MM. Mondou et Coderre
nous intéressèrent chacun dans une courte récitation.
Monsieur Hubert Gratton nous charma dans une décla-
mation "Mes opinions". Elle lui valut le premier prix
des déclamateurs. H fut suivi de M. Martin qui, lui
aussi, se distingua. Pour terminer le débat, il y eut
une minute de réplique pour chaque orateur. M. Pate-
naude, amateur d'accordéon, nous joua d'excellents
morceaux.

Le Rév. Père Duguay, qui était juge avec M. Borde-
leau, professeur, rendit le verdict. Ils furent tous deux
unanimes à accorder la palme à l'affirmative et déclarè-
rent M. Paul Brunelle premier orateur, et M. Mercure,
second. M. Gratton fut le meilleur déclamateur tandis
que M. Coderre se classa deuxième. Après quelques re-
marques et quelques conseils du Père Duguay le pré-
sident leva la séance.

Richard MASSON.

Nos représentants ont été merveilleux
ici « u'à Québec. Les représentants de Montréal!
qui sont venus disputer la victoire aux nairei
étalent de arUlanis orateurs qu'il nous a fai
bien plaisir d'entendre. MARCEL LAURIN
LOUIS- PHILIPPE DUPUY ont détendu leoi
cause avec une vigueur et un courage que aen|
le calme et la solidité de nos représentante,
MAURICE CHAGNON et GUT BEAULNE, poa-
valent vaincre. A Québec, la magnifique vie toi.
re de JEAN LUPIEN démontre clairement qut
même défaits, nous avons là aussi fait preuve
d'une grande ténacité qu'un peu plus de chaned
aurait sans doute changée en victoire. PIERRE
DE BELLEFEUILLE, directeur de La Rotonde,
nous représentait aussi à Québec.

Le Varsity en semi-finale
contre l'Aviation

Les vacances terminées, un grave problème se
présentait au Vartsty notre équipe senior de bal-
lon au panier Jouerait-elle dans la ligue intermé-
diaire ou dans la ligue senior de la cité? C'est
alors une le Père Ubald Boisvert, donnant
toujours son aide précieuse comme directeur des
sports, convoqua une assemblée du club, où l'on
décida de participer à la ligue intermédiaire.

Après une rencontre avec la Marine, le Var-
sity aura terminé sa cédule, se classant ainsi;
Aviation, Commis Militaires, Varsity, Corps Pos-
tal» Commerce, Marine, Dépôt no 17, et Ordon-
nance. Pour mériter le troisième crochet, le gre-
nat et gris a dû remporter les victoires suivantes:
Ordonnance, 42-26, une déroute en règle; Com-
merce, 31-24, avec seulement cinq Joueurs; Corps
Postal, 69-29, contre des adversaires rudes mais
tout à fait déclassés; Dépôt no 17, 47-40, où Sha-
piro, qui semblait avoir l'arbitre sous son pou-
voir, profita de notre prêtre défensive pour comp-
ter 24 points. '"

Les seules défaites du Varsity eurent lieu aux
mains de l'Aviation, 38-47, où le Jeu supérieur de
nos six joueurs n'a pas pu résister à la force de
réserve et à la grandeur de l'adversaire, et aux
mains des Commis Militaires, 27-51, où tout alla
mal dans un gymnase étrange. Toutes ces joutes

inter-universitaire en qualité de président hono-
raire; Q a prononcé une courte allocution qui s
clôturé de façon magnifique une agréable soirée.

« La salle académique était reuapHe à déborder
et plus d'une centaine de personnes ne purent
trouver place à l'intérieur de la saUe... La popu-
lation d'Ottawa a tenu à manifester de façon
spéciale toute l'attention et tout l'Intérêt qu'elle
perte à la cause des étudiants de chez -nous et
nous n'avons qu'un regret à formuler, c'est que
la salle ait été trop petite pour une foule si
nombreuse.

Son Excellence Monseigneur Vaehon nous a
fait l'honneur et le plaisir d'assister au débat * urenfc marquées par le lancer précis de "Pep"

Laçasse, la belle tenue du "rookie" Gaétan Valois,
et les longues courses de Joe Richer. Le pilote
Ray Lefebvre donne parfois un coup de main à
un de ses protégés, lui accordant ainsi un repos
bien mérité. Malgré quelques faux pas, Ray dé-
montre encore les qualités qui jadis lui méritè-
rent les éloges des connaisseurs de ballon au
panier.

En attendant les semi-finales contre l'Avia-
tion, le Varsity joue des parties d'exhibition avec
le Séminaire, Glèbe, Lisgar et Tech, n y a aussi
une grande possibilité que l'Université de Mont-

de la taille de Jean Dufour, Bert Nolan ou Cari
Legault, sera vainqueur contre l'Aviation, grâce à
sa détermination, A son jeu d'ensemble et au sup-
port des étudiants, y compris les externes.

Quant à nos équipes inùerscolaires, elles sui-
vent les traces du Varsity. Les juniors, compre-
nant plusieurs midgets, occupent présentement
la troisième position dans le classement. Si Dick
Parisien, Hec Lecasse, Marc Rochon et Paul OUi-
vler continuent à afficher une aussi bonne tenue,
le club sera un aspirant sérieux dans la course
aux honneurs. Les bantams, mettant en prati-
que les conseils du pilote "Pep" Laçasse, ont fini
bons premiers avec seulement une défaite pour
gâter un record parfait. Conduits par Talllefer,
Pajot, Lefaive et Janisse, les Coqs, prenant soin
de ne pas être trop confiants, devraient rempor-
ter le championnat pour la troisième fois en qua-
tre ans.

Un dernier appel aux étudiants: si nos équi-
pes perdaient, vous seriez justifiés en les criti-
quant et en ne venant pas en foule, mais nos
équipes sont victorieuses, donc . ... .

F.L.

réal vienne nous visiter et que l'on retourne leur
Guy Beaulne qui a été le premier orateur, J tovitatton *»y Le«ebvre, le Père P. Boûvert
immédiatement retenu l'attention du public par et le gérant, Tom O'Rourke, ont confiance que
la perfection de son débit et l'élégance de soa £ Y^^ malg T ré A** 80 '" ^5°* ?' un jo " eu !
geste. Son intéressant plaidoyer, agrémenté de
fines pointes d'humour a été ' tout à fait goûté
de l'assistance.

Le premier orateur de Montréal, Marcel Lan*
rin, a présenté un solide travail contre le maté*
rtallsme moderne et c'est avec uni art consommé
qu'il a tenté de convaincre l'assistance, très
sympathique du reste, que l'argent ne pouvait
faire le bonheur. Un habitué de la scène, Marcel
Laurin a plu infiniment.

Procédant avec une logique impeccable, Mau-
rice Chagnon nous a démontré que le sujet di
débat ne traitait pas de la quantité du bonheur,
mais du bonheur tout simplement. Ses grandes
connaissances philosophiques lui ont permis de
donner une très belle définition du bonheur
envisagé par l'homme sage.

Le dernier orateur de la soirée, Louis-PhJUippt]
Dupuy s’est avéré un puissant orateur. Connais-
sant à la perfection tous les secrets de la rhé-1
torique, Il nous a tour à tour émus, amusés, et par-
dessus tout, U nous a vivement intéressés. S’f
défend ses futurs clients avec autant de fougue
qu’il a protesté contre les a *rmations des repré-
sentants d’Ottawa, plus d’un juge se laisseï
fléchir.

C’est dans la réplique cependant que nous
nous sommes affirmés. Maurice Chagnon a été
sublime, disons le mot. Il a pris le débat de set|
adversaires, l’a fendu, pourfendu, réduit
pièces et a ensuite réduit ces pièces à néant
Ceci ne veut pas dire que les trois autres orateui
n’ont pas été brillants, mais en toute justice –
faut signaler de façon spéciale le magnifique
travail de notre confrère Chagnon.

Le jury qui se composait du Très Révèrent 1
Père Marchand, OP., de Me François Caron et .
M. le magistrat Sauvé a rendu du verdict de 2
1 en notre faveur. C’est donc dire que la lut
a été chaude, et que vainqueurs et vaincus se soi
surpassés. Le débat était sous la présidence
M. Maurice Chevalier qui s’est acquitté de
tâche avec tout le tact et tout le talent ou’<
lui connaît.

Un Intéressant intermède de piano a été exi
C ÎT J** m * demol «ne Luclle Richard, brillant
pianiste de la capitale. Mademoiselle Richar
wt me madehiuie de talent qu’il fait toujoui
plaisir d’entendre.

A nos représentants, à nos confrères de Monfl
réal nous tenons à offrir une fois de plus m
sincères félicltetteus. Nous nous reprend roi
l’an prochain.

Nos équipes de gouret
participeront aux finales

A la suite des saisons fructueuses de rugby
et de ballon au panier, la saison de gouret est en
train d’ajouter aux succès sportifs de l’Université.
Depuis les premières joutes, lu grenat et gris a
remporté dus victoires éclatantes, et, malgré quel-
ques défaites amères, U demeure toujours une
équipe puissante qui sème la teneur dans les
deux ligues qui la représentent: junior de la Cité,
et junior Interscolaire. « Aille » Garland, pilote
rusé dont la popularité s’acrolt tous les jours, di-
rige de nouveau nos équipes. Ses conseils pru-
Tout récemment, nous avons salué avec plaisir quo- dents, ajoutés à ceux du Père Ubald Boisvert,
aLSTÎÏLi^S? ** 0ren f t **- aris: Palier Sullivan, préfet de discipline, seront un puissant atout dans
SZÏiLKZSîIï ! »£?* 5p ff ** Jaci **** Bruneau. Ce la course aux honneurs.

xTZiï^jss. ‘SfîEJttzsr îrst **? 22ra S? se ss î* cué com –

lon» voient à ee qu’il sWsVtïïn menceront bientôt, mettant aux prises runivtr-

x x alté contre Burghs. Ceux-ci, plus pesants et plus

KttflLjjMA m .. , . agressifs que les nôtres, devraient cependant

ttons de oourot. Il concédait tous les honneurs possibles
aux Feutlles d’Etabli et vokH qu’aucuns de ses prêdie-
SP »** * a ** moindre espoir d’être réalisée. (Ton arbre de

X X ^ X

Pascal Caron semble oublier que les prix sont élevé*
en temps de guerre: lors d’un rendezvous récent au
Glèbe, les cordons de sa bourse, qui ne contenait que
25e, furent déliés par Us « U-chars », mettant fin ainsi à
une soirée sur laquelle il fondait de beaux espoirs ….
Toujours souriant, Pascal attend avidement la saison de
baseball, où il excelle.

xxx
Walt Murray, solide défense des Commandos, va
créer un précédent dans l’histoire du gouret: Van der-
nier, U gagna ht coupe Allait avec t Aviation et, cette an-
née, il fera de même avec l’Armée. (Compris, « Porky »)
xxx
Ed. Beaulieu, après la retraite: « J’ai far conscience
m claire, mon gousset plein ». — « Chief, la victime: « Je
ne roule plus . . . pour trois oe quatre jours! »
xxx
La Rotonde publie son équipe d’étoiles dans la ligue
Québec senior: (buts) Bastien, (défenses) Stahan et Ed-
doUs, (centre) Neil ColvUle, forants) Bruneteau et Ma-
rio, (utilité) Kenny Kilrea, (gérant) Lex Cook. Où sont
les Royaux, « Tiger »?

xxx
Discutées ici et là; la barbe de Hec Laçasse– la ra-
tion des liquides– le palais d’Yvon Pépin– le retour de
« double-dribble » Bélisle — la grande vente des cartes
de la bibliothèque — le mariage prochain de John Du-
four — les farces de Max Guitard — le cadet Vary, sol-
dat malgré lui — le* oreilles gelées de Louis Rocque
qui ont arrêté le trafic — la nouvelle coiffure de votre
correspondant.

xxx
En se livrant à la boxe, les jeunes de la petite cour
se livrent à un sport qui demande une santé saine; un
jugement net et précis, un esprit fin et prompt, facteurs
importants pour leur formation. L’oeuvre du R. P. Ray-
mond Lemieux, directeur sportif, est un véritable succès.
xxx
En parlant de, boxe, nous aimerions voir les combats
‘suivants: Cormier vs Thibert; Bellemare vs Paquet (Ro-
drigue arbitre): Richer vs Blackburn (combat oral). Ti-
D’Aoust pourrait agir comme instructeur physique.
xxx
Le cadet Dubé est inconsolable ces Jours-ci et pour
cause: non seulement at il la mâchoire’ brisée, mais en
plus son liquide favori est rationné.

XX X

Record de la semaine: « Ma», hat. aiul sérénade »,
par « Qinosaur ».

Le rédacteur sportif de la Rotonde offre ses sym-
pathies les plus sincères à Guy Côté, confrère de classe,
et à sa famille, pour la mort soudaine de son père, feu le
sénateur Louis Côté.

Ferastné LaBreace

batif des collégiens. Ce sera ensuite une lutte
chaudement contestée entre Varsity et St. Pat’a,
champions probables de la ligue senior in te racolai –
re. Le vainqueur de cette série entreprendra alors
le long voyage vers la Coupe Mémoriale en pas-
sant par Toronto, les Maritimes, Montréal et
l’Ouest. « Pun » Melançon, Ray Ifacdonald, J.-P.
Dubé et J.-L. Pépin, membres de nos champions
Juniors de l’an dernier, forment le noyau de
l’équipe. Leur expérience est une aide précieuse
pour les « rooklei » Cantin, R. Pépin, Muretich,
Lalonde, Sarra-Bournet, Schmidt et Blanchette.

Un mot spécial pour Melançon et Macdonald:
leur jeu solide et leurs efforts infatigables en ont
fait de brillantes vedettes. Somme toute, avec un
jeu d’ensemble et un esprit d’équipe semblables à
ceux qu’a démontré notre équipe junior
de rugby,, le «ub junior de la Cité causera g’ agréa-
bles surprises à ses partisans, dont le nombre de-
vrait être bien plus élevé.

Douée d’avants légers et excessivement rapi-
des, de défenses solides et d’un gardien de buts
parfois invincible, l’équipe junior interscolaire a
terminé la saison en troisième position. Les deux
premières joutes furent des revers pénibles pour
nos vaillants porte -couleurs, car aux deux repri-
ses ils, ont joui d’une supériorité marquée; mais
Dame r*ortune ne leur sourit guère: lors de leur
rencontre avec le collège St-Patrice, les Irlandais
remportèrent la palme dans les cinq dernières
secondes. Cependant, le grenat et gris gagna les »
trois Joutes suivantes: 4 à contre Glèbe, victoire
assez facile; 11 à 2 contre Lisgar, une bonne pra-
tique pour les nôtres, bien dirigés par Noël Bélec
en l’absence de Oarland; 9 à contre CDmmerce,
impuissante devant la brillante tenue de Robert
Pépin. Après sa déroute du Nepean,, l’Université
se mesurera contre Tech ou St. Pat’s et aura
ainsi l’occasion de venger ses défaites. Les mem-
bres de l’équipe ne sont aucunement des étoiles
qui cherchent le succès individuel; au contraire,
c’est un pour tous, et tous pour un, ce qui expli-
que leurs succès éclatants. Mentionnons cepen-
dant le travail digne de louanges de Robert Pépin,
excellent patineur et bon compteur, John Mure-
tich, joueur fin et « backchecker » tenace, Bob Le-
roux, Pineault, Sarra-Bournet et Jean-Marie Thi-
bault, gardien de buts rusé et roi des blanchissa-
ges. Malgré la perte d’André D’Aoust, pHler de
l’équipe, à cause de santé faible, nos juniors ont
d’excellentes chances de mériter le championnat
qui leur échappa l’an dernier.

FX.

;

‘ « » **-{!

Les jeux thez les jeunes

1942-43 HOCKEY

La saison de hockey fut très brillante dans la Divi-
sion des Petits. Les différents clubs des trois ligues
intramurales se disputèrent avec un enthousiasme conti-
au l’honneur des championnats senior, junior et midget

A la fin de la cédule régulière, les équipes se clas-
saient ainsi:

J G P N Fte

8 6 12

~ 8 2 3 1

–«- » * a i 3 2 4

o w ? » «» —

8 14 13

SENIORS
Bourdon
Sabourin
Turpin …
‘ Rousselle

JUNioms

Jolicoeur

Sauvé

Dumont …

flaîm

Leblanc 8 2 3

Laileur 8 2 4 4

Llgat Séoior

Le club du capitaine Gilles Bourdon ayant remporté
liix victoires décisives en autant de parties, il fut déclaré
[par le fait même champion de sa division. Cette équipe
*e fit remarquer par son magnifique jeu d'ensemble, la
nqdHté de ses avants: ti-Gilîes Bourdon (Ottawa), Jules
^Boo'J.Biron (Montebello). i4 Charlie" Beawparlant (Hull)
Georges Pommier ('Tilt* pomme" de Cornwali). Hu-
»«rt Trude! (Ottawa) et Henri Maloum (Bail) sur la dé-
jfense apportèrent leur appui à la phénoménale tenue de

marc "Ti Doc'' Biron (Montebello) dans les filets, lorsque
parfois la rondelle parvenait jusqu'à lui! . . .
Ligue Junior

Les finales de deux parties dans trois mirent aux
prises les équipes des capitaines Raymond Jolicoeur et
Albert Sauvé. La première joute fut gagnée par Jolicoeur
au pointage de 4 à 3 tandis que Sauvé gagnait la deuxiè-
me 2 à T. Quant à la troisième et dernière, ce hit une
lutte épique où chacun fit plus que son devoir . . .

Du commencement à la fin de la joute, la balance
de la victoire oscilla d'un club à l'autre et le résultat
resta indécis jusqu'au sifflet final mettant fin à de vraies
hostilités . . .

Et la palme du eh--plennat revenait au club de
Sauvé qui gagnait cette dernière rencontre 4 à 3 et les
finales, deux parties à une.

Voici les noms des vainqueurs: l'habile capitaine
Albert Sauvé (Cochrane); les brillants avants: ti-Guy
Dulude (Angliers), Jean "Ray" Trudeau (Montréal), et
Rager "Porky" Rochefort (Tiramins); les défenses'. Gé-
rald Cousineau (Timmins), Jean "CAme" Provencher
(Baie Comeau) et George Ziromerman (Eaatvsew); enfin
et surtout celui qui se surpasse dans las filets par des
arrêts sensationnels: le gardien de buts Albert Guil-
bault (Rouyn).
Ligue Midget

i Enfin, cher tes "Petits" où l'ardeur remplace souvent
'4e nombre des coudées" . . . une série de deux dans trois
devait aussi être joué entra les club» de Don Johnson
ot de Jean-Eudes Leblanc Mais comme la première joute

se termina nulle 2 à 2 malgré 40 minutes de surtempa, il
fut convenu qu'une seule autre partie déciderait du cham-
pionnat.

L'équipe de Johnson en gagnant cette partie décisive 2
à après un combat des plus acharnés se vit décerner les
honseors de cette ligue.

Rappelons les noms de ces valeureux champions: le
brillant capitaine Don Johnson (Eastview), le fameux cer-
bère "ti"-Pierre Caron (Montréal), "sensation de la
saison", les rapides avant* Paul Rouleau des "futurs Flyera
de Cornwair*. Earl Dooley (Billings Bridge) P.-E. La-
larouche CN.-D. du Nord) et les "solides" défenses Tony
McConville (Eastview) et Raymond Boily (Roberval).

X X X X

Ballon au Panier

Et. maintenant voilà nos jeunes lancés dans les acti-
vités du Ballon au Panier. Chez les Seniors, la lutte pro-
met d'être vive entre les clubs de RobitailJe, Taillefer,
Biron et Rochon. Chez les Jmiors, chacune des équipes
de Lemieux, Jolicoeur, Saint-Pierre et Trudeau bataille-
ra ferme pour remporter le championnat. Chez les Mid-
gets, les joueurs de Rouleau, Diguer et Dooley ne se
sont pas encore dit le dernier mot.

X X X X

Tournois

Enfin, commenceront ces jours-ci les tournois des
jeux intérieurs: pool, ping pong, sacs-de sable, courses et
autres. En attendant, chacun pratique de son mieux afin
d# s'assurer les futurs honneurs de ces championnats.

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LJhJESiM

GSM

Page 1#

LA ROTONDE, S MARS IMS

? Sur le front des Étudiants ?

lié m« année, Ne 1

S avril lUt

Quel malheur que le numéro spécial de février
-ait privé étudiantes et étudiants d'un compte-
rendu détaillé des activités des vacances . . . Mais
c'est là la rançon de la culture; songez un peu
aux immenses acquisitions intellectuelles puisées
dans la lecture d'articles si bien documentées.
X X X
Les vacances ne sauraient être, complètes sans
la visite d'anciens copains actuellement en exil.
Entre autres; mentionnons Jacques et Roger 81-
mard, Robert Asselln, _André Qarneau, Laurent
Rochon et François LaFlèche ... En bon tacti-
cien, ce dernier vient dfe faire une retraite, mais
entendons-nous: une retraite stratégique dans le
domaine sentimental; la contre-attaque fut aus-
sitôt lancée par un confrère officier du CJE.O.C...
L'ami Paquet s'est révélé un bien pauvre frappeur
de relève. »-

XX X
Réflexion c!e notre philosophe -- président
Carnlel: "On entend parler de la 1ère et 8ième
armées mais où sont les six autres?" . . .

X

Cum Crano Salis

croyons posséder les premiers droits de publica-
tion sur tout article écrit par les "quatre chattes
noires". Jusqu'à date, elles ne sont pas sorties de
leur léthargie et nous attendons encore avec
patience.

XXX
Oûy Laframboise maintient qu'il aurait 'battu
le record de Johnny Fripa sur la côte de slalom
à Camp Fortune si ce n'eut 'été de sa chute ma-
lencontreuse A dix pieds de la fin. Tâche de con-
tinuer et tu pourras avant longtemps enseigner
le ski a la petite EUeen

X

I

Certains membres du club de gouret junior
avaient-ils un si pressant besoin de faire passer
un chagrin? Us venaient pourtant de gagner par
12 à . . . * K

XXX

Sympathies à notre unique Dubé. On dirait
que plus c'est gros et fort, plus ça casse facile-
ment.

XXX

"Jo-Jo" est à se tailler une réputation des plus
enviées avec sa nouvelle formule de sucre qui,
paralt-il, une fols dans le café, produit des bulles
de savon. L'Inventeur nous apprend aussi qu'il
émettra prochainement une manière moderne et
efficace de faire éclater le mais; malheureuse-
ment nous ne pouvons dévoiler son nom avant la
fin delà guerre.

XXX

Avez-vous remarqué le magnifique petit arc
noir qui surmonte la coquette bouche de notre
"Porky"? Si dui, je suis sûr que vous essaierez de
le "singer". Quelques-uns ont déjà tenté l'expé-
rience d'ailleurs, mais avec moins de résultats . . .
XXX

Notre fameux capitaine des équipes de ski,
Louis Roblchaud, attend ses skis pour le milieu du
mois prochain. Nos félicitations Louis,, et meil-
leur succès avec tes skieurs pour l'année 1944.
XXX

Si jamais vous êtes en peine pour vous procu-
rer des billets de théâtre lorsque votre gousset est
vide, vous n'avez qu'A vous rendre au Cartier et
enlever la pancarte*. . . Pour plus de renseigne-
ments, consultez Jean-Claude Couture.
XX X

Ce n'est pas pour faire concurrence aux "trois
hommes sur le clavi graphe" (Fulcrum) mais nous

Un mouvement

Noms voulais souligner à votre attention un splendide
mouvement de retraites fermées, qui a surgi soudaine-
ssent à l'Université an printemps de l'an dernier.

Os fins de semaines inoubliables vécues à la Maison
dn Sacré-Coeur à Hull, sont dues i l'intelligente colla-
boration entre les Pères et les élèves organisateurs. A
cette Intime collaboration il faut ajouter un antre facteur:
la propagande faite par la satisfaction évidente des retrai-
tants à leur retour. Ce fut d'abord, en février 1942. l'en-
thousiasme de nos 42 finissants lors de leur retraite tra-
ditionnelle. Un antre affluent vint bientôt grossir, ce
courant: le flot d'impressions déversées par les retrai-
tante du groupe de M. Charles-Henri Bélanger, alors tra-
ducteur et élève du cours supérieur. M. Bélanger avait en
effet organisé an cours du carême une retraite en fin
de semaine pour les jeunes gens de la paroisse du Sacré
Coeur: 5* jeunes répondirent i son appel, la majorité
comprenait des externes de l'Université plus deux pension
?aires. . .

Le retour de ces retraitante lança le mouvement Ces
a "TTÎLi'" ?* rtlc,,Mer » ?* **?* pensionnaires, vou-
laient offrir le même avantage à leurs confrères. Et
hnR retraites présentèrent le résultat imposant de 259
retraitante.

L'approche des vacances obligea à suspendre ce beau
teavaiL dont le mérite revient au .dévouement du E. F.
Bernée LeganIL O.M.I , et à la prédication ardente et
pratique du E. P. Gabriel Morvan, O.M.L

Cette année les retraites fermées en fin de semaine
devinrent une organisation officielle dans notre vie
universitaire. Le T. E. P. Recteur nomma en octobre
dernier le P. Marcel Duguay, OJK.I., directeur dn meuve

T!rL *,**** te Fèr * d******" *** retraites fermées chex
les étudlente est visiblement heureux d'annoncer que plus
de 399 étudiante ont vécu le silence fécond de la retraite
fermée et bénéficié de te prédication apostolique
EE. PP. Henri Barabé et Gérard Branlt.

H faut voir avec quelle, conviction le Père directeur

^ n "!Jï! U / ,,ra ,ttelBt ""-I"* *o??*o o«? o*)«ctif de
ouu retraitante.

Tel est, chers lecteurs, le nouveau mouvement qui
a pris cwit en norte vit estudiantine. -_

?

- ?

X X

Cauchemars du mois: la disparition de Méthot
pour les forces armées . . . Maurice Théorêt aper-
çu au Club Fairmount... Jean Mercier et ses ma-
nières raffinées pour la cuisine du "Skollège" . . .
Nos joueurs de cartes s'assemblent dans les tri-
pots à la mode, durant les vacances . . . Elolgne-
ment soudain de la vie mondaine de Clem C as ton-
guay . . . Noël Bélec parcourant les rues de la vil-
le comme un vieux célibataire ... Le faux-départ
de Labrosse pour l'armée (11 s'était même fait don-
ner une brosse) , . . Désormais il s'en tiendra aux
études et à sa page sportive ... et il nous promet
d'autres prédictions sensationnelles pour le gou-
ret .. . C. B. Major allant contre ses principes;
attention à la jeunesse, Charlie! . . . Vaine atten-
te pour Madeleine au chalet. Langelier nous pro-
met toujours qu'elle viendra certainement diman-
che prochain ... P. Qarneau et ses complications
du samedi soir suivies de mille excuses . . . Jules
Benoit a décidé de s'enrôler. Après avoir tenté
ses chances à la Marine et à l'Aviation on le re-
trouve dans son ancien uniforme du C.E.O.C. . . .
***"»*» ffifflj fief* encore perdu.
XXX
Que dire des Jeunes filles du collège Notre-
Dames pour qu'elles lisent notre Rotonde? Nous
pourrions toujours donner un compte-rendu de
leur soirée au Château Laurier. Encore pourrions-
nous parler des Jeunes gens qui vont visiter les
classes du collège ou même vous présenter les
futures correspondantes.

X X X
Gène Marchand et Pierre Valin, deux fervents
du ski, nous font. part de leurs impressions. Eu-
gène prétend que sa piste favorite est le "Home
Run", exclusif au "Skollège" et paralt-il qu'elle
est accessible à tout instant du Jour et de la nuit;
même si parfois il faut un peu de courage pour
la parcourir, lorsque tout est fini, l'on est soulagé
et a l'aise. Pierre préfère les incursions de nuit
dans le bois (du voisin). Il soutient quelles rap-
portent plus de confort et de satisfaction person-
nelle.

XXX

Marcel Joyal après s'être désâmé pour le con-
cert Dickenson n'a pas même réussi & parler à la
Jolie cantatrice. D semble avoir un penchant na-
turel pour le sexe faible aux cheveux noirs
XXX

Avez-vous vu Yvon Pépin au débat samedi soir?
Le pauvre gars tremblait plus que la Jolie demoi-
selle au piano. Heureusement qu'il n'y eut pas de
troisième rappel car c'en eut été trop pour notre
directeur de la page des étudiants.

xxx

Les membres du club de la Cité désirent re-
mercier par l'entremise de la Rotonde Monsieur et
Madame Berthel ainsi que leurs deux fils pour la
magnifique réception qu'ils leur ont accordée.
X X X*

Les copains McBain, Joyal et Lalonde ont tom-
De uien mal pour leur première visite aux abords

de Camp Fortune. Des rigueurs d'un froid de
trente sous zéro, le "Skollège" leur fournit un abri
bien apprécié. "Tit-Jean" Laframboise et cie le»
accueillirent d'ailleurs à bras ouverts.
XXX

Un distingué visiteur au chalet de ski fut notre
populaire principal d'Immatriculation, le R. p.
Trudeau. Les carabins se rappellent autant son
entrain de tous les Instants que la charmante vi-
site dont il s'était Improvisé le guide!
XXX

Problème du mots: Qui présentera la meilleu-
re binette sur le portrait des finissants. La cour-j
se est serrée car il ne nous manque pas dé Roméo»
de Oasanovas et de profils "à la Phidias" .
XXX

Félicitations les plus chaleureuses à nos qua-
tre orateurs des débats Inter-unlversltaires. A
Ottawa, Chagnon s'est surpassé a son Jeu favori
tandis que notre président Jean Lupien nous rap-
portait de Québec le trophée de meilleur orateur
de la soirée ... A la suite du débat, la clameur
populaire réclame de plus un agrandissement de
la salle académique. *

XXX

Pour avoir dessiné toutes les cartes d'identifi-
cation des rangées au concert Dickenson, ce pau-
vre Clem méritait certes plus que deux places
à l'arrière de la salle. TJne chance qu'il est un peu
fataliste! Depuis ce temps, peut-être aussi qu'une
gentille Montréalaise l'a consolée de ses déboires
universitaires?

xxx

Jamais tramway n'avait déversé à la maison
du Sacré-Coeur troupe mieux disposée que la. clas-
.se_des finissants 1942-43. en cette soirée du 9 fé-
vrier ! ! ! Le grand Edgar a affiché tout le temps
un sérieux des plus déconcertant; quand à Sarra
U ne le sera Jamais . . . "Ross" et le "Grand-
Chef" faisaient aussi des efforts surhumains mais
la pauvre nature humaine est toujours là
Latrémoullle, Latendresse, Bélec, Lafrenière"
Joueurs de cartes Invétérés, ont fait des leurs là-
bas .. . René voyait toujours tout en rose et pour
cause . . . -Jeep", un de septième, profita de l'oc-
casion et ne le regrette point . . . Les confrères
anglais se bornaient à des discussions animées et
à de longues marches sur la galerie . . . avec Paul
B toujours au milieu d'eux . . . Notre menu Mar-
cel et le lecteur Louis discouraient sur les amitiés
platoniques (et en connaissance de cause)
Coïncidence assez singulière; pour la femme chré-
tienne Idéale, leitt choix tombe sur la même per-
sonne ... la Cote-de-Sable se réclame de cette
Heur! . . . Tous les gars nous sont revenus au-
réolés de recommandations et de saintes disposi-
tions. Quant aux promesses ... ?

xxx" -

Note de fin pour les adeptes du ski: n'oublies
pas qu'il sera possible de pratiquer votre sport
favori au- moins Jusqu'à la mi-avril cette année.

CASTOR et POLLUX

Directeur: Pierre de Bellefeullle

Organe de la Société des Débats français et des étudiants de langue française de l'Université d'Ottawa

'Préparons nous"

^r

Rédacteur en chef: Guy Bcauloe

PIE XII, PAPE DE LA PAIX

~*=7

Les sept sens

Carême! Carême!
Carême !

RETRAITES

FERMEES

KN FIN DE SEMAINE
-- A date, I retraites: nhss de Sut retraitants --
--CHOISISSEZ VOTRE GROUPE,
--INSCRIVEZ-VOUS AU PLUS TOT.
13-15 MARS: COURS DES ARTS
3-5 AVRIL: COURS D'IMMATRIC.
Section des grands.
1042 AVRIL: COURS DES ARTS.
S'ADRESSER A:

FOUm LES ARTS: POUR L'IMMATRH :

Jean Pierre Beaulne Bernard Brisson

Georges Normand Roland St-Onge

Roger Bemier Robert Bisson

P. Marcel Duguay, O.M.L, directeur

Bienven ue à tous, EXTERNES et INTERNES!

'?? * ?

j. tffi *.? î? chantier raconte une histoire amusante
de 1 élection d un contremaître au chantier. On voulait
nommer un Anglais parce que la majorité était anglaise.
On met aux prises uu petit Canayen et un gros^iient
Celui qui dira le premier en anglais ««That's enouVh '
rentre aura gagné la place. %^SSmV^lSSfâm
bout dune heure l'Anglais renâcle: "That's enough"...
^T " relè r e e ? M 'r "" 1 - »«*« « «H à ses nom.

fois-là, j ai eu une belle place parce que je ne savais nas
parler anglais !" - (U. Désert 4m lies - taSh

A un concert de l'Alliance Française . . . Mme Fer-

tfafaL^M* S*? 1 *? ****»**"> « Jaque-Catelain
(J aime le trait d'union) . . . Ironie du ?*?* i. nr . M iA.~

dljjit des ver. et le êtwàèJFSJS £?et£T>*!

Soirée charmante et très instructive: JTai eompté g' ht

mières dan. chaque lampadaire et autour d?X«ue £o

mière 24 pendants de verre. C'est beaucoup, .«Ee 'pas.

II va aussi à peu prés M mlrrolrs dans le grand nannean

enf.ee, ainsi que It petite, colonne, jaune?^ îrïïmes"

rendes en marbre vert... Très instrnSfc *~">

o * o

Omi'^LJ^M 7 ï K2H5 mu hnt *? Premier ministre.
ïïSSUSZi r tateBaBt «?o * édition de comédien

av.R mT+JS XJff ^J* "-- o o Wchelkni
Î7 "i. ^S _."» GaBd ** o «i chèvre, Benny a son cheval.
Mackende Kftng a son chien, et la F.C.I^ , achats?''.

o o o

Quand est-ce que les étudiants d'Ottaws auruut d*s

o o o - *

Quel est ee professeur qui prétend une rhaa»a** oot
nn être "ratiouuable" ?

Nous sommes en décembre 1918. La révolte et
la terreur soulèvent des bagarres dans les rues
de la cité affamée de Munich. Les Spartacus,
ameutés par Karl Liebkneckt et par Rose Luxem-
bourg, parcourent la vieille capitale bavaroise pour
tuer leur pire ennemi, cet archevêque italien, qui,
sans craindre leurs menaces, continue à les dé-
noncer du haut de la chaire de la cathédrale, et
assemble sous sa main paternelle le reste des
chrétiens. Son assassinat a. été' vite arrêté; et,
un escadron de mécréants, armes à la main, fait
Irruption dans le palais éplscopal, et gravit l'esca-
lier qui mène aux appartements du nonce. Mais,
surprise! cet homme de haute taille, à la figure
osseuse et au sourire désarmant, qui se porte a leur
rencontre, n'est-ce pas le délégué papal lui-même?
OuT, c'est lui; et, avant que les rouges aient fait le
moindre geste, il commence à leur expliquer, tout
en sympathisant avec eux, leurs troubles et les
solutions qu'on pourrait y apporter. Honteuse-
ment, les soi-disant meurtriers laissent tomber
leurs armes, et, un à un, gagnent la sortie.

Cet évêque, sous le nom de Pie XII, règne au-
jourd'hui sur 380,000,000 d'âmes, dans le monde le
plus acharné qu'ait connu l'histoire chrétienne
jusqu'ici.

Eugène Pacelli est né à l'ombre du Vatican, le
2 mars 1876, d'une vieille famille romaine au ser-
vice des Papes depuis nombre de générations.
Mais, celui-ci devait dépasser tous ses ancêtres.
Bon nom de Pacelli lui ouvrit toutes les portes.
Soit au Lycée Royal, soit au Collège/ Capranica,
soit à l'Apollinaire, soit à l'Université Grégorien-
ne, ses succès furent tels qu'Us lui méritèrent les
félicitations personnelles de Léon XIII. Jeune
prêtre, docteur en philosophie, théologie, droit ca-
non, l'abbé Pacelli est nommé par le Pape-même
professeur de loi ecclésiastique; mais ses capaci-
tés de légiste aussitôt reconnues le firent entrer
aux Affaires Etrangères où, pendant treize ans,
sous le Cardinal Gaspard, 11 apprit à devenir un
des diplomates les mieux formés de notre siècle,

Le jubilé de notre recteur

ministre, camerlingue, légat à Buenos-Àyres,
Lourdes, Llsleux, Washington, Budapest; toutes
charges nullement attachées à celles de secrétaire
d'Etat. Pendant dix ans, le Cardinal Pacelli sera
le bras droit du Pape à la Fol Intrépide; et, quand
celui-ci mourra après dix-sept années de règne
glorieux, le Sacré Collège ne s'attardera pas sur le
choix du nouveau Pape. Le 2 mars 1939, le Vati-
can et le monde catholique avalent un chef: Pie
XII, "Pastor Angellcus", le Pape de la Paix.

Oui, vraiment le Saint-Père 'est le Pape de la
Paix. Son nom nous le dit: Pie XH, successeur de
Pie XI le pacifiste. Sa devise nous l'annonce:
"Opus Justltlae, pax." 8on attitude le démontre-
ra. Dès le lendemain de son élection, le monde re-
tentit de son premier appel h la paix, "cette paix
que Notre prédécesseur de vénérée mémoire a de-
mandée avec tant d'Insistance ,et pour laquelle U
a offert sa vie; cette paix, sublime grâce du ciel,
fruit de la justice et de la charité; la paix de cons-
cience, celle des familles, celle entre -les nations."

Le 30 mars 191S, le T. E. P. Philippe Comellier était
ordonné prêtre à la Basilique St-Jean-de-Latran à Rome.
Des vingt-cinq années qui se sont écoulées depuis, le R.
P. Comellier en a passé bientôt irinfft-qnatre à l'Université
d'Ottawa, où il enseignait la philosophie lors de sa nomi-
nation comme recteur, il y a près d'un an. A l'occasion
de son jubilé sacerdotal, la Rotonde s'empresse de lui
offrir ses meilleurs voeux et de l'assurer de ion entière
soumission. ' o

Puis, vinrent les années de nonciature en Alle-
magne qui devaient lui fournir l'occasion de prou-
ver sa valeur. De 1917 à 1029, il acquerra une con-
naissance précieuse du peuple allemand, de l'uni-
vers; il verra finir la guerre, tomber l'Empire,
gronder la révolution, et naître une république va-
cillante. C'est là qu'il remportera ses grandes vic-
toires diplomatiques: le concordat de Bavière en
1926, celui de Prusse en 1929, en attendant ceux de
l'Allemagne entière, de Bade, de Yougoslavie. On
Ut dans une biographie de Pie XII par le R.P. De
Léry, s.J. "Quand Pie XI le rappellera à Rome pour
lui conférer le chapeau cardinalice, et, quelques
mois après, lui confier la secrétalrerie d'Etat, Pa-
celli laissera derrière lui l'admiration du peuple
allemand, reconnaissant trop tard qu'on l'avait
trompé, et que la paix offerte par Benoit XV en
1917 aurait été plus favorable que la capitulation
forcée <te 19WV

Voilà donc le Vatican avec son nouveau <écré-

Sous la présidence d'honneur et en présence de

Son Excellence le Gouverneur Général du Canada

et de

Son Altesse Royale la Princesse Alice,

L'UNIVERSITÉ D'OTTAWA,

avec le concours

de la Schola Cantorum de l'Université d'Ottawa,

de l'Ensemble Choral du Sacré-Coeur, et

des Petits Chanteurs Céciliens,

offre,

AU BÉNÉFICE DE LA CROIX ROUGE CANADIENNE,

UN CONCERT DE MUSIQUE SACREE

(Quelques chefs d'oeuvre des compositeurs du XVIe s.).

M-l...

Directeur: le R. P. Jules Martel,* O.M.I.

Au piano: M. Paul Larose, professeur.

Commentateurs:

MM. Maurice Chagnon et Emmett O'Grady.

taire d'Etat: pourra- t-il égaler son prédécesseur?
Il le surpassera. Pie XI se confie à lui; 11 n'est
pas trompé. Preuve? Le futur Pie XII est premier

THÉÂTRE CAPITOL,

Dimanche, le 18 avril, à 3 heures.
Pour obtenir des cartes d'entrée, prière de s'adresser à

l'Uniersité ou chet messieurs les curés.

"Sumrai Pontif icatus" est la condamnation du
totalitarisme, cette errêUr-pernicieuse qui étojjjf fe
non seulement la chrétienté, mais aussi toutes les
religions et la civilisation. Le chef de l'Eglise a
entrepris le travail de prévenir toute catastrophe
à l'égard de la religion chrétienne, quelque soit
l'issue de la guerre. De tous les successeurs de
Saint Pierre, aucun n'a été aussi bien servi par
l'entraînement, le caractère, l'énergie, l'expérien-
ce et la fol que ne l'est celui qui porte maintenant
l'Anneau du Pêcheur.

Pie XH est un savant, un diplomate et aussi
un saint. Actuellement, 11 pourrait écrire ency-
cliques sur encycliques; U guerre lui en fournit
cent fols l'occasion. Non, ce n'est pas cela qu'il fait.
Le père pense à ses enfants: 11 donne, sans comp-
ter, sa fortune pour soulager les misères des pri-
sonniers de guerre, sans distinction de nationali-
tés; celles des populations civiles bombardées sau-
vagement, soit à Malte, soit en Chine, soit ailleurs.
Il prie pour ceux qui combattent, ceux qui meu-
rent, ceux qui souffrent; U prie pour se consoler
des rudes atteintes portées à son coeur paternel.
Il prie encore surtout "pouf que le genre humain
remporte la victoire sur la haine, la victoire sur
le manque de fidélité, la victoire sur l'idée que la
force prime sur le droit, la victoire sur le malaise
économique, enfin la victoire sur l'esprit d'égois-
me."

Les chrétiens se tournent aujourd'hui vers
le Docteur Infaillible, le Vicaire du Christ. Elles
savent que la route qu'il indique doit être la bonne.
Les nations aussi se tournent vers le Vatican,
parce que là personne ne sera trompé; et, il est
probable que cette confiance en Lui ramènera la
paix universelle et humanitaire. En attendant, ses
enfants se joignent au Pape de la Paix dans ses
prières .de paix. Voilà quatre ans qu'il règne,
souhaitons-Lui: "AD MULTOS ANNOS"; et, com-
me le peuple qui l'acclamait à Rome lorsque; pour
la première fols, il donnait sa Bénédiction Papale,
crions: "VTVA IL PAPA."

Alexandre 4e L. Taché.

fil MIMIIII M"l 1 1 1 1 1 1 1 1-1 i a I » I H II i s M I i i t II 1 1 i M I M I i ' M *' l"l"i . ' M"l"l ' t-H- fr' n-i-t

Joyeuses Pâques et Paix dans la Justice!

Mtrt-ee.ia.wiM, - u d^,- ,,*,,, o.^, 1 i' | 1 1 1 g j i|| | 1 1 1 1 1 1| | I I 8 H H U I H"l i" l' I fi"!" »'! 1 H" t "H f l l l ' l"l l l" t "H" i-4 "l" > "l"l"l"l"l"t"l-H-i» -i "l" t i e i e .

I

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tS^^v*;^*!^? o

MP--

LA ROTONDE, f AVRIL IMS

LA BOTONDS, t AVRIL IMS

Page 1

Les premiers jours de
"la Rotonde"

Direction

Directeur: Pierre de Bettefeiiille
1>lr*ciw4ioi*t: Jean Lupien
Secrétaire: René Lafrenière

Rédaction;

Itéanctoarea-caef: Guy Beaulne -' ^ *

Lettres: Lomer Monty

Arts: Clément Beeucharap et Léon-Georges Gagnon

Chroniques: René Lafrenière

Débats: Jean Belleau '

Sports: Fernand Labrosse

Vie étudiante: Jean Lafrarabotse et Yvôn Pépin

Page féminin e: Fernande Lemieux

Interviews: Maurice Chagnon

Louis Terrien, Jean Bnsneile, Jean-Lac Pépin, Jean-
Claude Hurtubise, Pierre Prévost.

CorrospondanU: Raymond Robtcnaud, Paul de Belle-
feuille, Lucien Lamoureux, Lionel Lemieux, Gas-
ton Isabelle, Maurice Laçasse, Roy Fournler, Yvon
Bériault, Jean Yves Bigrat, Roger Simard.

D es B inat eau-:Clément Beaucnamp

Administration: Pierre Prévost, Yves Pilon, Richard
Bélanger

Conseiller: le R. P. Arcade Guindon, O.at.I.

Censenr: le R. P. André Guay, OJI.L

"*«

irism

4e la

fart

A Monsieur Léonard Beaulne

Après une longue maladie qui n'était pas avare
de souffrances indescriptibles, madame Léonard
Beaulne s'éteignit le 27 mars dernier dans un
hôpital de la ville. Son courage et son esprit de
foi exemplaires l'avaient longuement préparée A
cet événement suprême; elle Jouit maintenant,
nous n'en doutons pas, du sommeil du Juste, in
pace. *

Ce deuU profond qui frappe M. Léonard Beaul-
ne et tous les siens, e st en même temps très sen-
sible à tous les étudiants comme A tous les An-
ciens de langue française de" l'Université. M L
Beaulne en effet, comme directeur artistique de la
Société des D. F., fait partie du personnel de
1 Université, «on Aima Mater, depuis près de 30
ans La Rotonde se fait ici la voix de toutes ces
générations d'étudiants qui ont appris A le con-
naître et A l'estimer et qui ont profité de ses con-
seils et de sa riche expérience, pour transmettre A
M. L. Beaulne l'expression sincère de leur plus vive
sympathie.

Fraternelles condoléances en même temps à
Guy et Jean-Pierre Beaulne, étudiants, et à Yvon,
actuellement officier de liaison dans l'armée ca-
nadienne en Angleterre. :

Réception au mess du
CE.O.C.

Samedi après-midi, le 3 avril, les officiers du fnm.

fïnt r^T"!* ont "r une *«i**ïïï. ïuEïï;

en i honneur de leurs amis. C'était la deuxième H*.n.,i*
louverture officielle du mess l'an passé P

i-», I ?f*J Ugnitaires de VE *H** et de l'Etat honoraient de
leur présence cette fête intime. Il y eut souDeTbirffM

dém^ ntatk>n dun film * mm/ém ïï «uelcaî

.,«.. Le R - p ; Philippe Cornellier, recteur de l'Université

P^VUismient 00 ^^' "^ dU <**%&

i^vuïZ? 5 *? tres J ******* °* ««Moquait l'hon. L. R.

ÏSSîï?' -J? 1 " 8 ** du ^«««Port; l*hon. Robert Laurier
ministre des mines à Toronto; les honorables juces de
la Cour Suprême Thibaudeau^mfret et Robert ^asen*

uËJS SËLhJt ****** et B - F - c «(TM); (TM)

SSSVJÏflft A - --* -*- T ^

u u£î . nom ï re ,, de s personnages militaires, on comptait
le brigadier A. R. Mortimore, le colonel F. J. G. Garneau

ÎÎS"t C TS? nda JîL du CEO -C. et maintenant comman-
dant du district d'Ottawa, les colonels J. H. Chafaalle et
J. A. Gillies, les lieutenants colonel* B. J. Spink et W
7*&2£t?â? L I ï v ' ault . B Langelier. R. Taylor!
i- ,,T(TM)*" te âS W Bcn *' !? *» CMÏB S Contingent

fuS^'n^i^ r ?* ndln et A D M « cL «(TM) «* Plusieurs
autres officiers de marque.

Le lieutenant-colonel C. A. I. Miller, commandant du
Corps-Ecole et les officiers du Contingent faisaient les
honneurs du souper. Parmi eux se trouvaient le major
w -L. Relpn » commandant en second, le major T J
Lynon, le eapitaine-juanéaior A, L. V. Daata, ejn.i ' -«t
les capitaine* E. Brunet, officier médical, C. J. Watson.
? F*!!?""^ 1 C ^ R°Wn»ôn; les lieutenants R. Grenier
et A. hqartte, adjudants de l'unité, H. Meunier, Jacoues
roquet, Denis Barbie, Roger Harcc, Guy Angers et Louis
Terrien; les sous-lieutenants Malloy, Pierre Garneau, Jean-
Paul Latendresse, David Williamson, B. Downey, Jean
Mercier, Maurice Chagnon, MacElroy, Fergus Ducharme.
Paîïe e etEb£; French ' Pierre Lcduc ' JlMÏ W« Rochon,

Les sergents-majors E. Bourque, R. Bourque, J. Du-
o Jix et A '*? m 2 h et le ser « en t R- Cloutier assistaient les
invités. M. Raoul Michel Francoeur représentait le
"Droit" et M. Charles Bruyère, le "Citisen".

Le caporal Jean Belleau dirigeait l'orchestre nou-
vellement fondé du CE.O.C. et à maintes reprises, lui et
ses musiciens furent vivement applaudit.

LOUIS

C'est avec empressement Que j'ai accepté Vin-
vitation de faire revivre, pour les lecteurs ée LA
ROTONDE, quelques souvenirs des débuts de notre
feuille universitaire.

Cest en septembre 1932 que je lançai ridée ée
fonder un journal pour les étudiants de l'univer-
sité d'Ottawa. Depuis longtemps^ cette idée m'oc-
cupait, mais je remettais toujours le projet 4 plus
tard. Comme je faisais alors partie, ù titre de con-
seiller, de l'exécutif de la Société des Débats, fa
décidai de faire part de mon projet à mes amis
du conseil. Il se composait alors des membres sui-
vants: Hector Mouette, président; Gérard Coron.
viceéprésident; Arcade Perrier, secrétaire-tréso-
rier; Jacques Boucher, secrétaire-archiviste ; Ré-
mi MUlette, secrétaire-correspondant; Robert Por-
tier, premier conseiller; moi-même, deuxième con-
seiller; Alban Marion, troisième conseiller. Met
conseil trouva Vidée bonne. On me dit et
qu'il fallait trouver l'argent ailleurs que _
coffres de la société. On me suggéra en .
temps d'étudier la question, de réunir des étu-
diants et de Jatre rapport. C'est ce que je fis.

Nous eûmes plusieurs assemblées au Juuuuuul
des Arts, dans la petite salle voisine du bureau ém
préfet des études, alors le père Joseph Gravel,
OJtJ., directeur de la Société des Débats et
mier censeur de LA ROTONDE. Ces assenu^.
réunissaient Marcel Ouimet, Rémi Millette, Jc~
ques Boucher, Gérard Boutet, Robert Barsakm
Paul Morvan, Jean Routhier, Georges Lewis, Ar-
thur Besner et nombre d'autres ouvriers de Ma
première heure. Nous discutions pour savoir quel
nom donner au journal. Devait-on rappeler
L'ETUDIANT, LE PORTE-VOIX ou L'UNIVERSI-
TAIRE? Après de longues discussions, le Père
Gravel proposa LA ROTONDE. Sa proposition fut
bien accueillie, car LA ROTONDE a toujours été
un nom significatif pour les étudiants actuels
comme pour les anciens. Nous adoptâmes le for-
mat actuel, dit TABLOÏD. Maintenant, où trou-
ver les fonds pour lancer notre entreprise? Com-
me la Société des Débats ne pouvait pas nous ai-
der financièrement, U fallait un autre mopeu ée
trouver de l'argent. J'imaginai le tirage d'une piè-
ce d'or, qui nous rapporta suffisamment pour
permettre de publier le premier numéro. Avec
quelques annonces et la vente de chaque numéro
nous comptions pouvoir ensuite fonctionner Je
fis rapport de nos assemblées au conseil de la
Société des Débats. Le conseil décida que le nou-
veau journal serait son organe officiel.

Le projet commençait ù faire son chemin
parmi les professeurs. Le révérend père Marchand
O.M.A., recteur d'alors, approuvait nos plans.

Nous étions prêts à commencer. Il fallait
nommer un bureau de rédaction et un bureau
d administration. Le père Gravel avait charge des
nominations. A ma grande surprise, je fus nommé
rédacteur en chef et directeur de LA ROTONDE
La tâche était difficile, puisqu'il s'agissait de met-
tre ren mouvement quelque chose de neuf Due
fois le personnel choisi, quelques autres ai
blées s'occupèrent des détails techniques eï
rèrent la collaboration de tous.

Le 21 novembre 1932, parut le premier nu-
méro de LA ROTONDE. Le journal devait être
mensuel. Le 1er décembre suivant, a devenait W-

TurZTLiï* prem ! ére année - wtor2c *»»*(TM)

furent publiés, mais non sans peine. Grâce è un
abonnement en bloc des membres de la Société

ÎZ aSSSmH fin a ' anné *> l ** finances du jour-
nal étaient bonnes, puisque nous avions um^ur-
plus assez substantiel.

nrrt SX/Î ?*"?«*« *«*o, *« événement, qui
ont présidé â la fondation de notre journal qui

m^LtuSu 'TZ' **** 1932 > Progrlsselou'jouVs'
Ves^ronf ra *** w " a ^" «*?* ^Ptemps/nous

René MENARD

d'esprit et

Une

rune ou rnntre de nos orgn-

; et toujours avec ce sou-

vnetéïïimu Ceat

le dire A m *?-- »"»t

et entière que la

su fournir aux initia-

A celles de

Otnrbonneau était

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Première lettre o
Jeoit-Cloude

îs

LE8 PAMPHLETS DE VALDOMBRE

Le premier numéro de lu revue de Valdombre
députe près d'un un paraissait eu février dernier.
Ou u nue toujours, il est extrêmement amusant. Il
ne faut pue se tâcher quand on lit Valdombre: il
lance ses briques avec une telle générosité que très
oauvent elles ne portent pas; mais il faut admettre
que quand elles portent» elle» cornent dur.

La pièce de résistance en est cette fois-ci la
Première Lettre eux Riches et aux Cochon*. H fait
plaisir «ry vstr la vérité et la justice proclamée
avec une telle puissance et une telle nudité. Com-
bien de philanthropes hypocrites se voient dénon-
cés dans des lignes comme celles-ci: v,

~mï ne s'agit pas pour le riche, pour que son
orne soit propre, de donner ici un million et là un
autre million, tandis que lui-même dépense cent
mule ou deux cent mille dollars par an et qu'il don-
ne des salaires de famine A ses serviteurs, en exi-
geant d'eux le maximum de travail et de perfec-
tkm.. Non. R s'agit pour lui de donner et de se
donner, ce qu'il ne fait pas." A

Evidemment» on y trouve aussi l'exagération
coutumlére A tout pamphlétaire, comme dans ce
passage:

'oLe riche ne peut pas se sauver. Autrement,
M aurait tout possédé. Il aurait connu tous les
biens, toutes les jouissances de la terre et U connaî-
trait par surcroît un bonheur éternel f "

81 l'on examine cette affirmation froidement,
cet y découvre un grave défaut de raisonnement:
se riche n'est pas nécessairement heureux sur ter-
re, car Fartent, selon le mot de Papftnl que Val-
dombre lui-même cite, "circule sur la face du
monde pour enflammer la haine, pour attiser la
cupidité, pour hâter la corruption et ht mort.'*
Pourquoi alors refuserait-on au riche le bonheur
éternel, lui qui n'a pas joui du bonheur temporel ?

Mais il ne faut pas lire Valdombre froidement,
pus plus qu'on ne peut lire Bloy, Daudet, Péguy
ou Barbey d'Aurevilly froidement. H faut se lais-
ser enflammer, accorder aux mots le sens que l'au-
teur a voulu leur donner, leur laisser la mesure
de leur élasticité. Je crois bien que Valdombre ad-
mettrait qull est possible qu'un riche se sauve;
mais ce n'est pas là ce qull a voulu dire, il a vou-
lu montrer l'horreur et l'anomalie de la position
du riche, et combien il est difficile pour lui de se
sauver. Avec les écrivain; de cette trempe, il s'a-
git moins de la raison que du coeur.

Je ne veux certes pas dire par là que la rai-
son en est absente. C'est une raison vigoureuse
qui a produit ces lignes:

Comment peut-on supporter l'idée qu'un hom-
me puisse produire quelque chose qui ne soit pas
visible, puisse produire autre chose que du blé, de
ta laine, du bois* du fer, du cuivre, de l'acier, du
cuir, des vivres, des oeuvres artistiques, enfin tout
ce dont la société a besoin pour vivre et survi-
vre? Cependant il existe des centaines, des mil-
liers de riches qui font travailler leur argent. Eux,
Os ne font rien. Cest l'argent qui travaille pour
eux et qui travaille pour atteindre à des gains fan-
tastiques. Leur fortune grossit sans cesse et passe
des «tutus du père aux mains des enfants sous
VoeU indulgent de l'Etat. Et l'Etat se fait complice
de ces parasites, car ce sont des parasites."
XXX

Je proteste énergiquement quand Valdombre
demande que Ton ferme nos universités, sous pré-
texte d'enrôler les étudiants et de les laisser tous
les paysans sur leurs terres. Que l'on trouve des
moyens pour ne garder que les élèves capables,
soit; uuuul comme ht patrie a aussi besoin de mé-
decins, de professeurs, d'architectes et d'avocats
que de paysans, protégeons ceux-là autant que
ceux-ci. Sans doute» il faut moins de médecins ou
d'avocats que de cultivateurs, mais 11 en faut tout
de mente, n ne s'agit pas de dénigrer le paysan: sa
profession est ta plus naturelle A l'homme. Mais
'est pas ta seule nécessaire.

Vie de l'esprit

? ?

parfois un style très morne; qu'il devient malheu-
reusement de plus en plus bonze. Mais dire que
sa page n'est même pas digne d'allumer la four-
naise, qu'il est neutre et zéro, ça c'est trop fort, ça
lui passe par-dessous les pieds.

Duhamel a eu le courage dé publier dans le
catrtVnue Devoir un éloge très raisonnable de
Baudelaire. Valdombre fait encore la gaffe de le
tomber là-dessus. Pourquoi? Par entêtement,
parce qu'il a décidé d'avance que tout ce qu'il y a
dans le Devoir est mauvais. C'est aussi idiot que
certaines farces mesquines du Grincheux contre
lesquelles Valdombre serait le premier à s'élever.

Ce pamphlet contient aussi des apostilles sur
l'instruction obligatoire, sur la dernière cabriole de
madame Casgratn, sur la mort de Léon Daudet (un

PROGRAMME DU CONCERT SACRE
OU M AVRIL

l--4> stered Head sinrosnseé fteut Peffrayaat r:«l*a--
^Adoraasu. ie Curiste ^,,^G^p/Stmm^^

J-- Oratio Jrremiae prophetae 7 v. G. T^SSS^
4-Ae.tuuatus sum m s T T '% Vstatt

5--0 vas omnet 4 T . T lW? lî*

o-Viae. ,,e. elect. J %Z TméXSA

(UfolStC)

0*t*lexlL

7-- Trfctis est anima

Valdomfrrr n'ahne-pas le Devoir.' H s'en mo-
nt dans au Prière pour les ivro-
Ldu vieux rue ées ancêtres, il dit:
dut assez que tout est vain fci-
, puisque le cathoUque "Devoir" m'invita
ê tu goûter, f* ne résiste pat élu tentaHon-de me
vaincre que tout n'est que réalités des réalités;
Les journaux sont faits pour 1s peuple et le
peuple las Ut, Je suis du peuple et c'est ainsi,
mx rue, que je Vai découvert;
Tau remercie messieurs Héroux, PeUetier et
comp ag ni e et je renés hommage au EURt Devc4r" de
m avoir appris Vart d'oublier la vie; . . ."

J'ai dit que Valotuntee n'aime pas le Devoir.
Le Devoir décide de publier une page littéraire heb-
Valdotnur* se devait de s'y attaquer.
Cet* eue une gaffe, mute une gaffe purdonnaule;
ce qu'on ne peut ???us pi, c'est qu'M s'en prenne à
?ne façon outrancière; le direc-
. m a des torts, mais il mérite cer-
on peut concéder qull a

^Assurances sociales pour

l'après-guerre

Louis Rosieuaud

Si, aujourd'hui, les aspirations de tout bon
canadien doivent tendre vers la victoire finale, un
devoir non moins grave s'impose présentement et
mérite notre attention: le problème social de
l'après-guerre. En effet, c'est avec raison que
nous voyons se dresser au loin un horizon plutôt
sombre et inquiétant. Une chose est certaine:
nous serons les témoins d'un bouleversement sans
précédent et de maints changements sociaux,
néces s ités par la démobilisation et la fermeture
de certaines industries de guerre.

Comment remédier A ces menaces? Comment
pourvoir à une sécurité sociale qui devra être la
gardienne du progrès et de la prospérité parmi les
citoyens? Cest là un problème dont l'importance
vitale doit préoccuper dès maintenant notre peu-
ple et surtout notre gouvernement.

En Angleterre, un comité d'économistes choisis,
dirigé par Sir William Beveridge, a présenté, en
novembre dernier, un rapport portant le nom du
réalisateur. Il consiste en un plan complet et
détaillé sur les assurances sociales de l'après-
guerre; son but principal pourrait se résumer
ainsi: prémunir tous les citoyens d'une assurance
qui les dédommagerait en cas d'interruption pro-
visoire ou continue de leur salaire, et pourvoir aux
dépenses spéciales occasionnées par la naissance,
le mariage ou la mort.

Pour en arriver à ce point, Sir William divise-
rait la population en six grandes classes :

1° Les employés,.!, e. toute personne dont
l'occupation normale est .''emploiement sous con-
trat de service.

2° Les employeurs, les commerçants, et tous
les autres travailleurs indépendants.

V Les femmes onariées en âge de travailler.

4° Les autres, en âge de travailler, mais n'ex-
erçant pas de fonction lucrative.

5° Les personnes en-dessous de l'âge de tra-
vailler.

Pour financer un tel projet, on recoure rai t à
trois sources principales de revenus: (1) l'assu-
rance sociale obligatoire, (2) l'aide du gouverne-
ment (celui-ci fournirait environ la moitié de la
dépense annuelle, selon Beveridge) et (3)
l'assurance volontaire. Aussi, vu rétendue de
l'administration du plan, on devra créer au fédé-
ral ou au provincial, un ministère de la sécurité
sociale; il semble que peur le Canada, il serait
de beaucoup préférable de l'administrer dans
chaque province séparément à cause des exigences
particulières de celles-ci.

Pour ce qui reg ar de l'adaptation du plan Be-
veridge au Canada, U faut tenir compte du fait
que nos problèmes ne sont pas les mêmes que ceux
de l'Angleterre; d'où quelques modifications de-
vront être apportées, au plan, sans lui enlever ses
caractères principaux.

Cependant, le rapport Beveridge sera inappli-
cable tant qu'un problème m enaçan t pour l'après-
guerre n'aura pas été résolu: c'est le problème
du chômage et Sir William admet lui-même que
l'on devra s'efforcer A créer une activité économi-
que essentielle pour remédier à ce défaut.

En somme, nous devons nous réjouir de ce que
le pian Beveridge est un grand pas vers la sécurité
sociale de demain, sans laquelle nous ne pourrons
pus maintenir l'équilibre nécessaire à l'avance-
ment de toute société.

L'exemple des siècles derniers nous démontre
clairement qu'une réforme sociale s'impose de plus
en plus. La msière des familles n om bre u ses qui
méritent une vie convenable, ht détresse des tra-
vailleurs congédiés pour cause de maladie ou de
vieillesse, et combien d'autres besoins primaires
ont contribué à pousser des économistes de talent
vers ht réalisation d'un plan qui sera apte -- espè-
ce -- à assurer ht sécurité sociale de notre

événement dont Valdombre aurait dû parler plus
longuement), sur les lettres anonymes qu'il reçoit,
sur Chacun sa Vie de Berthelot Brune t, sur la mort
d'Angélique, ou plutôt de son interprète, Mme
Aurore Alys. Aussi des regrets de ce que Rex
Desmarchais ait répondu aux critiques que l'on a
faites de son roman La Chesnate; et une délicieuse
satire de la Mousse de velours ... ou poésie "Cho-
quetttenne*. Enfin, dans une page des phis amu-
santes, 11 tombe sur nos fantoches nationalistes.

DVHAMRL RÉPOND À VALDOMBRE

n était bien permis à Roger Duhamel de ré-
pondre aux attaques de Valdombre. Mais 11 est
bien triste qu'il l'ait fait en l'invectivant injuste-
ment. Valdombre appartient à un genre d'hom-
mes de lettres qui sont destinés à être détestés,
parce qu'ils ne font que condamner impitoyable-
ment, et qu'ils s'attaquent aux "gens bien" de tous
les domaines, à ceux qui mènent l'opinion. Mais
ce genre contribue quand même fortement à l 'équi-
libre d'une littérature: que serait la littérature
française moderne* s'il n'y avait Léon Bloy, Charles
Péguy et Barbey D'Aurevilly et les autres durs pour
compenser pour les pales comme Louis Veuillot et
René Bazin? C'est pourquoi Duhamel est allé trop
loin dans sa réponse. En adoptant envers Valdom-
bre une attitude de mépris complet, il s'est rangé
du côté des bourgeois ventripotents dont les aises
ne se concilient pas avec la vérité nue et la Justice
crue, et avec les mots durs. Je ne dis pas qu'il est
bourgeois; Je dis qu'il s'est allié avec eux; ça peut
n'être qu'une alliance temporaire. Souhaitons-le.
Je ne dis pas non plus que Valdombre a raison;
Je dis qu'ils ont tort tous les deux. C'est ça qui est
triste.

-

LES BOULANGER, PERE ET FILS

Des plaines de l'Ouest nous parviennent à in-
tervalles Irréguliers des paperasses qui, nous vou-
lons le croire, ne sont pas ce que nos compatriotes
de là-bas produisent de meilleur dans le domaine
des lettres. Elles nous viennent du docteur Joseph
Boulanger d'Edmonton. Pas plus que Je n'enlève-
rais sa bouteille à un bébé, Je ne voudrais certes
pas priver ce vieux maniaque de sa chère marotte,
qui consiste à envoyer un peu partout des feuillets
de format variable sur lesquels il Imprime, avec
une typographie genre brouillon, des articles ra-
massés un peu partout qu'il accompagne de com-
mentaires incohérents.

Cela, après tout, est sans importance. Ce que
Je veux surtout signaler, c'est que Jean-Baptiste
Boulanger, fils du docteur Boulanger et étudiant à
Montréal, publie, dans le Quartier Latin du 12
mars dernier, une Défense du Snobisme qui est le
triomphe de la fantaisie sur le plus élémentaire
sens des réalités. On en Jugera par les quelques
extraits qui suivent:

"Le bourgeois nous parait moins méprisable
qu'aux poitrinaires du siècle dernier."

"Si f entreprends l'apologie du snobisme, c'est
donc que fen suis; fen revendique tout le dange-
reux honneur, et, bon snob, je me f ... de ceux
qui ne partagent pas mon sentiment."

"Mais je défends là l'hnpocrisie? Je la défends
comme un mal nécessaire â la conservation des
bonnes moeurs, des bonnes manières et des bonnes

humanités:'

<

"Le snobisme est la reconnaissance de la vraie
valeur. L'on juge une société d'après le snobisme
qu'on y rencontre."

"Le nouveau riche ne prend pas facilement le
"bon ton", U acquiert gauchement les manières
d'un monde étranger dont U a forcé les portes; U
achète les tableaux qu'on lui désigne', il répète ce
qu'on vient de lui apprendre. Mais son attitude est
la bonne, son exemple confirme la tradition et pré-
pare une génération qui sera ce qu'il ess aya it vai-
nement à devenir."

"Seu's les riches peuvent se paver le luxe d'une
simple parure de perles et de diamants; aux moins
fortunés if faut plus de clinquants."

Tout cela est parfaitement incohérent. Peut-
être notre confrère Boulanger xràurait-il pas écrit
cette prose s'il avait connu l'évolution du mot
"snob". La voici: à Oxford, on n'acceptait que les
Jeunes gens de la noblesse; mais peu à peu, grâce
à certains abus, les fils de familles très riches mais
sans titre de noblese furent admis à l'université.
On leur donna le sobriquet de "sine nobilltate",
qui s'abbrévia vite en 'a nob.", et donc, en "snob".
Ce mot a toujours été empreint de mépris; de nos
Jours, il Implique de la vanité superficielle: le
snob est celui qui va au concert pour y être vu;
c'est celui qui méprise ceux qui ne sont pas aussi
fortunés, pour la seule raison qu'ils ne peuvent se
payer une façade éblouissante. Et quant un snob
met son snobisme à être snob, c'est le comble !

Pierre de BELLEFEVlLLs

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LA ROTONDE, o AVRIL 1M3

LA ROTONDE, I AVRIL IMS

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Musique

De tout temps, la musique a été considérée
comme le premier de tous les arts. Ce rang, la
musique l'occupe depuis le commencement, et
elle l'occupera éternellement, puisque selon un
dicton populaire elle demeure même au Paradis.
Au commencement, en effet, Dieu, le Maître im-
muable de toutes choses, créa le rythme qui pré-
side en souverain sur chacun des mouvements de
chacun des astres. L'harmonie, fille du rythme,
jointe à la mélodie, ont fait le Bien suprême qui
gouverne le monde, la Vérité éclatante qiu ré-
claire, et la Beauté sublime qui le rend possible
d'être vécu: la musique !

La musique est de sa nature une oeuvre essen-
tiellement divine, mais créée par un Dieu humain,
c'est-à-dire un Dieu qui comprend les sentiments
les plus intimes de l'homme autant que son oeuvre. .
L'homme, créature de Dieu, a si bien senti cette
position de la musique à son égard que les pre-
miers mots qui montèrent de son coeur à ses lè-
vres furent un hymne de reconnaissance vers son
^Créateur. La musique est donc si intimement liée
' à notre vie qu'il serait anormal de ne pas trouver
en elle l'expression des sentiments humains les
plus profonds de notre être: sentiments, soit es-
thétique, soit intellectuel, social ou moral.

La musique, c'est le coeur même de Dieu où
viennent se noyer toutes les misères, toutes les hai-
nes, toutes }es discordes; elle est le centre, le foyer
dévorant où brûlent toutes les laideurs de la vie;
elle est l'expression du sentiment esthétique qui
monte dans le coeur de tout homme. La Beauté
atteint son complément dans la musique, parce
qu'il n'y a, dans cet art enchanteur et sublime,
que l'harmonie, le rythme, la mélodie qui ont en-
gendré l'humanité et qui y atteignent l'apogée de
leur unité. Le beau de la musique, aucune poésie
ne saura jamais l'atteindre.

L'immense portée sociale de la musique, tout
comme son expression esthéttare, n'est plus à dé-
montrer: la musique est une langue universelle.
Avec elle, nul besoin de connaître les différents
dialectes qui régissent chaque peuple, chaque na-
tion, chaque contrée pour pénétrer l'âme de ces-
gens. Elle est la langue internationale que tous,
petits et grands, riches ou pauvres, lettrés comme
illettrés, bons et mauvais, peuvent comprendre.
Elle exprime ce que l'équivoque des mots dérobe
aux esprits les plus avertis. Art puissant qui s'a-
dresse autant à l'aristocratie qu'à la plèbe, elle
seule réussit ce prodige incroyable d'unir la main
du riche et du pauvre, -Ru noble et du bourgeois,
parce qu'ils oublient en l'écoutant tous les préju-
gés qui les éloignent l'un de l'autre. .

"La musique! elle est toute l'éducation de
l'âme". Platon a bien su voir ce rôle d'éducatrice
qu'est la musique, et qui est en quelque sorte une
fonction primordiale. Devant les horizons immen-
ses et nouveaux que la musique ouvre à l'auditeur
attentif, l'esprit est ébloui devant tant de splen-
deurs, tant de ressources. Les plus grands intel-
lectuels sont souvent les musicophiles les plus pas-
sionnés. Plus une personne est cultivée et plus
elle trouvera comment satisfaire son esprit dans
l'étude et dans l'audition des grands maîtres et du
répertoire classique. C'est ce qui fait la grande
force de la musique: grâce à elle, il devient possi-
ble de se rendre compte, presqu'à première vue,
du niveau intellectuel de ceux qui nous appro-
chent. On revient au vieux dicton : Dis-moi qui
tu fréquentes, je te dirai qui tu es." Les gens sim-
ples, d'allure rustique, qui se souviennent encore
avec émotion "du bon vieux temps" seront émus
jusqu'aux larmes en entendant quelque mélodie
sentimentale du genre de celle que mademoiselle
Angéline, la rêveuse vieille fille d'"Un homme et
son péché", sait nous pianoter. Les habitués des
romans à cinq sous, ceux qui n'ont jamais connu
les délices intellectuelles, si petites soient-elles,
ceux-là ne sauront jamais comprendre que le
rythme étourdissant et essoufflant d'un Jazz dé-
moralisant et désopilant. Par contre, vous pouvez
toujours être sûr du degré de formation Intellec-
tuelle de ceux pour qui les maîtres incontestés que
sont Bach, Beethoven, Mozart, Chopin, Franck,
n'ont plus de secrets. Us ont découvert leur oeu-

^-- ? ? ? et Musiciens

tùe

par Myrellle Barrette

vre: ils se sont assimilés toutes leurs délicatesses,
toutes leurs harmonies, toutes leurs pensées, et à
moins de subir des influences contraires, ils ne
décevront Jamais.

"La musique n'est pas un art d'agrément, n'est
pas un plaisir: elle. est une religion. La musique
prie parce qu'elle est la plus intime expression col-
lective qui nous possède et nous réunit; et ainsi
toute symphonie est une jxiesse dont nous sortons
extasiés et améliorés." Camille Marclair, cet émi-
nent écrivain, n'a-t-il pa smarqué dans ces quel-
ques mots, combien la musique est l'expression
des sentiments moraux de l'homme? O vous les
ennemis de la musique, vous n'avez donc jamais
été charmés à l'audition des mllle^ chefs-d'oeuvre
de Mozart ? Vous n'avez donc Jamais frémi au
son de la Pastorale de Beethoven? Vous n'avez
donc jamais été bouleversés par la Symphonie in-
achevée de Schubert? Vous n'avez donc Jamais
pénétré la IVe ou la Ve de Tchaikowsky? Vous ne
connaissez donc pas ce petit chef-d'oeuvre qu'est
Casse-Noisette? Je n'ose aller plus loin: je sais
que vos coeurs battent à l'unisson du mien: je
sais que Vous m'approuvez!

La musique! elle est là pour nous aider à
prier; c'est elle, c'est cet art divinement humain
qui donne des ailes à nos prières afin qu'elles frap-
pent plus fort sur le coeur de Dieu, et Se rendent
plus haut dans les espaces infinies qui consom-
ment les deux. L'église a si bien senti ce pouvoir
de la musique qu'elle l'a elle-même introduite dans
ses cérémonies religieuses. Aujourd'hui, aucune
religion qui n'ait ses cantiques appropriés à cha-
cune des fêtes qui composent son calendrier litur-
gique. Il n'y a rien comme la musique de Joie ou
de douleur qui composent la vie de tout homme.
Aucun poète, si génial soit-il, n'atteindra Jamais
aux sommets où la musique se perche. Si vous
avez déjà entendu la "Marche funèbre" de Cho-
pin, vous comprendrez comment on peut pleurer
en entendant les sons mortellement lugubres que
ce compositeur a su trouver pour marquer la tris-
tesse angoissante qui le déchirait, n est impossi-
ble de ne pas découvrir ces nuances dans la musi-
que, dans les oeuvres de nos grands maîtres. C'est
pourquoi l'auditeur acquiert-il par la musique, une
formation morale inconnue du poète. S'astrein-
dre à écouter, suivre une mélodie, comprendre
l'auteur, demande un exercice constant de la vo-
lonté. Mais là où la musique peut le mieux accom-
plir son rôle, c'est avec lt virtuose ou même le
simple élève. Le virtuose n'est-n pas d'ailleurs
le plus parfait des auditeurs? A combien d'exer-
cices quotidiens l'élève n'a-t-il pas dû se soumet-

tre pour arriver à maîtriser ses nerfs, pour chas-
ser les distractions, cet obstacle à sa force de con-
centration sur l'oeuvre qu'il interprète. La volon-
té qui ne fléchit jamais devant aucune difficulté,
qui travaille jusqu'à ce qu'elle ait atteint ce que
son Jugement considère comme parfait; la patien-
ce qui .se développé* à mesure que la volonté lutte
contre la routine, contre le médiocre, contre la
raideur des muscles jusqu'à leur assouplissement
complet; la force d'âme qui vainc le décourage-
ment, voilà quatre qualités, parmi plusieurs, que
la musique fait croître chez l'auditeur.

Le sentiment de l'ordre, de l'obéissance, sous
la. dictée de la raison et sous la poussée de l'imagi-
nation et de la sensibilité, ont non seulement pro-
duit des chefs-d'oeuvre admirables, mais acquis
au compositeur comme à l'auditeur cette forma-
tion morale si importante, parce que la seule qui
compte réellement dans la vie de tout homme.

^La musique, c'est la Beauté, le Bien, le Vrai,
ai-je dit au début de ce travail; Je le répète et J'a-
joute que la musique que l'on Joue, que l'on écoute,
que l'on aime, reflète l'âme que l'on a. Tout cela
est si vrai, que chaque pays a sa musique propre.
Vous n'avez jamais entendu là musique tzigane ?
Je crois qu'aucune musique de folklore n'ait réussi
à- traduire les sentiments moraux d'un peuple avec
autant de réalisme. Ecoutez, entendez les explo-
sions de joie et de douleur, les cris de liberté, l'a-
mour du pays et des grands espaces, la joie de
vivre; entendez, comprenez surtout, et vous verrez
comme on peut soutenir que la musique exprime
plus les sentiments moraux de l'âme humaine que
la poésie ne saura Jamais le faire. Quand vous
aurez entendu les polonaises et les mazurkas de
Chopin, alors vous aurez compris l'amour de ce
peuple pour son pays et sa liberté; quand vous
aurez écouté les mélodies tendres et douces de l'I-
talie, vous en aurez vu toute la poésie, le goût des
arts, le soleil; quand vous aurez parcouru les sphè-
res débordantes de vie du boléro ou du tango espa-
gnol, vous aurez compris ce peuple passionné, ami
du rythme et friand de spectacles sanglants; lors-
que vous aurez pénétré la musique française, vous
aurez connu la clarté, l'amour de la lumière, de
la netteté, de la vérité de ce peuple; écoutez la
musique russe, vous connaîtrez la tristesse morne
des steppes glacées de la Sibérie, la mélancolie
passionnée de la Russie tzariste et voua tressaille-
rez de surprise en saisissant le contraste marqué
entre la voix au timbre si chaud des Cosaques du
Don, et le pays si froid qu'ils chantent; découvrez
la musique asiatique, au timbre si étrange qu'on
ne peut savoir si elle agace ou si elle plaît,- si elle

(Suite à la page 5)

N.D.L.R. Notre page féminine a débordé en dernière
page. On y lira un article du Collège Notre-Dame.

Au concert

Lettre de la direction

Une étudiante mélomane nous apporte à ad-

mirer, et à méditer, son amour et sa science de la
musique. .

j Musique -- Poésie: un abîme de richesses, un
puits d'optnionsi Que l'une plus que Vautre soit
la parfaite expression de nos humains sentiments,
Cest la discussion que nous vous proposons.

Sans vouloir engager de combat qui trouble
l'éternelle harmonie dont on jouit au domaine
des "Ules de Jupiter, U ne semble pas Impossible
d'émettre des Idées diverses sur la question.

Qu'on mous adresse tous les billets et toutes
Us lettres; nous publierons autant qu'a nous sera

ïsrnande LEMIEVX

. . . Théâtre Capitol; mercredi soir; 8.30 heu-
res . . , Me voici installée dans mon modeste fau-
teuil du 2e balcon, programme en main. Voyons
quels voisins j'aurai ce soir: car pour Jouir d'une
belle musique il faut établir un courant de sympa-
thie avec son entourage. Je retrouve avec plaisir
des visages connus, tous des "abonnés de la série."
A ma droite, un révérend Père, qui avec bienveil-
lance, me fait partager tout son nécessaire de con-
cert: lunette d'opéra, lumière de poche, etc. A gau-
che, ma compagne, et dans mon champ immédiat
de vision, quelques vieilles dames, qui ont eu la
bonne pensée d'arborer des coiffures restreintes.
Derrière (il ne faut pas oublier que les ondes télé-
pathiques, comme le son, voyagent en cercle), Je
reconnais à leur voix déplaisante deux dames
"gendarmes" qui ne manquent Jamais de me faire
enlever mon couvre-chef. Ca y est, on me tape
sur l'épaule! Pourtant J'avais bien choisi un très
minuscule chapeau . . .

Maintenant, lisons un peu le "Programme No-
tes** puisque nous sommes bilingues. On nous Joue
ce soir la Symphonie No. 5 en do majeur de Bee-
thoven. J'apprends que les quatre notes initiales,
celles qui représentent avec plus d'actualité le V
de la victoire, forment un thème d'une significa-
tion particulière. "Ainsi le destin frappe â la por-
te", sont les mots propres de Beethoven. Et la
note continue: "dans cette musique belliqueuse 11
est facile de distinguer la vision d'une destinée
humaine plus parfaite dont rêvait Beethoven."

Tout à fait dans l'esprit de la symphonie, Je
m'apprête à y retrouver ce rêve d'idéaliste, suggé-
ré au maître par la Révolution. Justement, le chef
d'orchestre, tête noble et allure distinguée, fait
son apparition. Applaudissements . . . les musi-
ciens préludent puis débutent ex abrupto. Aussi-
tôt un monde d'harmonie s'ouvre à mes sens et à
mon imagination.

Le premier mouvement, un allegro bouillant,
semble dépeindre le débat de sentiments désor-
donnés. Tantôt c'est une explosion de délire, tan-
tôt le calme de la prostration. C'est la grande
âme de Beethoven, emportée par l'amour généreux

de l'humanité qui se désespère devant son impuis-
sance.

Vient ensuite l'andante, gracieux, mélancoli-
que. Ici encore, on retrouve dans le dialogue des
phrases musicales un conflit d'idées, rêveuses ou
guerrières. Ce qui frappe surtout dans ce mouve-
ment, c'est le retour persistant d'une petite phrase
qui hante notre esprit. On sent que Beethoven a
dû être obsédé par une idée fixe de révolution
sociale.

Le scherzo est sombre, mystérieux. Le thème
d'abord sauvage et violent va en s'adouclssant
Jusqu'à devenir imperceptible. Le génie de Bee-
thoven plane dans les zones supérieures et laisse
ses auditeurs au seuil du mystère.

Enfin l'orchestre reprend en tutti le mouve-
ment d'une marche triomphale. Le thème princi-
pal est repris avec une énergie farouche et le der-
nier mouvement s'éteint avec une violence qui
laisse un écho de hantise dans le coeur.

... Toute cette oeuvre grandiose produit une
élévation de mon coeur et de mon esprit et comme
une sublimation de mes sensations physiques En
laissant travailler mon Imagination, sans doute
dirigée par la note du programme. U me semble
distinguer le rêve démocratique de Beethoven.
L interprétation de la musique des maîtres est si
facile et si captivante à qui sait l'écouter avec
amour et intelligence! Une note historique et
quelques notions du compositeur suffisent pour
canaliser l'imagination ...

Mais les applaudissements frénétiques de la
foule me ramènent brusquement à la réalité Prise
par la contagion. Je manifeste bruyamment, moi
aussi, mon appréciation aux musiciens. Pourtant
c est avec regret et la sensation d'un vide immen-
se qn il me faut redescendre du monde des harmo-
nies au monde du bruit Oh! s'il m'était possible
de fermer les yeux aux toilettes des belles dames,
boucher mes oreilles aux remarques oisives des
snobs, et prolonger cette harmonie divine ... Lee
lendemains de concerts ne devraient pae exister 1

Claire MATHIEU,

Ceflège Brwyère '44.

lean- Sébastien Bach

Mon coeur bat tout entier pour le
haut et grand art de Sébastien Bach,
ce patriarche de l'harmonie.

Beethoven.

Ce même Beethoven -- et qui le savait mieux
que lui? -- a dit aussi: "Il n'y a rien de plus beau
que de s'approcher de la divinité et d'en répandre
les rayons sur la race humaine." N'est-ce pas
Jean-Sébastien Bach qui le premier et peut-être le
mieux de tous a saisi et concrétisé dans sa musique
tin instant de la béatitude divine? Pourtant, son
génie ne commença de s'Imposer à l'admiration et
à l'étude des hommes que cent ans après sa mort.
Même de nos jours, 11 ne plait guère à la Jeunesse
qui le considère bien plus comme un mathémati-
cien austère, au contrepoint rigide et géométrique,
que sous l'angle du musicien-poète qu'il fut en vé-
rité. Le message de Bach ne s'accepte pas, en
effet, dès le premier contact. Il demande une
attention patiente et Jamais démentie, une âme
sereine d'où la réflexion a chassé les nuages, une
volonté suspendue dans l'attente de l'étincelle.
Que défile alors dans sa propre harmonie l'oeuvre
géante du maître, cette étincelle se produira et
l'esprit, subitement illuminé, s'élèvera dans un
élan, comme la voûte gothique d'une cathédrale.

Jetons donc un coup d'oeil sur l'oeuvre de
Bach.

Qui ne connaît, au moins vaguement, Tunique
et puissant style des chorals et des cantates de
Bach? Les chorals, en particulier, doivent leur
origine à la Réforme protestante. Sous la direc-
tion de Luther, un certain nombre de mélodies
primitives furent écrites sur lesquelles on appliqua
des textes bibliques que la foule des fidèles chan-
tait pendant les cérémonies religieuses. Plus de
cent-cinquante ans plus tard, Bach se saisit de ces
chorals et leur donna la forme que nous connais-
sons, forme admirable où toutes les ressources
du contrepoint s'unissent â une intelligence gé-
niale des textes sacrés. En effet, Bach était m
inimense musicien, "et pourtant, écrit Albert
Schweitzer, il était poète dans l'âme, en ce qu'il
cherchait dans un texte, avant tout, la poésie qu'il
contient. Quelle différence entre lui et Mozart!
Mozart est purement musicien. Il prend un texte
donné et l'habille d'une belle mélodie. Bach, au
contraire, le creuse; il l'approfondit jusqu'à ce
qu'il ait trouvé l'idée qui à ses yeux représente
l'essentiel, ce que devra illustrer la musique. Il a
horreur de la musique neutre qui vient se super-
poser à un texte sans avoir rien de commun avec
lui que le rythme et un sentiment tout à fait gé-
néral". Cette union intime des paroles et de la
musique se retrouve dans les cantates d'église que
Bach, cantor à Leipzig, composa pendant cinq ans,
à la cadence d'une presque chaque semaine.

8i nous passons aux oeuvres pour orgue et
# pour clavecin, nous y recontrons, comme l'écrit
Gérold, "une richesse d'inventions, une profon-
deur de sentiments incomparables." L'architec-
ture musicale dont Bach a si bien compris le sens
8'y affirme dans toute sa splendeur. Nous assis-
tons, du début à la conclusion de ses fugues et
de ses toccates, à la construction d'un temple aux
lignes classiques, tel que le concevaient le« Grecs
anciens et les architectes du Moyen-âge. . Mieux: '
nous franchissons le seuil d'un édifice d'harmonie
où mille colonnes aux chapiteaux graciles s'élan-
cent vers une voussure qui elle-même s'évanouit
au sommet aigu d'une ogive; où une rosace fenes-
trée déverse à flots généreux la lumière irisée d'un
vitrail, jetant sur tout l'ensemble un voile de mys-
ticisme et d'extase.

"Mysticisme" . . . Voilà bien un des traits les
plus saillants du caractère de Bach, trait auquel
la Passion selon Saint Mathieu donne un relief
saisissant.

La Mathaus- Passion, la plus vaste et là plus belle
J>euvre que Bach ait écrite, demeure une des plus
irées et des plus parfaites créations de l'intel-
gence humaine. Le maître d'Elsenach la com-
avec un soin minutieux. Non content d'en
rire la musique, 11 accorda une attention parti-
ulière au livret qui est lui-même un chef-d'oeu-
re de lyrisme et de pensée profonde. Ce drame
étonnant de grandeur tragique et de piété dou-
oureuse" défie toute analyse. U faut l'avoir en-
ndu pour en saisir toute la richesse. Voici ce
'en écrit Albert Schweitzer, un des musicogra-
es les plus compréhensifs de Bach: "Simple et
andiose d'architecture, profonde d'inspiration,
ute imprégnée de mysticisme, toute parfumée
i poésie de la nature, l'oeuvre sacrée, où }cs sur-
rises abondent jusque dans les plus petits dé-
ails et où l'art de la description ne se dément à
ucun instant, fait partie de ces chefs-d'oeuvre
ui n'appartiennent plus à aucun art déterminé
^rce que tous les arts, architecture, poésie et
Inture, s'y trouvent représentés. La Passion
Ion saint Mathieu est une somme et une syn-
èse artistique, sa grandeur déborde les classifi-
tlons et les catégories admises."
Il nous reste à parler de la musique instrumen-

tale de Bach, non compris la musique d'orgue dont
nous avons traité plus haut.

En tant qu'interprète, Bach est surtout connu
comme claveciniste et organiste, mais 11 jouait
aussi le violon et connaissait à fond la technique
des instruments à cordes, n n'est donc pas sur-
prenant qu'il ait composé quelque trente oeuvres
où ces Instruments tiennent le premier rôle. Ses
sonates et suites pour violon et clavecin, sont ex-
traordinaires d'originalité et de charme. "L'on a
beau les lire, les Jouer, les entendre: toujours, en
les reprenant, on éprouve une nouvelle surprise.
Elles sont comme la révélation de toutes les res-
sources et de toutes les beautés du violon." La
même chose peut se dire des suites pour violon-
celle seul et des sonates pour flûte. Les oeuvres
de musique de chambre n'ont pas, elles non plus,
été négligées par Bach. La liste de ses composi-
tions comprend en effet treize concertos pour cla-
vecin, quatre concertos pour violon, une sonate
pour flûte et violon avec accompagnement de bas-
se, un concerto pour clavecin, flûte et violon, qua-
tre ouvertures (suites), une sinfonia pour orches-
tre, et enfin les six fameux concertos brandebour-
geois.

C'est à ces derniers que l'auteur du présent ar-
ticle accorde son admiration la plus profonde et
sa dilection la plus sincère. Bach les composa pour
le Margrave de Brandebourg, d'où leur nom. Ce
sont des concertos grosso, c'est-àrdire pour plu-
sieurs instruments accompagnés de l'orchestre.
La facture, la fraîcheur d'Inspiration, la puissance
du sentiment tour à tour gai et triste, enjoué et
méditatif, tout dans ces concertos est marqué au
sceau du génie. Un biographe de Bach, J. Tiersot,
a pu dire qu'ils sont "de beaucoup ce qui a été
écrit de plus riche et de plus grand pour orchestre
avant l'avènement définitif de la symphonie bee-
thovienne". Harmonie qui n'appartient à aucune
race, à aucun siècle; musique éternelle qui ravit
le coeur et conquiert l'esprit . . .

Voilà terminé ce trop bref aperçu de l'oeuvre
géante de Jean-Sébastien Bach, n n'est pas pru-
dent et il n'est pas d'usage de conférer à tel grand
maître la supériorité sur tous» le* autres. Les oeu-
vres de génie ont des prolongements incommensu-
rables et leur essence dichotomique se perd dans
l'éternité. <

On peut, toutefois, considérer les créations de
Bach comme le clef de voûte du classicisme en
musique, comme le socle de granit où repose le
temple de l'harmonie. Pierre PREVOST.

Une opérette canadienne-
française

La société Radio-Canada présentait, le lundi
15 mars, la première, à la radio, d'une opérette
d'Oscar O'Brien, "Philippino", livret de Oaétan
Valois.

L'oeuvre, inspirée de notre folklore, est d'une
fraîcheur d'inspiration, d'une légèreté charmante
et d'un coloris personnel qui font honneur au com-
positeur et, n'allons pas l'oublier, au librettiste.
Oscar O'Brien s'y est révélé, une fols de plus, un
musicien plein de ressources et d'originalité, un
artiste véritable sans cesse à l'affût du détail qui
perfectionne et de la nuance qui fait ressortir.

Les interprètes étaient Mesdemoiselles Claire
Gagnier et Simonne Quesnel, Messieurs Jules Ja-
cob et Roger Filiatrault. Tous ont su donner à
leur chant le caractère badin et gai que demande
l'opérette. Nous sommes heureux d'offrir nos fé-
licitations particulières à M. Roger Filiatrault,
professeur de chant à l'école de musique de notre
université.

M. Oscar O'Brien est un de nos anciens;
ses succès nous honorent grandement.

P. F.

Musique

(Saite te U »afe 4)

ennuie ou si elle charme -- n'aurez- vous pas ainsi
la réflexion de cette race énigmatique, au visage
fermé, insensible à toute émotion? Que dites-
yous de la musique nègre? "Musique d'obsédés,
musique d'opprimés, qui libèrent ainsi leur sub-
conscient de cauchemars trop pénibles, trop tena-
ces. Le temps fort au premier temps, c'est l'ordre
rétabli. Je puis au moins me libérer de ce coup de
fouet-là. Le temps fort deviendra un temps fai-
ble! Le temps faible sera le maître et partout !
De là cette musique uniforme, entêtée: pourtant
énergique" (Eugène Lapierre). Et notre folklore à
nous, notre musique a nous, ne vous dit-elle rien?
Tour à tour tendre, passionnée, douce, g%le, mé-
lancolique; synthèse des différents genres décrits
plus haut, la musique canadienne reflète bien
l'âme canadienne.

Et voilà, voilà tout ce que l'auditeur attentif
découvre dans la musique. Aimer la musique, en
plus de nous faire acquérir une ioule de connais-

Ludwig Van Beethoven
1770-1827

"Flaudlte, amici, comoedia finit» tas"
Ludwig van Beethoven, le musicien de la Joie,
/ est peut-être aussi celui qui a le plus connu d'a-
mertumes. Lui qui avait fait vibrer toute l'Euro-
pe, lui qui avait vu les plus grands de la terre
le supplier de Jouer, lui qui avait fait oublier
Mozart, «e voit lui-même, au moment de sa mort,
abandonné de tous. Seuls, deux amis ont vu Bee-
thoven mourir; seuls, Us ont entendu ces paroles
d'amère Ironie, ses dernières avant une agonie de
deux Jours.

"Plaudite, amici, comoedia. finita est." Le
musicien du bonheur a été le plus malheureux des
hommes. Quant il se mettait au piano pour im-
proviser, les comtesses et les marquises l'entou-
raient de leur enthousiasme; mais pas une, sauf
peut-être Thérèse de Brunswick, ne voulut lui ren-
dre l'amour. que son large coeur leur* offrait. Les
princes et les musiciens lui ont été d'une aide ines-
timable quant à ses concerts et à l'impression de
ses oeuvres; mais il n'a su trouver d'amitiés que
pour les perdre aussitôt. On ne lui a pas ménagé
la gloire : ses contemporains même le considéraient
comme le plus grand des musiciens. Mais l'hom-
me n'a pas su gagner les coeurs. Que ce soit pour
une bonne part à cause de ses humeurs, de ses
soupçons et de sa surdité, il n'en reste pas moins
que cet homme d'une puissance unique méritait
d'être aimé plus qu'il ne l'a été. Il y eut dans sa
vie une période, courte hélas, puisqu'elle ne dura
que quatre ans, où son coeur fut satisfait; il sem-
ble qu'il ait beaucoup aimé Thérèse de Brunswick :
pendant ces quelques années il fut pleinement
heureux. Les cinquième et sixième symphonie da-
tent de ce temps. Il y eut plusieurs autres fem-
mes dans la vie de Beethoven; mais elles ne lui
apportèrent que chagrins et humiliations.

A vingt-six ans, Beethoven est frappé de sur-
dités à -o,uarante-cJnq ans, il est complètement
sourd. îl n'a Jamais entendu autrement que par
son oreille intérieure de musicien l'immense' ma-
jorité de ses oeuvres. Trois ans avant sa mort, il
remporta son plus grand succès avec la neuvième
symphonie et la Messe solennelle en ré; mais le
triomphe de son génie ne pouvait apporter la paix
à son coeur maltraité; ses dernières années furent
ses plus solitaires et ses plus malheureuses. Il
avait recueilli son neveu, qui se révéla un fieffé
coquin; ses serviteurs le volaient et le rudoyaient;
son corps malade le torturait sans répit. La mu-
sique restait sa seule consolation; les dernières
pièces qu'il écrivit sont des quatuors qui chantent
Dieu, la Vie, la Joie. H est admirable que le maî-
tre soit resté optimiste dans ses pires misères: 11
a toujours été triste, mais croyait toujours en un
avenir meilleur. "La comédie est finie." Tout s'é-
croule. Rien n'est plus possible de ce que hier U
espérait encore. Il y a de la comédie dans cette
vie d'un surhomme qui n'a pu obtenir ce dont
Jouissent souvent des hommes inférieurs. Mais
c'est plutôt une grandiose tragédie que cette vio
d'un génie triomphant et d'un coeur qui va d'é-
chec en échec.

La comédie, c'est l'abandon dans lequel se
morfond le plus grand des musiciens. La plus
grande ville musicale de l'Europe, Vienne, reste
indifférente alors que meurt l'homme qui a le plus
donné au monde, ,1e génie que quinze ans plus
tôt elle adorait. Souvent l'homme varie !

En quelques lignes, on ne peut dire que très
peu de choses d'un homme comme Beethoven,
dont l'oeuvre touche si étroitement l'humain. Un
mouvement d'une de ses symphonies en dit plus
long sur son génie que toute une bibliothèque, et
son caractère est si peu ordinaire que chacun de
ses biographes nous montre un Beethoven diffé-
rent, au travers duquel on retrouve toujours tou-
tefois le prodige qui fut organiste de la cour a
onze ans, l'adolescent trapu qui enseignait le piano
dans les salons de la haute noblesse viennoise, le
Jeune homme dont les improvisations merveilleu-
ses devinrent vite légendaires, le Beethoven mûr
qui composait avec d'autant plus d'ardeur que sa
surdité croissait, l'amant de la nature qui se pro-
menait inlassablement dans les bois, le vieillard
solitaire qui ne désespérait pas de fonder un Jour
un foyer, le moribond qui, d'une phrase, mesure
toute l'amertume de sa vie, mais qui montré par là
toute la puissance de son esprit.

Beethoven est un roi: la septième symphonie
est la plus belle musique qui soit.

Pierre de Bellefeuille.

*

sances, c'est vaquer sur un monde d'idéal. "C'est
dans la vie, dite ordinaire, que nous trébuchons
et que nous sommes maladroits", nous dit encore
Camille Mauclalr, et il a bien trouvé le mot de la
fin: "Danseurs sans balanciers au-dessus des abî-
mes sans fond d'une existence dont nous ne sa-
vons rien, et que nous trouvons tout naturel, de
traverser tous les Jours."

Myrellle BARRETTE,

Collège Bruyère, '44.

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Section des Arts
Effort -de guerre

Le secoad .débat du mus anrttait *i
nouveaux orateurs: d'un côté, MM. Y von Liasse et Louis
Kobichasad et 4e l'antre MM. Bayanond Bnmette et Guy
Dumont. La question à ré«otKi*e on était une de pre-
mière actualité, à savoir: "L'efsort de guerre du Canada
est dispreaierttseaeé." L'atfiraoative remporta ta -palme.

Y von Laçasse, le premier orateur de l'affirmative, a
démontré des talents oratoires réels qui ne demandent
qu'à être mis plus souvent en pratique. Bien préparé
et connaissant son sujet à fond, Y von 41 déploré les méfaits
de l'enrôlement sur une grande échelle .aux détriments
de l'industrie. H déclara qu'il voyait là une cause de dé-
sordre tant pour le présent que pour l'avenir dans notre
domaine économique et social.

Gilles Dumont en était à sa première apparition en
public. Assez nerveux, il sembla manquer de feu et
de conviction. Son discours intéressant démontrait qnll
y avait eu là du travail cependant. Il déclara qu'il fallait
en finir avec cette période de troubles et de crainte -et
que ce n'était pas au moment où le monde entier s'im-
posait de lourds sacrifices que nous devions tirer de
l'arrière.

Louis Robichaud, le dernier orateur de l'affirmative
n'avait pas besoin de présentation. Bien connu de Ions
par ses activités dans tous les domaines universitaires,
il «'est comporté sur la scène avec la même élégance avec
laquelle il se comporte sur nos côtes enneigées, ou encore
sur sa chaise de premier trombonne de la fanfare. L'ami
Robichaud se fit l'avocat des demi-mesures en disant que
pour participer à la victoire, on pouvait se satisfaire d'un
effort moindre que l'effort présent H critiqua l'impéria-
lisme des gouvernants de notre pays et peu de gens trou-
vèrent grâce à ses yeux. Il apporta comme argument
principal qu'aucun autre pays n'avait iait plus que nous
et que nous n'avions aucune raison de faire plus que
notre devoir. »

Le meilleur orateur de la soirée fut Raymond Bru-
nette. Convaincu de l» justesse de sa cause, il souleva
les applaudissements de rassemblée par ses remarques
pleines de justesse. Il rappela que c'est en luttant que
le Canada était parvenu à conquérir se» libertés et que
ce n'était que par la lutte que nous en obtiendrons d'au-
tres. Il rappela à M. Robichaud que ai les autres ne
faisaient pas leur devoir, ce n'était pas une raison pour
nous empêcher de faire le nôtre: "La faiblesse des autres
ne saurait être une explication de la nôtre, elle ne pourrait
l'excuser et encore moins la justifier".

Après la réplique des orateurs, la discussion passa
à la salle où la majorité des orateurs favorisèrent la poli-
tique actuelle du gouvernement. La plupart s'entendirent
pour déclarer que le but que nous nous proposions deman-
dait les efforts du présent et justifiait ceux de l'avenir,
n convient de féliciter les quatre orateurs de ce débat;
leur travail a été intéressant et bien rendu.

J.H.

Relations mondaines

"Les relations dites mondaines sont nuisibles", ques-
tion qui est toujours d'actualité pour les étudiants. Alors
que Pierre Jutras et André Michaud se faisaient les
avocats de la négative, Yves Ménard et Roger Despatie
defendjrent la cause de l'affirmative et remportèrent une
victoire chaudement disputée.

Roger Despatie mit à profit toute son expérience de la
scène pour intéresser ses auditeurs. Doué d'une bonne
voix et d'un geste éloquent, il rappela tous les méfaits
que les sorties mondaines présentaient pour les étudiants,
dont le devoir principal était d'étudier et non de s'amuser.
Il rappela aussi qu'une fois qu'on avait commencé à sortir,
JJ devenait de plus en plus difficile de restreindre ses
habitudes et que l'étudiant devenait vite un mondain
d'abord «t un étudiant ensuite.

Toutes les malchances s'abattirent sur Pierre Jutras
Affligé d'un violent mal de gorge, il ne put donner son
débat aussi brillamment qu'il aurait pu et de plus il avait
oublié d'apprendre son texte par coeur. Heureusement
que la façon avec laquelle il présenta son travail rions
fit oublier tous ces inconvénients. Pierre Jutras manie
nronie non seulement avec a propos mais aussi avec. art.
Doué d'une physionomie vivante, il amusa l'assistance
tr °PPeu nombreuse par ses réparties -et ses remarques
spirituelles. Il rappela en substance que les relations
monda ines sont un excellent repos pour l'étudiant qui vit
courbé sur ses livres et il souligna aussi qu'elles devraient
faire partie de la vie étudiante, car elles sont une prépa-
ration directe pour la vie du monde. "On se civilise au
contact de la femme", fit-il remarquer ironiquement en
terminant son travail.

Yves Ménard traita la question sous un aspect
inattendu: les relations entre personnes de nationalité
différente et de religion opposée. Il rappela tous les dan-
gers que ces relations pouvaient présenter tant pour notre
langue que pour notre foi. Il nous dit que notre premier
devoir était de rester Canadiens français et catholiques et
que ce n'était pas en fréquentant des gens d'autres langues
et d'autres religions que nous atteindrions ce bot.

André Michaud manqua et de voix et de par-coeur.
Les auditeurs eurent bien de la difficulté à suivre son
long exposé de la question, d'abord parce qu'ils avaient
peine à entendre l'orateur, ensuite parce que ce dernier
fut très lent à en venir au point. Le verdict des juges sur-
prit quelque peu l'assistance qui favorisait la négative,
mais qui ne ménagea pas se aapplaudissements aux
vainqueurs.

Fantasia Rhethorica

«lauctor, in hac fantasia,
Scripsit omnia nomina
Dverasm *ot tfuadMgfcnta
Qui student in Rhethorica."

En rhéthorique, les BEAUX NE manquent pas.
Si J'ARRIve devant ce groupe imposant, je vois
qu'il a TXU CHXMHE et je conclus qu'il -ferait pal-
piter le coeur de bien des BBUNETTEs. Un BEL
ANGE ET une fie gracieuse semble *'êtr.e plus à
varier le tdbteau LIE MIEUX possible. Chacun est
GAI et ne craint pas la menace des Messer-
SCHMIDTs.

Sans cesse PILQNnés par des règles de latin
ou de grec, nous pourrions subir le sort Au NOR-
MANDie, mais grdat à Dieu, nous étudions aussi
PEPIN le Bref, les VALOIS et leurs contemporains.
Si nous savons (employer LA TENDRESSE quand
elle s'impose, quand il y a de LA CASSE, nous en
sommes et devenons CASSE-GRAINS.

A voir certains copains employer tant de
BRAsSO, on est porté à croire que les futurs MA-
JORs sont nombreux parmi -nous, mais LA VOIE
que nous suivrons est encore indécise.

Bn cette BONNE VILLE d'Ottawa, même si
parfois le MERCURE descend très bas, du haut de
la colline parlementaire, nous aimons à contem-
pler le magnifique panorama qui s'offre à nos
yeux. Ici le canal Rideau semble une COUTURE
qui relie les deux parties de la ville; LA L'ONDE
tranquille de la rivière Ottawa s'amuse à refléter
dans ses eaux la silhouette de la Tour de la Paix.

L'automne dernier, plusieurs de NOS confrè-
res furent déçus: leur rêve d'une odyssée dans
l'Ouest disparut avec la rosée d'un matin d'octo-
bre. Les uns s'étaient procuré des chandails genre
"cow-boy", c'est-à-dire d'un blanc TACHE de rou-
ge, d'autres, des GUITARES, etc. Mais hélas,
comme bien d'autres, ce beau songe est passé à
l'état de "RUBBISH!" Oh Que c'est dommage . . .

// arrive quelquefois que, ad distractionem
quaerendam, les fervents des meurtres de la RUEL-
le -SAINT-JACQUES à la Conan DOYLE, pré-
textant une visite à la LAUNDRY", vont s'échouer
dans un des théâtres de la ville.

Dernièrement plusieurs rhétos allèrent en
retraite. C'était vraiment édifiant de les voir agir:
on eut dit des pieux cénobites de Saint- BEN OIT
du Lac, stylistes ou COLONNIERS fervents, ù
l'impassibilité pareille à celle DU BOIS. Espérons
que leurs résolutions dureront PER Omnia tem-
pora . . .

En notre classe, on travaille sérieusement:
point de MOUs. J'Oserais même avancer qu'en
deuxième année des ARTS, PEUR (Harper) n'est
point. Nous ne nous plaisons pas dans la stagna-
tion DES M AU AI S de l'ignorance. Nous nous
appliquons à ne rien faire à deMi, CHOse plutôt
rare en ces temps. La science que nous acquérons
nous sera bien utile: nous apprenons des TRUcs
D'ELLE (Trudelle) qui nous aideront plus tard ù
parer aux ROCHEs FORTement lancées par nos
adversaires. C'est vraiment une classe ROYALe.

Soyons toujours unis, demeurons fidèles aux
enseignements de l'Aima Mater, et ainsi nous évi-
terons le sort de la petit ohèvre de M. SEGUIN,
l'aventureuse BUtNCRETTE.

Jean-Guy BLANCHETTE.

Section senior

LA ROTONDE, t AVRIL IMS

S ecti on ^immatriculation

o9 o
junior

Vendredi, le 19 mars, eut lieu à la salle académique,
la deuxième séance publique des débats français. Les
1ère et 2ème formes du cours d'Immatriculation eurent
comme président d'honneur le Rév. Père Comellier
tandis que le Père Guindon et MM. les professeurs Bor-
deleau et Murphy étaient juges.

"La démocratie est supérieure à la dictature", tel
était le sujet du débat. MM. Armand Charlebois et Ray-
mond Lachaine défendaient l'affirmative et MM. Mau-
rice Dostaler et Napoléon Fink, la négative. Chaque ora-
teur fit vaioir son point de vue avec conviction, M.
Dostaler se fit remarquer par de solides arguments et
par une diction presque .parfaite. M. Lachaine se montra
supérieur à ses confrères dans la réplique. M. Fink avait
une solide argumentation mais ne possédait pas suffisam-
ment son débat

Des déclamations furent données par MM. Denis
Boyle, Jean Denis Vincent, Pernand Ménard, Raymond
Roily et Marc Cotonnier.

M. Rhéal Patenaude nous joua un osolo d'accordéon et
charma une fois de plus son auditoire.

Les juges devaient rendre un verdict. La chose
n'était pas facile. Apres mûres réflexions le Père Guin-
don rendit la décision du jury et accorda la palme a la
négative MM. Dostaler et Lachaine furent choisis com-
me les meilleurs orateurs. Pour les récitations, MM.
Boyle et Colonnier se 'classèrent premier et deuxième.

La séance était sous la présidence de M. Richard Mas
son. Il adressa des remerciements au R. P. Couet, direc-
teur de nge débats, pour le travail et le dévouement qu'il
a montré dans l'organisation de chacune des séances.
Il remercia les membres du jury pour leur coopération.
Il loua la délicate attention du T. R. P. Recteur qui dé-
laissa sa tâche pour venir assister à cse débat. Sur ce il
leva la séance.

Paul BBUNELLE. '

SEANCE DU 15 MARS

Lundi dernier, le S. P. Philippe Comellier, O.M.I.,
recteur de l'Université H'Ottawa, honorait de sa présence
la réunion hebdomadaire des Débats français au cours
d'Immatriculation.

La ri tenus» ion mettait aux prises MM. Jean Lavoie et
Pierre Michaud, défenseurs de Churchill, et MM. Pierre
Arpih et Pierre Proulx, «vouais «de Reoeevelt. Chacun
s'évertua Jt faire valoir les principales qualités de ces
deux grands hommes d'Etat. La victoire revint Jt ces
derniers et M. Proubc fut déclaré le meilleur orateur.

L'intermède débuta par une déclamation: "La retraite
de Russie" de 'Victor Hugo, rendue -par M. Gaston Car-
bonneau. Suivirent deux supports, l'un sur **ïe plus
lourd que l'air", l'autre sur "les .petits mviras de s* ma-
rine", présentés par MM. René TsnaJurnsiii et Robert
St Georges. Les événements internationaux «et nationaux
furent passés en revue par MM. Jacques Lemay et Joffre
Sigouin.

MM. Emmanuel Daoust, Eugène Tassé et Edouard
Sauvé donnèrent leur opinion sur ie sujet discuté, tandis
qnt les membres du jury: MM. Louis Potfttn, Jean-Louis
Matteau et Roland Chalut, vinrent tour à tour -sur la
scène apprécier le talent des orateurs.

Cette séanee, sous la nvéaMsasa «de M. René Desau-
tels, se termina par une chaleureuse allocution du R. P.
Recteur et quelques mots de lemanlc ?enta lin directeur,
Je Tt. P. Conrad Leblanc, O.M.I.

MARDI, LE 23 MAJLS

Les honneurs furent partagés dans une ^'ff**iits4op de
la Société des Débats français, tenue dans la salle aaadé
mique de l'Université d'Ottawa. M. François Moriaset
fut déclaré meilleur orateur, mais ses adversaires rem*
portèrent la victoire. Ceux-ci, MM. Paul Noiseux et Jean
Rousseau, avaient pour tâche de démontrer quil faut être
Canadien français d'abord, Canadien ensuite. M. Morisset
et M. Henri Duchesnay, son collègue, .prétendaient an
contraire qu'on reste fidèle à sa rase en étant d'abord
Canadien.

M. André Latrémouille, qui s'acquitta admirablement
bien de sa tâche, présidait ce débat. Le jury se compo-
sait de MM. Bernard Gauthier, Léo Richer et Pernand
Larocque.

Des travaux d'ordre secondaire, conférences, chroni-
ques, déclamations, permirent à d'autres jeunes orateurs
d'exercer leur talent. MM. Paul Ollivier et Clément
Massicotte entretinrent les quelque deux cents membres
de la section, l'un de la Russie communiste et du nazis-
me -- entre deux mots il faut choisir te moi nd re -- , l'au-
tre,' des premiers parachutistes. MM. Gérard Gagnon et
Georges Cloutier passèrent en revue les faits récents de
la politique nationale et internationale.. Enfin M. Gilles
Leblanc déclama "L'aumône de la Vierge" de H. Durand,
et M. Philippe Landry "Après la bataille" de Victor
Hugo.

De brefs commentaires par MM. Jacqueun Bélanger,
Femand Barsalou et Rhéal Rochon, complétèrent le pro-
gramme. 1

VENDREDI, LE 2 AVRIL

Un sujet qui revêt actuellement une très grande im-
portance: "Les femmes mariées ne devraient pas travailler
hors du foyer," fut brillamment mis au point lors de la
réunion hebdomadaire de la Société des Débats. français
â la salle académique de l'Université d'Ottawa.

Les vaillants défenseurs de l'affirmative, MM. Geor-
ges-Claude Daoust et Paul-André Racine, déclaré meilleur
orateur, s'attirèrent les faveurs du jury par mur clair et
convaincant exposé des résultats néfastes du travail de la o
femme hors du foyer.

La négative, représentée par MM. Claude Leblanc et
Paul Laframboise, tenta de justifier sa cause par des
faits précis.

D'excellents interprètes, M. Caroll Laurin, dans le
rôle de Vatel, et M. Marcel Nichols, dans celui de M.
Poirier, présentèrent avec succès un extrait du ''Gendre
de M. Poirier" d'Emile Auger. Deux jeunes conféren-
ciers, MM. Marcel Lafontaine et Maurice Hébert, entre-
tinrent l'auditoire pendant quelques temps: l'un sur
l'aéroglisseur -et l'autre sur la lumière fluorescente
MM. Femand Shnard et Roland St-Onge donnèrent un
bref aperçu sur les actualités nationales et internationales.

Enfin, d'autres orateurs en herbe montèrent à la tri-
bune pour une discussion libre du sujet: MM. Arthur
Davidson, François Morisset, Bernard Gauthier, Gaétan
Legault, Real Therrien, MacDonak) Caza.

Ce débat, sous la présidence de M. Claude Sylvestre,
fut jugé par MM. Jean Jacques Pogarty, Jean-Yves Sarra-
Boumet et Femand Larouéhe.

????? "

Vous venez d'en tondre
Les Echos . . «

Une nouvelle série d'émissions vient de se terminer
i CKCH. Depuis l'antenrae Me ét u di en t* est présenté
leur émimâon hebdomadaire LES MCHOS DE LA MO-
TONDE, dams le but de faire commettre la peuaée estudian-
tine et sea manifestations.

Plusieurs étudiante nous ont rendu service *o écrivant
des sketches, d'autres en prenant part de vive vête à
notre demi-heure du samedi soir. Nous leur présentons
nos phu vifs remerciements.

Nous reme r c io ns aussi tas artistes locaux qui ont
accepté de participer à notre p ro gaas s au c: Mme LuciUe
Gagné-Mayer, Miles Louise Bray. Rnmnde Poirier et
Henriette Pratte, MM. Emllien Allard, Frank Halom et
{o-Claude Hurtubise ainsi que le lieutenant-colonel C.-A.J.
MOtar, du CJE«O.C. t et M. Maurice Chapnon, dn centre
d orientation professionnelle de l'Université, qui se sont
prêtés de bonne gréée à nos interviens.

Votre comité de la radio était «eue la direction de
Guy Beaulne assisté de Gilles Lefebvre, directeur mu-
sical, Georges Normand, et Yves Pilon, secrétaire.

Ces émissions ont été rendues possibles grâce an di-
recteur du Poste CKCH et à l'amabilité du journal "U
Droit . .

Merci encore une fois et ù te arsoasliir !

G.B.

--

La Ligue des Débats interunîversitaîres

Pour éviter toute équivoque.

Depuis 1932 qu'il y a des débats interuniver-
sitaires annuels et, a chaque année, il y a des
erreurs ou des inexactitudes dans les comptes-
rendus. A preuve, la dernière Rotonde
avait une note qui n'était pas totalement exacte.
Nous félicitons et remercions M. Ovide Proulx,
principal du Hlgh Bchool de Rockland, Ont., d'a-
voir attiré notre attention sur ce sujet. Nous
avons voulu. voir le rond de toute l'affaire; après
avoir revu nos archives et les Journaux du temps,
nous croyons pouvoir donner ici un rapport
complet et objectif de l'histoire et du programme
de la Ligue des Débats interuniversitaires. Ce-
pendant, s'il s'y trouvait encore quelques impré-
cisions, nous serions très heureux de corriger.
Nous invitons en particulier nos amis de Québec
et de Montréal de bien vouloir nous rappeler à
l'ordre, s'il nous arrive de perdre le fil de l'his-
toire.

Vn débat d'essai. -- Mars 1931.

?~*T-

>-N

M. Rhéal Lanthler, étudiant en médecine à
l'Université de Montréal, ancien élève de l'Uni-
versité d'Ottawa, avait proposé au R. p. Joseph
Hébert, O.M.I., alors directeur des Débats fran-
çais à lTJhtv. d'Ottawa, d'organiser un débat
entre les étudiants des deux villes. Le P. Hébert
accepta vite et l'organisation du débat reçut tous
les soins. La date et le sujet furent fixés, et le
débat fut un succès.

1932 -- 19 février

Le sujet: "La Confédération est-elle née viable?"
Les orateurs:
A Ottawa:

Ottawa: MM. OVide Proulx et Donat

Brousseau.
Québec: MM. Paul Lebel et Ewald Grondin.
A Montréal:

Montréal: MM. Bernard Hogue et Jean

Nadon. *

Ottawa: MM. A. De Oaspé Taché et Hugues
Lapolnte.
A Québec:

Québec: MM. Fernand Morin et René

Constantlneau.
Montréal: MM. Hector Orenon et Rodrigue
Bédard.
Ottawa gagne.

1933 -- 8 février

Le sujet: "La ' politique canadienne est supé-
rieure, au 20e siècle, à la politique américaine."
Les orateurs:
A Ottawa:

Ottawa: François Chevrier et Gérard

Charette.
Montréal: Gérard Cournoyer et Bernard
Hogue.
A Montréal: J.***^*

Montréal: Rodrigue Bédard et René

- Beaudoin. o>

Québec: Gérard Tardif et Jean Lesage.
A Québec:

Québec: Georges Pelletier et Maurice

Kleffer.
Ottawa: Léo Lafrance et Maurice Dupont.
Montréal gagne.

r

1934 _ 9 février

Le sujet: "Le bilinguisme intégral nuit à la cul-

La fondation de la Ugue

Le débat-essai du mois de mars 1931 fut dé-
cisif. Ottawa parla et proposa de répéter l'expé-
rience à chaque année et d'y inviter Québec. Le
premier qui fit valoir l'Idée à l'Université Laval
fut un autre ancien d'Ottawa, Arthur Powers,
ce.m. Le projet d'une Ligue de Débats inter-
universitaires fut bientôt officiellement proposé
et accepté. La L.DX (ai fondée à Montréal, à la
Maison des étudiants, rue Demontigny, le 7 octo-
bre 1931, par les présidents des trois Sociétés de
Débats, assistés des aumôniers respectifs et d'au-
tres représentants. Le premier conseil de la
Ligue fut composé "ainsi:

Président: M. Jean Jodoln, prés, des Débats
Fr. de Montréal,

Vice-prés.: M. Arcadlus Denis, prés, des D. F.
de Québec,

Secrétaire: M. Paul Marion, prés, des D. F.
d'Ottawa.

A cette réunion on s'entendit sur une consti-
tution que le secrétaire devait rédiger, on orga-
nisa le premier débat officiel de la Ligue, on pro-
posa d'obtenir un trophée qui serait mis à l'en-
jeu annuellement.

Le programme complet de la L D. I.

Le débat-essai du 17 mars 1931

ijet: "Dans les circonstances présentes, la
Suprême devrait être la dernière Cour
pour le Canada."
orateurs: ,,

)ttawa: MM. Gaétan Vinet et Paul Rochon,
fontréal: MM. André Montpetit et Gérard
Trudel.

Le trophée Villeneuve

La L.D.I. doit son magnifique trophée a l'ini-
tiative et au dévouement du WL F. Jean L'Abbé,
O.M.I., directeur de la Société des DP. d'Ottawa
lors de la fondation de la Ligue; elle le doit évi-
demment à S. E. le cardinal Villeneuve, OJf.1.
qui en fit le don, mais c'est le P. J. L'Abbé qui prit
sur lui toutes les démarches. Après avoir exa-
miné plusieurs soumissions de Montréal, d'Otta-
wa et de Toronto, le R. Père décida de le faire
faire, par l'intermédiaire du.R. P. Joseph Rous-
seau, O.M.I. , alors procureur de la Congrégation
des Oblats auprès du Saint-Siège, à la Maison
Frugoni, à Rome même. Le trophée est fait de
quatre plaques d'onix, incrustées dans un cadre
d'argent, le tout surmonté d'une statue symbo-
lique, en argent, d'un orateur. Par l'entremise
de l'Agence "Economie»", le dit trophée est par-
venu à Ottawa au début de décembre 1932. Gom-
me l'Université d'Ottawa avait remporté la vic-
toire lors du premier débat interuniversitaire,
19 février 1932, c'est dans notre petit salon-
parloir qu'il a fait sa première halte. Nous allons
le suivre , maintenant, en repassant le program-
me général de la Ligue, dans ses randonnées
Ottawa- Mon tréal-Québec.

Le sujet: "Le 20e siècle, siècle de progrès ou de

décadence?"

Ottawa gagne.

o

ture française."
Les orateurs:
A Ottawa:

Ottawa: Rémi Millette et Paul-Emile

Morvan.
Québec: Jean-Charles Bhérer et Marcel
Létourneau.
A Montréal:

Montréal: Louis-Philippe Roy et Louis-
René Beaudoin.
Ottawa: Marcel Ouimet et Jacques
Boucher.
A Québec:

Québec: Jean-Charles Bonenfant et Jean

Lesage.
Montréal: Alban Flamand et Nantel David.
Québec gagne.

1938 -- 4 février
Le sujet: "L'avenir se montre-t-il favorable à nos
diplômés?"
Les orateurs:
A Ottawa:

Ottawa: Léonard Roussel et Roger Belle-
feuille.
Québec: Marcel Crête et Armand Nadeau.
A Montréal:

Montréal: J.-P. endette et Guy OulmetT
Ottawa: Jean-Paul Poirier et Jean- Jacques
Tremblay.
A Québec-
Québec: J.-L. Doucet et René Hamel.
Montréal: André Forge t et Marcel Lafon-
aine,

XÊÊÊB^M

1935 -- 1 mars

Le sujet: "Etes- vous en faveur de la Société des
Naitons?"
Les orateurs:
A Ottawa:

Ottawa: Lionel Desgroseilliers et Lorenxo

Lebel.
Montréal: André Forget et Henri-Paul
Lemay.
A Montréal:

Montréal: Gérard Déléage, Gérard Cour-
noyer.
Québec: René Hamel, Pierre Roger.
A Québec: <>*

Québec: Rosario Bélisle et Roland Berge-

ron.
Ottawa: Rolland Gagner et Jean Legris.
Montréal gagne.

1937 -- t février
Le sujet: "La sécession de la province de Québec
serait-elle avantageuse aux Canadiens fran-
çais?"

Les orateurs:
A Ottawa:

Ottawa: Y von Beaulne et Alcide Paquette.
Montréal: Genest Trudel et Jean Noël.
A Montréal:

Montréal: Roger Duhamel, Jean Filion.
Québec: Yves Vien, Raymond Lesage.
A Québec: .

Québec: Jean-Louis Baillargeon, Léopold

Larouche.
Ottawa: Orner Chartrand et Jean- Jacques
Tremblay. .
Ottawa gagne.

1939 -- 3 mars

Le sujet: "La crise a-t-elle fait plus de tort que
de bien au Canada?"
Les oragteurs:
A Ottawa:

Ottawa: Fernand Larouche et Jean-
Jacques Bertrand.
Québec: Léopold Larouche et Jacques
Flynn.
A Montréal:

Montréal: Jean Drapeau et Jean-Pierre

Houle.
Ottawa: Real Gagné et. Yvpn Beaulne.
_ Québec: Pierre Bolduc et André Leclerc.
« Montréal: M. Trahan et M. Lemleux.
Montréal gagne.

1939 -- 24 février

la -.ujet: "Le Canada doit-il orienter sa politique
vers le Commonwealth britannique ou vers le
Panaméricanisme ? "
Les orateurs:
A Ottawa:

Ottawa: Fernand Guindon et Marcel

Créneau.
Montréal: Jean Drapeau et Jean Langlois.
A Montréal:
. . Montréal: Jean-Jacques Bertrand, Paul
Charpentier.
Québec: Ubald Désuets, Paul Carbotte.
A Québec:

Québec: Raymond Lesage, Real Gagné.
Ottawa: Y von Beaulne et Fernand Larou-
che.
Montréal g m y

Les orateur»:

A Ottawa:

Ottawa: Raymond Bériault et Jean-Louis

Pratte.
Québec: André Dubé et Charles Boudreau.

A Montréal:

Montréal: Marcel Côté et J.-Guérin-Lajoie.
Ottawa: Yvon Beaulne et Maurice Cha-
gnon.

A Québec:

Québec: Carrier Fortin. Rofeer Laroche.
Montréal: Jean Drapeau, J.-J. Bertrand.

Ottawa gagne.

1941 -- 21 février
Le sujet: "L'unité canadienne est-elle réalisée? 1 *
Les orateurs:

A Ottawa:

Ottawa: Yvon Beaulne et Charles-Henri

Bélanger.
Montréal: Paul Lévesque et Marcel Côté,
A Montréal:

Montréal: Jean- Jacques Bertrand et Jean

Drapeau.
Québec: Jean-Charles Simard et Charles
Boudreau.
A Québec:

Québec: Georges Coderre et Victor-Uldérie

Larouche.
Ottawa: Maurice Chagnon et Lucien La-
mou reux.

Ottawa gagne. ^

1943 -- C février

Le sujet: "Notre jeunesse doit s'abstenir de par-
ticiper à la politique active."

Les orateurs:

A Ottawa:

Ottawa: Lucien

Lemieux.
Québec: Robert
Drolet.

A Montréal:

Montréal: Lomer Mercler-Oouin et Paul

Gérin-Lajoie.
Ottawa: Maurice Chagnon et Guy Godard.

A Québec:

Québec: Jean-Paul Bérubé, François
, . Lajoie.
Montréal: Roland Lefrancois, André Du-

charme

Québec gagne.

1943 -- lt février
Le sujet: "L'argent fait-il le bonheur?'
Les orateurs:

A Ottawa:

Ottawa: Maurice Chagnon et Guy Beaulne.
Montréal: Marcel Laurin et Louis-Philippe
Dupuy.

A Montréal:

Montréal: Pierre Laporte, Guy Godard.
Québec: Jacques Lacourcière, Jean-Paul
Martel.

Lamoureux et Lionel
Cliché et Jean-Pierre

«.t*"

A Québec:

Québec: Marcel Turgeon et André McMlcnB.
Ottawa: Jean Lnpten et Pierre de
feuille.

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LA ROTONDE, t AVRIL IMS

. 1 ?- , ?- ; -

Sur le front des Etudiants

LA ROTONDE, t AVRIL IMS

Page t

Ne soyez pas surpris si dans quelques années
on connaîtra un. autre Newton, Faraday ou Am-
père, si on en Juge par la m ani ère dont certains
de nos étudiants en physique s'acharnent A ré-
soudre les no mb re ux problèmes qui leur sont
présentés. C'est probablement l'atmosphère du
milieu dans lequel ces messieurs se réunissent qui
les Inspire ainsi. Oui ? c'est bien au Laurier, que
chaque matin le grand Laurier et compagnie,
dans toute leur humilité, sans tambour ni trom-
pette, dans la noirceur du milieu mais avec la
lumière de leur science, s'éclairent. Et après
maintes consultations, observations, et calculs,
ces messieurs en Tiennent toujours à une même
conclusion satisf a isante, et se glorifient ensuite
de leurs lauriers bien gagnés.

Cum Grarto salis

l'année: Jean "Ti-Boeuf Méthot et Pierre Nor-
mand. Bonne chance les gars t

Ramsay Baraxett est un gentil petit garçon,
mais gare A lai si vous êtes une demoiselle et ne
lui plaises pas; an scène de famille en résultera.

attente, les pauvres "suckers" dépochent et achè-
tent des billets.

* * »

Notre correspondant sportif ira p*ochaineaaent
jouer au ballon au panier dans la métropole; At-
tention a toi oFern" et surtout aux C.WJLC. Les
Montréalaises sont bien dangereuses.

Félicitations A Fergus Ducharme pour son plai-
doyer en faveur de l'esprit sportif. Mettons ça en
pratique les gars I!

fo>_

Ray... Paie... pourquoi n'a- tu pas demandé
A jouer A la dernière joute contre Commerce ? Il
n'y avait aucun danger ... on gagnait par une
marge de onze points. Aurais-tu payé la place de
banc ?

* » *

Expressions caractéristiques de nos Pépin, Le
plus vieux: "Attention à mes dents"; le deuxiè-
me: "C'est pas nécessaire de me frapper sur le
nez"; le troisième: "Lâche -moi le bras, sans
dessein !"

Dans la rotonde . . . Paul et Roger accompagnés
de deux gentilles demoiselles . . . pardon ! Mada-
me et ma soeur ... ce sont les deux "produits de
beauté" ou "fleurs exquises" des Maritimes.

**Punjab" a bien hâte de rencontrer Bvelyn Ba-
rakett. Il est même prêt à faire le voyage A
Trois-RMéres, l'été prochain.

* * *

On connaît justement le type d'homme qui
pourrait aider le "Surhomme" et "Flash Gordon"
dans leurs aventures périlleuses ... il vient de la
vallée de la Matapédla.

* * *

Question pratique: "As- tu commencé de prépa-
rer tes examens, Baptiste ?"

» * *

On nous dit que plusieurs finissants n'ont pas
hésité une seconde dans le choix de leur carrière.
L'armée est leur idéal et leur" travail en classe
prouve qu'ils tiennent A l'atteindre mordicus.

* * *

Le gros Gilles B. est membre d'une grosse fa-
mille. Les Humanistes achèvent de connaître tous
ses oncles et tantes, pour ne pas dire son "arbre
généalogique".

* * *

C'est bien beau d'être oncle, nous dit R. Bélan-
ger, mais quand il faut abandonner sa chambre
et son laboratoire de photographie, on préfère
demeurer vieux garçon.

* * *

D'après le "Dalhousie Institute of Public Opi-
nion", les étudiants donnent comme causes des
récents échecs aux examens semestriels: man-
que d'étude (29 p.c), le C.E.O.C. prend trop de
notre temps (10 p.c). Parmi les autres réponses
on donne: la sévérité des professeurs, l'inquiétu-
de due à la guerre, la dissipation de la jeunesse
en temps de guerre, et le rationnement du thé et
du café qui empêche les étudiants de se mainte-
nir éveillés pendant l'étude des examens. Faisons
nos provisions les gars.

/n * * *
La ph ilo sop h i e a de désastreux effets sur notre
ami Pierre Jutras; non seulement elle l'embrouil-
le dans ses, idées mais elle lui fait perdre . . . devi-
nes quoi?

. * * *
Au théâtre Blgin, Roger, Paul, Bud, Ban., et
Cie s'exclamaient devant le joli numéro qui
n'était autre que la vendeuse de billets. Chacun,
pensant que c'était une Anglaise, y allait en ter-
mes bien français sur ses "jolies beautés"...
Quelle ne fut pas leur déception, lorsque la gen-
tille dame "A l'anneau d'or" leur répondit en
irançais i

* * *

Hubert J.-B. Melançon trouve l'atmosphère
d'Ottawa trop calme et s'ennuie des élections.
C'est pourquoi il prépare sa prochaine campagne
dans Montréal-Ste -Marie où il demandera la li-
berté d'un certain M. Houde, inventeur des "Cà-
milliennes".

* * *

Nous saluons deux de nos brillants anciens qui
sont venus nous visiter avant leur entrée dans

m

Durand, grand psychologue de 3D, a développé
son talent en assistant environ dix fols au film
"Andy Hardy's Double Life".

Attention les gars ! ! Connaissez-vous un plan
qui permettrait A Madame "Junior" Ducharme de
continuer sa correspondance avec Monsieur ?
Georges est au désespoir !

Nos félicitations aux jeunes filles du couvent
de la rue Rideau pour leur belle tenue au der-
nier concours de ski qui a eu lieu A "Dôme Hlll".
Heureusement qu'elles ne prennent pas comme
modèles nos vaillants défenseurs du trophée
"Ault" . . .

* * *

Nos couleurs grenat et gris se sont fait voir à
Montréal. C'est la seule satisfaction que Jean
Lupien semble en avoir tiré, sans parler de la
jolie ceinture pour Madeleine.

* * * .

Gilles Sarra-Bournet nous promet sous peu un
heureux gagnant* de cent dollars. Pendant cette

Débarbouillons-nous

De tous, côtés on désire fortement Vordre nou-
veau.

Le mari effaré réclame bruyamment une ré-
forme de la mode et madame, à chaque pas, peste
contre son corset et ses souliers et supplie le ciel
de lui donner un jour la liberté de s'habiller -- ou
de se déshabiller à sa cuise.

Le ministre qui a eu ta frousse la dernière
fois se propose de faire abolir les élections. Le
maire, pour s'épargner tout futur tracas, va se
faire déclarer inamovible, .De meuble qu'il était
U edviendra immeuble, propriété municipale; ex-
empte d'impôts. Position enviable /

C'est maintenant Vinstruction obligatoire, le
service militaire obligatoire, le mariage obligatoire,
la pauvreté obligatoire et un tas d'obligations t

Eh bien, mai aussi j'ai ma réforme. Je veux le
bain gratuit, neutre et obligatoire: débarbouillons -
nous, voilà le mot d'ordre. Pour ne pas trop effa-
roucher les timides, la douche sera d'abord annuel-
le et puis se donnera ensuite A des temps graduel-
lement rapprochés.

La réforme l

Ce sera l'occasion sans pareille pour les profi-
teurs de geurre de se laver la conscience; les ivro-
gnes viendront rafraîchir leurs hommes résolutions;
les grévistes passeront de sang rasad à sang froid;
le* S éraphins cesseront d'accumuler, nos braves
pompiers s'habitueront au contact de l'élément
liquide et nos intellectuels -- écrivains, boxeurs,
mu si cien s, bûcherons, journalistes, détectives et
professeurs -- calmeront un peu tm rage de l'incen-
die qui les consume.

Ouir II faut qu'au moins un fois Van nous pra-
tiquions la vertu de propreté. Vertu qui nous don-
nera au moins cet avantage sur les Allemands t

Peut-être qu'en cet testant purificateur Us
commères terront leurs petits défauts* n'ayant pas
d'autre chose à relever. Pensez-donc !

Les fermiers pourront aussi se laver avec Veau
qu'us avaient sans doute oubuë de verser dans le
lait destiné à d'autres honnêtes dtopens.

Ces pauvres citoyens riches t

Cette réforme pascale peut devenir un bien-
fait sans prix. Les anti- cléricaux deviendraient
des humbles; les sptrttes descendraient de leurs
étoiles; les étourdis acquerraient un peu de juge-
ment et les séparatistes, un peu drinteiUgence.

St en ce grand four, nous pourrons voir le vrai
visage des femmes: sans fard, sans peinture.

Débarbouillons nous! c'est le temps de Pâ-

Le président des débats français a un penchant
pour les contrastes. Une journée c'est un béret,
le lendemain un "Homburg" frappant

-iLe trophée Ault, emblème du championnat in-

terscoiastiqoe de ski et remporté l'an passé par
l'Université d'Ottawa, n'eut pas de défenseurs
en ce beau dimanche matin, sur les pentes de la
Côte-du-Nord. Hélas, nos tristes représentants
préférèrent la douceur de leurs lits aux joies sai-
nes des montagnes de la Gatineau. Félicitations
aux skieurs Garnenu, Biais et Coté pour leur acte
de présence. A l'avenir on saura qui déléguer.

* * *

Lomé MacDonneU de Kingston, est A se tailler
dans les parages une notoriété des plus remarqua-
bles. Fait triste A dire: ses billets doux ne
s'adressent qu'aux jeunes hommes . . .

* * *

Le 4 mars dernier avait lieu l'épique duel de
gpuret entre les Scolastiques et les laïcs de l'Ins-
titut. Pour les laies : Lafrenière, Oonlet, Hur-
tubise, Lupien, Belleau, Terrien et Danis.
Après une lutte acharnée et nonobstant les efforts
surhumains de notre René, les "Scos" triom-
phaient par 6 à 3. Le grand Jean-Claude choisit
mal son adversaire et nous revint avec un joli
souvenir bleuté.

o * ? *

Nos onze* vétérans de St-Sauveur sont revenus
remplis d'un saint respect pour les pentes redou-
tables du... Mont-Royal Bonne 1 chance que
"Smitie" Joyal les accompagnai*: en plus de
remplir les devoirs de l'hospitalité dans la gran-
de ville, il amusa "tout le tram" par ses bouffon-
neries

* * *

"Co" Rochon a bien rempli son devoir de
"coach" par ses conseils de circonstance. Sa seule
peine est d'avoir manqué sa chance de mettre
ses skieurs à l'épreuve contre ceux de Montréal
et de Québec II promet bien de se reprendre l'an
prochain.

* a *

Enfin, les sergents du OEjÛ.C. sont dotés d'un
mess tandis que les cadets attendent toujours . . .
leur paye. B y a quelques mois, la vogue était
aux démissions dans le Contingent mais depuis
que Marchand» Joyal et Carrière ont écoppé d'un
enevron, les promotions reviennent A I» mode.

* * * M.

La Société Ste-Cécile présente ses! troisième
ccsicert public samedi prochain, le le avril. En-
courageons nos gars, les gars !

?' CASTOR et POLLUX.

-?I*

-- FIGARO.

Zipp reprend ses "raids"

indiscrets dons la

Petî te Cour

ï swtt: Héte.! pas de Tpofcsau" d'avril .,,«* fait, mais
de "nom" seulement ! 1 ! . . «- i, nw»

4 vvr } h n y a î 5 ,»** » B«M»cheu« . . . notre "Gaston" au
doux et paisible sourire r r r

8 a *ï£ iS* ^ q . uà MiI1 e-*°cheg Cou ia28î> c'est un
iri sé" k la min© épanouie f l t

19 svrtt Et à Ville-Marie noua pouvona compter au moins
trois* fois "cinq-pierres" ! ! !

ÎI avtilr Pms à Bagotvme eu I§27 c'est un "mon-
aeigueur" ! ! !

W Tctis« ïTf e ^ tbwÉrrèf (Hawkeabury) parlei-en

18 ^ue^M^^ (TM)'' Rofcen ^ * **«o *»

22 a ^JP2!T!£^l m l^ é * Mr ' » -- -- »> "masse"
* " * TUbuxy » "ttiean" et la Bais Cameau avec
quinte coups bien comptés r ! t

Le prochain raid au stscnsèa assis I 1 1

? ? Palestre

? ?

et M ui e liili nous
mènent ou championnat

Enfonçant toute opposition sou* des pointa-
ges étevéa, l'Université s'est acheminée lentement
mais sûrement vers les honneurs suprêmes de
la ngue de gouret junior irtierscolastique. Une
puissante m a rtrlne qui fonctionnait à mer-
veille a fait subir des échecs humiliants à Com-
merce (»-©) et à Vepean (le-1) pour mériter le
troisième rang dans le classement final.

Ce fut alors une série ctsassdesnent con-
testée entre le grenat et gris et Tech au cours des
él imin a t oi r es. Dans la première ronde, on rem-
porta m palme par la marge de S à 2, grâce aux
demi buts de Yves Sarra-Bournet. Tech revint
fort pour remporter la s e cond e partie par 2-1,
égalisant ainsi le pointage sur la ronde à 4-4 Le
solide San*. s'Illustra de nouveau de façon re-
marquable en enfilant le tout unique des nôtres.

É«*£

V*?-

Lors d'une récente joute amicale de ballon au panier,
les' M. F. Trudeau et Marcoux ont déployé une rupiéHi
et km précision surprenantes aux vétérans de ce sport,
Y. Pépia at "Pun" Melançon.

XXX

Avis à "Lobe* Jutras: prendre des notes en çkmse.

1 S -- : X-- ._X '

Une animosit é nourrie caractérisa l'engagement
décisif mais la rapidité et la précision du Varisty
lui donnèrent une brillante victoire de 3-0. Pépin,
Muretich et Beauparlant comptèrent les buts qui
éliminèrent Tech, donnant ainsi une douce, re-
vanche au grenat et gris qui avait perdu le cham-
pionnat de rugby a Tech, cet automne. Le petit
Jean-Marie Thibault, accroupi dans les filets du
Varisty, imita son idole Georges Vézina avec brio,
en empêchant tous les lancers de l'adversaire,
frappant et bloquant de tous côtés pour lui voler
des buts certains. Les journaux anglais ont vanté
ses exploits dans deux paragraphes et comme
ceux-ci n'ont pas l'habitude de faire l'éloge de
noc équipes, cela signifie beaucoup.

UNIVERSITE, 27 -- COMMERCE, 6.

Les protégés de Garland avalent disposé d'une
équipe très puissante et il ne restait alors que
Commerce» un club plutôt faible, sur la route du
championnat. Ce devait être une série de deux
dans trois mais nos Juniors firent une bouchée
de l'adversaire en l'écrasant par les pointages
de 13-3 et 14-3, un total de 27 buts contre 6. Ro-
bert Pépin et Johnny Muretich se sont avoués
trop rapides et scientifiques pour Commerce.
Pépin, malgré ses blessures à l'oeil et au poignet,
enfila douée buts, quatre assistés, et Muretich,
six buts, huit assistés. Pensez-y donc, les gars,
douze buts dans deux parties de détail! Cette
orgie de points par notre élégant patineur Robert
Pépin, constitue un record dont nous sommes tous
fiers. L'équipe possédait trois bonnes lignes, une
solide défense dirigée par Bob Leroux, un gardien
de buts impeccable et, du premier au dernier, elle
afficha une tenue admirable pour mériter son
premier championnat Junior depuis la fondation
de la ligue en 1933. Nos félicitations les plus
sincères aux membres de l'équipe: Jean-Marie
Thibault, Robert Leroux, Jean Tremblay, Johnny
Muretich, Robert Pépin, Jean-Paul Pineault, Plo.
TuTptn, Fernand Turpin, Jean Beauparlant, Jean
Biron. Raymond Paiement, Yves Sarra-Bournet,
ainsi que le pilote populaire, Aille Gartand, le
gérant Paul Btanchette, et le partisan no. 1, de
l'équipe, le Rév. P. tJbald Boisvert, préfet de dis-
cipline.

En ce qui regarde notre équipe junior de la
Cité, il suffit de mentionner qu'après une lutte
acharnée contre Burghs, elle baissa pavillon par
les pointages suivants: 5-4, 4-7, 6-8. En l'absence
de Dubé, qui s'était fracturé la mâchoire, Ray
MacDonald et Guy Cantln formèrent une puis-
sante défensive. A l'avant, Claude MeTancon,

"Afarje" Joyal si me r wi t sucrer le café d'Eli Joseph
ovec la charmante Therem Wright.
xxx

Lorsque les Commandos auront mérité la coupe
Allan, une autre de nos prédiction sera réalisée. Cepen-
dant, les portées à VAudUortum ont toujours lieu un
mardi ou un vendredi, au grand chagrin de ' ' Marthm'"
Laurier. Son frère Cari (Buster Crdbbe) se démontre
chic type en invitant Bernard "Mario" Trudel et votre
humble correspondant.

X X X

Discutées ici et là: la nouvelle compagne de Rémi
LaUmde -- las couva odantèfùtues du o'ppolshark" Des-
houes, les dents d'Yvou, le nez de Jean-Lûc, et le poignet
de Robert Pépin. .'

xxx

' Note à "bTMmuéT Cé*ê- h tu «s aperça Langlois tra-
vailler ferme itpuis quelques jours, ne meurs pas de
stupéfaction: ce ca r ic at uri ste par excellence art à tracer
la vignette des finissants. Pour se perfectionner, il choi-
sit les sujets les plus difficiles et de ces jours, Jutras est
en grande demande.

XX X

Définition de ski, selon Louis Rocque: la distance
entre deux arbres. Selon "Co", Jean L., Sarra. et Jean C:
la distance entre Ottawa et JKontréal.

XXX

Record de la semaine dédié à Aimée R; "Do and the
short, eh George", par "Hart et Show".
xxx

Qui gagnera la coupe Allan"? Nul autre que le club
Vie. Lorsque Boudreault maitrnitn ce club durant une
classe de commerce, "Tiger" Delisle protesta ardemment
puts<7«'tl est le partisan no l du Vie. Il a même un billet
de saison. y /

xxx

Nous donnerions une livre de beurre au gagnant de
notre quiz sportif, mais ce serait trop donner, car le beur-
re est aussi rare que les présences de Lapensée au
C.E.O.C.

Fernand LABROSSE

Les jeux cher
les jeunes

Joueur agressif qui remit avec Intérêt les coups
de l'ennemi, Jean -Luc Pépin, et Schmldt menè-
rent des assauts dangereux chaque fois qu'ils sau-
taient sur la glace.

F. L.

BaUsn au Panier

Les ligues intramurales senior. Junior et mld-
get de la Division des Petits battent leur plein;
Déjà près de la moitié des parties de la cédule
régulière sont jouées et 11 serait plus que témé-
raire d'oser un pronostic, car les joutes ont tou-
jours été très contestées entre les différents clubs
de chaque section. .

Voici leur classement actuel:

SENIOKS

J. G. P. H. F.

Robitaine > s 1 «140

TaiUefer .... 1 2 1 o U§

Rochon 3 1 2 % M

Biron ..... 3 1 2 84

C.

JUNIORS

Quîx sportif

Je POINTAGE EMJLCT
de sa PASTSE iKCUmC 4c la eamme kiAJkfi H mmm-
mata tes BHJX EQUIPES, sera l'hMMH *a*saa* dm
DEUX Mil gjn attesm par La SMONVE. ??« asjl f
Part «MB» gatntri ta smrUx aéckérr dm m tourne AHaa
emtre rAviaikm de Toronto par sa l ib fur àelSàt
Ce qast sfaaiaf cet p an lk et tous peuvent y partici-
per. Les réponses écrites doivent être adressées à Fer-
nastd LsErisw, lééacteur spcrttf de la Rotonde, au soin
du Rév. P. A Guindon. Psur saaver du trouble et le
prix 4*m thnbre, aux étudiants qui sont familiers avec
le rédacteur spcrttf. celui-ci acceptera volontiers leurs
iVipansfii craies. Toutes les ré po nses devront lui par-
venir avant m 11 avril iselusivenent et si toutefois il
y a plusieurs saluants, U faudra tirer au sort.. $2 à
gagaer sa c-- l e urs.

St-Pierre . .
Lemleux . .
Johcoeur . .
Trudeau . . «

P. C. Pis.

M 25 4

82 41 2

57 54 2

26 52 f.

Le Vorsîty se surpasse

Voila plus de deux semaines, deux cents étu-
diants applaudissaient les efforts du Varsity dans
notre spacieux gymnase. Les représentants de
l'Université dans la ligue Intermédiaire de ballon
an panier surprenaient leurs partisans les plus
fidèles en faisant subir le premier échec de Tan-
née à l'Aviation. Le pointage de cette première.
Joute des semi-finales fut 24-31 en notre faveur.
Une belle victoire qui ramenait à plusieurs de
doux souvenirs de nos fameuses équipes de *39 et
'40. Mon seulement le grenat et gris dominait le
jeu, mais en pois il bafouait mes grands adversai-
res par une exhibition de poaseï et de coups re-
marquables enez un club d'étudiants. Oe succès
éclatant réjouissait tous nos partisans mais plu-
sieurs d'entre eux disaient: "Dans le gymnase de
l'Aviation, ses nôtres seront pentes et, malgré une
avance de trois points. Us devront pner devant
l'adversaire redoutable/'

Rouleau . . .
Dooley .....
Dlguer 2

MIDGETS

J. G. P. N. P. C. Pis.

2 1 1 $0 22 2

1 31 26 2

1 1 14 41 2

Tournois des jeux Intérieurs

Il y a une activité débordante de ce temps-ci
dans la salle de récréation des Petits et pour cau-
se: chacun s'efforce de remporter les honneurs
dans les tournois senior. Junior ou midget de pool,
ping-pong, sacs de sable, ' mississipi, etc. Les
moins habiles et souvent; "les moins chanceux**
sont graduellement éllmir'és et noud serons heu-
reux de proclamer sous «feu les noms des vain-
queurs.

DEUXIEME PARTIE

Résolu de protéger son avance bien méritée,
le Varsity se rendit à Rockcllffe pour la partie
décisive.' Bon alignement ne comptait que sept
joueurs, tous petits de taille et légers de poids,
tandis que l'adversaire, moyennant six pieds et
deux pouces de taille, possédait deux équipes com-
plètes, il s'ensuit alors une Joute des plus fer-
tiles en émotions. Au son du dernier sifflet, le
pointage sur la ronde était: Aviation, 58; Univer-
sité, 58. n fallait donc jouer cinq minutes de sur-
temps. Dans la première minute de jeu, Robinson
réussit un beau lancer du milieu pour donner
l'avantage aux siens. Le Varsity réunit toute m
science et son énergie dans un dernier effort
mais ne put franchir la solide défense des Avia-
teurs. Ainsi, le grenat et gris baissait pavillon
devant l'Aviation par la faible marge de deux
points. C'était un véritable crève-coeur pour le
Varsity mais tous ses partisans, en particulier le
Rév. Père Boisvert, préfet de discipline, étalent
fiers de sa belle tenue. Suivant l'exemple d'Amie
McWatters, athlète d'expérience, les nôtres jouè-
rent avec la souplesse et le calme d'un vétéran.
Homer Courtrlght fit de beaux adieux dans sa
dernière partie, avant de Joindre l'armée. "Fep"
T aras se fut une source de trouble constante au-
tour du filet ennemi; Gaétan Valois, à peine visi-
ble entre les grandes jambes de son adversaire,
enfila quatre beaux paniers. Après la joute, le
pilote Ray Lefebvjre dit aux siens: "Mes félicita-
tions, les gars! Vous aves joué une magnifique
partie et je n'ai que des compliments à vous
faire."

La saison du Varsity n'est pas terminée, ce-
pendant. Puisque ses joueurs sont d'âge junior»
il participera dans les finales de la ligue
Junior de la ville. Son adversaire probable dans
une série de deux dans trois sera Commerce
Grads. 81 le Varsity gagne, U Ira jouer à Mont-
réal contre le Y.M.H.A. et en même temps contre
l'Université de Montréal dans une partie d'exhi-
bition. Courtrlght et McWatters sont perdus a
l'équipe à cause de leur âge, mais Jean Rochon et
deux juniors interscolastiques lui seront une
puissante réserve.

JUNIORS ET BANTAMS

Nos Juniors Interscolaires ont 'terminé la cé-
dule au troisième rang et dans la première Joute
des semi- finales disputée ici, Us ont vaincu Tech
par 30-26. En arrière à la mi-temps, le grenat et
gris se rallia vaillamment pour mériter une
avance de quatre points dans la partie de retour.
Parisien, MureUcx, Ollivter et Rochon se firent
valoir. Si les joueurs demeurent raharn et pré-
cis. Us mériteront sans doute une place dans les
finales.

L'équipe la mieux disposée pour remporter un
championnat à l'Université est les Bantams.
Ayant écrasé Tech dans le gymnase de celui-ci
dans la première semi-finale, les Coqs protégè-
rent leur avance avec brio dans la deuxième joute
ici, méritant ainsi une place dans les finales
contre Lisgar ou Glèbe. L'équipe compte beau-
coup sur Taiilefer, le premier, compteur de la
ligne, Pagot et Lefaive, atouts offensifs.

P. L.

Montréal gagne

L'équipé de ballon-au-panier de l'Université de
Montréal noua visitait il y a quelques jours: elle triompha
des nôtres par 26 à 24 dans une partie bien mouvementée.
Le principal atout de la victoire de nos ad v e r saires fut
peut-être leur supériorité de taille bien marquée. Une
partie-revanche aura lieu bientôt à Montréal; les nôtres,
souhaitons le, auront là l'occasion de se reprendre. Y von
Laçasse et Fernand LaBrosse furent les pivots de notre
équipe. Notons que deux des joueurs de Montréal étaient
des anciens d'Ottawa, dont André Guindon qui, Vue der-
nier, rédigeait cette page.

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LA ROTONDE, t AVRIL IMS

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"Sommes -nous dignes de nos Pères?

//

Débat pu

Théâtre

Georges Normand,
Québee

Jean Belleau,
Ottawa

le 1 1 avril, à 8 h. 30

L'honorable

Alphonse Fournler

ministre des Travaux

Publics,

rendra le verdict

. des juges.

Fernand Charette,
Ste-Rose-de-Lima

Jean -Claude Hurtubise,
Ottawa

Initiation à l'art dramatique

Un article de théâtre signé Jean Béraud fait
loi au Canada français parce que Béraud (Jacques
Laroche) est un critique à la fois d'un goût si sûr
et d'une connaissance si parfaite du métier dra-
matique qu'il ne peut que frapper la note juste.
Ainsi donc on peut s'attendre en lisant INITIA-
TION A L'ART DRAMATIQUE (1) à y trouver des
commentaires pleins de justice sur les difficultés
que rencontrent ceux qui travaillent pour le théâ-
tre et sur la préparation et la conduite du drama-
turge, du comédien, du metteur en scène et du
critique. '

Après une brève histoire du théâtre, où l'au-
teur ne nous apporte rien de bien nouveau, mais
où il se plaît simplement à en résumer l'évolution
pour donner au lecteur une idée générale, il
conclut par ces mots: "Cette histoire du passé
nous fait voir que le théâtre a perdu de plus en
plus de son importance, dans la vie des peuples,
à mesure qu'il tombait sous le joug des hommes
d'argent". C'est précisément ce que Copeau pen-
sait il y a trente ans à l'occasion de l'ouverture
du Vieux-Colombier: "Le directeur doit être un
maître, le chef d'un groupe de comédiens, pour
qui l'art dramatique serait vraiment un art, une
espèce de sacerdoce et non plus un moyen de ga-
gner de l'argent en flattant les plus bas instincts
de l'humanité". Et nous espérons que cette leçon
serve aux troupes montréalaises qui sont en train
d'écoeurer le- public avec leurs pièces malsaines
ou indifférentes qu'ils persistent à faire représen-
ter. Le théâtre est- il un art ou un commerce? de-
mandait-on un jour à un humoriste. Celui-ci ré-
pondit: "C'est un art quand ça ne réussit pas!...*
Cette boutade semble bien expliquer les senti-
ments de nos hommes de théâtre aujourd'hui.
Béraud note que ce qui a généralement manqué
au théâtre, cest la collaboration intime entre au-
teurs, metteurs en scène et acteurs. Il nous montre
ainsi sa sympathie aux doctrines de Copeau, de
Chancerel. de Ghéon, que les Compagnons de St-
Laurent, entre autres, ont déjà éprouvées: école
de théâtre et étude des maîtres grecs et latins.

"Puis qu'on se demande s'il existe des drama-
turges canadiens, c'est que la situation actuelle
parait anormale et qu'on ne comprend pas pour-
quoi notre peuple n'a encore rien produit, pas mê-
me une oeuvre qui porte ses caractéristiques et
dont le ton soit nettement, indubitablement cana-
dien

Béraud étudie le problème que posent chez
nous les importations américaines et françaises,
deux conceptions de présentation scénique tout
â fait différentes. "Laquelle doit servir de modèle?
Rendre convaincante â cause de sa mise en scène,
une oeuvre peu significative (américaine) ou pri-
ver une oeuvre forte de toute illusion scénique
(française)?" En somme c'est encore le problème
de tous les siècles "Illusion ou Téalité" qu'il sou-
lève. Pour Béraud le théâtre "c'est tout un monde
en petit C'est la vie qu'on crée artificiellement
sous toutes se* formes, où tous les métiers entrent

en jeu." Il ajoute ailleurs: "Le théâtre et la vie
sont deux choses". Il faut donc que le théâtre soit
l'éternelle illusion. Et l'auteur nous montre bien
comment une juste compréhension du théâtre
(la sienne) va assurer le succès des ouvriers du
métier.

Je passe rapidement sur les premiers chapi-
tres du livre où le lecteur trouvera des choses très
intéressantes sur l'art de faire les pièces, l'art
de les jouer, l'art de les mettre en scène et enfin
l'art de les critiquer. De cette étude il ressort ceci
qu'il est Impossible de s'avancer dans le métier
dramatique sans une étude approfondie et sé-
rieuse de l'art du théâtre. Et en cela M. Béraud
ne fait que répéter ce qu'il a conseillé si souvent
dans ses chroniques théâtrales de La Presse, aux
acteurs canadiens- français et surtout aux jeunes.
Il est évident que. nos artistes et nos écrivains ne
se préparent pas suffisamment â la carrière qu'ils
veulent entreprendre et qu'ils se laissent griser'
par leurs premiers succès, pour se contenter toute
leur vie d'une médiocrité douloureuse. Il nous
faut des artistes, il nous faut des écrivains, mais
il nous en faut des vrais; il nous faut des chefs
d'école et pour cela 11 faut de l'étude et une pré-
paration longue et sérieuse.

C'est le dernier chapitre surtout qui doit atti-
rer l'attention du lecteur. "POUR UN THEATRE
NATIONAL', au Canada français plus particu-
lièrement" . . . "Ce qu'il nous faut c'est un théâ-
tre jeune, vigoureux, plein d'idées, bâti sur des
situations, sur des thèmes inspirés par notre vie
nationale." Et ce n'est pas seulement l'argent qui
manque, mais, comme le constate Béraud, c'est
la préparation . . . "L'artiste sans culture n'est
pas un artiste" . , . Avant donc de songer â fon-
der un Théâtre National comme le théâtre Tchè-
que, le théâtre Russe, l'Abbey-Theatre et même
la Jomédle-Française, il faudrait s'assurer d'a-
bord d'un répertoire canadien-français, d'acteurs
et de metteurs en scène qualifiés. Pour ceci il
nous faudrait instituer immédiatement un Théâ-
tre-Ecole où nos artistes prendraient les con-
naissi-ices nécessaires à leur art. Espérons que
cette école soit bientôt établie. Car "en se privant
de la collaboration de 1 art dramatique, les fer-
vents du canadianisme n semblent pas se rendre
compte qu'ils négligent le plus bel atout de leur
jeu. Et cela devant le spectacle de l'américanisme
en pleine floraison, jusque chez nous."

Nous sommes reconnaissant à M. Béraud
d'avoir soulevé encore une fois la question, et
nous lui sommes encore plus reconnaissant o*?*o
voir écrit, pour le peuple, un livré qui lui fera
mieux comprendre ce que Copeau appelait "le
rude métier du théâtre".

Ouy BEAULNE
Mars 1943.

(1) Editions Variétés,

1410, rue Stanley, Montréal, ^~

$1.00; par poste SUS.

Une distraction

Quand dans noti e classe d'étude, je lève la tête
de mes livres, mes yeux rencontrent sur le mur
d'en face, "Madame Récamter dans son salon de
l'Abbaye aux Bots" et je me- pose souvent cette
question: est-ce l'art de David ou la beauté de
Juliette qui en fait un petit chef -d'oeuvre? Ou bien,
est-ce le souvenir de Chateaubriand? Et sur ces
trois êtres, je rebrode le thème de leur vie. Le
premier à la poursuite de l'art antico-classique, la
seconde livrant un éternel combat entre l'amour
et l'amitié, et le dernier, le brûlant romantique à la
recherche d'une Sylphide introuvable.

ET JE REVE À LA FRANCE! -- Cette Frant
incomparable qui non contente de nous donner
un Pasteur, un Claudel, un Maritain ou une Thé-
rèse de Lisieux, avait poussé le goût de l'esthétique
jusqu'à produire "un paragon" de charme et de
beauté féminine, Juliette de Récamier.

ET JE REVE A LA VIE mondaine de XIXème
siècle . ... O Juliette! que de coeurs tu, as brisés,
pour ensuite exercer la voluptueuse mission de les
soigner toi-même par ton amitié! Les retenir en
te refusant, voilà bien ton arme dans ce combat
amoureux, tactique redoutable parce que séduisan-
te -- tu me rappelles un peu ce sphynx vers lequel
les hommes accuraient ensorcelés par un charme
irrésistible. Ils demandaient l'Amour, tu les déco-
rais de ton amitié. -- Mais un nouvel Oedipe a
deviné ton énigme et, un jour, tu demeuras impuis-
sante à la force de T Amour. Ironie du sort! Le
seul homme auquel tu V abandonnas fut le seul
àten être infidèle S

A demi-couchée sur un divan, Madame Réca-
mier se retourne vers la droite -- et nous laisse
admirer la régularité de ses traits, son teint écla-
tant, ses cheveux bouclés retenus par un ruban
noir. Elle est vêtue d'une robe légère de linon
blanc d'où sortent ses pieds nus croisés l'un sur
l'autre. On dit que les personnages des tableaux
de David se figent parfois en statues -- jamais
ses portraits -- sur les traits mobiles du modèle;
à force d'étude et d'observation, il saisit l'Ame et
la fixe. David composa son Madame Récamier
dans le goût mi -classique, mi-romantique.

Il en fait une déesse, mais cette déesse n'a pas
l'oeil froid ni l'attitude empesée de raideur. On
sent un coeur sous cette poitrine, de la vie dans
cette chair, de la chaleur dans ce regard et des
idées courant derrière et front d'albâtre.

Ce tableau ne fut jamais terminé. David, par
caprice, dit-on, l'abandonna lorsqu'il apprit que
cette jolie femme, par caprice, elle aussi, avait te-
nu à poser en même temps chez Gérard -- Ce n'est
donc qu'une ébauche! Mais quelle ébauche ! La
couleur est simplement indiquée par des frottes
légères qui la rendent transparente et pleine de
lumière. On se réjouit de Vtncident qui empêcha
David d'appliquer la pâte épaisse souvent terne
'?'? et lourde de son pinceau. Sans doute Madame Ré-
camier de David n'offre pas le laisser-aller du por-
trait de Gérard; mais, U nous révèle la maîtrise
d'exécution, la sobriété, la distinction et l'harmo-
nie des lignes du grand peintre Français, le chef
de l'Ecole néo-antique.

Collège Notre-Dame '44

Débat mixte

interunivers itoire

sous Ut auspices

de la F.C.U.C.

?

"Mariages, de guerre

Université d'Ottawa va Université de Montréal

-- : *-

ff

A l'Ecole Technique

mardi la 20 avril à 8 h. 30
Billet* 35 sons

Directeur: Mené de Bellef «aille

Organe de la Société des

Dénota français et des étadlaats de langae française de l'Université d'Ottawa
" Pré n sr on ? a s er "

?éeoetowr ca chef: Cey Besoin*

Perspectives canadiennes - françaises

Maintes fols, nous inspirant de notre histoire,
de la philosophie et du droit, il nous est arrivé
d'étudier la structure intime de l'Etat canadien.
Nous aimerions aujourd'hui considérer avec quel-
que attention comment â l'Intérieur d'un tel
rouage notre peuple peut exercer son activité po-
litique. Afin de ne pas étendre outre mesure ce
point de vue, nous nous bornerons â parler des
Canadiens français.

Ceux-ci jouent un rôle décisif dans l'orientation
générale du pays. Pour s'en convaincre, U suffit
d'évoquer les dates qui marquent les principales
étapes de leur histoire. 1774, 1791, en un sens "
1840 et 1867 sont des succès bien â eux. Et à y
penser de haut, depuis la guerre actuelle leur in-
fluence continue â se faire grandement sentir.

Il y a tant que nos émules admettent qu'aucun
parti n'a de chance de se maintenir â Ottawa
sans notre concours. Us vont jusqu'à écrire que
sur certains problèmes qui nous tiennent le plus
au coeur, la majorité du peuple canadien juge
comme nous.

Pourquoi donc un bon nombre des nôtres hési-
tent-ils à se jeter dans la mêlée ? Leur cas serai t-
\ celui de Paplneau qui se dégoûte de sa patrie
parce qu'il n'en prise pas la politique? Pourtant
n'est-il pas plutôt dans l'ordre que le sentiment
fouetté décuple les forces de combat ?

Agir en de telles occurrences suppose de la
stratégie et de la tactique. Or la stratégie pré-
pare â la guerre et conduit en face de l'ennemi;
la tactique décide sur place des coups â porter
pour vaincre. Ainsi les Alliés agissent-ils présen-
tement. Peu â peu, ils se dirigent vers le coeur
de l'Europe afin d'y frapper là le^nasisme.

De même, dans une rivalité entre compatriotes
doit-il y avoir de la stratégie et de la tactique.
La première nous enseignerait exactement ce
qu'est le Canada, de quelle façon nous avons â
nous comporter dans les affaires publiques, com-
ment il est urgent de former les hommes qui
nous rendront victorieux dans les batailles Inévi-
tables. Une fois accomplie cette tâche ou maîtri-
sées les connaissances historiques, juridiques, phi-
losophiques, économiques et religieuses nécessaires,
il y aurait lieu d'acquérir une science peu commu-
ne de la langue anglaise. Autrement, la tactique, si
opportune dans les luttes didéals et d'influences,
demeurerait faible ou Inexistante. Et puis, il fau-
drait rassembler les troupes d'assaut au meilleur
endroit. Non â Québec où nous n'attelndriona pas
les adversaires, mais à Ottawa, tête et siège du
gouvernemant national. Enfin viendrait l'offen-
atve sans quoi nulle victoire n'est possible. Aussi
longtemps que nous nous tiendrons sur la défen-
sive ou que nous ne nous battrons qu'à la périphé-
rie, c'est-à-dire dans les Législatures. Il ne se
produira rien d'absolument définitif. Et nous
ressemblerions aux Alliés toujours dans l'attente
du triomphe final, faute d'avoir pu rejoindre jus-
qu'Ici les masses ennemies.

Les perspectives les plus encourageantes nous
invitent à cette attitude. Déjà par notre nombre
nous balançons les Anglais. En moins de trente
ans, nous aurons égalé tous les Britanniques. Et
l'Immigration ne nous effraie plus comme un
épou vantail. Même les maîtres de l'Occident, les
Etats-Unis et l'Angleterre, s'en vont vers la déca-
dence démographique.

L'avenir est à nous si seulement nous voulons
le conquérir. Conservons au mariage sa noble
fécondité; obtenons des lois sociales qui hâtent çt
facilitent la création des foyers; semons en tous
lieux nos doctrines salutaires: et nous irons sans
cesse de l'avant.

On ne nie pas qu'autrefois des appréhensions
sérieuses aient pu assombrir nos espoirs d'un Ca-
nada étendu. Il n'est pas sûr cependant que
cette psychologie de reploiement ne connût ja-
mais pour cause unique que les Injustices ou les
tracasseries tenaces venant des autres. Toujours,
depuis la cession, il s'est trouvé chez quelques-
uns de nos conationaux une tendance qui traver-
se l'essor des ancêtres. Ceux-ci entendaient fon-
der sur le sol d'Amérique une France nouvelle et
immense où l'Eglise accomplirait son oeuvre d'é-
vangéliastion et de salut. Si l'histoire -- d'avant
et d'après 1760 -- nous a répandus jusqu'au Paci-
fique, n'est-ce .pas un signe que la Providence
nous achemine vers la réalisation du premier
dessein? Pourquoi alors certains de chez nous
n'évitent-ils pas de donner l'impression -- fausse
je le veux bien -- qu'ils seraient fort marris si la
disparition des griefs dont ils font grand état
brisait soudainement leur rêve d'une Laurentie
solitaire.

Etrange idée pourtant que celle-là! N.1 le Ca-
nada anglais, ni les Etats-Unis, ni le Common-
wealth, ni les organisations continentales ou

Bonnes Vacances

La Rotonde souhaite

aux étudiants et aux étudiantes,

de bonnes vacances

% É/é *»ÉÉè»44*

Fin d'année

Ce numéro termine le onzième volume
de la Rotonde, et je m'en voudrais d. ne
pas y glisser un mot d'adieu, et, surtout,
un bien sincère merci à tous mes colla-
borateurs . Je serre la main à mon
adjoint, Jean Lupien; au rédac.-chef,
Guy Beaulne; aux chefs de page et aux
administrateurs. Je dis ma reconnais-
sance à tous les étudiants qui ont écrit
dans notre journal, à ceux qui l'ont lu,
à ceux même qui n'ont fait que le louer
ou le critiquer. Ma reconnaissance va
aussi aux étudiants, qui, cette année,
ont bien voulu prendre soin d'une page;
aux anciens de l'Université, qui se sont
abonnés plus nombreux que jamais, et,
surtout, au chef de la page des anciens,
le Père Guindon, qui nous a aidés im-
mensément dans les tâches ingrates que
sont la correction dm épreuves et la
mise en page, et dont les conseils nous
ont été d'un grand prix.

Le succès d'un journal comme la Ro-
tonde se mesure par la proportion
d'étudiants dut y collaborent. Cette pro-
portion ayant été cette année plus
forte peut-être qu'à l'ordinaire, on peut
conclure que l'année a été fructueuse.
Le mérite en revient à ceux-là même qui
ont écrit dans la Rotonde, et je me per-
mets de souhaiter à mon successeur d'a-
voir comme moi la chance de jouir d'une
collaboration abondante, sans laquelle
ta direction la plus magistrale reste-
rait sans fruits.

Le DIRECTEUR

W* * * w rff~r » yTfWTf f » » » » » » ' ?

mondiales de l'après-guerre n'Inclinent 1» politi-
que de ce côté. On imagine mal les puissances de
l'heure, nos voisines ou nos associées, renonçant
volontiers au Saint-Laurent qui est la clé ée
l'Amérique du Nord. Sans oublier qu'une solution
de ce genre, allant au rebours des nécessités éco«
nomiques qui ont amené la Fédération canadien*
ne, nous ruinerait vraisemblablement pour tou-
jours. Nous serons Canadiens ou nous ne serons
pas, qui ne le craint ?

Il ne nous reste qu'à tirer le meilleur parti
d'une position dure mais exceptionnelle, qu'à
grandir sous un ciel d'orages jusqu'à ce que
nous puissions en balayer les nuages. Parvien-
drons-nous Jamais à la prépondérance ? C'est
affaire de prophétie. Mais que je trouve singuliè-
res les protestations qui s'élèvent parmi nous,
quand on nous accuse de vouloir régner dans le
Canada ! Soyons assurés que les Anglais nous
mépriseraient s'ils croyaient vraiment que nous
fuirions rien de pareil, étant donné qu'ils n'igno-
rent pas les procédés que trop des leurs emploient
à notre égard en tant de parties du pays.

C'est bien simple, nous voulons partout dans le
Dominion, nos libertés culturelles et religieuses.
Pour la marge, nous sommes prêt? à une collabo-
ration Juste et amicale. Donnant donnant. Si au
bout de la course, c'est nous qui arrivons pre-
miers, eh bien ! ils seront seconds à leur tour.
Dans un Canada, construit sur les plans du Qué-
bec, seraient- ils si gênés et si desservis ?

Au fond, tout dépend de notre volonté. Les
atouts qui sont entre nos mains sont si promet-
teurs que seules des maladresses énormes et mul-
tipliées pourraient en définitive nous empêcher de
vivre bien, économiquement, culturellement et re-
lijieusement. en la terre de nos aïeux. A mon
humble avis, le seul danger redoutable que nous
ayons encore à courir -- et il est commun avec
les compatriotes anglais -- c'est l'américanisation.

Au surplus, notre sort est entre les mains des
éducateurs. Car sans la connaissance appprofon-
die de la géographie et de l'histoire de notre
pays, sans une philosophie sage de notre pa-
triotisme, sans les arts stratégique et tactique qui
dressent les vrais lutteurs, il est vain d'aspirer à
de nouveaux élargissements. Si d'autre part, tels
des nôtres s'avisaient de réfléchir davantage sur
les caractéristiques qui distinguent les oeuvres
de doctrine d'avec les discours de combat, ils com-
prendraient, semble- t-il, l'importance des pre-
mières non moins que des seconds et ils cesse-
aient de suspecter ceux-là même qui s'appliquent
à leur fournir la science sereine dont ils ont be-
soin pour polémiser avec sûreté et produire des
fruits sains.

A la suite de quoi, il ferait asses beau ches
nous . i . pour ceux du moins qui souhaitent que,
dans l'ordre futur, le deuxième Etat français du
monde croisse, s'affermisse et compte pour quel-
que chose. o?o '?

Georges SIMARD, O.M.I. *

SSSwë»

S55SS

Graduation

Docteurs ce Droit de l'Université d'Ottawa; 8. R.
Mgr Je** E. Peterson, évèonc de Manchester. N. H.;
l'hen. Atano as e Fceraler, «ministre «et Travaux Pn
bile»; le T. E. P. Edasand J. McCorkcU, CSA., supé-
rieur g énéral des Pères Basltteas de Tereato; M. Es-
draa Mainvllle, directeur ée l'Ecole des Haatas Eta
des Commerciale* de l'Université de Montréal; te
rkeaurécnal de l'air Albert de Nlverville.
Le 11 jeta 1M1

*-u*0* tf -- ImprUaée aux ateliers du "Droit*. Ottawa. Ontario

â.'

on

w

***

r*** 2

Félicitations -- Nouvelles

A M. Dr Anui Fertter, Montréal, ancien
élève, prévient du Collège des Chirurgiens-den-
tiste de la province de Québec.

A M. I.-J. ParnsUs, ancien élève, vice-prési-
dent et gérant général de Robert * Ci*, filiale
de A. Bélanger, Liée, de liontmagny, qui vient de
prendre la direction générale de la nouvelle ad-
ministration du magasin Paul Corbeil, Enregis-
tré ; ' .

A M. Maurice OUivler, professeur à l'Ecole des
Sciences Politiques, réélu président de l'Alliance
Française d'Ottawa.

A l'officier d'aviation Wilfrid Bélee qui s'occu-
pe très activement à descendre des avions boches
dans le ciel d'Afrique.

Au Dr Ernest Coatnre qui a présenté un plan
d'hygiène familiale au ministère des Pensions et
de la Santé nationale devant un comité de la
Chambre des Communes. Par mes vastes connais-
sances professionnelles et techniques universelle-
ment reconnues, comme par ses travaux de re-
cherche fort appréciés, le Dr Ernest Couture <fait
honneur, et hautement, à son Aima Mater et à
tons ses compatriotes. Qu'il trouve ici l'expres-
sion sincère de nos félicitations.

Le Collège classique de Sadbary, dirigé par
las RR. PP. Jésuites, vient de célébrer son tren-
tième anniversaire, les S et M mai. La Rotonde
s'unit à la grande famille de cette Institution
militante et méritoire, étudiants, anciens élèves
et professeurs, pour lui souhaiter toutes les meil-
leures choses: succès, prospérité, bénédictions.

On trouvera dans notre page sportive des
échos vivants des fameuses joutes de ballon -au -
panier ou nos porte-couleurs se mesuraient aux
ch a mrrtom juniors des Provinces Maritimes pour
s'assurer, par un pointage éclatant, d'un autre
championn at canadien. Les deux jeunes Laçasse,
Tvon et Hector, frères d'Hubert dont le souvenir
est encore frais dans tant de mémoires, étaient
au i-ombre de nos représentants. Dès qu'il apprit
la nouvelle de ces grandes parties, Hubert ne
tenait plus à Tecumseh et il fit le voyage d'Otta-
wa pour y faire revivre ses meilleurs souvenirs
et féliciter "les boys". Et Hubert est passé au
bureau de M Rotonde pour jaser et donner des
nouvelles des anciens de sa région, n nous apprit
entre autres choses que "Joe" Roy, ex-fameux
deuxième but, était marié et qu'il était dans
l'armée; que l'ami Roland Bélanger, Paincourt.
était fiancé; que Gérald Gagné, de Paincourt
comme les deux premiers, était marié; que Paul
CécU, Léo. Saiat Loais, Georges Poisson, étalent
dans l'armée en Angleterre et que Robert Morand,
de Tecumseh, était un prmotiiiki de Dieppe.
Hubert nous rappela aussi que son frère, Dr Fer-
nand laca nu r , était actuellement à Terre-Neuve
comme organisateur d'un département dentaire
dans un camp militaire.

Grand merci à Hubert pour ses intéressantes
nouvelles; si bien d'autres anciens faisaient com-
me lui, la page deux de la Rotonde ne serait pas
si "maigre" en nouvelles ... et celui qui en est
chargé ne se brûlerait pas les méninges à cher-
cher du nouveau.

Votre chroniqueur avait cette dernière pensée
dans la tête, quand, précisément, il rencontra
l'ami Jean- Jacques Gariépy, de Hull, étudiant en
médecine à l'Université Laval avec plusieurs de
ses confrères de l'an passé. Il nous apprit qu'il
était entré, avec plusieurs anciens d'Ottawa, dans
le Corps d'Entrainement des Aviateurs Canadiens
CCJE.A.C). fondé à Laval en décembre dernier.
Ces jeunes feront deux semaines de camp a

Saint-Hubert, près de Montréal

Antre rencontre, sous ta rotonde. Jean-Ro bert
?hua, d'Ottawa, étudiant en Génie à l'Université
de Toronto^ la veille de son départ pour le lac
Supérieur où il doit travailler toutes les vacances
durant avec un groupe de scientistes. "Je suis
le seul canadien français du groupe", dit-il.
Bravo, Jean-Robert! et tiens bon! Xi . faut des
nôtres partout, et surtout dans m ces carrières
scientifiques . . . c'est le mot d'ordre!

Un antre ancien, notre bon ami Laden
lasaoTfr d'Ottawa, de retour d'une année
d'étude en Droit à Toronto, nous a parié des
nôtres dans ta capitale ontarlenne. Disons d'a-
bord que Lucien sait faire honneur à ses études
si A son Aima Mater; et les autres de même:

LES FRERES
BARSALOU

Us étaient quatre dans les forces de guerre
de leur pays. L'alné, DORIU8, chef du départe-
ment des Impressions du journal "Le Droit",
ROBERT, le deuxième, Oblat de Marie Immaculée,
prisonnier de guerre en Allemagne à la suite de
l'aventure' du Zamzam; BERNARD, le plus jeune,
actuellement dans l'armée quelque part dans les
Maritimes; et le troisième, JEAN-PAUL dont
nous avons ap- avec tant de peine la nouvelle
de le mort dans un accident d'avion survenu à
Terre-Neuve au début du mois.

:^es Barsaiou sont d'une famille profondément
chrétienne, et canadienne- française qui tire sa
noblesse, justement, de ses traditions, de ses
ver , us franchement catholiques et françaises; de
o/ce* familles qui font la richesse durable et la
; gî&*2 authentique d'une nation. Appelée à vivre
et à grandir dans un milieu comme le notre,
Ottawa, si divers de races et de croyances, où
toutes les vertus peuvent être mises à l'épreuve,
11 n'est pas étonnant qu'une famille de cette
trempe puisse fournir à l'Eglise et à la patrie des
hommes de valeur incontestable.

"La Rotonde" a déjà publié quelques notes
sur le R. P. Robert Barsaiou, O.MI., à l'occasion
du oulage du bateau qui transportait un contin-
gent de missionnaires canadiens au Basutoland.
La triste nouvelle de la mort de Jean -Paul a
tellement surpris ses nombreux amis que nous
nous empressons de rappeler brièvement son
souvenir.

Jean-Paul a passé huit ans à l'Université. Bon
élève en classe, il s'intéressait a toutes les acti-
vités des étudiants. Vif et prompt, son caractère
l'entraînait parfois dans des petites aventures
qui le faisaient souffrir. Il était d'une bonté de
coeur peu ordinaire et ne connaissait pas la
rancune. Ardent, tout d'une pièce, son dévouement
le rendait prêt à toutes les besognes. Aux Débats
français il fit sa part: on lui confia un jour un
débat public à la salle académique et il le rendit
avec grande distinction; la pièce annuelle des
étudiants trouvait en lui un bon propagandiste.
Mr. s le domaine où il se domina le plus, ce fut
sans contredit les sports.

Un peu plus et Jean-Paul aimait les sports d une
façon excessive". Tous les jeux le captivaient, et
ce qui l'y attachait c'est qu'il brillait dans tous;
le rugby, le hockey, lé baseball, le ski le passion-
naient également. H n'était Jamais le dernier
rendu pour endosser son costume et Jouer sa
partie; il fut capitaine en tout, et il fut toujours
capitaine par l'influence qu'il exerçait sur ses
confrères. Quand "Narse" (Je ne sais plus pour-
quoi on l'appelait *lnsl) était là, on ne craignait
rien. Dans les Jeux Jean-Paul se donnait tout
entier. Il y trouvait toutes ses Joies, il y trouvait
aussi ses peines," mais c'est là qu'il se dompta.

Aussitôt ses études terminées, débordant de *
vie, il s'enrôla parmi les premiers dans l'aviation
ca ladienne avec le même élan, le même enthou-
siasme. Ses nouveaux supérieurs mirent peu de
temps à distinguer chez lui les caractéristiques
d'un aviateur-chef. Du premier coup 11 reçut ses
ail u et il assuma des responsabilités auxquelles
des études spécialisées le désignaient. Il fut un
des premiers, sinon le premier Canadien français
aviateur-navigateur. Parfait bilingue, il était
chez lui partout mais 11 ne craignait pas, à l'occa-
sion, de protester contre certaines mesuras
gênantes pour les nôtres et tenir tête, parfois,
à certains "sélés" de la cause.... Cest que si Jean-
Paul avait du coeur pour les siens, son épouse et
deux enfants (ses lettres le démontrent bien), il
en avait aussi pour son Eglise et sa patrie; 11 va
sans dire que la bravoure qull manifesta dans
les multiple, dangers où ses devoirs, librement
acceptés, l'exposèrent, n'était pas un simple sen-
timent de vanité humaine: il voulait faire quel-
que chose pour les siens et sa patrie. Bien plus,
1] désirait non sans ardeur traverser les mers
po-jr descendre au plus tôt le dernier des boches.
Mais hélas! la mort vint le faucher la veille même
de son départ pour le champ de la guerre. La
divine Providence en avait décidé ainsi et, tou-
Jou.3 sage et miséricordieuse infiniment, il semble
qu’elle l’avait préparé pour ce grand Jour, comme
sa Jernière lettre à sa mère nous le laisse bien
voir.

Jean-Paul Barsaiou, officier pilote, n’est plus,
mais son >uvenlr reste vivant dans la mémoire
de ses ancic professeurs et de ses confrères
qu’il tenait à visiter chaque fois qu’il passait à
C wa. n était attaché à son Aima Mater comme
à une maison paternelle; 11 s’y sentait cher lui
et il l’était comme tous les anciens.

« La Rotonde » publie ces notes Incomplètes en
souvenir d’un ancien et en signe de sympathie
pour sa famille distinguée et son épouse éprouvée.

Maurice Laçasse, recommandé dans toutes ses
matières au Collège d’Education et qui s’est inté-
ressé avec ses confrères d’Ottawa à la vie fran-
çaise de Toronto; Paul Girard, très populaire
dans ce milieu, Madeleine Simard, dont l’intelli-
gence et la distinction sont remarquables;
Jacques Bonneau, aine de Lucien en Droit; Gérald
Philip, que ses anciens confrères appelèrent bien-
tôt « globe-trotteur »; Gabriel Aubry, bientôt
finissant en Droit.

Nous en oublions probablement mais nous les
félicitons tous, comme ceux de Kingston, de Ha-
m il ton et de Montréal.

M. Marcel Ouimet, fils de M. Paul Oulmet
d’Ottawa, ancien élève qui s’est distingué aux
Débats français, partira sous peu pour l’Europe
afin de prendre la direction de l’équipe des corres-
pondants de guerre de langue française dans la
sône des opérations. Marcel est à Radio-Canada
depuis plusieurs années, et les radiophlles ont
.apprécié ses commentaires au micro et les versions
françaises qu’il donna des principaux discours
des hommes d’Etat depuis près de deux ans.
Radio-Canada vient de le nommer chef d’un
groupe de correspondants français pour outre-
mer. Félicitations sincères, Marcel, et bonne
chance ! i

Le major Gustave Lanctot, conservateur des
archives nationales, professeur à l’Université,
vient de recevoir la médaille Tyrrell à la réunion
annuelle de la Société Royale du Canada tenue à
Hamilton le 25 mai dernier.

Condoléances

A ceux des nôtres, à leur familles et à
leurs amis éprouvés par le deuil.

Au R. P. Vincent Caron, O.M.I., professeur au
Séminaire Universitaire, ancien élève, pour la
mort de son frère Dominique Caron, Paincourt,
ancien élève lui aussi.

Au R. P. Alphonse Couët, O.M.I., professeur à
l’Université, pour la mort de son père, M. Arthur
Couët de Québec. /^,

Au R. P. Robert Houde, O.M.I., professeur à
l’Univedslté, pour la mort de son père, M. Albert
Houde de Artabaska, Que.

M. Léo Cantin, officier pilote, mort au champ
d’honneur.

M. Bernard Labarge, officier pilote, mort au
champ d’honneur.

Eugène Hamel, décédé le 15 mal.
M. Benoit Talbot, décédé lé 10 mai.

M. William- S. Chartrand Dr, frère du R. P.
Joseph Chartrand, O.M.I., ancien professeur,
décédé le 15.

M. Jean-Paul Barsaiou, officier pilote, mort
dans une accident d’aviation à Terre-Neuve.

M. Oscar Martin eau, décédé à la fin d’avril.

Dr F.-O’Leary Noiseux, professeur clinicien à
l’Institut Bruches! de Montréal, père de Paul
Noiseux, étudiant.

– -M. Hector Entend, officier pilote, mort an
champ d’honneur.

A M. Gérard Tnugas, de Verdun, ancien élève,
>v four 1s mort de sea père, M. D.-E. longs*

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La Fédération canadienne des universitaires catholiques

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Le groupe des étudiants Le groupe, des professionnels

Direction:

Directeur: Pierre de Bellefeuille
Directeur adjoint: Jean Lupien
Secrétaire: René Lafrenière

Rédaction:

Rédacteur-en-chef: Guy Beaulne

Lettres: Lomer Monty

Arts: Clément Beauchamp et Léon-Georges Gagnon

Chroniques: René Lafrenière

Débats: Jean Belleau

Sports: Fernand Labrosse

Vie étudiante: Jean Laframboi.se et Yvon Pépin

Page féminine: Fernande Lemieux

Interviews: Maurice Chagnon

Loois Terrien, Jean Rmnelle, Jean lac Pépin, Jean-

Claode Hurtubise. Pierre Prévost

Dessinateur:Clément Beauchamp

Administration: Pierre Prévost, Yves Pilon, Richard

Bélanger
Conseiller: le R. P. Arcade Guindon, O.MI.
Censemr: le R. P. André Guay, O.M.L

François Morisset

Vainqueur du concours de français.

Les grands concours de français qui se tiennent
annuellement dans toutes les écoles de notre
province sont une Institution qui a déjà fait ses
preuves. En plus de tenir en éveil la génération
qui monte, elle retient l’attention des parents et
des anciens autour du fait français ontarien, sus-
site et coordonne les gestes de vie française des
nôtres. La Rotonde n’a jamais manqué de féli-
citer les promoteurs de ce mouvement, presque
tous anciens de l’Université; pour le succès du
concours ’43, qu’ils soient ici sincèrement félicités.

Il y avait ceci de nouveau, cette année, que les
étudiants des écoles secondaires étaient sur les
rangs. La section secondaire avait été organisée,
sous l’Initiative et la poussée de M J. -Ovide
Proûlx* principal de l’école de Rocïland, l’année
dernière mais n’avait tenu qu’un concours ré-
gional à Hawkesbury. Elle lança cette année l’in-
vitation & toutes les institutions secondaires où
l’enseignement français se donne d’après les rè-
glements établis par le ministère provincial; et
c’est ainsi que les finissants du cours d’Immatri-
culation de l’Université furent invités à entrer
dans le jeu.

Le jeune François Morisset, fils de M. Maurice
Morisset d’Ottawa, fut choisi pour les représen-
ter. Et François n’y alla pas à petits coups puis-
qu’il remporta haut la main toutes les victoires
t tous les honneurs, François devait, comme
tor r les autres candidats concurrents, composer
un discours sur un sujet donné, en improviser ora-
lement un autre et en improviser par écrit un
troisième, selon les règlements établis par les
organisateurs. A la grande assemblée qui clôtura
le concours général, à la salle de l’Ecole Techni-
que d’Ottawa, les vainqueurs du concours secon-
daire, chez les garçons et chea les Jeunes filles,
furent invités A répéter leurs discours; et la foule
fut simplement saisie par la solidité de celui de
François comme par l’éloquence classique avec
laquelle il le donna.

A noter toutefois que ce discours préparé que
le public d’Ottawa a pu entendre à la radio, grâce
au poste CKCH, ne comptait que pour 20% du
total des points; ce furent donc les improvisa-
tions orale et écrite, où la personnalité des can-
didats doit s’affirmer, qui décidèrent du vain-
queur.

La Rotonde est jalousement heureuse de pré-
senter ici ses cordiales félicitations a François
Morisset pour son éclatant succès; elle est en
outre fièrement disposée à défendre l’objectivité
de son mérite personnel. S’il a gagné ses épau-
lettes, il le doit à son attachement passionné, à
la France (son discours portait sur « la France
dans le conflit actuel ») comme au zèle qu’il dé-
ploie pour la comprendre toujours davantage et
pour maîtriser de mieux en mieux son verbe in-
comparable. La Société des Débats français est
le jardin où 11 a cultivé ses talents comme tant
d’autres: la Rotonde a publié de ses articles et
la tribune des débats a servi de forum où 11 n’a
pas négligé d’éprouver l’art oratoire qu’il avait
étudié à l’Ecole de Musique et de Déclamation de
l’Université^

Nous publions dans une autre colonne le dis-
c ‘Uts de François.

; Bravo 1 François; sept fols, sept lois bravo, 1

A la suite de la réorganisation de la Fédéra-
tion Canadienne des Universitaires Catholiques,
il avait été décidé d’organiser ici deux groupes
d’étude de la question sociale, dans le but de
préparer une reconstruction d’après- guerre. Le
premier groupe organisé fut celui des étudiants
qui devaient se réunir par la suite à chaque
mercredi dans le salon de l’Institut de Philo-
sophie, sous la direction du R. P. Gustave Sauvé,
o.m.i., directeur de l’Ecole des Sciences Sociales
‘: l’Université, pour étudier les problèmes éco-
nomiques et sociaux qui ruinent la liberté de
l’individu et le salut de notre société.

M. Maxlmllien Caron, président national de
la F.C.U.C., écrivait au R. P. Guindon, om.i.,
aumônier de notre groupe régional: « Il m’a
toujours paru que notre Fédération tiendrait son
vrai rôle, trouverait un vaste champ d’action, si
elle s’employait à faire sentir à nos universitaires
(et à nos professionnels), à leur faire comprendre
aussi le cadre de l’Eglise catholique, sa liturgie,
;es principes sociaux, son histoire, sa compétence
par rapport aux affaires temporelles, si, par ses
oeuvres, elle_ inspirait et développait un large
esprit de coopération parmi les catholiques cana-
diens et avec nos frères par la foi des pays
d’Amérique et d’ailleurs, un esprit de vraie cha-
rité chrétienne ».

Le premier Cercle d’étude, section des étu-
diants, se réunit le 3 mars 1943 dans la Salle Aca-
démique, sous la direction du R. P. A. Guindon,
om.i. et en présence du R. P. G. Sauvé, o.m.i. Les
élèves de Rhétorique et de Philosophie qui vinrent
à cette réunion étaient: Guy Beaulne, Jacques
Belzile, Arthur Blanchette, J.-Guy Blanchette,
Fernand Charette, Guy Côté, Pierre de Belle-
feuille, Maurice Goulet, J. -Claude Hurtublse,
Pierre Jutras, René Lafrenière, Jean Lupien,
Charles Major, Robert Page, Pierre Prévost, Louis
Terrien et le Frère A. Brodeur, cs.v. A ce pre-
mier groupe devaient s’ajouter bientôt .quelques
nouveaux Intéressés.

A leur deuxième Cercle d’étude, les étudiants
choisirent le comité local -suivant : Président:
Pierre de Bellefeuille; Vice-Prés.: Pierre Prévost;-
Secrétaire: Jean^Lupien; Publiciste: Guy
Beaulne. Ces quatres représentants, et Louis
Terrien, en compagnie de leur aumônier, assistè-
rent à l’assemblée générale des 27 et 28 mars au
ercle universitaire de Montréal, où furent adop-
tés les règlements de la F.C.U.C et où se tinrent
les élections du conseil d’administration et des
officiers de la Fédération.

Au cours des huit réunions du mercredi soir à
l’Institut de Philosophie, les étudiants discutè-
rent la question sociale en analysant les réformes
proposées par les écoles socialiste, libérale et
catholique. Le plus vif intérêt s’y manifesta et
nous sommes heureux d’avoir réussi déjà à grou-
per un nombre 4e jeunes dont la culture et l’en-
thousiasme nous font espérer beaucoup pour le
travail de reconstruction sociale.

Ces études nous remettent en contact avec les
normes qui doivent régir notre action sociale,
rafraîchissent notre mémoire, précisent nos posi-
tions et font profiter chacun des connaissances
communes et variées. Elles permettent au besoin
et en temps opportun d’exercer notre influence
normale sur la législation et la mise en exécution
des lois du pays; elles mettent en relief et en
public la force que nous pouvons et devons cons-
tituer pour le bien du pays, en préparant et ren-
seignant l’opinion publique, car si la classe uni-
versitaire et professionnelle n’est pas prête, sur
qui l’Eglise comptera- 1- elle?

Le groupe des professionnels a tenu plusieurs
réunions.

En somme le travail accompli cette année par
‘es sections locales de la F.C.U.C, a été très effi-
cace et nous remercions tous ceux qui ont bien
voulu s’y Intéresser.

G. B.

Tableau d’honneur

Barsaiou, Jean-Paul, mort à Terre-Neuve.
Béchard, Raymond, mort outre-mer.
Cantin, Léo, mort outre-mer.
Convey, Léo, mort en Angleterre.
Dorlty, Earl, mort au Canada. <

Emond, Hector, mort en Allemagne.
Farley, Roland, mort en Angleterre.
Johnson, Francis, mort outre-mer.
Hall, Clément, mort outre-mer.
Labarge, Bernard, mort outre-mer.
La flamme, Camille, mort en Angleterre.

Lozier, Lionel, mort aux Etats-Unis.
O’Leary, Robert, mort outre-mer.
Pelletier, Gérard, mort en Angleterre.
Pilon, Roland, mort outre-mer.
Ribout, Joffre, mort outre-mer.
Sabourin, Jean-Paul; mort en Libye.
Séguin, Joffre-Marc, mort en Angleterre.
Toupin, Lionel, mort outre-mer.

^*^^^*T^^^^H

Le groupe des professionnels de la FOUC a
commencé de s’organiser en décembre dernier.
Les deux premières réunions se sont tenues su
Mess des officiers, grâce a l’obligeance des auto-
rités du C.E.O.C. Me Henri-Paul Lemay, président
régional, a dirigé la discussion ou les échanges de
vues sur le travail à faire et la méthode A adop-
ter. Le R. P. Sylvlo Ducharme, OlfX, a proposé
un plan d’étude. Tout en rappelant les principes
généraux de la question sociale, ce plan tient
compte du point de vue pratique; et dès cette
première assemblée les opinions s’orientaient
vers un sujet d’étude Issu des problèmes actuels;

A la deuxième rencontre, le groupe opta pour
l’étude du problème ou des problèmes que suscite
la question de la sécurité sociale. M. Roger Saint-
Denis, très intéressé au mouvement, accepta de
diriger le groupe en l’absence de M. Lemay qui,
déjà, prévoyait que ses fonctions au Ministère
des Approvisionnements devaient un jour l’amener
a quitter Ottawa. Pour l’assemblée générale de la
Fédération, tenue à Montréal, au Cercle Univer-
sitaire, la dernière fin de semaine de mars, la
région d’Ottawa avait délégué MM. Roger Saint-
Denis, Rosaire Parent, de Hull, les RR. PP. A.
Guindon et Désiré Bergeron, M. H.-P. Lemay, et
les représentants des étudiants. Depuis cette réu-
nion, présidée par M. Maximilién Caron. président
généreJ, et rehaussée par la présence de S. E. Mgr
G.-L. Pelletier qui fut l’orateur au banquet, le
groupe des professionnels a marché de l’avant.– Il
faut dire toutefois que ce n’est pas chose facile
que de réunir nos professionnels pour un tel soir
ou pour une telle heure … Pourtant, un bon
nombre d’entre eux, de toutes, les carrières,
se déclarent fort intéressés, ce qui est tout
à leur honneur puisqu’il s’agit là d’inviter
notre élite catholique canadienne-française à
mettre en commun connaissances et expériences,
dans le but de bâtir ce front laïc catholique sur
lequel l’Eglise doit et veut compter, surtout en ces
temps sombres où toutes les théories, tous les
plans, s’arrogent droit de cité partout et finis-
sent par s’imposer, quand l’Eglise, qui, seule,
détient les trésors de la vérité, possède une doc-
trine sociale rationnelle, garantie par les plus
hautes autorités comme par son magistère offi-
ciel, exposée, commentée et développée dans des
écrits sans nombre à la portée de tous…

La Fédération canadienne des universitaires
catholiques, déjà mise sur pied dans nos trois
centres universitaires, munie d’une charte fédé-
rale, veut être le forum où nos laïcs puissent
observer, étudier, formuler leur savoir, crlstaliser
le.. .s observations, élaborer leurs plans d’action,
toujours pour éclairer et diriger la société, tâche
qui leur revient et qui les attend. Des commis-
sions d’étude ont été organisées et nous espérons
qu’à l’heure convenue nos professionnels sauront
apporter leur part de penser et d’agir.

Rénion d’anciens
du Séminaire Sa’nfr-Paul

Le 19 oui dernier, S. E. Mgr Udebrando Antoniuti,
Délégué Apostolique an Canada, bénissait solennellement
la nouvelle chapelle du Séminaire Saint-Paul de l’Univer-
sité d’Ottawa. Un grand nombre de dignitaires ecclésias-
tiques assistèrent à cet cérémonie. Au dîner, le IL P.
Jean-Charles Laframboise, O.M.I., supérieur, souhaita la
bienvenue aux distingués visiteurs et le T. R. P. Philippe
Comellier, O.M.I., recteur, adressa la parole en français
et en anglais au nom de l’Université. S. E. le Délégué
Apostolique formula des voeux pour le Séminaire unii
oiUlre, oeuvre qu’il déclare être si conforme aux désirs de
l’Eglise: Vivat! Crescat! Flore» t! Qu’il vive! Qu’il crois-
se! Qu’il fructifie !

Le Séminaire universitaire n’a que sept ans d’exis-
tence et déjà ses anciens élèves, tous prêtres des diffé-
rents diocèses du Canada, de Terre-Neuve et des Etats-
Unis, jettent les bases d’une Association d’anciens élèves
du Séminaire Saint-Paul; les suggestions nombreuses et
enthousiastes venues des anciens parmi lesquels se trou-
vent plusieurs anciens de l’Université, promettent un
avenir brillant à ce groupement. Nos meilleurs voeux
raccompagnent. f, ; »".. ,

Notre campagne

Le Comité d’Action Catholique de l’Université d’Ot»
tan a a terminé ses activités cette année pai une grande
campagne sur la messe. Lancée par le comité national do
la Jeunesse Etudiante Catholique, dont la Centrale est
à Montréal, cette campagne a été organisée dans toutes
les institutions secondaires et dans tous les collèges du
Canada où l’Action Catholique des Jeunes joue ton rôle.
Elle avait pour but de nous faire connaître davantage
le sacrifice de la messe, de stimuler notre foi devant cet
acte si sublime et d’eu faire le centre de notre vie. Nous
nous sommes tendus compte que toutes nos actions doi-
vent converger vers ce sacrifice qui est le plus grand
acte d’amour de Dieu à l’égard des hommes.

Au nom du comité de l’Université, je tiens à remer-
cie! chaleureusement les aumôniers et tous les étudiants
qui se sont dévoués avec nous pendant l’année et surtout
pour le travail qui a été fait à r occasion de la campagne.
Fasse le ciel que chacun persiste dans les résolutions
qu’il a prises visa vis In messe et que par li U contribue
i la sanctification des âmes. Gardons tous le mot d’or-
dre: « tous dans te >M » et la vie vaudra la peine d’être
vécue. *aJ-iaNriaa paaatf**- ,

Président

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JUIN IMS

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«fi.

Varsity champion Canadien

Pour la deuxième fois en cinq ans, l’Univer-
sité d’Ottawa a mérité un championnat canadien
au balion-au-paiiier. En 1939, le Varsity rem*
portait le titre intermédiaire du pays grâce aux
efforts des Laçasse, Dufour, Rochon, Andersen,
Joyce, Ivanskl et Brunette. Cette année, le Var-
sity a répété l’exploit inoubliable de nos cham-
pions de ’39 en décrochant le titre Junior du
Canada. Afin d’accomplir le long trajet que le
pilote Ray Lefebvre leur avait tracé en novembre
dernier, nos juniors ont dû surmonter plusieurs
obstacles sur le chemin épineux, en particulier
l’avantage d’âge, de taille, et de poids dont jouis-
sait l’adversaire.

Leurs nombreux efforts, unis à ceux du Rév.
P. Ubald Boisvert, préfet de discipline, les ont
dirigés à coup sûr vers leur but. U faut ajouter,
cependant, que le sort a favorisé nos représen-
tants dans la course aux honneurs. Couronnés
champions* juniors du district d’Ottawa, ils atten-
daient de pied ferme les équipes de Montréal et
de Toronto mais celles-ci ne purent participer aux
éliminatoires à cause de manque de ‘matériel.
Alors, la C.A.B.A. a déclaré que le vainqueur de la
série St-Jean-Ottawa serait reconnu comme
champion junior du Canada.

TRIOMPHES DECISIFS

L’équipe de St-Jean, selon les commentaires
des journaux, était très puissante, et même nos
partisans les plus fidèles tenaient un profond
respect pour elle. La première partie mit fin à
toutes leurs craintes: le Varsity écrasa Bt-Jean
par 45-15, Dans la seconde joute, les gars du
Nouveau-Brunswick se rallièrent brillamment
pour subir une défaite moins humiliante: 42-26
en notre faveur. Si toutefois la foule fut légè-
rement désappointée par ces revers trop décisifs,
elle a néanmoins applaudi à maintes reprises les
lancers précis de l’élégant « Ben » Benoit, la mer-
veilleuse exhibition de « Pep » Laçasse, et l’esprit
combattif de Gaétan Valois.

L’Université remportait ainsi les horinfeurs
suprêmes de ballon -au -panier junior. Ses porte-
couleurs ont réellement mérité ces honneurs car
pendant plus de six mois, ils ont sacrifié leurs
congés et fait des efforts innombrables afin
d’ajouter aux lauriers de leur Aima Mater. Vrai,
ils n’ont pas rencontré plusieurs équipes sur ta
chemin de conquête mais ne doutez point de le»r
force car s’ils ont pu humilier les Maritimes par
des échecs si retentissants, ils auraient pu re-
pousser le défi de Montréal ou de Toronto avec
aise. Du premier au dernier, le Varsity était très
puissant. Chaque joueur connaissait le jeu à
fond, pouvait exécuter des mouvements durs et
scientifiques, et était capable de se démener
contre grands ou petits dans toutes circonstances.
En un mot, tous ont mis en pratique les conseils
du pilote Ray Lefebvre.

HOMMAGES

Une large part du succès du Varsity est due
aux joueurs eux-mêmes: Yvon Laçasse, Gabriel
Benoît, Gaétan Valois, Jean Rochon, Richard
Parisien, Hector Laçasse, Marc Rochon, et votre
correspondant. En ce qui concerne Ray Lefeb-
vre, nous n’avons que des orchidées à lui offrir.
Avec le peu de matériel qu’il avait, Ray a fait
une machine formidable, comme l’indique le jeu
amélioré des trois « bantams » Parisien, H. La-
casse, et M. Rochon. Ferré dans son domaine,
fin causeur, gentilhomme parfait avec les auto-
rités du collège, Raymond Lefebvre a de nou-
veau fait ses preuves comme instructeur.

Le Varsity est en plus reconnaissant envers
son dévoué inspirateur, le Rév. P. Boisvert. Notre
affable préfet de discipline se chargea de nom-
breux détails, petits si vous voulez mais essen-
tiels au bon fonctionnement de l’équipe. Par son
désintéressement. ses conseils pratiques, et son
sourire accueillant, le Rév. P. Boisvert a contri-
bué largement au succès des nôtres. De même,
le gérant Tom O’Rourke s’est fort bien acquitté
de la charge ingrate qu’on lui avait confiée. Bref.
Tom a bien fait les choses. Sincères remercie-
ments à tous ceux qui, diversement, ont fourni
une aide précieuse à nos champions, notamment
l’Association Athlétique, Fergus Ducharme, les
trois coryphées G. Ducharme. F. Laforest, R. Le-
roux, les partisans de l’équipe, le corps profes-
soral de l’Université, en particulier le Rév. P. A.
Rajotte, le Rév. P. P. Côté le Rév. P. T. Marcoux,
le Rév. P. R. Lemleux, et M. Harry Hayes.

Soyez sûrs, les gars, que nos jeunes virtuoses
du filet seront dignement récompensés. Non seu-
lement ont-ils mérité les chaleureuses félicita-
tions du Très Révérend P. Philippe Çornelier,
recteur de l’Université, de son honneur le maire
Lewis, et de tous les étudiants, mais en plus ils
ont ajouté aux myriades d’honneurs du grenat -et-
gris et de la ville-même d’Ottawa. Votre corres-
oondant, «tant membre régulier de l’équipe,
prend cette occasion pour vous dire que, dans

:

E »!£

sp°£

^

No félicitations les plus sincères à Jean St-
Louis, l’heureux gagnant du quiz sportif de la
Rotonde. Sur 88 concurrents, Jean fut le seul à
prédire le pointage exact de la finale Commandos-
Victoria: 2-0 pour. Commandos. Le sgt-major
Bèlec finit bon dernier avec 12-2 pour Victoria.

XXX

Evénement de la semaine: Aurel Major, ex-
rédacteur de l’inoubliable « Corridor », se prome-
nant dans son « jeep », un véritable assortiment
de ta.auds, de vis, et de colle.

X XX

H arec à « Milord » Côté: « Ta mère, &est-y une
Poitras, une Clutch; ou une Transmission? »

XXX

Péripéties du récent voyage de nos champions
à : rontréal: le léger déjeûner de $î.9S, dégusté
.-ar Joe Richer et payé par votre correspondant
– « i-Jean Rochon et sa charmante Louise — –
« Mac » Caza et les « Gayeties » — Joe Richer et le
« Palais d’or » — la rencontre d’anciennes figures
sportives du Varsity: Emery Labelle, Walter Sul-
li-ii Paul, et Jean Joyal, Guy Godard, Arthur
Thivierge, Yvon Cyr, André « Zing » Guindon.

XXX

jL.es principaux sujets de conversation aux
finales de ballon-au-panier furent les courses
brillantes de « Pep » Laçasse, le jeu élégant de
« Ben » Benoit, et la bonne mine d’Hubert Laçasse.
L’ami Hubert, pilote de nos champions voilà deux
ans, était fier de ses anciens protégés. Toujours
souriant, « Lac » a apparemment trouvé la réponse
aux problèmes de rationnement.

XXX

Record de la semaine: « Fourmi anne migalle »,
par Sam et Kay.

Note ù G. Lalonde: nous n’avons aucune objec-
tion* à ce que tu vendes un billet ù une certaine
. pectatrice, mais tâche de parler d’affaires seule-
mest, car nous en avons les droits de propriété.

XXX

De ces jours, votre correspondant est au com-
ble de la joie: non seulement a-t-il obtenu un
grade dans le C.E.O.C., de belles gageures sur Com-
mandos, et un championnat canadien au ballon-
au-panier, mais en plus du succès dans cinq de
ses dix prédictions de gouret. Tout rédacteur
sportif serait fier d’un tel record.

XXX

‘Junior » et « Tiger » désirent entrer dans la
marine comme instructeurs physiques. N’oubliez
pas qu’il existe encore des examens médicaux, les
garst

XXX

Aux amis et à tous ceux qui désirent savoir
pour quel club de baseball votre correspondant
jouera cet été, voici: pour l’équipe de la compagnie
Chrysler, à Windsor, où le calibre de jeu supérieur
sera un gros atout.

XXX

àh oui, les gars! nous voici déjà rendus à la
fin du terme scolaire. Dans sa nouvelle tâche
comme rédacteur sportif, votre correspondant a
éprouvé un enthousiasme et une joie des plus
r’ -ières. Nous espérons avoir satisfait tous nos
lecteurs fidèles. Mille excuses à ceux envers les-
quels nous avons été parfois hardis ou incléments ,
en particulier « Chtef, « Junior’ et « Tiger ». Donc,
espérant vous rtvoir tous en septembre prochain,
nous vous souhaitons bonne chance et bonnes
vacances, avec de doux souvenirs d’une année
remplie de succès?

Fernand LaBROSSE

m

ïvv

MERCI SINCERE
C’est le R. Fr. Camille Rochon. O.M.I., qui s’est
chargé de la rode besegne de préparer l’expédition
de la Rotonde.

o SINCERE MERCI.

toutes ses associations sportives (qui sont assez
nombreuses) il n’a jamais rencontré un meilleur
groupe d’athlètes et d’amis. Notre devise était:
« Tous pou*: un, et un pour tous! » Aujourd’hui,
nous en sommes tous fiers!

Fernand LaBrosse,

Brillante saison sportive

L’an dernier, notre prédécesseur, André Guin-
don, maintenait avec fierté que l’année ’41-’42
avait été une des plus brillantes depuis au moins
huit ans dans nos parages. Cette année, nous
pouvons affirmer, sans relever trop de protesta-
tions, que l’Université a connu la plus brillante
3aison sportive depuis l’ère des Corneller, des Ï1-
liatrault, et des Barnabe.

Ituit équipes représentaient le grenat-et-grls
dans les ligues diverses. Voici le record unique
qu’elles ont établi: trois championnats de grande
valeur: tennis senior du district d’Ottawa, gouret
junior interscolaire du district d’Ottawa, et bal-
lon-au-panier junior du Canada. Quatre clubs
se sont rendus jusqu’aux finales avant d’être éli-
minés par un adversaire supérieur: junior inter-
scolaire au rugby, junior de la Cité au gouret,
junior et bantam au ballon-au-panier. Non seu-
lement ces équipes ont-elles fait flotter glorieu-
sement nos couleurs, elles ont aussi mérité l’esti-
me et le profond respect de l’étranger, et elles
ont mâintnu la vieille tradition des clubs de l’Uni-
versité: champions dan6 la défaite comme dans
la victoire.

HOMMAGES

Comment expliquer ces triomphes sans égal?
Le jugement droit du Rév. P. Ubald Boisvert, pré-
fet de discipline, en est la cause prédominante.
L’automne dernier, notre dévoué directeur sportif
réjouissait tous les étudiants en annonçant la
nomination d’Amie McWatters comme pilote de
rugby. Ce dernier fit un travail de géant en con-
d’ ioant l’équipe Junior jusqu’aux finales. Vint
ensuite la saison de gouret. Allie Garland re-
çut de nouveau l’appel et il vit ses efforts cou-
ronnés par un championnat junior. Ce fut alors
au tour de Ray Lefebvre: ses succès éclatants
comme instructeur sont à jamais gravés dans les
annales sportives de l’Université. Cependant,
même sous l’habile direction de ces trois pilotes,
nos équipes ont fait face à plusieurs problèmes;
incapables de les résoudre par eux-mêmes, elles
se trournaient alors vers le Rév. P. Boisvert, ar-
dent protagoniste, pour une solution efficace.

Aux élèves incapables de participer aux sports
interscolaires, les ligues intramurales ont offert
l’occasion de se divertir et de démontrer leurs
prouesses. Leur fondateur, le Rév. P. Paul Côté,
mérite nos félicitations pour son esprit d’organi-
sation et de dévouement. Un mot aussi pour nos
athlètes de la petite cour: ils ont participé a tous
les sports à travers des cédules remplies de jou-
tes contestées. Leur dévoué directeur sportif, le
Rév. P. Raymond Lemleux, a su les divertir da-

ntage par des concours de boxe, de pool, de
ping-pong, et de Mississippi.

Chapeaux bas a une brillante saison sportive ! 1

Fernand LaBrosse.

Les jeux chez les petits

de l’Université e

Championnats intramuraux de Ballon-an- Panier. Pool,

l’ing-Pong, MissusipL Sacs de Sable, Dames, Barreaux.

Lignes de Baseball, de Balle-Molle et de Drapeau.

Bal lon-a u Pa nie r

Les championnats de Ballon-au Panier de la Divi-
sion des Petits furent disputes cette année avec plus
d’ardeur qu jamais. Ainsi se présentait le classement des
équipes à la fin de la cédule régulière:
SENIORS–

J. 6. F. N. PU

4 2 2 o 4

4 2 2 4

4 2 2 4,

Biron

Robitaille ..

Rochon

Taillefer ….
JUNIOR»-

St-Pierre *

Lemieux

Joiicoeur

Trudeau ,,

BUDGETS–

J. G. P. H. ‘ Pts

Rouleau 4 s 1 t

Dooley « 4″ * ? 2. ? . . t & 4 i

Diguer …. ~T~ 1 2 2

Chex les Seniors, étant donné la quadruple égalité
des équipes concurrentes, il y eut d’abord nne partie
semi-finale entre les clubs d’Aimé Robitaille fNédélec)
et oe Marc Rochon (Détroit) et’ ceux de Bernant Tail-
lefer (Ottawa) et de Jules Biron (Mortebéllo;. Les
équipes de Robitaille et de Biron sortirent victorieuses
de cette première éliminatoire poux se rencontrer an-
suite en finales de deux parties au total oes points. La
première fut gagnée par le club de Robitaille 31 à 36
mais le club de Biron habilement dirige par Johnny Mo-
reticb triomphait dans la seconda partie 34 à 28 pour
remporter tes honneurs de la série, ^0 à 88.

Voici les noms des valeureux champions- le capitaine
Jules Biron. Maurice Razeau (Bryson), Paul Pajo* (La-
Salle), Charles Bnckley (Ottawa), J.-J Fogartjr (Ottawa).

Dans la ligne Junior, le club de Michel Lemieux (Ca-
eouna) sous la conduite expérimentée dt Louis Lefaiva,

-

LA ROTONDB

bien secondé par Louis Dulude (Angliers) Georges Pom-
mier (Cornwall), Yvan Marceau (Cochrane) Marcel Ni-
chola (St-Hyacinthe), Robert Rochefort (Timmins) dé-
crochèrent le championnat par deux parties consécuti-
ves, 26-20; 18-15, sur le club de Jean-Louis St Pierre
(Ville-Marie).

..J**?. î? «  »*o*» l’équipe de Paul Rouleau (Corn-
wall), pilotée avec habileté par Bernard Taillefer, com-
posée de: Evans Sloan (Fraser) Jean Lafleur (Hull),
Pierre Rousseau (Trois Rivières), Denis Boyle (Ottawa),
gagnait les lauriers des deux parties finales contre l’équi-
pe de Earl Dooley (Ottawa) par le pointage de 24-14 et
de 20 à 10.

Tableau des FINALES
SENIORS–

1ère Partie: Biron: 36 Robitaille: 38

2ième Partie: Biron: 34 Robitaille: * 28

Page!

L’OVALE DE L’UNIVERSITÉ

-

20

 »

Biron gagne la série 70 à 66

JUNIORS–

1ère Partie: Lemieux: 26 St-Pierre:
2ième Partie: Lemieux: 18 St-Pierre 15

. Lemieux remporte les honneurs 44 à 35.

MIDOETS —

 » 1ère Partie: Rouleau: 24 Dooley: 14
2ième Partie: Rouleau: 20 Dooley: la
Rouleau sort vainqueur 44 à 24
o3 léMfumGpgcoy yé2 J29éP

Champions des Jeux Intérieurs

Durant la morne saison eurent lieu les tournois an-
nuels des Jeux Intérieurs, tournois qui jettent tant d’en-
train et d’activité cher les Petits. Voici la proclama-
tior des valeureux champions:
POOL (3 parties dans 5)

Seniors (15-16 ans) André Bémbé (Opasatika)
ï?° mph . e dlf fl«*lcment de Maurice Razeau (Bryson)
51 37, 44-50. 4254, 51-52, 50-40.

Juniors (14 ans) Paul Pajot (LaSalle) remporte les
37ÏÏ e, Sl| U 42 J 37 ll  » Pattl Archambault (Richelieu) 45 38,

Mjdgets: (12 13 ans) Nelson Monforton (Rivière-aux-

2? l Sw d SR!f de Paul Rouleau (Cornwall) 30^22,
8-33, 30-29, 30-20.

PING-PONG (3 sets dans 5)

Seniors: Jules Biron (Montebello défsit après une
lutte serrée Roland David (Edmunston, N.B.) 6-8 86
1-0, 6-1, 6-3.

Juniors: Michel Lemieux (Cacouna) élimine son ad-
versaire Louis Lefaive (Windsor) sans lui concéder une
seule victoire.

Midgets: Paul Lepage (Hull) sort vainqueur contre
Paul Rouleau par trois sets consécutifs
MISS1SSIPI (2 sets dans 3)

Seniors: Jules Biron (Montebello) bat Fernand Le-
cours (Héron Bay) par 6-4, 6-2.

n otl wm £ t ?L Jean T J udeau (Montréal) triomphe d’Albert
Guilbault (Rouyn) 6-4, 64.

Mldgete: Nelson Monforton (Rivière-aux-Canards)
écrase Paul Lepage (Hull) 6-2, 6-1.
SACS DE SABLE (4 parties dans 7)

Seniors: Aimé Robitaille (Nédélec) gagne 4 à 1 con-
tre Henri Masse (Tilbury).

Ri.«i »ÎÏS; fi&Ttt (USalle > l’emporte sur Marc
Bu on (Montebello) 4 à 1.

t K. Midg fî! : _t uc Mercur * (Mégantic) détait Jean-Eudes
Leblanc (Oarkstown) 4 à 1.
DAMES (3parties dans 5)

Seniors: Marcel Gingras (Québec) gagne la palme
contre Ernest Bondy (Rivière-aux-Canards) 3 à

Juniors: Paul-Emile Larouche (Notre Dame du Nord)
déiait Maurice Daniel (Bear Une) 3 a 2
BARREAUX (3 parties dans 5)

Seniors: Yves Rousseau (Montréal) remporte les
honneurs sur Roger Larouche (Notre-Dame du Nord)

X S X

BASEBALL, BALLE MOLLE, DRAPEAU

Et maintenant, voilà nos Jeunes lancés dans le sDort
toujours aimé du Baseball et de la Balle Molle. De plus
cette année, pour mieux occuper et égayer les récréations
durant les journées de pluie ou de mauvais temps fut
organisée une ligue de jeu au Drapeau.

Près d’une centaine d’élèves externes ou pensionnai-
res répartis en troia ligues se font actuellement une
guerre à mort Chez les Seniors les équipes des deux cou-
sins Gérald et Paul Pajot de LaSalle ainsi que celle de
Robert Caron (Montréal) se livrent de superbes combats.
Dans la section Junior les clubs de Georges Pommier
(Cornwall), de Roch Lecours (Héron Bay) et de Ray-
mond Lachance (Ottawa) bataillent ferme. Chet les
Tout Petits’ les hommes des capitaines Denis Boyle
(Ottawa), et de Evans Sloan (Ottawa) ne se sont pas
encore dit le dernier mot. Voici jusqu’à date le classe
ment des équipes:
SENIORS–

J. G. P.

Pajot P ,,.i — 3 3 o

Pajot G « 1 2

Caron …. 2 2

JUNIORS–

Causerie donnée aux Débats français
par Rqger Bernler

En arrivant, nouvel élève à l’Université, un des
premiers objets de ma curiosité fut le magnifique
terrain de Jeu que j’entendais vanter partout au-
tour de moi, et qu’on appelait l’Ovale. Ce nom me
laissait présager un terrain ayant cette forme que
vous connaissez bien et qu’on appelle la figure
ovale. Quelle ne fut pas ma surprise de ne rien
trouver qui put suggérer la moindre idée d’ovaJej
pas la moindre courbe. Mais d’où venait donc ‘ce »‘
nom? Cela resta pour moi un mystère jusqu’à la
préparation de cet humble travail: un petit histo-
rique de l’Ovale.

Je vous dirai donc pourquoi ce terrain s’ap-
pelle l’Ovale. Mais auparavant permettez-moi de
commencer par les origines. Il faut pour cela re-
monter jusqu’avant 1885.

Le Collège d’Ottawa, détruit par le feu en 1903,
s’édifiait alors section par section. Les additions
nouvelles empiétaient peu à peu sur la cour du
collège.

Un élève, Eddie O’Sullivan*, avait vu le club
d’Ottawa à l’entraînement. L’idée lui vint d’or-
ganiser une équipe de rugby, et, là vint l’obligation
de se procurer un terrain de jeux.

Le champ fut choisi. Il était la propriété de
M. Doran. Il comprenait un peu plus que la moi-
tié du terrain actuel, soit de la rue Cumberland à
la rue King. Notre infatigable éducateur, le père
Tabaret, s’occupa de l’achat en 1885. Quelques an-
nées plus tard, M. McDougal vend aux pères Guil-
lette et Forget, la partie comprise entre les rues
Cumberland et Nicolas.

Notre terrain devait devenir un magnifique
rendez-vous pour les programmes athlétiques.
Mais avant d’arriver à ce résultat 41 y avait beau-
coup à faire.– Les pères organisent des corvées, les
Pères et les élèves, le soir et les jours de congé se
dévouent sur le terrain; ils drainent un petit ma-
rais, enlèvent des pierres et nivellent le terrain.
Le Père Tabaret Uii-mème se rend à l’Ovale deux
ou trois fois par jour surveiller le nivellement et
voir à ce que to